‹ Les maladies du SénégalChapitre 7 sur 56 · I, — TOPOGRAPHIE · texte numérisé non relu

I, — TOPOGRAPHIE

.\vant d’entrer dans la description des dilférenics localités que nous voulons étudier, nous allons jeter un coup d’œd d’ensemble sur la topographie du Sénégal.

I.e Fouta-Djalon, d’où naît le fleuve du Sénégal, et les diffé-

A. IfUlilUS.

l'c.Mis cours d’eau acrosanl la terre d’ACrique, du Cap-Blanc au l'oud du goH'e de Guinée, a été exploré par Mollien en ISIH, par llecquart, de 1850 à 1855; par Lamberl et Pascal, en 1804. C’est uu grand ptâté de montagnes do’nl les [)itons les plus élevés seraient parl'ois couverts de neige, d’après les assertions de quelques noii s, mais dont l’élévation moyenne e.st l'aible. (Ilecquart mit seulement cinq heures à gravir la Mounimiay la montagne la plus élevée du groupe.) Ce pays renlernie des vallées fertiles. 11 est gouverné par un pouvoir tbéocratique, dans les mains des Toucouleurs musulmans, (|ui en ont lait la conquête à la fin du siècle dernier. « Ce pays est bien administré; c’est le plus civilisé de tous les États de l’Alrique occidentale » (Faidherbe).

Le pâté des moulagnes du Foula-Djalon donne naissance, à l’est, au grand llcuve du Niger; au nord-est, au Sénégal; au nord-oucsl. à un grand nombre de livières moins considérablés, dont les piincipales sont ; la Gambie, la Casamance, le Bio-Grande, le Rio-Cassini, le Rio-N’unez, le Rio-Pongo, la Mellacorée et la rivière de Sierra-Leonc.

La mer et les cours d’eau forment les routes naturelles suivies par le commerce et par la con(|uêle européenne. Toutes les régions dont nous aurons à nous occuper, les seules (pti .soient assez bien connues, se trouycmt situées sur les bords des llouves ou suj‘ les côtes maritimes.

C’est au neuve le Sénégal que le pays qui porte son nom doit sa richesse. Le Sénégal esC en léaliié, le créateur de cc pays. Le sol, dans le voisinage de la mer et dans la plus grande |)artie de la contrée, n’est constitué que par des alluvions (pie Ce grand cours d’eau dé[)ose depuis des siècles sur un sol primitif, ne se révélant au-dessus du niveau des eaux que dans des points fort lares. Un sondage, fait à Saint-Louis pour un puils artésien, montra que, sur une profondeur de 60 mètres, ou ne trouve (jue du sable. I.e llcuve est la forluue et la vie de notre colonie. 11 sert de limite méridionale au désert, sépare des pays arides et incultes de régions productives et liclies. Il forme la limite entre deux races d’hommes bien distinctes. Les habitants de la rive droite appartiennent à des branches détachées des races blanches, tandis que ceux de la rive gauche sont lies nègres purs ou descendant surtout de races nègres. l.e Sénégal sépare aussi d'uix régions climatériipics dis-

Tül'OüHAl’IllK MÉDICALL DU SÉMiGAI,.

lincles : l'iine, se rattachant au climat saharien ; l’autre, aux ciimats tropicaux. Les animaux, comme les races humaines, comme les espèces végétales, timivent, entre diverses de leurs espèces, une puissante ligne de séparation dans le cours du Sénégal.

Les inondations périmliques de ce lleuvc renouvellent, chaque année, la richesse des terrains qui l’avoisinent et en permettent la culture lacile à des populations inexpérimentées. Ce sont elles qui, agrandissatit encore cette belle voie de communication naturelle, permettent à des navires d’un assez Tort tonnage de pénétrer à plus de 1000 kilomètres dans l’inlériour des terres, alors que, dans la saison des basses eaux, cette voie n’est navigable que sur 500 kilomètres.

Le fleuve n’est pas seulement la cause de la richesse agricole et commerciale de la contrée, il est aussi celle de ses misères. Toujours il a été la voie suivie par les invasions des pillards et (les conquérants. Il est la première et la plus grande cause de l’insaluhrilé des régions qu’il arrose : lor.-qne nous étudierons la constitution médicale de notre colonie, nous la verrons soumise à des modilications intimement liées à celles suivies par le régime des eaux du fleuve. Ce sci a donc par l’étude du fleuve que nous commencerons. ^

1“ Le fleuve du Sénégal.

Connu à son origine, sous le nom de Bating (rivière noire) par le Mandingues, de Maïo Balcio par les Pouls, le Sénégal prend sa source au mont Dalaba. 11 décrit un grand arc de cercle, coulant successivement au nord-est, au nord-ouest, à l’ouest, au sud-ouest et au sud, pour aller se jeter dans l’Océan à (pielques kilomètres au-dessous de l’île de Saint-Louis, après un cours d’environ 1600 kilomètres, c’est-à-dire plus long d’un tiers environ que celui de la Loire, notre plus beau fleuve.

Le Sénégal reçoit un certain nombre d’alfluents dont les principaux sont le Backoy (rivière blancbe) et la Falémé; le Backoy ou Bakou pourrait, aussi bien que le Bafing, être con- .sidéré comme l’origine du Sénégal. Les deux rivières se réunissent en un point appelé Bafoulabé, c’est-à-dire, en langue khassonkée, les deux rivières. C’est alors que le fleuve devient large et profond.

A. «OIULS.

Avant de rerevoir son plu? important aflluent. la Faléné, le Sénégal descend par plusieurs cataractes, dont les plus célèbres sont celles de Gouina et du félon.

A Gouina, sur une largeur de plus de 400 mètres, le llcuve s’échappe tout à coirp du terrain qui manque à la masse de ses eaux, et la nappe tombe, en bouillonnant, d’une hauteur de 50 mètres, et en laisant un bruit qui s’entend à plusieurs lieues à la ronde (Fascal).

Au-dessous de Gouiua se trouve les cataractes, ou plutôt les chutes du Félon. Le fleuve suhit une nouvelle dénivellation de lu à 20 mètres. Celle dénivellation, s’opérant sur une longueur de 600 mètres environ, n’est réellement sensible que dans quatre ou cinq endroits qui forment de véritables chutes où l’eau tombe presque perpendiculairement de 4 à 5 mètres de haut à peine dans la saison des inondations (E. Borius, Louvet*). Partout ailleurs, un bouillonnement écumeux des eaux, rencontrant le roc, représente une image assez exacte des brisants de la barre du Sénégal (Baril). Pendant la saison sèche, la chute se compose d’un grand nombre de veines liquides assez faibles pour qu’il soit possible de passer en cet endroit^ d’une rive à l’autre du Sénégal, sans se mouiller les pieds. La cascade de Gouina peut être embrassée d’un seul coup d’œil dans son ensemble; celle du Félou, au contraire, est remarquable par ses bizarres découpures. Aux abords des cataractes, on voit des trous en forme d’entonnoirs dans lesquels l’eau s’engoufire et tourbillonne. Ces trous, de i'",50 de diamètre, .‘^ont semblables à ceux que l’on voit en Norwège, en Suisse à Lucerne* et qu’on appelle les marmites de géants, marmites du diable on encore aux yeux de la Valserine, non loin de Bellegarde, dans le département de l’Ain. Au-dessous des cataractes du Félou 4 le lit du fleuve présente encore une forte inclinaison qui rend le passage très difticile aux navires, ce sont les rapides des kippes et des kayes,

Les kippes sont des roches élevées et à pic, occupant les deux rives, et pouvant avoir 50 ou 40 mètres de hauteur; les eaux __sont tellement resserrées entre leurs flancs, que la largeur du

* Observiilions faites dans un voyage de l’embouchure du Sénégal, aux cataractes du Félon, résumées p.u’ le docteur A. Borius. Annales de la Sociélê ieorulogique de France, t. XXV.

* Voy. la Nnlurr (Itevue des sciences), année l?7C, p. iOi.

TürüÜlUPlllE MEDICALE DU SÉNÉGAL.

fleuve est réduite de plus de moitié. U en résulte, comme compensation, un courant énorme qui atteint parfois jusqu’à huit milles. .-Vu milieu du chenal e.viste une roche sur laquelle vous jette le courant; cette roche est heureusement très visible. Le fond, à cet endroit, est en pente rapideT l’œil peut constater facilement cette pente.

Les rapides des Kayes se trouvent à quelques kilomètres seulement en aval des premiers. En cet endroit, le lit du fleuve est presque comblé par d’énormes roches dont la crête, qui apparaît dans plusieurs points, se termine par un dôme de terre végétale couvert en général d’arbrisseaux. La largeur du fleuve est, en ce point,, d’environ 800 mètres, mais une seule passe est praticable. Au milieu, elle n’a qu’une quarantaine de mètres de large sur 5 ou 6 de profondeur, et est bordée, de chaque côté, par des récifs d’autant ()lus dangereux qu’ils sont cachés sous les eaux. Le lit.du fleuve semble donc disparaître, et, comme il perd beaucoup plus en profondeur qu’il ne gagne en largeur, il en résulte également un courant qui atteint presque la violence du premier.

Quittant alors le pays des montagnes et des belles forêts, le Sénégal ne tarde pas à couler au milieu des sables et des vases . et de la pauvre végétation de son bassin inférieur; changeant au.xsi de direction, il va du sud-est au nord-ouest. C’est dans ce bassin inférieur que se trouvent le [)lus grand nombre de nos possessions. Le fleuve se divise paifois en plusieurs bras, enserrant des îles dont la plus considérable , Vile à Morfil^ n a pas moins de 180 kilomètres de long sur 18 ou 20 de large.

Les îlés du Sénégal sont nombreuses, surtout dans le voisinage de son embouchure; parfois le fleuve va jeter ses eaux tians des lacs et des canaux naturels ou marigots qui forment comme autant de sortes de cæcum ou de bassins remplis pendant la péi’iode des inondations, et plus ou moins desséchés pendant la saison suivante. Deux grands lacs communiquent ainsi avec le fleuve par des marigots servant d’a/fluents dans la saison sèche et à' effluents, à l’époque des inondations. Ils se trouvent l’un sur la rive droite, c’est le lac Cayar occupant, aux l)asses eaux, une longueur de plus de 40 kilomètres, sur une largeur de 12 à 15, æt communiquant avec le (Icnvc par trois marigots; raulrc lac est situé

Il)

A. IIUHIU.S.

sur la rive gauclie, c’esL le lac Guiei\ dont les dimensions sont aussi vastes que celles du premier.

Arrivé près de la mer, le lleuve est arrêté, dans sa marche de l’est à l’ouest, par une étroite digue de sahle cnimne sous le nom de langue ou pointe de Barbarie {Berbërie), qui le lorce à dévier directement au sud, en se divisant en plusieurs bras, dont les deux plus larges enserrent l’île et la ville de Saint-Louis. Il finit au-dessous de cette ville, en se jetant à la mer. Son endjoucliure est obstruée par des sables rormant une barre très mobile.

La mobilité de cette embouchure est une des particularités remarquables de ce grand fleuve, et l’un des obstacles les j)lus gênants (pie puisse rencontrer la navigation. Actuellement, à 5 ou 6 milles marins en aval de Saint-Louis, cotte omboucburc était, il y a vingt ans, à 6 ou 8 milles plus loin du point actuel. En 1821, elle était à peu près au point qu’elle occupe aujourd'bui. Llle aurait été, dit-on, dans les temps antérieurs, en amont de l’île Saint-Louis.

La prol'ondeur des eaux sur la barre e.-t, en tout temps, beaucoup moindre que celle du fleuve. 11 en résulte que le Sénégal ne laisse pénétrer que des navires d’un tonnage bien inlérieuià celui de ceux qui peuvent le |)arcourir dans le voisinage do la mer. De plus, non seulement la barre varie sans cesse de situation, mais la prorondeur dos eaux varie selon les saisons, et d’un jour à l’autre. A répo(|uo de la crue, un fort courant déblaie le chenal des masses de sable que l’Océan y accumule constamment; de sorte que, du mois de juin au mois de novembre, la barre est praticable pour les navires calant 5 à 4 mètres. De décendjre à mai, alors que le niveau du fleuve est très bas, le chenal se condjle, et le passage se trouve Tréquemment interrompu pendant de longues séries de jours. 11 est très l'réquent de voir la barre impraticable pendant une ou deux semaines ; ce qui force les navires à rester mouillés au large et fait perdre un temps considérable au commerce. L’état de la barre est une des préoccu|)ations des habitants de Saint-Louis; chaque jour des signaux, facilement visibles, indiquent cet état. Aucun navire ne s’aventure à entrer dans le fleuve, même lorsque la barre est bonne, sans que des sondages aient été faits préalablement par les pilotes de la localité.

line triple ligne de brisants empêche, d’autre part, les corn-

TOl'OliUAlMlŒ .MlililG.VU’: DU SÈNKCAL.

nuuiicalions entre la nier et la plage. Ces brisants, souvent angnientés par des ras-de-niarée, sont toujours dangereux, et ne peuvent être l'ranchis (|u’à l’ai le des légères pirogues des indigènes. Les piroguiers de la plage de Guet-ndar, devant Saint-Louis, sont d’une habilelé extraordinaire, et l’on peut, on tonte sûreté, se confier à eux lorsqu’ils vous proposent de débarquer au Sénégal par cette voie. L’habile manœuvre de ces piri'gniers est fort curieuse, et les amateurs de pittoresque et d’émotions ne sauraient trouver une manière plus originale (le faire leur entrée dans un pays nouveau, dussent-ils joindre à cette émotion celle d’un bain involontaire. Le mouillage, au large de Saint-Louis, est des plus pénibles parce que les navires y roulent toujours horriblement.

C’était autrefois, par Saint-Louis, et le plus souvent par des navires de commerce de Bordeaux, que l’on arrivait au Sénégal. Actuellement, notre colonie est en communication, deux fois par mois, avec la France par les paquebots de la ligne du Brésil, qui font relâche à Dakar. C’est par cette voie qu’arrivent la plupart des commerçants et les officiers isolés. Les transports de l’État ne débarquent jamais non plus leurs passagers à Saint-Louis, c’est toujours à Dakar que descendent le> troupes. Los avisos de la station locale les transportent en>uite de Dakar à Saint-Louis. Ce petit voyage est des j)lus fatigants, et souvent allongé par de longues et pénibles stations devant la baire, (|u’il est impos.-ible de franchir.

Le Sénégal est soumis à une crue annuelle régulière, dont le début coïncide avec celui de la saison des pluies. Les cruesont été notées avec soin pendant un certain nombre d’annéespar les médecins et les olliciers des divers postes situés sur le fleuve. Le légime de ces crues est maintenant bien connu.

Le régime des cours d’ean est la représentation fidèle de celui des pluies, et, par conséquent, du climat des régions que ces cours d’eau traversent. Les inondalions périodiques du Sénégal joutant dans cette contrée un rôle d’une importancer extrême. Llles permettent de remonter en bateau à vapeur ju.squ’aux cataractes du Félou, c’est-à-dire à plus de mille kilomètres de 1 embouchure. Elles perrjiCttent, sur la frontière du désert, sous un soleil brûlant, dans un pays où les pluiesmamjuent, pendant huit mois de l’année, de mettre en culturede» (errains fpii seraient demeurés sténles. Enfin, les inonda-

A. UOIUÜS.

lions l'onl doniiner rélêmenl paludisme dans la pathologie de notre colonie.

Les variations du lleuve sont remarquablement unilormes et constantes. 11 n’y a qu’une crue commençant en juin et linissanl en novembre, et dont le maximum est toujours en septembre, et qu’une décrue le restant de l’année avec minimum en avril et mai. La crue du fleuve, comme ra()parition des pluies, sous la dépendance desquelles elle est placée, est un phénomène presque subit, unique, simple, constant; mais variable d’une année à l’autre dans son intensité et dans les accidents secondaires qu’il présente. Dans le haut du lleu\e, à Bakel, les eaux montent légèrement avant que des pluies de quelque valeur aient été observées dans les poitits accessibles à nos explorations. C’est donc aux pluies tombées dans les montagnes qu’est dû le premier mouvement d’ascension des eaux. Aux premières grandes pluies l’ascension est prompte (3 mètres en 20 jours en juillet), mais c’est surtout en août que la marche de l’inondation devient rapide. Malgré la vaste superficie sur laquelle s’étendent les eaux, malgré les grands lacs, les nombreux marigots dans lesquels elles se déversent, elles s’élèvent dans le cours du mois d’août de 7 mètres au-dessus du niveau du mois précédent et atteignent 15 à 16 mètres audessus de l’étiage. Le maximum de la crue a lieu du 5 au 15 septembre.

Dans la deuxième quinzaine de se|)tembre, les eaux baissent avec une rapidité qui est toujours un peu moindre que celle de la crue. A la fin d’octobre, les eaux ont repris le niveau qu’elles avaient dans les premiers jours d’août et la baisse se lait alors lentement. Plus près de l’embouchure du fleuve, le mouvement se fait avec un légei’ retard, dû au temps nécessaire à l’écoulement des eaux supérieures.

Les inondations jouent autant, et même plus encore que les pluies, un rôle d'une importance extrême dans l’état sanitaire du Sénégal. Pour faire com[)rendrc de quelle importance doit être ce rôle, qui change complètement, une fois par an, les environs de nos comptoirs en vastes marécages, il suffit de donner une idée des aspects essentiellement dilférents du pays, suivant qu’on l’examine à l’époque des inondations ou à l’époque de la sécheresse. A Dagana, par exemple, à la fin de septembre, au moment où les eaux ont atteint leur |)lus grande bau-

TOPOr.RAPlfll'; MKDIC.VÜ': DU SKNIÎGAL.

teur. le poste foi'lifié se trouve à moins de I mètre au-dessus du niveau de l’eau qui l’entoure, ainsi que le village, presque de tous côtés. Au sud, le terrain, assez élevé, va rejoindre une chaîne de petites collines qui bordent le fleuve dans son inondation. Les maisons de commerce sont également entourées d’eau, séparées entre elles par des rues servant alors de canaux de communication entre les eaux du fleuve et celles qui ont envahi et converti en un grand lac la vaste plaine située à l’est du poste. Au mois de mars, cette plaine est desséchée et pré- .«ente une perspective des plus tristes. La terre, brûlée par le soleil, est remplie de profondes et dan^iereuses lissures; une végétation rabougrie la recouvre. Çà et là, on rencontre des dépressions de terrain où croupissent encore quelques eaux. C’est dans cetle terre, au moment où les eaux se retirent, que les indigènes sèment sans peine et récoltent, en trois mois, le mil, qui forme la base de leur alimentation.

L’examen des cours d’eau peut donner des renseignements précieux à la géographie et à la climatologie. C’est ainsi que les courbes que nous donnons ci-contre, et qui présentent la crue du Sénégal en deux des principaux points de son cours, offrent, au moment du maximum de la crue, une acuité nous apprenant qu’il n’y a pas de grands lacs dans le bassin supérieur du Sénégal ; ce qui est conforme au récit des voyageurs. Cet examen peut donner des renseignements d’une valeur encore plus grande. Rapprochant, des courbes que nous avions tracées des hauteurs des eaux du Sénégal pendant l’année 1871, celles du Nil, que le grand ouvrage sur l’Égypte donne de 1799 à 1801 , M. Dausse^ fît la remarque qu’il n’y a qu’une époque de crue ou de décrue pour le Nil et le Sénégal. Si l’époque du minimum peut varier d’avril à juin, celle de leur maximum est le même en septembre. A la distance où coulent ces fleuves, c’est bien là un fait digne d’attirer l’attention. Le Zaïre ou Congo est également en basses eaux de mai à juin, et croît en septembre; « d’où, conclut le savant ingénieur en chef des ponts et chaussées, il résulte que toute l’Afrique équatoriale est soumise à un régime unique et constant de crue ou de décrue dans les grands cours d’eau qui la sillon-

' Note .«ur les variations annuelles simples cl pareilles du Sénégal et du Nil, cl probablement aussi du Niger et du Zaïre, Annuaire, de la Société inétéorolo-^ ijiqxie de France, t, XXIII.

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neiil, du midi au nord et de l’est à l’ouest et au sud-ouest, ce qui accuse intégraleiueut un climat des plus uniformes sur près des trois (|uarts peut-èlre d'un yrand continent, » et diffère essentiellement de ce qui s’observe en Europe.

'2“ Pays des deux rives du Sénégal et établissements français qui s'y trouvent.

Nous ne ferons qu’indiquer brièvement quels sont ces pays, nous réservant de nous étendre plus longuement sur chacun des établissements que les Français y ont fondés. Le tableau suivant indique quels sont les pays que l’on trouve, sur les deux rives du fleuve, en en remontant le cours, à partir de Saint-Louis. Les noms en italique sont' ceux de nos établissements.

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