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SAINT-LOUIS

Saint-Louis, A’drtr, en langue ouolove, est le chef-lieu des possessions françaises, à la côte occidentale d’Afrique, et la ville européenne la plus importante de toute cette côte. Elle '9st située par 16°,0',48" de latitude nord et 18°, 51', 10" de longitude ouest de Paris. La ville est bâtie sur l’un des îlots de sable formés par le fleuve du Sénégal, au voisinage de son A. Borics, Sénégal. 2

A. BORIUS.

embouchure. Elle est séparée, à 1 ouest, de la pointe de Barbai ie (Bcrberie) par un bras du llcuve d’environ 200 mètres; ce bras est si étroit et la terre de Barbarie si basse, ijue, du large, on croit d abord que Saint-Louis est bâtie au bord même de la mer. A l’est, le second bras du lleuve a plus de 000 mètres de large; il est profond d’une douzaine de mètres, et constitue un excellent port, en séparant Saint-Louis de la grande île de Sor.

La ville est reliée par deux ponts avec la pointe de Barbarie, où se trouve un village de pêcheurs et de piroguiers nommé Guet-Ndar, et, d’autre part, avec Sor par un pont de bateaux. Ces trois ponts sont mobiles, ne gênent en rien la navigation, tout en étant d’une utilité extrême à la ville et à soh commerce.

Le croquis ci- contre permettra de se faire facilement une idée de la topographie très simple de l’île et de la ville.

Le plus grand axe de l’île est très exactement orienté, nord et sud. La ville est construite sur les deux tiers sud de l’île. L’hôtel et la place du Gouvernement la partagent en deux parties égales, l’une nord et l’autre sud. Au nord de la ville se trouve une partie non couverte d’habitations, qui a reçu le nom de pointe du nord, et où se trouvent les ateliers de la marine, devant lesquels stationnent les avisos de notre flottille de guerre. L’île de Saint-Louis a environ 2400 mètres de longueur sur une largeur de 100 à 200 mètres; son sol est entièrement sablonneux, et, pendant de très longues années, aucune végétation ne s’y trouvait, si ce n’est quelques palétuviers qui ont été détruits, il y a vingt-cinq ans environ, les efforts soutenus de l’autorité et de quelques particuliers aboutirent à faire quelques plantations, encore trop rares, et qu’il faudrait actuellement accroître, ou au moins entretenir, ce qui, très malheureusement, ne se fait guère. L’île est si basse, qu’elle était autrefois inondée tous les ans, et que, dans ses grandes crues, le Sénégal la menace encore. Dans une de ces inondations, M. Cbassaniol, médecin en chef de la colonie, a vu les deux bras du fleuve se réunir à travers l’île, dont les rues étaient changées en canaux navigables. Depuis lors, l’île a été remblayée dans une grande partie de sou étendue, et les flaques d’eau fournies par inliltration ou par les pluies de l’hivernage ont disparu. En même temps qu’on remblaie l’île, on

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fait maints essais pour rendre le sol moins meuble. Le terrain étant sablonneux, la marche est difllcile et fatigante dans la plupart des rues. Le mélange de sable avec l’argile provenant des îles voisines, l’apport des platras de démolition, de briques brisées ou entières, une sorte de pavage en bois, ont été essayés sans qu’on ait pu jusqu’ici trouver un moyen vérita-

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blement efficace. Des trottoirs ont été établis dans plusieurs rues et rendent la circulation plus facile. Les abords de l’île ont été garnis de quais très commodes pour le commerce et la circulation, en même temps que très utiles à l’iivgiène.

Le centre de la ville est occupé par l’hôtel du Gouvernement,

A. DORIUS.

voisin (lu grand bras du fleuve, et par la place principale qui s’étend jusqu’au petit bras. On a fait des plantations sur une partie de cette place; mais l’eau douce manque, et nous avons pu constater qu’en dix années les quelques palmiers plantés par le gouverneur Faidherbe avaient atteint à peine le quart du développement qu’ils auraient dans un terrain plus convenable et surtout plus souvent arrosé.

L’hôtel du Gouvernement est un vieux bâtiment couvert d’une terrasse , et surmonté d'un belvédère supportant un mât de pavillon et de signaux, donnant à cet établissement une physionomie assez pittoresque. Le gouverneur possède, dans son habitation , un petit jardin qui est bien loin de la description qui en a été faite par Aclanson , mais dont le prix est d’autant plus grand que la verdure est [)lus rare au Sénégal.

La place centrale est bordée , de chaque côté , par une grande et spacieuse caserne. Ces bâtiments encadrent très bien l’hôtel du gouverneur et lui donnent, de loin, un air monumental que l’on n’est pas habitué à rencontrer à la côte d’Afrique.

Le pont du Guet-Ndar vient déboucher au centre de la façade de cette place, et contribue à son animation. Le pont de Sor, qui traverse le grand bras, correspond à l’autre face du Gouvernement, et achève de donner à cet établissement un air central qui ajoute à son importance.

Dans la partie sud de la ville se trouve l’hôpital militaire. C’est un vaste et spacieux édifice à deux étages, avec larges et belles galeries, servant de promenade, et une grande cour plantée d’arbres. On reproche à cet hôpital son voisinage trop grand de la caserne de cavalerie, qui occasionne des odeurs, des bruits de cris et de trompette préjudiciables au bienêtre des malades. L’établissement des bains et les lieux d aisance laissent considérablement à désirer.

Cet hôpital peut contenir 500 malades. 11 renferme aussi une bibliothèque et un musée d’histoire naturelle. Ce dernier est trop souvent dépouillé au profit de ceux de la métropole. Construit depuis peu d’années, l’hôpital a bénéficié, en partie, des progrès qu’a faits l’architecture de ce genre d établissement. Il est parfaitement clos et la surveillance peut s’y faire d’une manière convenable, comme dans les hôpitaux de France.

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Trop longtemps il n’en a pas été ainsi, et les malades étaient aussi libres dans l’hôpital de Saint-Louis qu’au dehors, au grand préjudice de leur santé.

Les rues de la ville sont droites, elles coupent carrément les îlots des maisons; celles du nord sont très spacieuses. Dans les parties extrêmes, habitées plus spécialement par les noirs, elles sont moins régulières. Les rues sont complètement dépourvues de plantations d’arbres; leur sol est sablonneux; les maisons blanches qui les bordent réfléchissent avec ardeur les rayons du soleil. Il en résulte une impression très pénible pour la vue, en môme temps qu’une augmentation considérable de la chaleur si souvent pénible sous ce climat: aussi rien n’est-il plus fatigant que les courses en plein raidi dans les rues de Saint-Louis. Presque toutes les maisons de la ville sont en briques, et élevées d’un étage, sur un rez-dechaussée. Le premier étage est assez souvent partagé en deux ou trois pavillons, ce qui assure la libre circulation de l’air entre les habitations. Les maisons sont toutes munies d’une cour et portent des galeries couvertes qui donnent un grand bien-être pendant les chaleurs du jour. Elles n’ont pas de toitures inclinées comme en France, mais des terrasses qu’on appelle argamasses. Cette absence de toitures inclinées, et la forme cubique des maisons, donnent à la ville un cachet particulier, rappelant celui des villes du Maroc.

Les monuments de Saint-Louis sont peu nombreux et peu remarquables, soit au point de vue architectural, soit pour leur variété ou leur grandeur. Nous n’avons à citer que l’église catholique, la mosquée musulmane, deux grandes et belles casernes d’infanterie, la caserne de cavalerie, l’hôpital et les écoles. La ville manque complètement d’hôtels. Les arrivants, les étrangers de passage, sont forcés d’avoir recours à une hospitalité toute gracieuse qui ne fait jamais défaut. Cependant, on peut trouver, pour son argent, le manger et le boire dans des restaurants tenus par des Français.

Les Européens habitent généralement le premier étage des maisons. Les rez-de-chaussée qui ne servent pas de magasins sont, le plus souvent, habités par les noirs. Ces derniers habitent aussi dans des cases en paille. Le nombre de ces cases va diminuant de jour en jour, grâce à des règlements de police qui, par suite de la crainte des incendies, empêchent de bâtir

A. Bomus.

en paille dans les quartiers du centre de la ville. Ces cases, au nombre d’environ deux mille, sont des huttes en forme de cylindre surmonté d’un toit de forme conique; elles sont très basses, n’ont qu’une seule porte, pas de fenêtre. Elles sont entourées d’une palissade renfermant, dans son enceinte, trois ou quatre cases; l’espace resté vide sert de cour.

La population de Saint-Louis et de ses faubourgs est d’environ 18 000 âmes. Il n’est pas possible de donner d’une manière précise la proportion des blancs aux mulâtres et aux noirs. On peut estimer, qu’en y comprenant la garnison, il y a, à Saint-Louis, un millier de blancs, le double de mulâtres; le reste de la population se compose de noirs d’origine, de nationalités et de races les plus diverses. Nous aurons à faire la distinction de ces races lorsque nous serons arrivé à la partie ethnographique de notre travail.

Saint-Louis est en communication commerciale avec la France. 11 est fort rare d’y voir un pavillon étranger , le commerce de la colonie étant exclusivement réservé au pavillon national. Bordeaux et Marseille, le premier surtout de ces deux ports, sont les seuls à armer des navires pour le Sénégal. Le voyage de Bordeaux à Saint-Louis dure, pour les bons voiliers, de quinze à vingt jours; mais la longue station que les navires sont obligés de faire devant la barre du fleuve retarde souvent l’arrivée des navires devant les quais et les magasins de la ville. Un remorqueur à vapeur abrège, depuis plusieurs années, la durée de la station et les dangers de l’entrée dans le fleuve. Ces dangers étaient autrefois tels, que Bon ne trouvait pas d’assureurs pour les navires devant entrer dans le Sénégal.

Un aviso à vapeur fait, deux fois par mois, le voyage de Saint-Louis à Dakar, station des paquebots des Messageries maritimes venant de Bordeaux. Deux fois par mois, le Sénégal se trouve ainsi en communication postale avec la France et le Portugal. La rapidité de ces paquebots permet le rapatriement rapide des malades de la colonie, et donne à celle-ci des nouvelles d’Europe de moins de six à sept jours de date. Lorsque la barre est mauvaise, et que l’aviso chargé du service postal ne peut entrer à Saint-Louis, ni meme faire passer son courrier par les pirogues, les lettres parviennent , de Dakar à Saint-Louis, par la voie de terre, à l’aide de chameaux qui traversent le Cayor.

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Un télégraphe relie, d’ailleurs, Saint-Louis à Dakar et à un certain nombre de nos postes du llcuve. La -ligne télégraphique, fort bien respectée par les indigènes, prend chaque jour de l’extension et pénètre de plus en plus dans l’intérieur de nos possessions.

L’ensemble de Saint-Louis est celui d’une grande ville. Bien que les voitures -y fassent presque complètement défaut, l’animation sur les places, dans les marchés, dans les rues et sur les quais, est très grande. Les chevaux, les chameaux, les bœufs porteurs, chargés d’hommes ou de marchandises, les parcourent en tous sons. La multiplicité des races, la diversité des couleurs et des costumes, ne contribuent pas peu à donner à la ville une physionomie extrêmement intéressante, surtout pour l’Européen qui vient de débarquer.

Saint-Louis est la plus grande ville de la eôte occidentale d’Afrique. Par son étendue, comme par sa population, elle dé- . passe considérablement Corée. Freetown, la capitale des possessions anglaises de Sierra-Leone, peut seule être mise en parallèle avec Saint-Louis. Si le chef-lieu de notre colonie ne présente pas aux voyageurs l’aspect verdoyant et riant de la ville anglaise, son importance politique, matérielle et commerciale, est bien plus considérable. Le nombre des Européens résidant au Sénégal est beaucoup plus grand que celui des Anglais à Sierra-Leone.

Les ressources de l’île de Saint-Louis, pour l’alimentation de sa population, sont nulles; tout vient du dehors. Les légumes, cultivés dans les environs, commencent cependant à être moins rares; les fruits manquent complètement, et n’arrivent que très difficilement des possessions du Bas-de-la-Côtc ; de sorte que, excepté la viande, le gibier, la volaille et le poisson, qui sont en grande abondance, de qualité suffisante et à bon marché , tout ce qui sert à l’alimentation des Européens vient de l’Europe. Le poisson est excellent : il constitue, avec le millet cultivé dans tout le Sénégal, la principale alimentation des indigènes de la ville et delà province voisine.

La question la plus importante, relativement à l’alimentation de Saint-Louis, est celle de l’eau potable. Le sol étant, à plus de cent kilomètres à la ronde, parfaitement plat, et à peine élevé de quelques décimètres au-dessus du niveau de la mer, aucune source n’existe dans l’île ni dans son voisinage ;

A. DORIUS.

1 eau potable est donc rare et difficile à recueillir; elle provient du fleuve ou des pluies. C’est l’eau du fleuve qui sert, jusqu’ici, aux besoins de la population pendant presque toute 1 année. A partir de la fin do juin, l’eau, jusque-là absolument salée, devant la ville, devient peu à peu saumeâtre, en même temps que le niveau du fleuve monte. Au milieu de juillet, le courant est tellement fort, qu’il refoule au loin les eaux de la mer. Malgré le voisinage de ccllc-ci, l’eau est complètement douce. Elle reste douce jusqu’au commencement de décembre; puis, avec la décrue du fleuve, elle devient saumâtre, et enfin tout à fait salée. Les indigènes creusent alors, le long de la rivière, des trous donnant une eau détestable, dont ils sont forcés de faire usage, môme pour leur boisson. Ces trous, pour fou rnir une eau à peu près buvable, doivent être fréquemment renouvelés, car ils ne donnent que l’eau douce qui s’était accumulée j)ar infiltration dans le sable, pendant la saison d’inondation, et l’eau salée du fleuve ne tarde pas à pénétrer, elle-même dans ces petits puits.

Pour avoir de bonne eau, il faut remonter en amont de Saint-Louis. Une citerne flottante est forcée d’aller parfois jusqu’à Ricliard-Toll pour y puiser l’eau nécessaire à la consommation de la gaj’nison. Des citernes sont placées sous les maisons et permettent d’y accumuler, dans la saison de l’inondation, les eaux .du fleuve et celles que fournissent les pluies.

Les eaux de pluie sont certainement les plus salubres que l’on puisse se procurer à Saint-Louis; malheureusement, les citernes ne sont pas assez vaste.s ni assez nombreuses pour suffire à la consommation, non seulement de la ville entière, mais môme de sa population européenne.

En attendant que les nombreux projets que nous aurons à examiner plus tard, et qui ont pour but de fournir de l’eau potable à la ville, aient reçu une exécution, les citernes doivent être, autant que possible, multipliées partout et, s’il se peut, remplies avec l’eau fournie par les pluies.

Nous avons calculé % en tenant compte des observations faites sur les quantités d’eau que les pluies versent sur le sol de l’île dans les années où elles ont leur plus grande abon-

1 Voy. Recherches sur le climat du Sénégal. Paris, 1875, Gaulhier-Yillars.

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dance, quelles étaient les dimensions réciproques à donner aux citernes et aux toitures des maisons. Il serait inutile do donner aux citernes des dimensions supérieures à celles d’un volume ayant pour hauteur 65 centimètres et, pour base, le développement de la surface des toitures horizontales qui recouvrent les maisons, et sur lesquelles les eaux sont ordinairement recueillies. Pour calculer les dimensions à donner à la citerne d’une maison, il suffira de se rappeler que, dans les années des pluies les plus abondantes, il faut 1 mètre carré de surface horizontale pour fournir 650 litres d’eau, ou 1 mètre cube de citerne pour une surface de 1“‘^,538.

La ville de Saint-Louis n’est pas fortifiée. L’ancien fort qui la commandait a disparu; il en reste à peine quelques traces dans les dépendances de l’hôtel du Gouverneuu. Une simple petite batterie, située sur la plage de Guet-Ndar, représente un simulacre de défense contre une attaque inutile qui pourrait être tentée du large. Saint-Louis est défendue par sa situation même : il serait impossible de rien tenter contre la ville avant d’avoir pénétré dans le fleuve, protégé lui-même par la barre. Nous sommes trop maîtres des pays qui entourent l’île pour avoir rien à craindre d’une attaque des indigènes, et les quelques tours fortifiées qui avaient été élevées dans les environs de la ville sont même abandonnées aujourd’hui.

En face de Saint-Louis, sur la pointe de Barbarie, se trouve le village de Guet-Ndar et celui de Ndar-Toute. Le premier ne se compose que de cases en paille; le second contient, outre les cases des indigènes, quelques maisons en briques appartenant à des commerçants. Ces deux villages sont une annexe de Saint-Louis. On trouve, à Guet-Ndar, un marché indigène et une allée d’arbres qui, malgré l’état dans lequel on les a lais.sés péricliter depuis que le gouverneur Faidherbe les fit planter, constituent la plus agréable promenade de* la ville. Guet-Ndar, sa petite allée d’arbres et sa belle plage de sable, où viennent mourir les lames de la mer, sont le but ordinaire de la promenade du soir des Européens. Le soir, la musique militaire s’y fait entendre, et quelques rares enfants européens, pâles et faibles, animent de leurs jeux celte promenade, qui donne un vague souvenir de celles de la mère patrie, et laisse le regard se perdre sur l’Océan, cette route qui sera suivie pour le retour en France.

A. BORIUS.

De 1 autre coté de Saint-Louis, l’île de Sor est peu fréquentée, marécageuse et malsaine. Cette île, qui sert de passage aux caravanes, n’est guère parcourue que par les chasseurs qui ne craignent pas de s’exposer aux chances de l’insolation et de l’infection paludéenne. C’est dans l’ilc de Sor qu’est placé le cimetière des Européens.

Telle est actuellement la capitale de nos possessions françaises, à la côte d’Afrique. Si l’on rapproche cette description, dont les principaux traits sont empruntés à M. Bérenger- FéraudS de celle faite, il y a quarante ans, par un autre médecin en chef de la colonie : Thévenot^ on pourra constater les progrès considérables de la ville de Saint-Louis, tant au point de vue de l’agrandissement qu’à celui de l’hygiène. Ces progrès ont été lents, les derniers surtout. Il est bon de constater que les plus importantes modifications acquises dans l’hygiène de cette ville sont dues à l’initiative et aux efforts sans cesse réitérés des médecins de la marine. Les plus grandes causes d’insalubrité dé la ville, signalées par Thévenot, ont aujourd’hui disparu. Certes, il a fallu de longues années pour en arriver là. Il a fallu que chaque amélioration demandée par Thévenot fût longtemps et opiniâtrément réclamée par ses successeurs. Mais il faut le reconnaître, le progrès est réel et très évident. Ceux auxquels en revient l’honneur ont dû croire longtemps, avec Thévenot, que leur ténacité luttait contre « une inconcevable impéritie et une inqualifiable incurie. » Ils n’ont pu voir par eux-mêmes leurs idées adoptées, et cependant ces idées justes ont fini par triompher. C’est le rôle de l’hygiéniste de demander toujours, de réclamer sans cesse, c’est trop souvent aussi son rôle de n’être guère écouté au moment où il parle ou écrit. Mais n’en est-il pas de même partout? Quarante ans ne sont pas une trop longue période pour renverser un préjugé, détruire une erreur et la remplacer par la vérité. Les améliorations considérables apportées dans l’hygiène de Saint-Louis et dans l’état sanitaire des Européens qui habitent cette ville doivent être, pour les médecins de la marine qui y sont appelés, un motif de lutter contre le découragement qui s’empare souvent do l’homme convaincu devant l’indiffé-

‘ De la fièvre jaune au Sénégal. Paris, 1874.

* Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, et spécialement au Sénégal. Paris, 1840.

TOPOGRAPHIE MÉDICALE DU SÉNÉGAL

rence de ceux auxquels il s’adresse. Il reste beaucoup à faire dans notre colonie, pour Saint-Louis comme pour les autres localités. Nos collègues de la marine n’oublient pas ce qu’ont fait leurs devanciers dans le pays, et travaillent à améliorer, au moins pour l’avenir, l’état actuel.

Adanson^ a aussi décrit la ville de Saint-Louis. En lisant cette description, nous avons, comme Thévenot, été frappé de son invraisemblance, d’autant plus étonnante que, partout ailleurs, dans les ouvrages d’Adanson, nous avons toujours remarqué une exactitude très grande dans les descriptions. Comment peut-il se faire qu’un auteur laisse échapper à sa plume une description aussi éloignée de la vérité? Cela s’explique, en partie, par l’existence de courses et de voyages perpétuels d’Adanson pendant les quatre années qu’il passa au Sénégal. Chaque fois qu’il rentrait à Saint-Louis, cette ville lui paraissait un Éden. Il faut avoir éprouvé, comme nous, les sensations des Européens revenant de faire une année de séjour dans les postes isolés du Sénégal, pour comprendre les exagérations d’.\danson. Saint-Louis et Gorée nous paraissaient alors de grandes et belles villes dont nous aurions fait volontiers, au moment de notre retour, une description bien trompeuse pour ceux qui y débarquent en arrivant de France.

RICHABD-TOLL.

Cet établissement, fondé par le jardinier Richard (en langue ouolove, Toll signifie jardin), est situé sur la rive gauche du fleuve un peu avant d’arriver à Dagana, à 144 kilomètres de Saint-Louis (75 milles marins) et à l’embouchure de la Taouey, canal naturel ou marigot, qui fait communiquer le fleuve avec le lac Guier. Richard-Toll est un jardin ou plutôt une pépinière destinée à fournir des arbres pour [les plantations de la colonie, à faire des essais de cultures nouvelles, et à donner aux indigènes l’exemple des bonnes méthodes. On y a cultivé en grand le coton, il y vient très bien; mais cette culture n’a pas donné une rémunération suffisante pour être continuée. Les encouragements n’avaient pas manqué au début de ces essais, qui auraient pu rendre de grands services à notre

Afianson, Histoire naturelle du Sénégal, avec la relation abrégée d’uti voyage sur ce pays pendant les années 1749-50-51-53. Paris, 1757,

colonie. Ils ont cessé. Ricliard-Toll est presque abandonné. Ses vieilles maisons d’habitation sont actuellement décrépites, délabrées et lézardées dans les angles et sur les faces.

Lors de la dernière épidémie de fièvre jaune, une centaine d’Européens, provenant des troupes ayant fait l’expédition du Logo, et sur lesquelles sévissait la maladie dont elles étaient allées s’infecter à Bakel, furent campés à Bichard-Toll. Chose digne de remarque : malgré l’insalubrité bien connue de cet établissement et de ses environs marécageux, ce fut, de toute la colonne expéditionnaire, le groupe stationné dans ce poste qui présenta le moins de cas d’infection et souffrit de la moins grande mortalité

En temps ordinaire, Richard Toll est habité à peine par cinq ou six Européens. Il n’y a pas de médecin dans ce poste; c’est le médecin de Dagana qui, soit à cheval par voie de terre, soit par le moyen d’un canot, va donner des soins aux malades de l’établissement. Nous avons pu, pendant notre séjour à Dagana, constater la haute insalubriîé de l’embouchure de la Taouey et les fièvres pernicieuses graves qui s’y contractent.

MÉRINAGHEM.

Mérinaghem est un poste militaire qui fut construit, en 1842, sur la rive gauche du lac Guier ou Panié-Foul, aux confins du Oualo, du Cayor et du Djolof. C’est une redoute carrée en maçonnerie, contenant une bonne citerne et une belle caserne pouvant loger vingt cavaliers. Il est construit en briques sur le sommet d’une colline de sable rougeâtre, à 20 mètres au-dessus des basses eaux du lac. En remontant le fleuve, et passant devant Richard-Toll et par la Taouey, la distance de Mérinaghem à Saint-Louis est de 220 kilomètres; mais, par terre, Mérinaghem n’est qu’à 60 kilomètres de Saint-Louis.

La tranquillité qui règne depuis plusieurs années dans cette partie de la colonie a permis de retirer la garnison de ce poste.

DAGANA.

Dagana est situé sur la rive gauche du Sénégal, à 176 kilomètres de Saint-Louis (90 milles marins). Sa position géogra-

* Uapporl médical sur Vexpédilion militaire de Logo et sur l'épidémie de fièvre jaune qui la lei'tnina, par le docteur Baril, médecin de 2* classe.

TOPOGRAPHIE MÉDICALE DU SÉNÉGAL

phiqoeest ; latitude nord, 16”20'0"; longitude ouest, 17“ 51' 4". Le village est placé à la frontière du Oualo et du Dimar : c’est le chef-lieu de la province du Oualo, qui actuellement nous appartient. Nous y avons construit un fort, en 1821, pour y protéger la culture du coton. Celte culture a été abandonnée; mais Dagana est resté un centre commercial important : on y achète du mil, du bérafe (graine de cucurbitacée servant à faire de l’huile). Les Maures Trarzas y apportent, annéemoyenne, 5 à 600,000 kilogrammes de gomme, ainsi que des bestiaux et des plumes d’autruche. Le village indigène contient 5000 habitants de race ouolove.

La traite des gommes attire à Dagana, pendant huit mois de l’année, un grand nombre de commerçants, la plupart indigènes ou métis. Ces commerçants, qui s’établissaient autrefois sur des navires restant mouillés près de la rive gauche, habitent maintenant une vingtaine de belles maisons en maçonnerie, placées à la droite du poste. Lorsque l’inondation du pays survient, avec la saison des pluies, et empêche l’arrivée des caravanes, les habitants descendent à Saint-Louis et laissent vides leurs maisons, qu’entourent les eaux du fleuve débordé.

Le fort comprend une redoute carrée en maçonnerie et des bàtimentsi en parfait état, qui peuvent facilement recevoir une cinquantaine d’Européens. Le bâtiment principal se compose d’un rez-de-chaussée servant de magasin et d’un premier étage possédant, sur ses façades exposées au nord et au sud, de vastes galeries très' élevées et à arcades largement ouvertes.

Bien que ce fort occupe le point le plus culminant de la rive du fleuve, il est à peine au-dessus des hautes eaux. Au moment des inondations, il se trouve, ainsi que le village, entouré d’eau de presque tous les côtés. Il en résulte une cause d’insalubrité considérable. Pendant plus de quatre mois, la plaine qui se trouve immédiatement au nord du poste est convertie en un vaste lac. Lorsque les eaux se retirent, cette plaine est cultivée parles indigènes; mais on y rencontre de nombreuses dépressions de terrain où les eaux croupissent longtemps avant que l’évaporation les ait fait disparaître, le sous-sol, argileux, ne permettant qu’une absorption lente des eaux de la surface.

Devant Dagana, le Sénégal coule dans une direction est et

SO A. BORIUS,

ouest, sur une largeur de 500 mètres environ. L’eau y est complètement douce, les marées s’y font cependant légèrement sentir. La différence de niveau des eaux entre la saison sèche et le milieu de l’iiivernage est de 5 à G mètres, selon l’année.

Le chiffre de la garnison est très variable. Depuis un certain nombre d’années, les soldats européens ont été remplacés par des soldats indigènes ; mais il reste toujours dans le poste un nombre suffisant d’Européens pour que son insalubrité, au point de vue des fièvres intermittentes, puisse être constatée à la suite de chaque hivernage. Un médecin de la marine est attaché au poste, pendant une année.

Dagana est en communication télégraphique avec Saint-Louis ; de plus, deux fois par mois, les avisos de guerre remontent le fleuve jusqu’à Podor, et permettent les communications postales et l’évacuation des malades de l’infirmerie du fort sur l’hôpital de Saint-Louis : de sorte qu’en temps ordinaire la mortalité des Européens y est nulle, ou du moins paraît telle dans les relevés statistiques.

Il n’en était pas ainsi lorsque les communications se faisaient par navires à voiles, et que l’on ne pouvait renvoyer les fiévreux se rétablir ou souvent mourir à Saint-Louis. En étudiant la salubrité relative des différents postes du Sénégal, nous verrons que, contrairement à l’assertion de Thévenot, l’air est loin d’être « plus pur et plus vif à Dagana qu’à Saint-Louis ‘ et que, loin de songer à considérer Dagana comme un lieu de convalescence pour les malades de Saint-Louis, le premier devoir du médecin du poste doit être de diriger'tous ses malades sérieux sur l’hôpital principal de la colonie.

Le pays qui entoure le poste et le village de Dagana présente alternativement, et selon les saisons, un aspect riche et fertile ou l’aspect de la désolation et de l’aridité. Tout dépend du fleuve et de son inondation périodique, qui permet la culture des terres inondées au moment où les eaux se retirent ; mais les vents brûlants du désert, dépouillant, pendant la saison qui correspond à notre hiver, la terre de sa verdure et les arbres de leur feuillage, le pays prend un aspect de tristesse et de désolation difficile à décrire.

Les Européens peuvent cultiver assez bien des petits jardins

1 Thévenot, Ouvrage cité, p. 31.

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OÙ poussent, à force d’arrosage, les légumes d’Europe, grand secours pour la variété de l’alimentation de nos soldats. Malheureusement, lorsque le vent du désert survient, il brûle et détruit, en vingt-quatre heures, lejardin potager qui faisait l’orgueil de la petite garnison et sa plus grande distraction. A une autre époque, c’est l’inondation qui arrive et efface tout sous son niveau, en remplaçant l’extrême sécheresse par une épaisse couche d’eau. Parfois ce sont des nuages de sauterelles qui, s’abattant sur le pays avant k moisson, ravagent les champs et les jardins, et réduisent les indigènes à la famine.

Un seul arbre fruitier peut résister à ces nombreuses causes de destruction, c’est le goyavier rouge [Psidium pomiferum). Il donne, à Dagana, un fruit de très médiocre qualité, qui est cependant d’une certaine ressource. Le goyavier est bien acclimaté à Dagana, où il se ressème et pousse partout où l’homme rejette ses déjections. Nous avons pu constater la double propriété attribuée par Dampier ‘ à la goyave , et admise par Fonssagrives Elle resserre le ventre quand elle est mangée verte, et le relâche quand elle est mûre. Dans le premier cas, ce fruit agit par les propriétés astringentes de sa pulpç; dans le second, cette propriété astringente ayant disparu, les nombreuses graines que contient la goyave produisent sur l’intestin un effet mécanique semblable à celui produit par la graine de moutarde blanche.

Le bananier ne donne, à Dagana, que très exceptionnellement des fruits à maturité. 11 est presque impossible de faire pousser un ananas même jusqu’à demi-maturité.

L’alimentation des Européens, dans ce poste, est donc presque exclusivement composée de viande de boucherie, de volaille et de poisson. La viande de bœuf est d’assez médiocre qualité; le poisson du fleuve est en abondance extrême, quelques espèces sont excellentes. Le gibier abonde dans les environs : les lièvres, les perdrix, les pintades, sont si faciles à atteindre, que la chasse se fait sans chien, et qu’en recevant la valeur de deux charges de fusil il n’est pas de chasseur indigène qui ne s’engage à vous apporter une pièce de gibier. On se procure facilement, et assez souvent, des œufs d’autruche frais.

Les fauves abondent sur les deux rives du fleuve, surtout

* Voyage de Dampier, l.

* Fonssagrives, Hygiène navale, 2' édition. Paris, 1877, page 820.

A. BORIUS,

l’hyène et la panthère. On entend parfois rugir le lion, la nuit, dans les environs du village. On trouve quelquefois des traces d éléphant dans le voisinage. L’hippopotame habite les marigots voisins. Les crocodiles sont en très grand nombre sur toutes les rives du fleuve. Il n’y a guère d’autre eau potable que celle du fleuve; elle a besoin d’être filtrée pour être bonne. Quelques Européens la font, avec avantage, bouillir avant de s’en servir comme boisson. En 1862, nous avons eu personnellement à nous louer de cette pratique.

L’aspect de Dagana se modifie peu d’une année à l’autre. A quinze années de distance, aucun progrès, soit matériel, soit autre, ne s’est fait dans le pays. Nous n’avons constaté qu’une chose, c’est la disparition de l’école française que le gouverneur Faidherbe y avait fondée

PODOR.

Après avoir quitté Dagana, le premier poste que rencontrent les navires remontant le fleuve est celui de Podor, situé sur la rive gauche, au point le plus septentrional de la courbe que décrit le Sénégal. Podor est placé géographiquement par ,16“ 39' 30" de latitude nord et 17“ 17' 30" de longitude ouest.

Ce poste est l’un des points le plus anciennement occupés par les Européens sur le cours du Sénégal. Il fut établi en 1743.

11 fut plusieurs fois abandonné ; mais le village de Podor resta toujours un centre commercial très actif. Le fort fut reconstruit en 1854. C’est, comme Dagana, un grand et beau poste où les Européens peuvent se loger d’une manière convenable et dans des conditions d’habitation assez satisfaisantes au point de vue de l’hygiène.

Podor se trouve sur le côté sud de la grande île à Morfil, à

12 kilomètres de son extrémité ouest. Nous avons dit que cette île était formée par une division du fleuve en deux grands bras : c’est sur le bras nord, le plus large et le plus navigable, que se trouve Podor.

D’après les récits des anciens explorateurs du Sénégal, Podor était autrefois l’un des centres du commerce de l’ivoire (Morfil). De nombreux troupeaux d’éléphants parcouraient l’île à

* Vüy. Quelques considérations médicales sur le poste de dagana, observations faites pendant l'année 1862 par A. Borius (These Montpellier, I864).

TOI'OGRAl'lllE MÉDICAI.E DU SÉNÊGAU. .m

Morlil ; mais la cleslniclion a rendu ces animaux 'assez rares De plus, l’ile a été eu grande partie déboisée, et ne pourrait plus nourrir les grands troupeaux de ces pachydermes qui y vivaient autrefois.

Podor est, par eau, à une distance de 85 kilomètres de Dagana et à 2G1 kilomètres de Saint-Louis (141 milles marins). A toutes les époques de l’année, il reste en libre communication avec la capitale par des navires à vapeur qui remontent le I lleuve deux fois par mois. Le fort est constitué par une grande enceinte bastionnée, contenant une belle caserne en maçonnerie et un dépôt de charbon pour les navires de la flottille. La garnison varie de trente â cinquante hommes; elle se compose

Ien partie d’Européens, en partie d’indigènes. Les traitants de Saint-Louis ont construit, sous la protection du poste, des établissements spacieux en maçonnerie, semblables à ceux de Dagana.

Le village indigène, habité par des Toucouleurs et quelques Ouolofs, appartenait autrefois au Toro, province du Fouta sénégalais, qui a été déclarée indépendante en 1859 et [)Iacce sous notre protection l’année suivante. Il compte un millier d’iiabitanls sédentaires. Au moment de la traite, sa population s’élève à 5000 individus. Cette traite consiste dans l’échange de marchandises européennes contre le mil, les gommes, les bestiaux, les plumes d’autruche. Ces marchandises viennent du haut pays par caravanes. Les Maures Braknas y apportent, année moyenne, 5 à 6000 kilogrammes de gomme.

.\ Podor réside un médecin de la marine dont la durée du séjour est d'une année : aussi ce point du Sénégal a-t-il été bien étudié. Les communications, faciles, permettent le remplacement des hommes malades et l’évacuation des convalescents sur Saint- Louis. Toutefois, la distance à parcourir étant plus longue que pour Dagana, l’escale que fait l’aviso devant ce dernier poste, augmentant le temps de séjour des passagers à bord, les évacuations sont plus difficiles. Souvent les avisos sont très encombrés, et, avant d’évacuer sur l'hôpital principal les malades graves de Podor, il est nécessaire pour le médecin de s’assurer que les malades ne resteront pas exposés sur le pont de ces bateaux, où trop souvent hommes sains et malades .sont forcés (le coucher sans abri pendant une ou deux nuits avant d’arriver à leur destination.

A. fîoRin^,

A. Bomus.

SAI.DK.

En rcnioiitanl K; liras princi|ial du Sénégal, au nord de l’île a Morfil, on trouve, à 8 kilomètres de l’extrémité orientale de cette île, le petit poste de Saldé. 11 lut créé, en 1859, pour la protection de la navigation, difficile en ce point, pour les navires de commerce, qui y étaient souvent attaqués à l’époque où ils descendent de Bakel.

Saldé est une tour défensive en maçonnerie, dont la garnison no compte qu’une quinzaine d’hommes. Ce poste se trouve, en suivant le cours du lleuve, à une distance de 462 kilomètres de Saint-Louis (249 milles) et à 200 kilomètres de Podor. 11 n’est pas accessible toute l’année aux bateaux à vapeur de notre flottille, et reste de longs mois isolé, ne communiquant que difficilement avec Podor et, plus difficilement encore, avec le [loste de Bakel. A Saldé se font des affaires assez importantes en mil avec le Fouta, et en gomme avec les Maures de la rive droite. Ce poste est ordinairement dépourvu de médecin : aussi les renseignements sur sa topographie médicale sont-ils très incomplets.

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