ÉTAT SANITAIRE SELON LES INDIVIDUS
Voici, pour les troupes européennes, quelles ont été les projiortions des malades, des congés de convalescents et des morts dans tes divers corps de troupes de la colonie du Sénégal, relativement aux effectifs ^
‘ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, aiTiclc Morbidité militaire.
D’après le Traité des maladies des Européens au Sénégal, l. II, p. 278.
Toi’Oi;u.\riiii'; mêdicaU': du séîsûual.
14M>0 liommes de cliau|uc eorps fourni.ssa'iit dams l'ainnee :
Malades. Convalescents. Morts.
Marine 2051 506 80
Discipline 1087 ^75 85
.\rlillei‘ie 1850 156 66
Infanterie 1760 130 |6
Cavalerie 1717 106 H
Garnison Européenne.. . . 1865 138 70
Nous avons figuré, dans la planche ci-conlre, le déchet produit, chaque année, sur 100 hommes de chaque corps de troupes par la mort, par les renvois en France comme malades ou prétendus convalescents. Il nous a paru intéressant d’y joindre la représentation figurée du déchet produit, par les mêmes causes, sur 100 médecins de nos collègues appelés à servir dans la colonie.
Chaque colonne figure un groupe de 100 hommes. La partie teintée en noir exprime le déchet produit par la mort; celle teintée par des rayures, le déchet causé par le rapatriement pour maladies. La partie blanche de la colonne représente le nombre d’hommes restés propres au service. .
D’après le tableau ci-dessus et la représentation graphique des données qu’il contient, les marins sont les plus exposés. Ils fournissent le plus de malades et les congés de convalescence sont, pour eux, les plus nombreux. La délivrance de ce grand nombre de congés diminue un peu la morlalité, du moins, elle est inférieure à celle des soldats disciplinaires.
Ces disciplinaires sont les plus gravement atteints par le climat; le nombre de leurs décès est supérieur à celui des hommes des autres corps. Ceci provient d’un séjour prolongé dans la colonie, et en partie d’une sévérité plus grande dans la délivrance des congés de convalescence. Les disciplinaires ont moins de malades que les marins et plus de morts que ces derniers. Alors que le nombre des renvois en convalescence de marins est supérieur au sixième des malades et triple du nombre des morts, les disciplinaires ne sont rapatriés que dans la proportion de J malade sur 17. Le nombre de ces rapatriés est à peine un peu au-dessus de celui des morts.
I.a cavalerie fournit la moindre part à la morbidité générale et à la mortalité. On peut en atti ibuer la cause au maintien habituel de la cavalerie dans la ville même de iSaint-Louis, et
A. itüimis.
a la composilion (le CO corps, (|ui coinitlo dans ses rangs nii certain nombre d’indigènes.
Déchet proiliiit. eu nn un, au Séiié;;al, par la mort et les renvois en eonvaleseence sur 1€0 hommes de chai|iie corps etsiir lOOmédeelns.
L’infanterie et l’artillerie sont plus éprouvées que la cavalerie. La morlalité de l’infanterie est supérieure à celle de l’artillerie. Il y a peu de différence entre la morbidité des deux corps, et les hommes en sont à peu j)rès aussi souvent rapatriés pour causes de maladies.
Dans une statistique spéciale aux médecins de la marine ayant [lassé au Sénégal pendant 5ô années (181!) à 1877»),
TUl'OGUAI'llIl'; Mi;i)IC.U,E DU SEiNEGAL.
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^1. Rércnger-Fêraud trouve c|iic, sur lUO luoclecins venus clans la colonie, 18 y succoinbent et 18,5 sont renvoyés malades en France. Cette statisticjue ne comprend pas les deux années des dernières épidémies de fièvre jaune tjui ont frappé si douloureusement le corps médical du Sénégal. Remarquons que, poulie rapatriement en convalescence, les médecins, seuls juges de cette nécessité, sont pour eux-mêmes d’une sévérité telle qu’ils se trouvent placés sur le même pied que les disciplinaires. Ils ne sont rapatriés, pour causes de maladies, que dans une proportion égale à celle de leurs morts. Le séjour des médecins au Sénégal se passe presque tout entier dans les postes les plus malsains du pays. Cela suffit pour expliquer l’énorme différence entre les chances de décès des médecins et celles des hommes des diverses troupes. La planche que nous avons donnée plus haut montre, sans qu’il soit besoin de l’accompagner de commentaires, les ravages faits par la maladie et la mort sur la garnison européenne du Sénégal et sur les médecins appelés à la suivre partout.
Tout ce que nous avons dit depuis le commencement de ce chapitre n’est applicable qu’aux Européens. 11 est regrettable que nous ne puissions pas donner, relativement aux indigènes, des relevés statistiques aussi précis. L’état actuel de notre colonie, où tous les services sont momentanément désorganisés par la grande mortalité causée par la fièvre jaune, nous a empéclié de nous procurer les éléments d’une statistique de la mortalité et de la natalilé des indigènes, et nous serons forcé de nous borner à exposer qu’elles sont, sous ce rapport, les conditions des indigènes de la colonie anglaise de Gambie, lors(jue nous parlerons de l’état sanitaire de celte partie de la côte d’Afrique,
Le classement donné plus haut des maladies du Sénégal par ordre décroi.ssant de morbidité et de mortalité, n’est applicable qu aux Européens; il diffère beaucoup de celui des indigènes.
• Nous ne possédons |jas, pour ces derniers, la morbidité et la mortalité réelles, puisque nous ignorons les effectifs, mais les statistiques nosocomiales nous fournissent les renseignements suivants relatils a des |)ériodes prises en dehors des époques d épidémie et intéressants à rapprocher de ccuxipie nous avons donne.s pour les Euro[»éens.
A. HOllllIS.
l^lasNemciit «I<>n iiiailixlieM «le» lnili;;4^neN par ordre décrttisNant :
Komhre des entrées sur 100 entrées
d ludisènes.
I” Maladies ehirurpicales ôO
2“ Maladies sporadiques 15
3" Dysenterie et diarrhée 12
■1” Maladies vénériennes 12
5“ Fièvre inlerinittenle 9
fî" Broncliilo 8
7" Pneumonie et pleurésie 4
8" Ténia I
O" Phthisie pulmonaire.. ...... 2
10" Hépat le 2
11" Accès pernicieux 1
12" Rhumatisme 1
’l'otal 100
Nombre des décès sur 100 décès
d’indigènes.
1" Maladies sporadiques 58
2" Dysenterie et diarrhée 17
5° Pneumonie et jilcurésie 10
4" Maladies chirurgicales 12
5° Phthisie pulmonaire 10
6“ Accès pernicieux .1
7" Hépatite 2
8" .Anémie 1
Total 100
Le nombre élevé des affections chirurgicales, relativement aux autres causes d’entrées et de décès, ré.^ulte en partie de ce que nos soldats ou employés indigènes ont plus volontiers recours aux hôpitaux pour les blessures que pour les maladies internes, dont ils préfèrent se faire traiter à domicile ce dont ils ont la latitude. La dysenterie est, de toutes les maladies internes, la plus grande cause d’entrées aux hôpitaux. Comme pour les Européens, cette maladie est la plus grande cause de décès. Les affections thoraciques occupent, pour les noirs, un rang fort différent de celui qu’elles ont dans les classements tpie nous avons donnés plus haut relativement aux Européens, Inutile d’insister sur l’intéressant parallèle qui peut être établi entre ces divers classements, de la fréquence des entrées et des décès selon les maladies et selon les races.