‹ Les maladies du SénégalChapitre 37 sur 56 · MALADIES ENDÉMIQUES · texte numérisé non relu

MALADIES ENDÉMIQUES

11 est peu de régions où la malaria produise des effets plus désastreux qu’au Sénégal. « l.a clef delà pathologie, dans cette contrée, est, dit Thévenot \ toute dans l’étude des fièvres intermittentes. » Sur toute la côte de l’Afrique occidentale, la fièvre occupe la plus large part du cadre pathologique.

Sur 66 491 entrées dans les deux hôpitaux de Saint-Louis et de Gorée, en vingt ans, on a compté 26 415 entrées pour lièvres paludéennes de toutes formes , soit 59,6 pour 1 00 de la totalité des maladies. A l’hôpital de la ville de Rochefort, les entrées, pour lièvres intermittentes, sont de 26,5 pour 100 des entrées totales ^

La lièvre est la principale et la plus évidente manifestation de l’empoisonnement parla malaria. 11 est, cependant, admis que, sous l’inlluence de ce miasme, se développent un certain nombre d’affections non fébriles, faisant cependant partie des maladies paludéennes. C’est ainsi qu’il est incontestable qu’au Sénégal, quelques individus arrivent rapidement à un état profond d’anémie et de cachexie paludéenne, avec hypertrophie delà rate, sans qu’aucun accès de fièvre se soit manifesté chez eux. L’insolation est, comme nous le verrons plus loin, considérée par beaucoup de médecins comme liée à la présence de la malaria. Les embarras gastriques, causes si fréquentes d’entrées des Européens dans les hôpitaux de la colonie, sont considérés, par M. Bérenger-Féraud, comme presque toujours d o-

' Thévenot, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, et spécialement au Séiiéga', p. ‘244. Paris.

- Malicr, Statistique médicale de Rochefort . Paris. IS74.

TOrOUKAPlIlK MEDICALE DU SENEGAL.

rigiiiD |)aliuli(iue. On sail que la môme opitiion esl souleime par .M. L. Colin.

La dysenterie et l’hépatite ont elles-mêmes été classées, par beaneoiip de médecins, comme de nature paludique. Cette opinion est facile à réfuter. « Une tendance à laquelle obéissent la plupart des esprits, ditM. Gestin *, consiste à attribuer aux émanations paludéennes, l'origine de toutes les maladies dans les pays chauds. » 11 est nécessaire de réagir contre cette tendance, qui entraîne à une thérapeutique souvent mauvaise.

Nous ne nous occuperons d’abord que des affections dont la nature est incontestablement paludique, de celles qui nécessitent la médication par les quinquinas, c’est-à-dire des fièvres.

Depuis l’accès légitime jusqu’à l’accès pernicieux, si souvent mortel, les fièvres de malaria ne présentent entre elles que des différences de forme ou de gravité, selon l’intensité de l’empoisonnement; c’est toujours la même maladie, dont les manifestations symptomatiques seuls varient. Pour la facilité de l’étude, il faut nécessairement admettre des divisions, et nous aurons à parler des fièvres iiitermittenles , des fièvres |)ernicieuses, enfin des fièvres bilieuses mélanui iques.

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