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LA VACCINE

La plus commune est représentée par V/'ri/sipèle. H. Larrey (1) a publié l'histoire d'une épidémie d'érysipèles conséculifs à la vaccination, survenue à Toulouse chez des hommes du 10" régiment d'artillerie. Sur soixante hommes de ce régiment, la revaccination, pratiquée le 21 juin 1838, fut suivie, chez neuf d'entre eux, d'accidents locaux de forme érysipélateiise et d'accidents généraux de forme typhique. H. Larrey constata par une enquête rigoureuse que ces militaires, malgré les recommandations faites, s'étaient livrés à divers travaux, • immédiatement après avoir été vaccinés, et cfue, sur ces neuf hommes atteints d'accidents plilegmoneux à un seul bras, liuit l'étaient au bras droit ; qu'un seul avait le bras gauche malade et qu'il était gaucher. C'est pourquoi, notre savant maître provoqua du Ministre de la guerre ime circulaire recommandant expressément un repos absolu après les vaccinations.

Gentil a observé trente hommes atteints, à la suite de vaccination, d'accidents analogues; l'un d'eux succomba. On reconnut que l'enfant sur lequel avait été pris le vaccin avait présenté le jour même de l'inoculation les symptômes de l'érysipèle (2).

Enfin, la lymphangite et ïadénile viennent quelquefois compliquer la pustulation vaccinale. Ces complications sont surtout provoquées par le grattage des boutons avec les ongles ou des objets malpropres.

Un vaccin de mauvaise qualité, altéré ou corrompu, peut également entraîner des accidents graves et même mortels.

11 faut donc se défier de tout vaccin provenant d'une source suspecte, et, quand il s'agit du vaccin animal, de tout vaccin récolté sur une génisse ayant offert, antérieurement ou postérieurement à son inoculation, certains symptômes morbides.

En 1888, à Grenoble, sur treize génisses inoculées, deux ne

(1) H. Larrey, Noie sur quelques accidents de la vaccination {Bulletin de l'Académie de médecine, 1858, t. XXIII, p. 292).

(2) Voy. Proust. Des Affections diverses qui peuvent compliquer la vaccine, en dehors de la syphilis vaccinale {Bulletin méd., 1887, p. 1307}.

parent être utilisées, parce qu'elles avaient présenté, en même temps que de l'amaigrissement et de la diai-rhée, des pustules qui s'entouraient d'une zone inflammatoire très large et rendaient à la pression une masse blanchâtre d'aspect purulent. La pulpe vaccinale obtenue sur les autres génisses donna très peu de succès ; il se développa, en outre, chez les inoculés, un nombre considérable d'éruptions impétigineuses locales, dont les premiers cas étaient constatés douze jours après les premières inoculations et dont les derniers durèrent plus de six semaines.

Cette éruption, caractérisée par des vésicules souvent confluentes, soulevait la cicatrice linéaire laissée parla scarification ; une sérosité, légèrement teintée en rose, remplissait ces vésicules. Ces accidents n'eurent, d'ailleurs, aucune gravité; maison dut suspendre pour un certain temps les vaccinations.

Les cas avérés de transmission de la syphilis par la vaccination sont assez rares, quand on les compare au grand nombre de vaccinations et de revaccinations pratiquées dans notre armée. En réunissant tous les cas authentiques, rapportés dans les publications médicales depuis Jenner jusqu'en 1880, Lotz (1) a obtenu un total de 7S0 infections, chiffre qui paraît correspondre à plus de 100 millions de vaccinations, faites en Europe depuis plus de quatre-vingts ans.

Cependant, ces accidents sont moins rares qu'on le croit; en effet, des endémo-épidémies de syphilis ont été observées en France, dans les hôpitaux, dans l'armée et dans la population civile : à Paris en 1865, à Cherbourg, à 'Vannes, à Lyon ; il y en a eu aussi en Italie, en Allemagne, en Angleterre, aux É tats-Unis et en Algérie (Diday) (2).

La syphilis causée par la vaccination a pour caractère distinctif le développement sur la pustule infectée, deux ou trois semaines après l'inoculation, d'un chancre suivi cinq ou six semaines après d'accidents secondaires.

Pour se mettre à l'abri de toute transmission possible de in syphilis par le vaccin, indépendamment de la garantie qu'offre

(1) Lotz, Variole el vaccine^ iraduil par Secrétan. BiiXe, 1880.

(2) Art. Syphilis vaccinale du Dictionnaire encijcl. des aciences méd.. t. XIV, .Se série, p . 478.

la vaccination animale, il faut s'assurer de la santé du vaccinifère et ne jamais choisir un enfant nouveau-né, qui peut être atteint de syphilis héréditaire latente, ou un adulte, c^ui peut avoir une syphilis acquise, sans manifestations actuelles. L'en fant doit avoir plus de trois jnois, époque au delà de laquelle la syphilis héréditaire est exceptionnelle.

Il faut se procurer, autant que possible, du vaccin recueilli avant le huitième jour, tout à l'ait transparent et non mélangé de sang qui renfermerait seul le virus syphilitique (Rollet et Viennois).

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