CLIMAT DE BAKEL
Les observations météorologiques ont été nombreuses dans ce poste, mais, le plus souvent, incomplètes et irrégulières. Celles que nous avons pu retrouver oni porté sur seize années comprises entre 1822 et 1873, le plus souvent sur quelques mois seulement de ces années. Elles sont, j)our la plupart, e.Kclusivement relatives à la température. La valeur de ces documents est très discutable. Pour faire un choix au milieu de ces documents, il nous faudrait posséder une bonne série scientifiquement obtenue, qui nous permît, comme nous avons pu le faire pour Saint-Louis et Corée, d’éliminer d’abord tout ce qui est complètement mauvais, puis de reconnaître les observations méritant d’être conservées et discutées. Ces dernières sont probablement peu nombreuses. Il est, avant tout, à
désirer que des observations soient faites pendant une année avec de bons instruments bien comparés et convenablement exposés.
Forcé de nous contenter des observations contenues dans les rapports des médecins du poste de Bakcl, nous avons, en nous aidant des règles de la critique, cru pouvoir donner, dans un chapitre spécial de notre livre, un aperçu du climat de Bakel. Les observations de 1860 et 1861 nous ont paru les meilleures. Nous nous bornerons à résumer ici ce que nous avons dit dans nos premières Recheixhes, en complétant, sur quelques points, nos connaissances à l’aide des documents nouveaux recueillis par le docteur Verdier*.
Les températures moyennes mensuelles de Bakcl se trouvent données dans le tableau ci-dessus La température moyenne annuelle est de 28“,7.
Tout porte à croire que ce chiffre est trop élevé, et que la moyenne obtenue avec des instruments bien exposés et à échelles vérifiées serait plus basse. Il existe ici le doute que Ton rencontre toutes les fois que la valeur même de l’instrument employé peut être mise en question. 11 est bien démontré actuellement que l’erreur est, dans ce cas, toujours positive. Ces observations n’en indiquent pas moins avec exactitude quelle est la marche de la température dans l’année.
La grande division qui sert de base à la climatologie du Sénégal estencore applicable au climat de Bakel. Cependant, la sat’sonsèclie présente deux périodes bien distinctes ; la première, correspondant au trimestre d’hiver, est sèche et agréable (moy, 25,5) ; la seconde, correspondant au trimestre du printemps, est sèche et excessivement chaude (moy. 52“,2). Ün peut diviser, à Bakcl, l’année en trois périodes : la saison sèche et froide, les trois mois de notre hiver; la saison sèche et très chaude, les (rois mois du printemps; \a saison humide, pluvieuse et chaude, l’hivernage, qui dure les six autres mois, et dont le premier et le dernier mois servent de transition avec la saison sèche. Taudis que la graduation dos chaleurs se fait sur la cote, do l’hiver à l’automne; à Bakel, à l’hiver, saison la plus froide, succède
1 l':iud(i sur lé poste de Bakel, thèse de Paris, 187G, et Observations inanuscrites»
* Voy. aussi leCAimal du Sénégal, p. 278, résume |délaillé des observations météorologiques faites en 1800-01.
TOPOGRAPHIE MÉDICALE DU SÉNÉGAL
brusquement la saison la plus chaude, le printemps. L’été est plus froid de 4 degrés environ que le printemps, et la température de rautomne est sensiblement la même que celle de l’été. Ainsi, le moment des très grandes chaleurs suit immédiatement celui des froids relatifs. Aux fraîcheurs agréables de janvier et février succèdent brusquement, en mars, des journées lu’ùlantes, et, en avril, les chaleurs sont excessives.
La moyenne d’avril a été la plus considérable pendant quatre années sur sept; trois fois la moyenne de mai a été légèrement supérieure à celle d'avril. Aucun observateur n’a indiqué pour le mois d’avril, pendant huit années différentes où des observations ont été faites pondant ce mois, une moyenne inférieure à 52“,4. En mai 1875, la moyenne mensuelle déduite de quatre observations quotidiennes (6 et 10 heures du matin, 4 et 10 heures du soir) auraitéléde 56“,o. Nous avons sous les yeux le journal météorologique d’où est tiré ce chiffre. Malgré le soin qui a été apporté à la rédaction de ces observations, il reste, pour nous, du doute sur leur valeur absolue, et surtout sur celle de l’instrument et de son exposition.
D’après les observations de 1861, tous les jours, au printemps, entre une heure et 4 heures du soir, la température s’élève au-dessus de 55 degrés; parfois même, en avril, cette température se maintient de 11 heures du matin tà 10 heures du soir. En 1861, la moyenne diurne conclue de 4 observations fut supérieure à 55 degrés pendant sept jours con.sécntifs de la dernière quinzaine d’avril. On observe, pendant des heures entières, des températures qui, à l’omhre, sont supérieures à celle du corps humain; et cela ne peut faire l'objet d’aucun doute. Les sensations de chaleur produites par les corps inertes, par les murs, les tables, les vêtements, témoignent de cette élévation de la température (Verdier), et nous avons nous-même observé, à Dagana, cette démonstration évidente et frappante de l’élévation de la température du milieu ambiant au-dessus de celle du corps humain.
L’élévation considérable de la température de Bakel s’explique en partie par la configuration du soi des environs. Bakel est placé dans une vallée ouverte du sud-est au nord, entourée de collines pierreuses et adossée à un massif montagneux d’une élévation de 150 à 200 mètres.
’ Thévenot, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds.
A. BORIUS.
La plus basse température observée à Bakel a été de 13°, 7 centigrades en janvier 1827*. Les plus hautes températures ont été 45®, 6 le 29 avril 1861, 41®, 7 le 13 mai 1873. On a cité les chiffres de 45°, 46°, 5, 47°; mais il y a du doute sur la valeur de ces dernières observations.
D’après les observations manuscrites de M. Verdier, la température se serait élevée, à Bakel, 42 fois au-dessus de 40 degrés dans l’année 1873; 10 fois en avril, 19 fois en mars, et 13 fois en juin. Il s’agit, bien entendu, de la température de l’air, prise à l’ombre. Dans cette même année, de mars à la fin de juillet, on aurait observé 79 fois une température supérieure à 35 degrés, même en admettant une erreur de 2 degrés dans l’instrument dont se servait M. Verdier, le nombre des températures très élevées reste considérable.
Par une heureuse coïncidence, dans la saison sèche, au moment où les maxima sont si excessifs dans le jour, les nuits sont assez bonnes. Des températures minima de 21 à 24 degrés, sans humidité, paraissent très fraîches, et sont agréables. Les minima de l’bivernage sont rarement au-dessus de 21 degrés, mais ils sont accompagnés d’humidité; aussi les nuits sont-elles alors des plus pénibles : elles paraissent presque aussi chaudes [que les journées, et les Européens ne tardent pas à s’apercevoir qu’ils n’ont fait que changer de supplice, en passant d’une excessive chaleur sèche à une chaleur humide et constante. « Dans ce pays, chaque saison fait désirer la suivante L »
Les oscillations diurnes de la température sont naturellement plus étendues sous le climat continental de Bakel que sur le littoral de notre colonie. Elles sont faibles au mois d’août; 5 degrés en moyenne. La plus élevée n’atteint alors que 8 degrés. Mais, dans la saison sèche, ces variations sont considérables; elles ont l’étendue des variations qui s’observent dans le centre de la France pendant l’été : la plus forte constatée a été de 20°, 8 le 1®'^ décembre 1861. Ces oscillations, auxquelles les Européens sont habitués, n’ont pas sur eux l’influence défavorable qu’elles ont sur les indigènes. Cependant,
* Anne RnffencI, Voyage dans l’Afrique occidentale, Paris, 1840.
“ A Versailles, par exemple. Voy., p. 250 de notre livre, la comparai.<on faite entre les oscillations de la [température observées à Bakel et à Versailles dans l’année 1860-61.
TÜl'UÜllAlMIIK MEDICAL!'] DU SENECAL. 193
il ne faut pas oublier que nous sommes sous les tropiques, et que l’on a raison de les considérer comme énormes pour ces latitudes, dont les Européens ne fréquentent ordinairement que les cotes maritimes.
Nous aurons à revenir sur l’influence de ces variations, sur î‘etat sanitaire soit des Européens, soit des indigènes.
L’exposition au soleil modifie profondément les sensations de chaleur que l’on peut éprouver. En 1875, au moment d’un maximum de 41“,7, à l’ombre, M. Verdier, promenant un thermomètre au soleil, l’a vu s’élever à 45 et 48 degrés.
L’instrument, tourné en fronde, n’aurait probablement pas donné une élévation de la température de plus de 1 ou 2 degrés au-dessus de celle prise à l’ombre, ainsi que nous l’avons souvent constaté à Saint-Louis, en faisant tourner an soleil le thermomètre-fronde, pendant que le vent d’est faisait monter le thermomètre placé sous l’abri normal au voisinage de 36 degrés. Placé sur le sable du sol, l’instrument marquait, dit M. Verdier, 61 degrés. C’est sensiblement le résultat obtenu par Adanson, dans les mêmes conditions d’observation, en 1750, au voisinage de Saint-Louis. Il n’y a pas besoin d’aller au Sénégal pour constater des températures analogues à la surface du sol exposé à une forte insolation. Le résultat trouvé dépend autant de l’instrument, de son volume, de sa position, que de la température réelle. Nous avons fuit, à Dakar, un .grand nombre de tentatives pour obtenir ce que l’on pourrait .appeler la température de l’air au soleil ; nous ne sommes aririvé à aucun résultat. Un éminent météorologiste, M. E. Reinou, directeur de l’Observatoire météorologique de Paris (Saint- ’Maur). l’a établi : « On ne possède encore aucun moyen d’obteinir la mesure scientibque de l’intensité ’e la chaleur pioduite ipar l’exposition au soleil » Il est impossible de recueillir, à 1 l’aide de l’exposition directe des thermomètres au soleil, des observations dont les résultats soient comj)arables entre eux.
Vents. — Les observations faites en 1860-61, celles de 'M. Verdier, en 1872-73, donnent des résultats concordants. fEn établissant les roses des vents de Bakel d’après ces documents, on constate que le régime des vents est, dans cette localité, le même que dans tout le nord de la Sénégambie. Les
^ hif-hnnnaire. ciuJijcloprdifjUP. den xrirtir.fs mi'dica/px, nrlicle Météorologie. V. Hontes, Séni'g.'il. 13
A. DOlUUS.
alizés du nord à l’est soufflent pendant huit mois ; pendant les quatre autres mois régnent les hristîs de l’ouest, alternant avec (les calmes. Les brises solaires de l’ouest qui viennent, dans la saison sèche, rafraîchir les soirées sur le littoral, ne parviennent que bien rarement jusqu’à Bakel. Dans l’hivernage, les calmes sont plus nombreux et plus profonds que sur les côtes, les vents d’ouest sont moins frais et moins forts.
Pluies. — Elles sont plus nombreuses que sur le littoral : elles appartiennent à la saison d’hivernage. En 1862, la quantité d’eau recueillie a été de 550 millimètres. Cette quantité nous paraît trop faible pour représenter la moyenne normale. Le nombre des jours de pluie a' été de 61 en 1870 et 1871, de 66 en 1873, en comptant les jours où il n’est tombé que quelques gouttes seulement. Ces observations sont à refaire avec plus de précision. Los pluies paraissent être plus abondantes à Bakel que sur le littoral. Les tornades et les orages sont aussi fréquents que sur la côte.
CMMAT DE MÉDINE.
Les 120 kilomètres qui séparent Médine de Bakel n’apportent pas de modifications très sensibles dans le climat. Des séries irrégulières et souvent interrompues d’observations tberrnométriques, ont été faites, a Médine, de 1865 à 1874. Les documents les plus importants sur la climatologie de ce poste nous ont été fournis par les docteurs Daniel, L’Helgouach et Bourilhet. Les moyennes mensuelles de la température déterminées en 1863-64 par M. L’Helgouacb ont été données plus haut. D’après ces moyennes, la température serait, à Médine, encore supérieure à celle de Bakel. La moyenne annuelle serait de 29“,9.
La valeur absolue de ce dernier chiffre n’est garantie par au-j cune comparaison instrumentale; elle est probablement trop®
élevée. M
La marche annuelle de la température est celle observée à® Bakel. Les extrêmes constatés ont été : 17 degrés le 25 décem-® bre 1865, à 6 heures du matin, et 42 degrés les 5 et 23 mai*
Les vents de l’est au nord-est sont aussi insupportables que* dans les environs. Très froids en janvier, ils sont brûlants enl avril cl mai. Ds offrent des variations d’un jour à l’autre. soufii|
TOPOcrurinE médicale du Sénégal.
lltMit un moment, et cessent bruscjiicment un moment après, l'arlbis ils apportent sur Médine des torrents de sable.
Les brouillards humides sont très communs en janvier. Ces brouillards s’étendent, chaque année, sur le Kasso. Ils sont considérés comme très malsains dans tous les rapports médicau.x ; ils sont parfois si épais, que l’on a de la peine à se conduire.
L’bivernago débute plus tôt (|u’à Saint-Louis, souvent dès les derniers jours de mai. Au commencement d’un hivernage, le 2 juin 1874, M. Bourilliet observa à Médine, à la suite d’une tornade, un orage avec grêle abondante L Le sol fut couvert de grêlons serrés de la grosseur moyenne d’une noisette, quelques-uns du volume d’une noix. Ce phénomène n’abaissa la température que de 2“,5. Nous avons parlé de la fréquence de la grêle dans les montagnes de Sierra-Leone; mais ce phénomène est extrêmement rare au Sénégal comme dans toutes les régions tropicales non montagneuses. Il est plus extraordinaire encore de le voir se manifester près du bord de la mer. Dans la matinée du 19 mars 1879% on vit tomber quelques grêlons à Sor, à 1 kilomètre de Saint-Louis, à la suite d’un orage, phénomène qui est lui-même tout à fait insolite à cette époque > de l’année.
CLIMAT DE MAC-CARTHY (Gambie).
Les observations faites à George-Town, dans l’île de Mac- Carthy, par le docteur llorton, en 1865 montrent que cette ile, située à peu près sur le méridien de Podor, à 800 kilomètres plus au sud, possède le même climat que nos possessions du Haut Sénégal.
La température moyenne annuelle (29",9) est exactement la i même (pje celle déterminée pour Médine. Les moyennes mensuelles diffèrent très peu de celles déterminées en 1863 (voy. le tableau ci-dessus). Il est même remarquable que les obser-
* Voy. A. Goriiis, Observations de grêle au poste de Médine, in Nouvelles méléorologigues, 1SB5, p. 132.
* L. Mayène (F. Joseph), Journal météorologique de l'Observatoire de Saint- Louis.
Morton, l‘hystcal and rnedical climate and meteorology of the ivesl coast T f Africa. Londres. 18G7.
A. unmrs.
valions faites par deux personnes n’ayant entre elles aucune communication, après avoir été réduites à la mémo échelle centigrade, donne des résultats aussi rapprochés. Cette coïncidence est en même temps une preuve de l’exactitude des observations et de l’identité d^s deux climats.
La marche de la température est, à Mac-Carlhy, la même qu’à Médine et à Bakel. Dans son voyage de Bakel à .Mac-Car- Carlhy, fait pondant la saison sèche, Baffenel ‘ ne trouva, on effet, sur sa roule aucune modification climatologique à signaler; il parle seulement de l’aspect plus verdoyant des bords de la Gambie que des régions sans eau qu’il venait de traverser.
Les températures extrêmes signalées par Horton sont : un minimum de i7“,8 le 2 janvier 1865 et un maximum de 43®, .5 en avril de la même année.
Les vents ont la même direction que dans les autres parties de la Sénégambie. Lorsque survient, au délnit de l’hivernage, la mousson du large, les vents soufflent souvent avec violence du sud-oue-t au nord-ouest. Ils sont alors très froids, et les bronchites sont nombreuses dans le poste anglais.
L’hivernage débuta exactement le 22 juin en 1866: il fut précédé d’un vent violent | de sud-est soulevant une énorme quantité de poussière. Le nombre total des jours de pluie a été de 60 en 1865 et de 64 en 1866. Deux ou trois seulement de ces journées [tluvieuses ont été observées en dehors des hivernages.
CLIMAT DE MATAM.
Nous connaissons peu de chose sur ce point de nos possessions sénégalaises. Des observations thermométriques y ont été faites pendant les six premiers mois de l’année 1863 par le docteur Léonard. Les températures étaient prises à 6 et 10 heures du malin, 1 heures, 6 heures et 8 heures du soir. Elles étaient inscrites en nombres ronds de degrés. — Nous ignorons la qualité de l’instrument employé et son exposition. Voici les moyennes mensuelles déterminées :
* Rali'enel, Voijage rlans l'Afrique orcklenlale. Paris, lS4(i.
TOrüGH.UMllli MÉDICALE DU SÉNÉCAL.
Janvier
Février
■Mars
Avril
Mai .
Juin
D’après ces moyennes, la marche de la tempéralure paraît être la même qu’à Bakel.
Les extrêmes ont été ; un minimum de 10 degrés le 5 février, à 6 heures du malin (quatre jours avant celte date le thermomètre était descendu à 12 degrés); le maximum le plus considérable a été de 42 degrés le 5 juin. Les premières pluies de rhivernagc ont été constatées le 31 mai.
CJ.IMAT DE PODOU.
Le poste dePodor se trouve placé au point le plus septentrional du cours du Sénégal, et par conséquent dan la situation la plus avancée de tous nos postes vers les régions arides du désert. Le climat de Podor mérite donc d’attirer notre attention. Nous en examinerons les qualités avec d’autant plus de soin que lors de nos premières Recherches sur le climat du Sénégal, les documents nous faisant défaut, nous n’avons pu nous occuper de Podor. Depuis lors, deux bonnes séries d’observations, d’une année chacune, ont été recueillies dans ce poste.
La première série comprend les observations du thermomètre, de la pluie, des vents et de leur intensité à 6 heures du malin, 2 heures et 9 heures du soir, par M. le docteur Daniel, de juin 1873 à mai 1874.
La seconde série, parM. le docteur Rigubert, a été obtenue, à l’aide des mêmes instruments, du mois de juin 1874 à mai 1875. Les observations ont été faites à six heures du matin, 11 heures 42 minutes du matin et 2 heures 30 minutes du soir. L’observation de 11 heures 42 minutes correspondait à l’observation faite simultanément dans tous les points de l’hémisphère nord, à midi 52 minutes (heure de Paris).
Les moyennes mensuelles suivantes résultent des observations faites pendant les deux années consécutives par M.VI. Daniel et Rigubert :
Décembre . . 23*.0 Mars 27*, 2 Juio 30*, 6 Septembre. . . 30’, 1
Janvier . . . 22*. 7 Avril ‘28*, 2 Juillet .... 50*, 8 Octobre .... 30', 4
Février . . . 24*, 8 Mai 31’, 9 Août 31", 2 .Novembre. . . 26", 6
A. IJOIUUS.
La moyenne annuelle est : 28“, I.
Cette température, résultant de bonnes observations faitrs dans le fort, au nord-ouest du bâtiment, à l’abri de l’impression directe des vents de l’est, est considérable ; elle justifie la réputation anciennement établi de Podor comme l’un des pointsMcs plus chauds du Sénégal. Cette température est d’autant plus remarquable qu’à Dagana, à une distance de seulement 100 kilomètres, la moyenne est de 25“,8.
La marche annuelle de la température se rapproche j)lus de celle du Haut Sénégal que de celle de Saint-Louis, et même de Dagana. Les deux années d’observations donnent des résuL tats concordant pour établir l’ascension brusque que la température fait au mois d’avril et de mai surfont. La température des mois du début de rhivornage est moindre (pie la moyenne résultant, dans les derniers mois du printemps, de la persistance, pendant de longues heures du jour, des grands maxima causés parles vents du désert. Ces maxima ne dépassent pas ceux de Dagana ou de Saint-Louis, mais leur durée, plus grande, élève d’une manière considérable la moyenne diurne ; de sorte que, au moment où surviennent les pluies de l’iiivernage, il y a un abaissement réel de la température absolument comme dans le Haut Sénégal. Cet abaissement est toutefois moins accentué ; la dilféreuce entre les températures du mois de mai et celle du mois de juillet n’est que de 1 degré, tandis qu’à Bakel et à Médine, elle dépasse 6 degrés. Par la situation, plus proche de l’Océan, le climat de Podor est donc moins continental que celui de Bakel. Nous verrons combien, à Dagana, situé plus vers l’ouest, la transition est mieux accusée qu’à Podor. Le climat de Dagana, tout en restant très chaud, ressemble plus à celui de Saint- Louis qu’à celui du Haut Sénégal.
Les courbes des moyennes mensuelles des différentes localités du Sénégal montrent parfaitem.ent cette transformation graduelle des climats à mesure que l’on se rapproche de l’Océan (voir la planche, jiage 154).
Les températures extrêmes observées ont été : 15 degrés le 18 janvier 1875 et un maximum de 41°, 5 le C mai de la même année. Ces deux extrêmes ont été observés sous l’influence des vents du nord-est, frais ou brûlants selon l’Iicure ctl’épocjuc.
Le régime des vents, bien observés, est celui des vents géné-
! TOPOGIlAPlllE MÉDICALE DU SÉNÉGAL. 199
I niux tle la Sénégiimbic, rarement, pendant la saison sèche, le vent souftle franchement du nord comme à Saint-Louis. Dans ! riiivernage, les brises de To-iest sont faibles, les calmes prolongés sont très pénibles.
Les pluies sont sensiblement les memes que vers le littoral, i Dans riiivernage de 1873, la quantité d’eau tombée fut un peu' j plus grande qu’à Saint-Louis, le contraire eut lieu dans l’hii vernage de 1874. Les orages sont d’ailleurs en nombre égal dans les deux localités ; or, c’est surtout pendant les orages que les pluies tombent avec abondance.
Voici quelle a été la moyenne des pluies des deux années :
Dans la saison sèrbe, on ne nota de pluie que dans les mois de janvier, 1 millimètre en une fois et de février, 6 millimètres en 2 jours. Dans l’hivernage les quantités furent les suivantes ;
Juin 3 mil), nn 2 jours.
Juillet 67 — A —
Août 253 — 12 —
S.'plembre 44 — 2 —
Octobre 25 — 1 —
Le total donne une couche d’eau annuelle de 425 milli- 1 mètres tombée en 35 jours.
Nous avons déjà dit notre opinion sur la valeur des observa- I lions ozonométriques. M. Daniel fît avec du papier de la ! même provenance que celui dont nous nous servions à Sainti! Louis, des observations donnant les mêmes conclusions que I : celles que nous obtenions. Le papier se colore fortement, quand I il fait humide, dans le voisinage des marais, au-dessus des (I marais comme ailleurs. 11 on résulte qu’à Podor, les vents secs ; et favorables au dessèchement des marais, à la cessation des i fièvres accusent une [irélendiie absence d'ozone. Au contraire ■ c’est au moment où l’état sanitaire est le plus mauvais que le . papier dit ozomélrique présente ses colorations les plus inlen- • ses. Il est difficile de trouver une preuve plus évidente de 1 inanité des théories ipii se sont appuyées sur les observations faites à l’aide de ce moyen inlidèle.