‹ Les maladies du SénégalChapitre 41 sur 56 · Période : fraicheur (no · texte numérisé non relu

Période : fraicheur (no

verahre à fin février). .

3* Péiiode : chaleur sèche (mars à fin juin). . . .

Celle nouvelle l’épartilion donne lieu aux mêmes conclusions, que les |)récédciilos. Elle montre que la chaleur humide est la cause de la production des accès de fièvre. Dans la période qui s’étend de novembre à la fin de février, la fraîcheur relative, produite par les grandes brises du nord, abaisse le nombre des lièvres Les chaleurs qui régnent de mars à la fin de jniii,. épotpie où sonlflcnl les vents du désert, coïncident avec le minimum des fièvres.

On peut pousser pins loin l’analyse et rapprocher des lablcanx que nous avons donnés, comme exprimant les teni()ératures moyennes mensuelles des localités, ceux que les statisliijues de M. Dércnger-Féraiid donnent comme exprimant les proportions des entrées pour fièvres intermittentes, selon le.s mois, dans chacune de ces localités. On constate alors que sur le littoral, à Saint-Louis, à Corée, .Mhidjem et même à liagana, les fièvres intermittentes vont en augmentant ou en diminuant de fréquence à mesure que les températures mensuelles augmentent on diminuent.

L’influence do la ferrq)ératnre sur la fréquence des fièvres «urlouf évidente pour les villes de tjoréc et rie Saint Louis.

A. IJOlUÜS.

Nous avons pu, clans un autre ouvrage tracer, au-dessous des courbes représentant les moyennes mensuelles de ces deux villes, à Gorée pour dix ans, à Saint-Louis pour une seule année, les courbes de la rrécjuenco dos maladies endémlcjucs dont les chiffres sont surtout fournis par les fièvres intermittentes. Le parallélisme des courbes météorologiques et des courbes de inorbidilé est très remarquable.

On peut donc dire que, dans ces villes, où de grands centres hospitaliers permettent de comparer des chiffies nombreux de malades à ceux exprimant l’état rnétéorologiciue, V insaluhrüé est proportionnelle à la teni éralure moyenne mensuelle. Cette règle générale est encore conlirmée par l’examen des faits à Mbidjem. Elle est encore vraie, mais moins évidente, à Dagana et à Podor.

A Bakel et à Médine, les nombres fournis par les statistiques ne doement plus les mêmes résultats. Il y a, au contraire, aux mois les jilus froids de l’année, en décembre, janvier et février, un maximum de fièvres intermittentes, et les grandes chaleurs d’avril et de mai, dues aux vents du désert, sont loin de coïncider avec une augmentation des fièvres. Quoique s’appuyant sur des nombres absolus d’entrées moindres que ceux fournis par les hôpitaux de Saint-Louis et de Gorée, les chiffres, relatifs à Bakel, ont cependant une assez grande exactitude pour qu’il ne soit pas permis d’affirmer que la projiosition soulignée plus haut soit applicable aux régions du Haut Sénégal.

On peut expliquer cela jiar la cause toute |»articulière de l’élévation des températures moyennes du printemps. A Bakel et à'Médine, ces températures sont complètement sous l'iniluencc de l’harmattan, ou vent du désert, vent dont les propriétés d’extrême sécheresse ont une action bienfaisante au point de vue de la malaria. Le’ maximum des fièvres, aux mois de décembre et janvier, s’expliquerait, comme nous l’avons dit plus haut, par le maintien dans le i>ays des hommes malades peu dant l’hivernage |)récédcnt.

Influence des températures extrêmes el des variations thermométriques. — Il n’y a aucune 'relation évidente entre

' Recherches sur le c/iinnl du Sénégal (voy. les plandies VI el Xlll, p- l'29 et 200).

iJ TÜl’ÜGUArilIE MÉDICALE DU SÉNÉGAL.

les tempéralures extrêmes et la IVéciiience dos accès de fièvre. La saison sèche, celle des grands maxima et des minima très prononcés, dans toutes les parties du Sénégal, est la saison où les accès de fièvre sont les pins rares. Cependant, les extrêmes et les variations qui en sont la conséquence agissent souvent comme causes occasionnelles d'accès de fièvre. Il suffit, an Sénégal, d’une longue course, au milieu de la journée, pour déterminer un accès chez un individu dont les accès sont suspendus depuis quelque temps. Des cas très mul'ipliés de cette action s’observent lorsqu’on est forcé de faire marcher les troupes au moment le plus chaud de la journée, même alors que le ciel nuageux ne permet pas d’accuser l’insolation directe.

Les basses températures produisent le même résultat. Indépendamment du danger bien connu d’infection maremmatique après le coucher du soleil, les factions de nuit sont souvent la cause manifeste de l’apparition d’accès de fièvre chez les soldats. Il est vrai que, dans ce cas, on peut aussi bien dire que c’est le rciroidissement éprouvé que l’action d’une basse température qui agit. Cependant, les variations atmo- .«phériqiies do la température n’ont pas en général, par ellesmêmes, une assez grande étendue pour amener ce résultat. Ces variations ont leur moins grande amplitude précisément à l’époque de l’année où les fièvres sont les plus nombreuses, pendant l'hivernage; tandis qu’au contraire, pendant la saison sèche, alors que les variations atmosphériques diurnes ont leur plus grande amplitude, les accès de fièvre deviennent rares.

Mais, si à la variation atmosphérique se joignent certaines autres conditions capables de produire un refroidissement considérable du corps humain, l’homme atteint d’infection mala- ;rienne ne tarde pas à trouver, dans ces conditions, la cause déterminante d’un accès de fièvre. A Dagana, un homme est placé en faction dans un corridor au milieu d’un fort coui raiit d’air froid : au bout de |ieu de temps, il est pris d’un ! accès de fièvre, nous le faisons relever ; son successeur est ’ bientôt pris lui-même d’un frisson, enfin, un troisième factionnaire, placé dans le même lieu, est forcé de s’aliter comme les deux premiers. Nous fîmes supprimer ce poste dangereux. Il suffit d’ètre mouillé par les pluies pour voir survenir un accès de fièvre.

A. iioruus.

L’liydrolliérii|)ic est une des meilleures pralifjues médicales sous un climat où l’anémie c.-t si l'réqucnte et si à redouter. Cependant, dans le poste où nous faisions l’observation précédente, nous avons i>u constater combien l’usage mal compris des bains froids est dangereux. Les bains de rivière sont considérés généralement, au Sénégal, comme causes d’accès de lièvre. Ce qui fait (jue ces bains occasionnent souvent des accès, c’est cpi’il est |)cn de peivonnes qui veuillent en user avec modération. Le bien-être éi)rouvé fait prolonger le plaisir du bain pendant des heures entières. 11 est évident (jue l’effet de ce long séjour dans l’eau ne peut être le même que celui du simple bain hygiénique. L’usage quotidien d’un bain de rivière de (|uel(|ues rninulesnons a paru d’un excellent effet sur les personnes qui .«avaient user avec modération de ce puissant tonique. Les noirs, qui viennent de ramer pendant de longues heures dans une embarcation, et sont couverts de sueur, se jettent impunément à l’eau en arrivant au but de leur course. Ils sortent de l’eau, il est vrai, presque de suite après s’y être plongés. Ils font, en cela, ce que recommandent tous ceux qui ont préconisé riiydrolbérapic. Mais le refroidissement des bains prolongés est au-ssi à redouter que celui des courants d’air, et son effet le plus évident, au Sénégal, est celui de la production d’accès de fièvres.

En résumé, les tem|iératures extrêmes et les variations atmos])hériqnes qui en résultent n’ont qu'un rôle très secondaire dans les causes des accès de fièvre intermittente, tandis que les refroidissements dus aux variations atmosphériques, sous la dépendance des autres agents extérieurs auxquels l’économie peut être soumise, sont <à redouter.

Vinfluence des vents est trop bien connue pour que nous ayons besoin d ajouter de nouveaux faits à ceux partout signalés. L’exposition au vent ou sous le vent d’un marécage influe d’une manière des plus évidentes sur les navires qui tréquentent la côte d’Afrique. M. Nielly * cite une observation caracté-^ ristique qui montre aussi comment l’intoxication palustre est parfois rapide et peut se produire 0|)rès un séjour de quelques» îieures sur cette côte. Cette observation fut faite, en 1855, par; M. Nielly, à bord do la Recherche : « 27 hommes de cette cor-

* Élément de palhotof/ir e,roti'iite. l'n vol. in-S". T.-uip. IS81.

T0I‘U(.;U.VIM11E MEDICALE DU SÉMiCAL.

velle rui'cnl piis ensemble de lièvres palustres. Le navire avait passé une niiil, quarante-luiit heures auparavaril, en rade de Sainte-Marie-Balhurst. Aucun des hommes n’avait eu antérieurement la fièvre. »

Tri vent réputé salubre peut, par suite de dispositions locales, devenir très malsain. C'c't ainsi que les vents du large, si lavorahles à l’étal sanitaire du littoral, perd sa qualité des que l’on pénètre dans rintérienr du pays. L’état liygromélriqnc des masses d’air entraînées de l’Océan sur les terres, favorise le développement de la malaria. Le vent de nord-est, t’harmallan, doit à son extrême ciccité les propriétés qui lui ont valu sa bonne réputation. Dans certaines parties d(î la Sénégambie, il mérite bien le nom de vent-docteur que lui donne Mongo- Park.

Ouellcs que soient les propriétés, pour ainsi dire, intimes du vent, selon la partie do l’horizon d’où il souffle, ses effets physiques peuvent être défavorables à la santé. Ainsi, à Saint- Louis, rien n’est plus agréable que d’aller, le soir, respirer sur la plage dcGuetN’dar la brise do la mer; cependant il faut, pour cette promenade, être cbaudemenl vêtu de drap, sous peine d’y trouver une cause de refroidissement bientôt suivi d’un accès de fièvre.

Le peu d’importance que nous accordons aux variations de la température comme causes étiologiques n’est en contradiction que d’une manière apparente avec ce qu’ont dit d’autres auteurs donnant au mot température un sens qu’il n’a pas.

L’observation méthodique des sensations éprouvées par l’oreanisme accompagnerait, avec grand avantage, au point de vue médical, les observations instrumentales faites dans le but d'étudier la climatologie des localités. Les résultats de cette observation pourraient facilementêtrc exprimés par des chiffres et soumis ainsi à la statistique. Il suffirait d’établir une échelle numérique des sensations. Par exemple, zéro exprimerait une sensation de très grand froid, 5 l’état indifférent, 10 une sensation d extrême chaleur. Les sensations pourraient être étudiées aussi sous le rappoi t du mal ou du bien-être. Zéro exprimerait l’état de maladie, 5 l’état négatif, 10 la sensation de santé dans toute sa plénitude, les chiffres intermédiaires, lesétals intermédiaires correspondants. Les observations se feraient à des boires réimlières : le malin, an réveil, an milieu.

A. IJÜIUUS.

du jour, et, le soir, au uioinent du coucher. Elles seraient curieuses à ra|)|)rocher des observations inctcorologiqueo, et l’on verrait souvent des journées dites IVaîchcs succéder à des journées dites chaudes alors que le thennomèlre serait resté invariable. Alors, sans doute, l’état hygnirnétriquc aurait subi des variations ou bien les vents se seraient modifiés dans leur direction ou leur intensité. On pourrait tracer la courbe de l’état de santé d’un imlividu, celle de ses sensations, auprès des courbes du météorologiste. Ou cherclicrait ainsi les relations entre l’état atmosphérique et l’état physiologique sans préjudice des observations plus précises qui pourraient être laites sur les variations possibles de la température du corps, sur les modifications des diverses sécrétions, etc.

Les appréciations sensorielles, variant avec les individus, seraient toutes entachées de ce (|ue l’on nomme l’erreur individuelle. Mais cette erreur serait constante. Si deux personnes observaient simultanément et ne se communiquaient leurs notes qu’au bout d’un certain temps, les rapprochements seraient des plus intéressants. Il est probable qu’à mesure que le temps de séjour dans la colonie se prolongerait, des modifications dans la manière d’apprécier les sensations se feraient sentir et trahiraient la modification qu’a éprouvée la sauté générale de l’individu. La simplicité des lois météorologiques, au voisinage de l’équateur, donnerait à ces recherches un intérêt plus grand au Sénégal que dans nos climats tempérés.

FIÈVKKS l'ERMClEüSES.

Toutes les formes connues des fièvres pernicieuses s’observent au Sénégal. 11 est donc inutile d’en faire ici l’énumération. Nous renverrons le lecteur aux livres de Morehade, üutrouleuu, L. Colin, Nielly, Béi'engcr-Féraud. Ce dernier auteur donne le tableau de la fréquence proportionnelle des accès pernicieux relativement aux fièvres simples dans les hôpitaux de Saint- Louis et de Corée *.

On compte, en moyenne, 4,1 accès pernicieux pour 100 accès de fièvre* ordinaire. Mais le chiffre varie considérablement selon les époques de l’année, puisque, abaissé à 0,9

* Ouvrage cité, I*' vol., p. 144.

roi-UCllAl'IllE MEDICALE DU SENECAL.

>Hir iOO en juin, ilntteinl au moisdescpleinbre 6,5 pour 100.

Les chances de voir un Icbricilant alteint des redoutables accidents qui conslilucnt l’accès pernicieux sont donc assez considérables et dans la saison d’bivernage surtout, celte crainte doit constamment tenir en éveil l’attention du médecin. L’accès pernicieux est une menace toujours èn suspend sur la tête de l’Européen, au Sénégal. C’est, dit avec juste raison M. Ricard*, l.i maladie à laquelle succombent ordinairement les personnes qui ont vécu longtemps en santé au Sénégal. 11 est rare que les sujets soient atteints d’emblée d’accès jKîrnicieux; ordinairement, plusieurs accès simples ont précédé l’accès pernicieux.

yiorbidité. — Sur 16 566 hommes appartenant aux corps de troupes dont l’eflectif a pu être exactement connu, dans une période de vingt années (1 865-1872), on a comptée Saint- Louis 600 entrées à l’hôpital pour accès pernicieux®, soit 5,6 accès pernicieux pour 100 hommes de la garnison.

La morbidité varie selon les différents corps de troupe. Elle est de 5,0 pour les hommes de la cavalerie, de 5,1 pour l’infanterie, de 5,5 pour les marins, et atteint 8,5 pour les soldats I disciplinaires. Les causes de cette différence, dans la morbidité • des troupes, sont les mêmes que celles que nous avons inditquées en parlant des fièvres intermittentes simples.

Dans la garnison de Corée, la morbidité générale, par accès I pernicieux, ne s’est élevée qu’à 2,1 pour 100 des hommes de ■ la garnison.

L’influence du temps de séjour dans la colonie sur les (chances d’accès pernicieux est très nettement accusée. Dans le ; premier mois de séjour ou sur les hommes de passage, le danger des accès pernicieux est considérable, puisque 14,8 pour 100 des accès pernicieux observés à Corée l’ont été sur des hommes lajanl moins d’un mois de séjour dans la colonie. Ce danger mérite d’être signalé aux équipages des navires qui relâchent -sur CCS côtes. Les chances d’accès pernicieux diminuent consi- :dérablement après le premier mois. Sans doute à cause des précautions prises par les hommes qui ont l’habitude du pays. .Mais, lorsque le séjour dans la colonie se prolonge, le danger

I ' dus enlrepritex à la pnriie inlrrlropicnlc des côlt^s occident al es

'I Afrique (Thèse lie Paris, 18.54).

* lièren"(;r-Fi;rau(l, l.thl. 50 et fil du M* vfd.

A. HOmiJS.

reparaît, el 1X,5 pour lOü des entrées pour tièvres pernicieuses portent sur des honni es ayant 30 à 36 mois de séjour dans la colonie ; c’est-à-dire que la statistique confirme l’opinion de M. Ricard citée plus haut.

La gravité des accès pernicieux est telle qu’un tiers au moins des ‘accès enlèvent le malade. La mortalité par accès [lernicieux a varié dans l’hopiial de Saint-Louis, de 17 à 62 pour 100 des alieinls, selon les mois. Le nombre des décès par cette maladie varie, selon les mois, dans ce même hôpital, de 2 à 38 pour 100 de la totalité des décès.

Les fièvres pernicieuses ne fournissent pas dans les petits postes du Sénégal, des chiffres absolus d’entrées et de décès assez considérables pour que les statistiques qui .s’appuient sur ces chiffres aient une signification permettant de reconnaître l’influence des localités sur la fréquence des accès pernicieux.

Mortalité. — La mortalité générale des troupes dont l’effectif est connu, a été à Saint-Louis, en 20 ans, par accès pernicieux, de 233 décès sur 16366 hommes ou de 1,4 pour 100.

L'influence météorique ressort des tableaux suivants dressés de la même manière que ceux que nous avons donnés relatif veinent aux fièvres intermittentes. La moyenne, dos fièvres, à une époque quelcon(|ue, est toujours de 10.

Iie|tai-tiiion, <laiis chaque localité, de 4(Mièvres |»eruieieuKc*

sur

4 saisons

Saint-

Corée

Bas-

Haut-

Bas

Sénégal

Louis

Sénégal

Séiiéaa

1 de la côte

en général

Hiver

Printemps

Élé

. . Ki

lo

Automne

hi

Képartition

de *0 lièvres peniicieases.

sur 't saisons

Se

Saint-

Corée

Bas-

Haut-

Bas

Sénégal

Louis

Sénégal

Sénégal de la côte

en général

ifi

Saison sèclie

Hivernage

~iô

"iô

. A Saint-Louis

, comme à

Bakel, les

accès

pernicieux, rares

dans la saison sèche, s’observent dans l’iiivernage; surtout du mois de juillet à la fin d’octobre.

La fréquence des accès pernicieux exprime mieux encore que celle des accès simples, l’intensité de la malaria. On voit

lÜl-OCIlAI'lllK .Mi:i)ICAl,K mi'sKNKCAL.

que les coiulitions inéléoriques nécessaires an développeinent ilu poison fébrigène, dans toute son intensité, se montrent sur tous les points du Sénégal, au milieu et à la fin de l’hivernage. Les fortes températures ne suflisent pas à elles seules pour augmenter la fréquence des accès pernicieux dans le liant Sénégal. Pour que les conditions les plus favorables de l’empoisonnement malarien se trouvent réunies, il faut que l’humidité se joigne à la chaleur, même lorsqu’elle abaisse celle-ci

La forme la plus fréquente d’accès pernicieux est, au Sénégal, la forme comateuse. Les fièvres délirantes et algides viennent en second lieu avec une fréquence égale. Les pernicieuses d'autres formes sont rares. Les pernicieuses dysentériques, cholériques, pneumoniques sont extrêmement rares, au Sénégal. On voit souvent le type de l’accès se modifier dans le courant de la même maladie.

Influences individuelles. — En donnant les chiffres de la morbidité, nous avons indiqué quelle était l’influence de la profession. L'iidluence de la race est plus accentuée encore que pour les fièvres intermittentes. Les accès pernicieux sont rares chez le noir adulte. Cependant, on en trouve des observations dans quelques thèses. M. Berville’ cite un cas de fièvre pernicieuse, à forme comateuse, observée sur un noir indigène, pendant un voyage dans le fleuve.

FIÈVRE BILIEUSE MÉLANIJRIQUE.

Un grand nombre d’accès de fièvre intermittente et, à certaines époques, presque tous les accès sont compliqués, au Sénégal, d’accidents bilieux. La transition entre les différentes 1 formes de fièvres, de l’accès simple, légitime à l’accès bilieux à urines noires (couleur vin de Malaga) est parfois nettement accusée.

En 1861, au poste de üabou, à la côte de Guinée, nous avons vu, sous l’influence d’un vent qui souffla d’une ma- ’ nière persistante, au commencement de janvier, des régions i boisées et marécageuses, toule la garnison blanche tomber malade le même jour. Deux Européens, sur onze, furent

' xit, Irx iiiftlmlir.t ihi SéiiiUjnl CTIi(-sr de l’iiris, 1857).

A. UOHIUS.

seuls épargnés ; un liommc atteint de dysetitoric et nous-, même. Nous eûmes alors à constater un fait- caractéristique. Sous l’influence de la même cause, ces accès de fièvre dé-^ veloppés simultanément offraient des degrés de gravité allant croissant d’un cas à l’autre. Le plus simple était un accès légitime sans aucune complication. Les autres étaient compliqués d’accidents gastriques dans lesquels, d’un malade à l’autre, les symptômes bilieux allaient en augmentant de gravité. Enfin, les trois cas les plus graves étaient des fièvres bilieuses à urines noires qui mirent en danger la vie des malades. Nous avions sous les yeux, dans cette chambrée de soldats, convertie tout à coup en salle d’hôpital, une échelle vraiment remarquable de la gravité de l’empoisonnement par la malaria. Le premier échelon était l’accès simple, légitime, le dernier la fièvre bilieuse mélanurique.

Le nom, qui nous paraissait alors le mieux convenir àc2tte maladie, était celui de fièvre rémittente bilieuse, employé par les médecins anglais pour désigner l’une des formes de l’empoisonnement malarien sur la côte d’Afrique.

L’année suivante, eu 1862, nous étions au poste de Dagana. Nous eûmes à observer deux cas de la même maladie sous sa forme la plus grave. Nous avons publié dans notre thèse^ l’observation de l’un de ces cas sous le titre de fièvre bilieuse ou ictéro-hémorrhagique, A la suite de cette observation, nous disions : « Le nom de lièvre rémitlente bilieuse nous a paru le mieux choisi comme exprimant la double nature de la maladie. »

Nous avons revu cette fièvre bilieuse, l’année suivante, à l’bôpital de Saint-Louis où nous remplissions les fonctions de prévôt. Nous avons alors cherché inutilement la présence du sang dans les urines à l’aide du microscope. En faisant passer des quantités considérables d’urine sous l’objectif du microscope nous n’avons pu voir un seul globule sanguin.

En 1868, nous avons retrouvé la même maladie à Sainte- Marie de Madagascar où elle est connue sous le nom d’accès jaune. Nous en avons observé cinq cas, dont un seul en dehors de l’hôpital. N’ayant pas de microscope, nous u’avons pu

‘ Quelques considéra lions médicales sur le poste de Dagana {Sénégal). Montpellier, '1864.

TOI'OÜHAIMIIK MEDICALE DU SENEGAL.

I taire de rcilierches sur la nature des urines. Elles présentaient l’aspect, couleur inalaga, comme à la '‘ôte occidentale d’Afrique. Les injections hy|)odermiqucs de sulfate de quinine nous ont donné des succès dans le traitement de cette affection*.

De 1871 à 1874, nous avons observé de nouveau la fièvre bilieuse à urines noires, à Dakar, à Saint-Louis et à Corée, et (toutes les fois que nous avons cherché des globules de sang dans les urines, nous n’en avons pas trouvé, ou nous n’avons aperçu que des globules déformés et tellement rares que leur [présence ne pouvait expliquer la coloration des urines.

Que la coloration de ces urines soit due aux principes coloirant de la bile ou à celui du sang, qu’elle soit due, comme mous le croyons volontiers avec M. Corre% à une hémoglobimurie et même à une hémoglobinurie paroxystique, la maladie* mous a toujours semblé identique à elle-même : à la côte de (Guinée, dans l’intérieur du Sénégal, à Sainte-Marie de Mada- .gascar, à Dakar, à Saint-Louis et à Gorce. La description de lia fièvre bilieuse mélanurique, faite en 1874, parM. Bérenger- IFéraud^ lui est applicable et la dénomination choisie par cet [auteur, présentant l’avantage de ne rien présumer sur la cause (de la coloration des urines, nous paraît excellente.

La fièvre bilieuse mélanurique est l’expression la plus élewée de l’empoisonnement paludéen dans les climats chauds. IDepuis l’observation que nous avons faite, en 1861, au poste de Dabou, nous n’avons jamais eu de doute sur la nature de da fièvre mélanurique et sur l’indication formelle, dans son ttraitement, du sulfate de quinine à hautes doses. Indication • qui, à l’époque où nous faisions cette observation, était mise en question par quelques médecins de nos collègues à la côte d’Afrique. La fièvre bilieuse mélanurique est, disons-nous, le iplus haut degré de l’empoisonnement par la malaria. L’accès ipermeieux n’est lui, qu’un accident imprévu dans le cours de l’impaludation. « C’est, dit M. L. Colin, un accès de fièvre •dont les manifestations habituelles sont accompagnées ou rem-

’ Voy. notre article Des injeclioii.i hypodermiques de sulfate de quinine dans Ile Irailemenl des fièvres paludéennes yruves de Sainle-Marie de Madagascar (in Arch. de méd. nav., t. XII, p. 241).

* De l hémoglobinurie paroxystique et de la fièvre bilieuse mélanurique ou èhimnlurique des pays chauds (Archives de médecine navale, t. XXXV, p. -161).

•* De la fièvre bilieuse mélanurique des pays chauds-, in-8", 434 pages. l’a-r ' ris. 1874.

A. Kop.ms, S«:néga).

A. IIOIUUS.

j)lacccs par des accidents Ires graves et souveiil rnoilels. »

11 est diflicile de savoir si l’on doit considérer comme des fièvres hilicuscs mélanuri(|ucs, les rémittentes bilieuses dont parlent les médecins anglais de Sierra-Leonc. Nous ne reconnaissons pas la fièvre mélanuri(jue dans la courte description fjue Morehead donne de la fièvre rémittente avec ictère, observée dans l’Inde. « Cette Ibrme qui a été nommée fièvre rémittente bilieuse est spéciale, dit Morehead C aux con>titutions robustes. » Or les lièvres bilieuses mélanuriques sévissent au ' contraire de préférence sur les hommes pi ofondément débilités. '

Beaucoup de médecins anglais considèrent encore la fièvre jaune comme la plus haute expression de rempoisonnement marernmatique. Cette opinion, autrefois ex|)rimée jiar Lind, ne résiste pas à la discussion; elle a augmenté la conf'u- i sion relalive aux fièvres bilieuses observées dans les points de , la cote d’Afrique où la fièvre jaune e>t devenue endémique. i

Los récents travaux de MM. Bérenger-Féraud Burot’’, ;

Delessard* montrent qu’il existe dans les pays tropicaux comme | i la Martinique et Cayenne, où la fièvre jaune fait de fréquentes apparitions, une maladie dite fièvre bilieuse inflammatoire qui présente un lien étroit de parenté avec le typhus amaril. . Nous nous demandons si cette fièvre (qui n’est pas une fièvre • malarienne et dans laquelle le sulfate de quinine est contre- ’i indiquée) n’existe pas dans le sud de la Sénégambie, à coté de la lièvre bilieuse mélanurique et ne serait pas la cause de la * confusion qui règne dans la pathologie des fièvres de cette ^ partie de la côte d’Afrique.

l a maladie la plus commune à Sierra-Lcone, dit Stormont, m est une fièvre qui règne endémiquement dans les temjis plu- î'; vieux et ne s’observe que rarement dans la saison sèche. « Elle .C! suit les pluies comme l’ombre les corps, se manifeste, se mul- ’ tiplie, s’augmente et diminue avec elle®. » Les médecins an- -

* Clinical rese.arches on lhe diseasc in India, 2* édition. Londres, 1800 page 73.

^ De la ftèvre dite inflammatoire aux Antilles cl dans l'Amérique tropicale. Un vol. in-b". Paris, 1878.

3 De la fièvre dite bilieuse inflammatoire à la Guyane, in-8°. Pari.«, 1880.

* De la fièvre dite bilieuse inflammatoire des Antilles ^Thèse de Nancy, 1880).

3 Essai sur la topoyraphie médicale de la côte occidentale d' Afrique, et

TOPOi;i\Al'IIIE MEDICALE DU SENEUAL.

”lais rappellent fièvre léiniltenle bilieuse ou endémique. Stonnont dirièrencie celle alTeclion de la fièvre jaune dont il décrit d’une manière très netle les symj)lômes; mais le manque de précision dans la description des symptômes de cette fièvre rémittente ne permet pas de reconnaître s’il s’agit de la fièvre bilieuse mélanurique ou de la fièvre dite bilieuse inflammatoire.

Cette dernière maladie n’existe pas au Sénégal. Jamais nous n’avons rien vu dans ce pays qui prît répondre aux descriptions des auteurs que nous avons cités.

Cependant, si nous avons constaté l’absence de cette maladie dans le nord de la Sénégambie, cela ne prouve pas que, sous l’influence des épidémies de fièvre jaune qui viennent de frapper si rudement notre colonie du Sénégal, la constitution médicale particulière qui préside à la fièvre dite bilieuse inflammatoire, cette soile de contrefaçon de la fièvre jaune, ne pourrait s’y établir. Nous né pouvons qu’appeler sur ce sujet l’attention des médecins de notre colonie, surtout de ceux qui observent au bas de la côte, dans le voisinage de Sierra- Leone et <à Sierra-Leone meme.

Nous bornant à signaler ce point d’élnde et n’ayant pas à entrer ici dans la pathologie proprement dite, nous indique rons pour la fièvre bilieuse mélanurique, celle qui est devenue classique depuis les descriptions de M. Bérenger-Férand, quelles sont les conditions de sa fréquence et de la mortalité qu’elle entraîne.

Morbidité. — La morbidité par fièvre bilieuse mélanurique est, en moyenne, pour les troupes européennes, de 1,59 pour 100 des Européens de toutes armes. Celte maladie ne frappe jamais que des sujets habitant le pays depuis assez longtemps ' et ayant eu de nombreux accès de fièvre. Sur 100 atteintes de : fièvre bilieuse mélanurique, il y en a, la première année de •séjour, 5,4; la deuxième, 22,5; la troisième, 42,5; la quatrième, 20,0; la cinquième, 4,8; au delà 4,8. La fréquence des accès va donc en augmentant pendant la durée des trois années qui forment la période autrefois réglementaire du séjour dans la colonie. Les quelques personnes dont le séjour

! ijarliculih emml sur celte f/c /a colonie ,de Sierra- Leone, par Cli .Stormoiit ! Ecosiais (Thf;sé de l’aris. 18‘22). . '

A. ÜOUIUS.

dépasse celle durée, seul Irop |>eu nombreuses pour que les chiffres, exprimanl leurs chances d’êlru allciutes par celle fièvre, aient une valeur significalive. Les récidives ne sont pas rares. Nous eu avons observé des exemples très remarquables à Dabou, à Sainte-Mario de Madagascar et à Dakar.

L’arrivée des convois de troupes venant de France n’augmeiile jamais le nombre des fièvres mélanuriques. Circonstance très iuq)ortante à signaler et manifestement opposée à ce qui a lieu pour la fièvre jaune et pour la fièvre dite bilieuse iullaniinaloire.

Gravité. — La gravité de la maladie est exprimée par les nombres suivants : Sur 268 cas de fièvres bilieuses mélanunques, il y a eu 66 morts, c’est-à-dire 22 pour 100 des malades (Bérenger-Féraud). Sous certaines inllucnces la gravité de cctie affection peut être bien plus considérable. Dans le quatrième trimestre de l’année 1873, nous avons observé, à Corée, une bouffée épidémique de fièvres bilieuses mélanuriques; sur 9 malades, nous ou avons perdu 8. Jamais nous n’avions constaté nulle part une pareille impuissance de la médication. Le traitement était cependant resté celui de notre pratique habituelle, c’était celui qui, l’année précédente, avait donné à notre prédécesseur à l’hôpital de Corée, M. Bourgarel, 18 succès sur 18 cas graves de la même maladie. Inquiet de celle effrayante mortalité, nous nous tenions en correspondance quotidienne avec le regretté M. Bourgarel, médecin en chef de la colonie et nous nous inspirions de ses conseils. Les autopsies et les observations insérées dans notre rapport trimestriel ne laissaient aucun doute sur le diagnostic. Enfin, dans quelques-uns des derniers cas, M. Bérenger-Féraud, alors de passage à Corée, nous avait aidé de sa grande expérience.

Après avoir, pendant près de six années à la côte d’Afrique, traité ou vu traiter un grand nombre de fièvres bilieuses mélanuriques, nous croyions pouvoir considérer le chiffre de 22 décès pour 100, fourni par les statistiques, comme étant à peu près celui des insuccès sur lesquels on devait compter. Le quatrième trimestre de l’année 1875 nous montra combien, souS' l’influence de certaines constitutions médicales, celle moyenne « pouvait être dépassée, et la haute gravité que revêt parfois la fièvre bilieuse rnélanurique. En 1871, dans le même hôpital I

TOI'OGlIArillIi MÉDICALE. DU SÉNÉGAL.

de Corée, 51 cas de fièvres bilieuses inélanuriques avaient donné 9 morts, soit 29 pour 100*.

Mortalité. — La mortalité par fièvre bilieuse mélanmique est, dans les troupes européennes de la colonie, de 0,46 pour 100 hommes de l’cffectir. Ainsi, à la gravité que nous venons de signaler, ne correspond henreiisement pas un chiffre élevé des chances individuelles de la maladie.

Influence des localités. — Dans, son Traité de la fièvre bilieuse mélanurique, M. Bércnger-Féraud donne le tableau de la fréquence proportionnelle de cette fièvre dans les diverses possessions françaises de la côte occidentale d’Afrique. Au Gabon et à la Côte-d’Or, la fièvre mélanuri(|ue atteint 58 à 50 pour 100 des Européens. Dans le Haut Sénégal, la proportion est de 20 pour 100; elle est de 20 pour 100 dans les rivières de la Casamanceet du Rio-Nunez; de S pour 100 dans le Cayor. Enfin, dans les villes de Saint-Louis et de Corée de 1 à 3 pour 100. La conclusion est bien en rapport avec la nature paludéenne de la maladie et en est une nouvelle démonstration: les pays les plus paludéens sont les plus féconds en fièvres bilieuses mélanuriques.

Le changemeut de localité agit comme cause de ces fièvres aussi bien que comme cause des fièvres intermittentes simples. Les e.xemples de cette influence sont nombreux.

Influences individuelles. — L’influence de la race est bien 1 marquée. Ce sont ordinairement des Européens qui fournissent 1 les observations de cette maladie. Cependant les indigènes I peuvent être atteints. En 1864, M. Yilette, médecin en chef (du Sénégal, observa un cas de fièvre bilieuse mélanurique : suivi de mort chez un noir natif du Haut-Pays. M. Bérenger- IFéraud donne l’observation d’une fièvre mélanurique chez un r mulâtre de Corée en 1871.

Sur cinq des cas de fièvre bilieuse mélanurique que nous -avons observés à Sainte-Marie Madagascar, et dans lesquelles nous avons fait nos premières expériences sur les injections de I- sulfate de quinine, nous trouvons dans nos notes une observation de cette maladie sur un mulà:re créole de la Réunion era- ' ployé comme menuisier, un cas sur un Chinois employé comme

’ Defaut, Histoire clinique de i hôpital de Horde pendant L'annce 1871 (Thèse de Paris. 18*7).

A. ItÜlUUS.

maçon. Ce Chinois était un ivrogne, depuis trois ans qu’il habitait Sainte-Marie, il avait déjà eu deux atteintes de lièvre bilieuse mélanurique. Les trois autres observations concernent des Européens : deux hommes et une petite fille de 3 ans.

Le docteur llorton parle de nombreux cas de fièvres rémittentes bilieuses dans la population indigène de Sainte-Marie de Gambie. Mais c’était en lcS(i6, au momentoù la lièvre jaune régnait sur les Européens, et le diagnostic n’est pas discuté par le docteur llorton qui considère la fièvre jaune comme une lièvre de malaria.

L’influence de la profession est mise en évidence par les la bleaux statistiques dressés par M. bérenger-Féraud sur la morbidité des dilTérents corps de trou|)e. La morbidité par fièvre mélanurique varie, selon les troupes, de la môme manière que la morbidité par fièvre intcrmiltente et par fièvre pernicieuse. La plus faible morbidité, celle de la cavalerie, est de 0,62 pour 100; la plus forte, celle des disciplinaires, est de 4,84 pour 100.

Influences météoriques . — Faisant, pour la fièvre bilieuse mélanurique, ce que nous avons fait pour les fièvres intermittentes, nous avons réparti, proporlioimellement aux nombres réels des entrées pour fièvres bilieuses mélatiuriques dans chaque localité, 40 (le ces fievres sur les quatre saisons météorologiques et 20 sur les deux saisons ti opicales.

It«*|>:irlitiun, €ïli8ii|uc“ localité , <le 40 lièvres Iilliciiscs

iiiclaiiiiriqiies. sur 4 saisons

Sailli- Gonie Bas- Haut- Cayor Bas Séiiégal !Louis Sciiéyal Sénégal de la côle en généra

Hiver ‘ .12 8 10 11 9 K>

l’rinleinps 12 10 7 6 i 2 j

Été. . 15 4 8 9 8 12 9

Automne 18 14 17 là 17

lu ïtT ÂiT 40 40 40 40

ItépartUion de 40 fièvres Idlieuses inéiantiriques. sur 4 saisons

Saint- Corée Bas- liant- Cayor Bas Sénégal Louis Sénégal Sénégal de la côle en général

. . . . • W n T tî *7

Saison sôclie 4 11 7 8 7 5 j

Hivernage 16 9 13 12 15 13 1^

D’après cette statistique, riiivcrnage compte environ deux

TOl'aUIlAlMlIli MKltlC.VLE DU SENEGAL.

‘iGÔ

Ibi.s plus de lièvres mêlainiriques que la saison sèche. Le rapport de 15 à 7 est exactHinent le même qtic celui rcpréseulant la iVéquence relative des fièvres intermittentes d’une saison à l’autre. 11 est moins élevé que celui des fièvres pernicieuses, qui sont 4 Fois plus nombreuses dans l'iiivernage que dans la saison sèche, comme 16 est à 4.

Si l’on rapproche les uns des autres les résiltats générau.x que Fournil la statistique sur la répai tition, selon les saisons, des trois principales Formes des fièvres de malaria, on arrive à un résultat très significaliF.

Répartition »nir lc*« 4 saisons de :

Hiver Priuleinps Elé Aiiloiniie

AO fièvres iDlermillentcs 9 G 9 16

40 lièvres pernicieuses 5 S 13 19

40 fièvres Ijilieuses raéianuriqucs. 10 5 9 16

Pour ces trois Formes de maniFestations de l’inFluence malarienne, le printemps est la bonne saison; les entrées, augmentant avec l’été, sont à leur maximum en automne, puis s’abaissent en hiver. La fièvre bilieuse mélanurique, en suivant la même marche de Fréquence que les autres fièvres, démontre son origine paludéenne. C’est toujours l’automne, c’est-.à-dire la lin de l’hivernage, qui est le moment le plus tà redouter. Il existe, cependant, une dilTérence notable entre les résultats obtenus à Saint-Louis et à Corée. Dans cette dernière localité, l’hiver compte un nombre de fièvres bilieuses mélanuriqucs au-dessus delà moyenne. Le Fait est assez diFlici le à expliquer. Nous ne croyons pas qu’il y ait là un cFl'et de hasard. En eFFet, dans le Cayor, on compte aussi, dans l’Iiiver, un nombre de fièvres bilieuses mélaiiuriques dépassant la moyenne, et l’on ne peut, pour cette région, expliquer le Fait par des évacuations de malades provenant du bas de la côte.

Les chilFres absolus des observations do fièvres mélanuriqucs est trop Faible, dans chaque localité, pour que la répartition par mois [)uissc avoir une signification réelle ; aussi n’c.'t-il l'as possible de pou.sser plus loin l’analyse.

A. BOlUüS.

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