‹ Les maladies du SénégalChapitre 36 sur 56 · I.CN iiialailies · texte numérisé non relu

I.CN iiialailies

Les maladies observées en Sciiégambie ont fait l’objet do très inij)ortantes études. Il suffit de rappeler ici les noms de Lind, Winterbottom, Thévenol, Dulroulau, Ilorton, Bérenger-Féraud. Ces noms doivent être cités à chaque instant dès qu’il s’agit des maladies de la côte occidentale d’Afrique, et surtout du Sénégal. De nombreuses thèses ont été soutenues par les médecins de la marine sur les maladies observées dans cette colonie ou sur la topographie médicale de certaines localités particulières. Les maladies des Européens font le plus souvent le sujet presque exclusif de ces travaux. Les nialadies des indigènes ne sont étudiées, ordinairement, que. d’une manière tout à fait accessoire, et presque toujours, sans qu’il soit tenu compte des distinctions de races, cependant si profondément dissemblables entre elles, soit an point de vue anthropologique, soit au point de vue des mœurs et des usages.

N’ayant pas à entrer dans les descriptions des maladies, mais seulement à les énumérer et à chercher les relations qu’elles ont au Sénégal, avec les conditions de temps et de lieu, nous n’aurons à mettre en évidence que quelques particularités étiologiques relatives à ces maladies. « Ne l’oublions pas, toute la thérapeutique est dans l’étiologie » (Chauffard) ; or, l’étude des causes des maladies est, malgré l’antiquité dos premiers travaux qui en font mention, l’une des parties les moins avancées de la pathologie; c’est la moins appuyée sur des faits positifs.

TÜt'OGU.VrillE MÉDICALE DU SÉNÉGAL. ->'2'i

Le Traité des maladies des Européens au tSénérial , de .Al. Bêrenger-Fcraïul, contient une statistique très détaillée et très complète des maladies (pii ont régné pendant vingt ans dans les lioi)ilau.v de la colonie. Nous aurons de IVéqiK nts et importants emprunts à l'aire à celte slatistit|ue, et les obseï valions médicales contenues dans les deu.v volumes de ce savant ouvrage nous fourniront la base principale sur laquelle nous nous appuierons.

Les stalisli(jucs de M. Bérenger-Féraud résultent surtout du dépouillement des feuilles de clinique des hôpilau.x de la colonie.

« Les hôpitaux, dit llirsch ^ ne représentent pas la vraie physionomie de la |)alhulogic d’un pays. » Cette proposition est peut-être plus vraie au Sénégal qu’en Eurojie. La population qui fournit les entrées dans les hôpitau.x de notre colonie se compose surtout de militaires et de marins. Si l’on se rapporte à ce que nous avons dit de la population européenne du Sénégal, au petit nombre de femmes et d’enfants que compîe cette population, au chiffre peu élevé de l’élément civil, ou reconnaîtra que la statistique des hôpitaux doit donner , non pas l’aspect de la pathologie du Sénégal, mais celui des maladies des Européens qui séjournent ordinairement dans cette conttrée.

Les quelques noirs de provenances très diverses qui, engagés dans nos troupes, fournissent des malades à nos hôpitaux, ne , laissent à la statistique qui les concerne qu’une valeur très reslreinte. Celle statistique est loin de représenter la physioiiiomie de la pathologie du pays telle qu’elle le serait, s’il était [possible de compter les maladies et les morts d’un grand 'village indigène. L’Eurojiéen est l’exception dans le pays; c’est cette exception que nous connaissons le mieux. Tant qu’aux vrais habitants, ils sont soumis à des lois de morbidité et de mortalité essentiellement difiérentes de celles des Européens, et il n’est [>as actuellement possible de donner avec une exactitude complète l’étal de leur pathologie. A Dagana, nous avons vu la population du village indigène rudement éprouvée par la dysenterie, puis par de nombreux cas de rhumatismes

' Uandhuch der liUlorhcli-geni/mjdiiKchnii l>alliologii\ iiitr Mliiclioii.

A. DOItILS.

garnison noire du poste ne donnaient aucune idée de co^ constilulions medicales régnantes. Nous ne comptions pas un seul phthisique dans la garnison indigène, alors que des cas assez fréquents de cette maladie passaient sous nos yeux dans les consultations que nous donnions aux gens du village.

Nous suivrons, dans l’énumération des maladies qui méritent d’arrêter le plus l’attention au Sénégal, la division en maladies endémiques, épidémiques et sporadiques.

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