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tous altaqiiôs par la (iôvre jaïuuj (jui régnait à la Doniini(|uo (le 1797) à 1796. Tandis rpie les noirs depuis longtêrnps dans l’île étaient épargnés. Sierra-Lcone, le foyer le plus intense des épidémies de fièvre jaune, à la côte d’Afrique, a recruté sa première poj)ulation parmi les liabilanls de l’îlede Baliaina. La colonie anglaise était en 1793, à l’époque où la fièvre jaune régnait, comme nous venons de le dire, dans les .Antilles, en communication permanente avec les îles du golfe du Mexique. Elles lui fournissaient ses premiers colons. Ainsi que nous l'avons raconté dans la première partie de ce livre ; dès sa fondation, Sierra-Leonc fut ravagée par des maladies épidémiques dont riiistoire a gardé le souvenir sans leur donner de
nom's. La colonie anglaise est restée en communication fré-
quente avec les Antilles qui lui fournissent sa garnison. Mais ce sont les navires négriers qui ont été les principaux agents de l'infection de la côte d’Afrique. 11 est évident que les voyages extrèrnement nombreux des négriers du golfe du Mexique à la cote d’Afrique dont ils exportèrent jusqu’à soixante mille bornmes par an, devaient multiplier les causes d’infection.
Il serait même étonnant que ces navires n’eussent |ias transporté une maladie aussi transmissible que la fièvre jaune.
Lorsque Sierra-Leone devînt le centre de la répression de la traite. Les navires négriers saisis par la flotte anglaise furent conduits à Sierra-Leone, qui vit encore augmenter ses cbanccs d'infi'Ction. Cependant, les Européens ne formant que des groupes isolés et peu nombreux à la côte d’Afrique, la maladie avait moins d’occasion de s’y répandre ou d’y être signalée lorsqu’elle sévissait sur les indigènes.
La malheureuse expédition de Tuckey, faite en 1816, dans le Congo, est une démonstration de l’origine américaine de la fièvre jaune, dans ces régions. Si l’on relit la relation de ce voyage', et la description de la maladie contagieuse qui l’in-.' terrornpit, description faite par Mac-Kerrow, aide-chirurgien du Congo, il n’y a aucun doute ; il s'agit bien de la fièvre jaune.'
Jamais les résultats d’une expédition ne furent plus désas- ^ treux : 2l personnes, parmi lesquelles Tuckey, tous les savant^ de la Commission et le médecin Tudor succombèrent. Les deux
* J^arralive an of expédition to explore Ihe river zaïre, nsually called ihe Congo, uiider Ihe direction of caplain J. K. Tuckey, etc., édition de ^e^v-Vo^k, 1818, iiili'oduc'lion, p. xlv, et ti'aduction française. Pans, 1818.
TOI'ÜC.U.\rilIt: MÉDICALE DU SÈNÈCAL. r.Üt)
navires, la Dorothée et le Coikjo, qui portaient le personnel, n’avaient tonclié. avant d’entrer dans le Congo, qu’aux lies du Cap-Verl: ils n’avaient pas eu de malades avant leur entrée dans le lleuve. A l’embouchure du Congo, olTiciers et matelots communiquèrent avec un navire négrier airivant de la Havane, sous pavillon espagnol, avec un équipage d’Anglais se disant Américains. A’e devant pas, d’après leur mission, s’occuper de la répression de la traita, et désirant obtenir des renseignements sur le pays, les Anglais Iréquentèrent ce navire, dont ils firenl semblant d’ignorer les allures suspectes. Bien entendu, la question sanitaire lut encore plus passée sous silence, dans ces relations, que celle de la traite des nègres.
L’équipage du Congo fut d’abord infecté, et communiqua, par contagion^ dit le rapport, la maladie aux marins de la Dorothée. Aous ignorons si ces particularités ont déjà été relevées, dans l’histoire de cette malheureuse expédition; mais elles sont, pour nous, une preuve de l’importation de la fièvre jaune d’.Amérique à l’embouchure du Congo.
Saint-l’aul de Loanda est aussi un foyer de traite des nègres. Cette ville a été fiéquemment infectée. En 1862^ elle le fut probablement par les grands ports du Brésil.
La fièvre jaune a souvent régné sur les navires de la flotte anglaise chargée de la répression de la traite.
Les îles Canaries servent de point de l’elàche à beaucoup de navires se rendant à la cote d’Afrique, elles ont été plusieui’s fois contaminées par la fièvre jaune venue d’Amérique’. Cette maladie fut importée de la Havane aux Canaries en 1701 et en 1771. En 1772, un régiment, venant d’Amérique, y importa de nouveau la fièvre jaune.
En 1810, ce fut Cadix qui transmit la fièvre jaune à Ténériffe et à la Grande Canarie.
En 1846, nouvelle importation, à Ténériffe , par la frégate Isivaria, venant des Antilles. Il est vrai qu'on accusa aussi le vapeur «San Hn/o/tzo, arrivant de Eernapdo-Po, d’avoir communiqué la maladie. La provenance américaine de cette épidémie n’en serait pas moins réelle, car l’île de Eernando-Bo a souvent été infectée par des navires venant de la Havane.
’ (,<irrn, Dr, l’rlio/ofjic cl de la jiroplujl axie du typhus atnaril (Arch. du ’iird. nai-., l XXXVII, p. 5).
- Aoy. !,<• iSoy lie Mcricourl, UesCauarics, in Arch. de inrd.nnv,, l. Vil, p. 2il.
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A. RORIUS.
Le travail du docteur don Luis Iglesia y ParJo‘, signalé par M. Rey, donne des preuves de n'ouvelles et récentes importations, non douteuses de la fièvre jaune, à la côte d’Afrique.
En juin 1862, la fièvre jaune fut importée, de la Havane à Fernando-Po, par le vapeur le Ferrol, parti le 10 juin de la Havane, avec deux cents noirs congos émancipés®.
En 1866, le navire de commerce, le Rasa (hd Turia, part de la Havane le 12 août, et débarque à Fernando-Po, le 5 octobre, 166 criminels déportés. Une nouvelle épidémie de fièvre jaune éclate dans Pile et fait de nombreuses victimes®.
En 1868, troisième importation du vornito, de la Havane à Fernando-Po, par un navire à vapeur /e Général Alava.
Ces exemples incontestables de l’importation américaine de la fièvre jaune, à une époque où l’on observe mieux et où les communications entre le golfe du Mexique et la côte africaine sont infiniment moins fréquentes que lorsque la traite des nègres se faisait sur une grande échelle, ne laissent aucun doute sur les chances multipliées que la côte d’Afrique a toujours courues d’être infectée par la lièvre jaune. Ils ne permettent guère de croire au développement spontané de cette maladie en Afrique.
Les expansions épidémiques de la fièvre jaune, d’un point à l’autre de la côte d’Afrique, en dehors de celles observées au Sénégal, sont bien prouvées. Ce n’est pas ici le lieu de faire l’exposition de la manière dont cette maladie a rayonné sur la côte et sur les îles voisines en partant des foyers secondaires qu’elle s’était créés à Sierra-Leone, dans le golfe de Guinée, au Congo et à Saint-Paul de Loanda*. Actuellement, la côte de Sierra-Leone et le golle de Guinée doivent être considérés comme des foyers de fièvre jaune aussi redoutables que le golfe du Mexique, d’où cette maladie est iirimilivemeut sortie. Le Sénégal doit mettre en suspicion tous les navires qui lui arrivent du Bas de la côte, sans oublier les dangers d’importation directe des Antilles, de la Guyane et des côtes du Brésil, avec lesquelles les paquebots des messageries le mettent en
* Observaciones Iheorico-jiraticas sobre las fiebrcs Africait'as de Fernando- Poo. Ferrol, 187 î, brochure de lô7 pages, avec carie.
- Ouvrage cité, p. 12.
* Voy. noire article Guinée d.uis le Diclionnairc encyclopédique des sciences médicales.
TOl'OCU.VPlllE MÉIUCALL' üU SÉNÉGAL.
comnuinicalions régulières. Les conditions climatériques très particulières du littoral du Sénégal font espérer que, malgré ses attaques réitérées, la lièvre jaune ne pourra s’y créer un foyer de quasi-emlémicité, analogue à celui de Sierra-Leone.
Ce que nous avons dit de la climatologie de cette dernière partie de la côte d’Afrique établit, en effet, qu’on n’observe pas, à Sierra-Leone, l’abaissement considérable de la température qui modifie si profondément, pendant la saison sèche, la constitution médicale du Sénégal proprement dit.
Morbidité — La morbidité par maladies épidémiques ne peut être rapprochée, avec exactitude, de la morbidité par maladies endémiques ou sporadiques.
La fièvre jmne, ne fait, au Sénégal, que de brusques et courtes apparitions. Elle frappe,; un momontdonné, unegrande quantité d’individus; et, ne portant ses coups que sur le groupe d’Européens présents, elle épargne d’une manière absolue les hommes qui leur succèdent. Si l’on cherche la morbidité par fièvre jaune dans une période déterminée, on pourra obtenir un cbilfre essentiellement dilférent de celui qu’on obtiendra dans une autre |)ériodc.
En effet, dans cette seconde période, la maladie, tout en ayant conservé la même intensité, donnera une morbidité moindre si le nombre des apparitions épidémiques est moindre. C’est ainsi que, pendant une période de 25 ans, de 1837 à 1859, il n’y eut pas un seul cas de fièvre jaune à Gorée. De ])lu3, au moment du début de l’épidémie, un certain nombre d’Européens peuvent fuir et se soustraire à son inlïuence, alors que, pour les maladies communes, ils ne songent pas à quitter le pays.
Un ne peut donc considérer la fièvre jaune de la même manière (|ue les maladies régnant habituellement dans la contrée. En réalité, le rapport du nombre des cas de fièvre jaune à l’effectif, c’est-à-dire la morbidité, n’a de valeur significative que pour la durée de chaque épidémie.
Avant d’examiner quelle a été cette morbidité, dans chaque épidémie, nous indi(|uerons la morbidité générale par fievre jaune dans une période de 20 ans ; ce qui exprime au moins les chances d’atteinte parla fièvre jaune auxquelles on est exposé dans cette période, en snp[)osant (|ue les épidémies aient toujours la inéfrie fréquence.
A. liOIUL'S.
La inoibidilc géiicrale piir fièvre jaune a été pour tout le Sénégal, dans une période de 20 ans, de 1852 à 1875, de 5,7 pour 100 hommes de redectif.
La morlnli/é a été de 1,7 pour 100.
D’après ces nombres, la fièvre jaune se range au neuvième rang des maladies classées [)ar ordre décroissant de leur morbidité. et au second rang comme cause des décès dans la garnison, le premier rang étant occupé par la dysenterie.
Sur 100 entrées aux hôpitaux pour fièvre jaune dans la même période, il y a eu 41,5 décès; ce qui place cette maladie la cinquième dans l’ordre décroissant de la gravité des maladies; les quatre premiers rangs étant occupés par la fièvre pernicieuse, la phthisie, l’insolation et le choléra. Mais il est plus intéressant d’examiner chaque épidémie eu particulier. Le tableau suivant montre qu’elles ont été, dans les dilTérentes épidémies bien observées, la morbidité, la mortalité et la gravité de la fièvre jaune.
Ûpitlôniies de lièvre jaune an Kénéjsal.