CU.MAT DE DAGANA
bette partie du Sénégal a été bien étudiée au jioint de vue
A. BÜRIUS.
météorologique |iar MiM. les docteurs Forné, Marnata, Boheas, Hébert, et enfin par nous-méme. Le chapitre important que nous avons consacré au climat de Dagana dans nos Recherches sur le climat du Sënégal'^ et, dans une thèse spéciale*, nous permettra de négliger l’indication des sources dans lesquelles nous avons pu puiser nos renseignements et de résumer hrièvement les connaissances actuelles sur cette partie du Sénégal.
Les moyennes mensuelles de la température sont à Dagana :
Décembre. . . 26°, 5 Mars. .... 2S*,0 Juin 27*,1 Septembre.. . 28*, 1
Janvier. . . . 21”, A Avril 26”,t Juillet .... 28” ,5 Octobre. . . . 20”, a
Février. . . . 25”,3 Mai 26". 8 Août 28”, 2 Novembre. . . 2l°,i
L'a moyenne annuelle est de 25°, 8.
La moyenne de la saison sèche est de 24 degrés, celle de rhivernage 27“,7. Déterminées en 1862, alors que nous séjournions à Dagana, ces moyennes ne dilTèrent pas sensiblement de celles trouvées par les autres observateurs.
Malgré la proximité de Podor, le climat de Dagana ressemble plus à celui de Saint-Louis qu’à celui de Podor. La marche de la température, de mois en mois, tout en étant sous l’influence immédiate de la marche apparente du soleil, ne l’est pas d’une manière aussi nette qu’à Saint Louis. Le trimestre du printemps n’est pas, comme dans le Haut Sénégal, et même à Podor, plus chaud que le trimestre d’été; cependant l’élévation de la température à la fin de la saison sèche, et particulièrement en avril et mai, est bien plus rapide que sur le littoral, à 120 kilomètres duquel est situé Dagana.
Les minima vont en augmentant de décembre au mois d’aoùl de la même manière que sur la côte. Les maxima suivent la même loi que ceux de l’intérieur. C’est en mai qu’ils sont les plus considérables, ils s’abaissent avec la saison des pluies. Ce phénomène s’explique par la situation de Dagana. Les vents du désert y possèdent la même intensité que dans le Haut Sénégal, mais les séries de vents brûlants sont moins nombreuses, plus courtes et surtout, chaijue jour, de moindre durée qu’à Bakel et à Podor, de sorte que le thermomètre, tout en s’élevant momentanément aussi haut qu’à Bakel, se maintient pendant un temps beaucoup plus court dans les graduations très élevées.
‘ Ouvrage cité. Voy, p, 251.
- Quelques considérations médicales sur le poste de Dagana, observations laites pendant l’année 1862 (Thèse de Montpellier, 1864).
TOrOGllAl’lllE MEDICALE nu SÉNÉGAL. 201
Los plus basses lempéralures constatées ont été 13 degrés le 11 janvier 1862 et 12 degrés le même mois en 1873 (Boliéas). La plus haute température que nous ayons constalée et bien vérifiée a été 41 degrés, deux fois en 1862, le 25 mai et le 8 juillet. M. Hébert' a observé en mai 1877, 42“,5. Nous avons compté, en 1862, 72 jours pendant lesquels la température a atteint ou dépassé 35. degrés, savoir : 2 jours en février, 40 dans le trimestre du printemps et 30 au commencement et à la fin de rhivernage, au moment des transitions entre les deux saisons. L’oscillation diurne de la température est, en moyenne de 10 degrés; dans la saison. sèche, elle peut atteindre 15®, 5 sous l’inlluence des vents d’est. Dans rhivernage, elle est de 8 degrés en moyènne. Les comparaisons que nous avons établies' entre ces oscillations et celles que l’on obsei've sous le climat de la France, nous ont servi à démontrer comme les variations diurnes de la température ne sont pas la cause de l’insalubrité du climat du Sénégal.
Les vents ont été bien étudiées, à Dagana, dans les observations manuscrites de M. Bohéas. Le régime est le même que dans le reste du Sénégal. Les brises de l’ouest et du sud-ouest, si rafraîchissantes et si agréables pendant l’hivernage, à Corée et à Saint-Louis, n’arrivent, à Dagana, que faibles et attiédies par un long parcours sur des terres échauffées. Elles ont perdu leurs propriétés bienfaisantes, et c’est à peine si elles apportent, orsqu’elles ont un peu de vigueur, un léger soulagement aux accablantes chaleurs de la journée. Aussi, malgré une température moyenne très voisine de celle de la même saison à Corée, l’hivernage est-il beaucoup plus difficile à supporter à Dagana que sur le littoral, indépendamment de la salubrité des lieux qui diffère considérablement.
Les vents d’est au nord-est ont, à Dagana, au plus haut degré, les propriétés desséchantes que nous avons décrites. A ces vents sont dus les plus bas minima comme les plus forts raaxima, ils entraînent avec eux un sable fin qui recouvre tout et pénètre dans l’intérieur des maisons les mieux closes. La sécheresse de ces vents, fatale à toute végétation, est favorable au dessèchement rapide des marécages si nombreux à Dagana,
‘ Une année médicale à Dagana (Thèse de Paris, 1880).
’ Becherchet sur le climat du Sénégal, p. 259.
A. «URIUS.
aussi riiarrnattan ost-il, ajuste litre, considéré comme un vent favorable à l’état sanitaire des Européens. Que penser de la prétendue observation de Lind, disant qu’un vent du désert d’une durée de quatre heures aurait suffi pour tuer une chèvre, lorsque l’on voit, à Dagana, l’époque de ces vents d’harmattan être précisément celle où les |)euples pasteurs conduisent leurs troupeaux sur les rives du fleuve cl établissent leurs camps dans le voisinage du poste. Ou l’observation de Lind est fausse ou bien elle a été faite dans des conditions d’expérimentation très anormales, mais il est impossible d’admettre d’autres propriétés particulières à ces vents que leur sécheresse et leur température.
Les pluies varient beaucoup en nombre, à Dagana, selon les années. Elles ont la meme fréquence et la même abondance qu’à Saint-Louis. Nous en avons compté 55 jours dans l’année 1862; M. Bohéas, 20 jours en 1872-75; M. Hébert, 45 en 1876-77 dont 40 pendant l’iiivernage 1876, alors qu’il y en avait 45 à Saint-Louis. C’est-à-dire que les averses sont dues à Dagana aux mêmes causes que sur le littoral et au passage des tornades qui traversent le pays et le couvrent de nuées orageuses.
On voit qu’en résumé le climat de Dagana sert de transition des climats continentaux de l’intérieur aux climats maritimes du littoral.
4® — Comparaison entre les divers climats locaux de la côte d'Afrique.
Nous venons, dans les pages précédentes, de décrire les divers climats du Sénégal et de la partie de la côte d Afrique qui se rattache à la région comprise sous 1 expression géographique de Sénégambie. Nous devons, pour rester dans les limites que nous nous sommes tracées, arrêter ici notre description.
Cependant, il nous reste à montrer quels sont les liens qui, par des transitions graduelles, rattachent les climats que nous venons d’examiner à ceux des contrées situées plus au sud. Utilisant nos propres travaux sur ces dernières régions', les
‘ Voy. Recherches sur le climat de la côte septentrionale du golfe de Guinée, in Ann.de la Société météorologique, 1879.
Voy. flotice sur le climat du Gabon [Ann. de la Soc. météoro.,, 1881).
Voy. les articles Seora-Lcone cl Guinée du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.
TOl'OCKAl’lIlK MK1)1C\I,E DU SÉNÉGAI,.
dociimcnls qu’ont bien voulu nous procurer, sur le Gabon, M. le docteur Vincent et, sur les colonies portugaises, le savant directeur de l’Observatoire de l’inlant don Luiz, M. J.-B. Capello. Nous avons tracé, dans la plancbc e,i-jointe, la marche annuelle de la température dans dix-huit localités de la côte d’Afrique placées entre le huitième parallèle sud cl le dix-septième parallèle nord.
Bans cette planche les localités sont rangées de bas en haut, par latitudes croissantes à mesure (juc l’on s’éloigne de l’hémisphère sud.
Devant chaque nom de lieux est indiquée la latitude et, à la suite de ce nom, la température moyenne annuelle déterminée par des observations dont la durée est indiquée de l’autre côté de la figure, ainsi que l’époque à laquelle elles ont été recueillies avec les noms des observateurs ou des autorités à l’appui. Dans ce tracé graphique, les moyennes annuelles sont représentées, pour-chaque lieu, par un trait horizontal, les moyennes mensuelles par une courbe oscillant autour de la moyenne annuelle selon des hauteurs qui peuvent être évaluées en degrés et dixièmes de degré, à l’aide de lignes horizontales espa- (cées d’intervalles représentant un degré centigrade.
Les moyennes annuelles ainsi données résultent toutes d’obiservalions directes. La valeur absolue de ces moyennes peut être I discutée, souvent elles mériteraient d’être abaissées. Cependant mous avons préféré les résultats réels des observations à des (courbes conventionnelles moins accidentées, à angles moins jaiguës, pouvant peut-être se rapprocher plus de la vérité, mais me résultant pas de l’observation directe. Cette planche n’est •donc pas un schéma établi pour l’éclaircissement d’une théorie. IFdle ré.sume simplement ce qui a été constaté à des époques lires diverses, pendant des nombres inégaux d'années, en difféirents points de la côte d’Afrique. Telle qu’elle est, elle suffit pour donner des conclusions importantes dont nous signalerons les plus saillantes sous forme de propositions.
I. — Le mouvement annuel de la température est d’autant I moins étendu que l'on se rapproche de l’équateur.
I II- — Règle générale, ce mouvement est double; de sorte 'qu’il y a, chaque année, deux minirna et deux maxima de 1» i température.