‹ Les maladies du SénégalChapitre 43 sur 56 · GS · texte numérisé non relu

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A. Bo:;ius.

soldais l’rappés par le soleil, et les médecins onl dù rendre témoignage de l’erreur commise par d’autres que par eux. Nous avons connu des exemples 1res remarquables du coniraste existant entre le danger de l’insolation, frappant en même temps différents individus d’énergies très différentes : le brave et le fort succombent là où les moins énergiques ou les plus faibles peuvent être sauvés.

D’après ce que nous venons de dire, la morbidité par insolations, au Sénégal, ne peut s’exprimer par un ebiffre de quelque valeur.

Nous n’avons jamais vu, dans celte colonie, d'exemple de ces coups de chaleur dont nous avons pu observer un cas dans la mer Rouge, la nuit, dans la cabine d’un paquebot. Au Sénégal, c’est toujours l’exposition directe au soleil qui est la cause de ces morts foudroyantes. Les effrayantes chaleurs du vent d’IIarmaltan ne tuent pas. Le vent du désert est loujours sec, au Sénégal, tandis que, dans la mer Rouge, il s’empare d’une quantité d’eau suffisante pour joindre à sa haute température un état hygrométrique très prononcé.

Ce ne sont pas les hautes températures accidentelles de la saison sèche qui accompagnent l’insolation, c’est, au contraire, dans l’hivernage, sous rinlluence de maxima bien au-dessous de ceux de la saison sèche, alors que le ciel, souvent voilé, cache incomplètement les rayons solaires, qu’ont lieu ces accidents redoutables.

Nous ne connaissons pas de morts par insolation sous l’influmce du vent d’est. Cela ne veut pas dire que la chose soit impossible. En renouvelant l’expérience de Lind, en attachant des chèvres au soleil, sous le souflle ardent de l’harmattan, il est évident que l’on pourra déterminer la mort de ces animaux. Des hommes immobiles, placés dans des conditions analogues, succomberont très probablement; mais ce sont des conditions d’cxpérimentalions tout à fait exceptionnelles.

La gravité de l’insolation est considérable. Sur 14i cas, on a enregistré au Sénégal 46 décès, soit 31,9 pour 100 des malades. Il a fallu renvoyer en France 16 des survivants, soit 1 I pour 100 des malades.

De même que la rareté des insolations près des grands centres hospitaliers ne permet pas de donner un chiffre exact de la morbidité des troupes pour celte cause, la mortalité par in-o-

ÏOI'ÜGUAI'IIIE MÉDICALE DU SÉNÉGAL.

lalimi ne peut être représentée par un cliilCre d’une valeur bien significative Celui l'ourni par les statistiques de vingt années indique l’insolation comme cause de 2 décès sur 1000 hommes de l’elfectir connu.

Vinfluence des localités ne peut pas non plus être mise en évidence. Si l’insolatiou s’observe, le |)lus souvent, dans des courses faites sur des terrains paludéens, dans les marches militaires, dans les chasses; la nature du sol ne doit pas être incriminée, puisque les cas d’insolations s’observent sur les appoiitements de bois des quais de Corée et sur le pont des navires en rade.

Comme influence individuelle, il faut signaler l’accoutumance et la question de race qui paraît distincte de l’accoutumance. Les enfanis noirs nouveau-tiés, posés sur le dos de leurs mères, bravent, tête nue et rasée, les rayons du soleil le plus ardent.

L'influence météorique peut, d’après ce que nous avons dit plus haut, se résumer ainsi : chaleur élevée, — moment voisin de celui du maximum de la température, que ce maximum ait lieu à l’heure habituelle, vers une heure du soir, ou soit transporté, comme cela arrive souvent, vers quatre ou cinq heures du soir;. — état hygrométrique voisin du point de ."aturation, — ciel nébuleux, répercutant avec intensité la lumière et la chaleur; — calme ou vent très faible sonfûant de la région maritime. Ces conditions se rencontrent surtout dans l’hivernage. Rien de particulier, n’a été constaté relativement à l’état électrique de l’atmosphère, état qui n’a d’ailleurs jamais été bien étudié au Sénégal.

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