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C. — Évolution épidémique dans les milieux militaires

Les épidémies de méningite cérébro-spinale sont presque toujours localisées à l'armée. Sur o7 épidémies relevées par Hirsch (2) et qui ont eu lieu en France, 39 ont régné exclusivement parmi les militaires, 7 exclusivement dans la population civile, 5 simultanément parmi les civils et les militaires. Six fois l'épidémie s'est étendue de la garnison à la population civile.

La maladie offre une tendance très marquée à se localiser dans un quartier, dans un pavillon, dans une caserne, sans se répandre dans le voisinage (Boudin). Il est presque toujours fort difficile de relier les différents cas entre eux (Lemoine).

La méningite cérébro-spinale détermine une morbidité assez

(1) Voy. Kieffer, Relation crune petite épidémie de méningite cérébro-spinate à l'hôpital maritime de Cherbourg [Arch. de méd. nav., 1882, n»^ 10 et 11). — Lemoine, Une épidémie de ynéningite cérébro-spinale {Arch. de méd. mil., 1892 t. XX, p. 31).

(2) Hirsch, Handbuch der liisturich-geographischen pulliologie, t. II, p. C24.

limitée, qui ne s'élève guère clans une garnison qu'ù environ 1/100 de la population militaire ; cela provient de ce que la maladie ne s'étend qu'à un groupe très restreint d'individus. En revanche, la mortalité est considérable, et la plupart des épidémies anciennes ont offert une gravité extrême pendant tout leur cours, comme l'indiquent les chiffres suivants empruntés à A. Laveran :

Épidémies de Versailles 41 décès sur 100 malades.

— Strasbourg 51 —

— Lille 65 —

— Metz . 70 —

— Orléans 70 —

— Douera 90 —

Actuellement, bien que ces épidémies soient devenues beaucoup plus rares et surtout beaucoup plus limitées dans notre armée, elles y présentent encoi'e une gravité considérable, comme l'indique la statistique médicale correspondant à ces dernières années.

En 1886, sur 17 cas à Orléans, il y en a eu . . 8 mortels;

— Mir 3 cas à Béthune, — . . 3 —

— sur 3 cas à Bourges, — . • 3 —

— sur 4 cas à Nimes, — . . 4 — En 1887, sur 3 cas à Dijon, — . . 3 —

— sur 3 cas à Rennes, — . . 3 —

Cette léthalité énorme s'observe également dans la population civile. Ainsi, Richter (1) a noté, dans l'épidémie qui sévit en 1886 parmi les habitants de Bruthen (Silésie supérieure), 56 atteintes et 24 décès.

On a signalé dans l'armée la coïncidence de la méningite cérébro-spinale avec d'autres maladies, notamment avec la grippe (Michel Lévy, Paris, 1848-49), avec la rougeole (épidémies de Perpignan et de Versailles en 1841, de Metz et de Nantes en 1848), avec la scarlatine, avec les oreillons, avec la fièvre typhoïde (Strasbourg, 1841).

D'autres fois, au contraire, on a noté l'absence de toute maladie épidémique et même un abaissement du chiffre des malades,

(1) Voy. Arch. de méd. mil., 1887, t. X, p. 304.

résultant de la disparition des autres affections infectieuses ou saisonnières, communes parmi les soldats (épidémies de Metz et de Constantine en 1841).

La maladie atteint surtout les recrues. Une fois développées, les épidémies se perpétuent par l'arrivée de nouveaux venus au milieu d'un foyer d'infection, ou par le transport de ce foyer d'un lieu dans un autre (A. Laveran) (1).

Ces épidémies coïncident généralement avec la saison froide et humide. En France, sur 54 épidémies, 47 ont débuté pendant l'hiver; en général, l'influence du froid se manifeste par une recrudescence de la maladie (L. Laveran). Exceptionnellement, les épidémies du Val-de-Gràcc et de Saint-Étienne en 1848 offrirent leur maximum de morlalité pendant l'été.

La durée de ces épidémies varie généralement de six mois à deux ans (L. Colin).

D. — ÉllOLOGIE,

Une grande obscurité règue encore aujourd'hui sur la nature de la méningite cérébro-spinale ; les uns considèrent celle-ci comme une maladie spéciale et parfaitement définie; les autres, comme étant intimement liée à d'autres états morbides (fièvres éruptives, pneumonies), dont elle constituerait une manifestation ou une complication des plus redoutables.

Il est un fait certain, c'est que la méningite cérébro-spinale relève d'une cause spécifique, mais il est bien difficile d'en déterminer la nature. On l'a regardée comme produite par un miasme sui generis, ayant son origine dans l'encombrement (lourdes) ; on Fa envisagée comme une forme de typhus (Boudin) ; on Fa rapprochée des maladies pyohémiques (Michel Lévy et Chauffard) ; enfin, on l'a considérée comme une manifestation du paludisme (Frœlich) (2).

Dans ces derniers temps, A. Laveran (3) a défendu avec beau-

(1) A. Laveran, art. Méningite cérébro-spinale du Dlclionnaire encycl. des sciences médicales, 2" série, VI, p. 633.

(2) Frœlich, Wiener Klinik, 1882.

(3. A. Lavernn, De la Nature de la méningite cérébro-spinale [Gazette hebdomadaire, 1873); Traité des maladies et épidémies des armées (làlo); Nouveaux Éléments de pathologie et de cliniqtie médicales, 2e édition, 1883,

coup de talent l'opinion que cette affection constituait une forme larvée de la scarlatine. Cet auteur invoque à l'appui de cette opinion les faits suivants:

Coïncidence presque constante de la méningite cérébro-spinale avec les fièvres éruptives (notamment à Versailles en 1840- 1841, dans les épidémies décrites par C. Broussais de 1837 à 1842, à Strasbourg en 1847-48 et à Paris en 1848) ;

Début de la méningite cérébro-spinale analogue à celui de la scarlatine (invasion brusque, hyperthermie rapide, éruptions variées, mais présentant quelquefois l'aspect de l'exanthème scarlatineux) ;

Tendance de la scarlatine à produire des inflammations purulentes des séreuses (pleurésie, méningite);

Influence des fatigues excessives et du froid qui empêcheraient la scarlatine de suivre sa marche naturelle et produiraient une excitation exagérée du système nerveux;

Observations assez nombreuses de scarlatineux ayan t succombé à des accidents méningitiques et chez lesquels l'autopsie a permis de révéler les lésions caractéristiques de la méningite cérébro-spinale (1).

Il est un fait bien démontré aujourd'hui, c'est que cette maladie est liée non seulement à la scarlatine, mais encore à d'autres maladies infectieuses, parmi lesquelles il faut citer la grippe (Michel Lévy), la rougeole (Vallin\ la fièvre typhoïde, les oreillons (Massonaud) (2), la pneumonie (Chauffard),

Ces observations épidémiologiques sont, du reste, confirmées parles recherches bactériologiques poursuivies pendant ces dix dernières années, surtout en Allemagne et en Italie.

En effet, de nombreux micro-organismes ont été trouvés dans les exsudais purulents de la pie-mère; on a reconnu parmi eux un microbe (pneumocoque) ressemblant beaucoup au microbe de la pneumonie (Leyden) (3).

Certains de ces organismes paraissent distincts de ceux des maladies régnantes ; on admet qu'ils peuvent résulter d'iu-

(1) Voy. Ch. Viry, Gazetle hebdomadaire, 1882, p. 736. — Lcmoiiic, Arch. de méd. mil., 1892, t. XX, p. 108.

{2) Arch. de 7néd. mil., I88i. ' (3) T,R.yden, Cenlrablatt fur Klin . mer/., 1883, n» iO. . .

fections secondaires, dans quels cas la méningite cérébro-spinale perdrait tout caractère de spécificité et dépendrait d'une infection antérieure. de l'organisme favorable à son déi^eloppement (infection scarlatineuse,rubéolique, pneumonique, grippale, etc.) ; certains autres, comme le streptocoque découvert par Bonome (1) dans l'épidémie de Padoue, auraient des qualités tout à fait spécifiques et, dans ces cas, la méningite cérébro-spinale constituerait une véritable entité morbide.

En présence de ces interprétations si différentes, nous nous bornerons à formuler avec Lemoine {2) les conclusions suivantes :

« Comme les broncho-pneumonies infectieuses, la méningite cérébro-spinale peut être primitive, mais elle s'associe le plus souvent aux maladies microbiennes et principalement aux fièvres éruptives ; comme ces dernières, elle apparaît presque toujours dans les groupes humains ; comme elles encore, elle survient, pour ainsi dire, d'une façon accidentelle ; comme elles enfin, la méningite cérébro-spinale, paraissant liée le plus souvent à la présence du pneumocoque, semble aussi se développer sous l'influence de plusieurs espèces différentes de micro-organismes. »

Le milieu militaire a été jadis spécialement incriminé pour expliquer le développement de la maladie parmi les soldats; Paul à Perpignan et Gasté à Metz, ont noté l'influence de la vie en commun, du manque d'aération des chambrées, de l'encombrement, sur la fréquence des cas.

Cependant ce milieu ne paraîtrait peut-être pas aussi favorable à l'éclosion de la méningite céi'ébro-spinale, si l'on considère que dans l'épidémie de Bayonne, comme dans la plupart des autres épidémies survenues en Europe, la maladie a commencé d'abord par atteindre la population civile et ne s'est propagée que secondairement aux troupes de la garnison (L. Cohn).

- L'influence des conditions hygiéniques des habitations sur le développement de la maladie paraît, du reste, assez restreinte;

(1) Bonoms, Arch. ital. di clinica medica, 1888, et Centrabl. f. Bakt., 1890.

(2) Lemoine, loc. cit, p. 114.

contrairement aux auteurs qui ont invoqué, pour expliquer ce développement, l'aménagement défectueux de certaines casernes, Lemoine a noté dans l'épidémie de la garnison d'Orléans, observée par lui en 1886, que les casernes qui avaient été les seules atteintes par la méningite cérébro-spinale, offraient des conditions de salubrité bien supérieures à celles des autres (vieilles casernes) qui ne fournirent aucun cas.

Vallin (1) avait fait la même remarque pour l'épidémie qui eut lieu à Rastadt en 186-4, et qui sévit principalement dans les quartiers les plus salubres de cette localité.

Bien que la méningite cérébro-spinale soit très limitée dans ses atteintes, puisqu'elle frappe à peine, dans les garnisons où elle sévit, 1 soldat sur 100 (L. Colin), bien que la nature du contage soit encore inconnue, cependant la contagion de cette maladie semble indéniable. Ce qui le prouve, c'est l'exportation do la méningite cérébro-spinale d'une garnison à une autre par le déplacement des régiments, comme on l'a vu h Bayonne en 1837 et dans d'autres localités les années suivantes (Boudin) ; ce sont ces nombreux exemples de transmission de la maladie observés •^ans les casernes et dans les hôpitaux sur des hommes bien por- ^^ants, couchés au voisinage d'un malade ou ayant été en rapport avec lui (épidémies de Strasbourg en 1841 et de Toulon en 1851).

Dans un cas publié par Kolilmann (2), la contamination a peut-être pu avoir lieu par l'intermédiaire de vêtements infectés depuis quatre à cinq mois.

Parmi les influences météoriques, qui interviennent dans le développement de la méningite, la mieux démontrée semble le froid ; c'est presque toujours en hiver, comme nous l'avons vu, que la maladie éclate, quelle que soit la latitude. C'est surtout quand l'hiver est rigoureux et prolongé que les épidémies offrent le plus de gravité et de persistance. Ainsi s'expliquent ces cas de méningite observés dans l'armée par Faure-Villars et par L. Laveran, après des revues ou des exercices pénibles en plein air et par un temps froid.

(1) Voy. Gazette hebdomadaire, 186S. ' •

(2) Kohlmaon, Berlin Klin. Woch., 1889, p. 373.

E. — Étude clinique.

La maladie débute insidieusement par des frissons violents, de la céphalalgie fronto-occipitale, quelquefois par des vomissements; puis apparaissent du délire, des convulsions ou bien du coma, avec raideur tétanique. Ces premiers symptômes peuvent être suivis d'une rémission souvent trompeuse. Bientôt la céphalalgie augmente et devient tenace; en même temps, surviennent une agitation violente et un délire furieux; quelquefois de la douleur de la nuque et du dos, de l'hyperesthésie générale.

Certains malades sont plongés dans le coma, avec raideur de la région cervicale, s'étendant aux muscles de la mâchoire et de la déglutition ; dans les cas graves, avec renversement complet de la téte en arrière et contractions des membres qui présentent alternativement de la raideur et des convulsions cloniques. On observe en môme temps de la contraction des pupilles, du strabisme, avec occlusion des paupières, des grincements de dents.

D'autres présentent un délire violent ou tranquille, avec insomnie et parfois carus.

Leurs traits sont crispés, leur face pâle, leurs yeux injectés, leur regard fixe, leur peau sèche, brune, rude au toucher et offrant quelquefois des éruptions (pétéchies, roséole, sudaminas, herpès).

Le pouls est dur, résistant, puis mou, ample et ralenti (30 et môme 40 pulsations), quelquefois accéléré (100 à 110 pulsations). On constate des modifications très irrégulières dans la température, qui oseille entre 38°, o à 40", 5. La respiration est coui'te et accélérée (40 à 60 inspirations par minute). En même temps, surviennent des vomissements bilieux et delà constipation; la langue est nette ou sèche et noirâtre, les gencives fuligineuses; la soif est vive, la peau sèche (1).

La maladie comprend deux périodes distinctes, excitation et

(1) Voy. Richard, art. Typhus {Mêningile 'cérébro-spinale) du Diclionnaire de méd. et de chir. pratiques, 1885, t. XXXVII, p. 29.

dépression, qui souvent se confondent, ou bien alternent parfois ensemble.

La première période varie de douze heures à deux ou trois jours ; la seconde succède à la première et est caractérisée principalement par de la stupeur et une diminution notable du pouls.

Quand la guérison doit survenir, le malade recouvre le sommeil et reprend connaissance, en même temps que tous les accidents mentionnés plus haut tendent à disparaître. Quand la maladie aboutit à la mort, le coma persiste, l'insensibilité est complète ; surviennent de la dilatation des pupilles avec injection des yeux, de la paralysie des paupières, du strabisme, de la carphologie.

La durée de la maladie est très variable ; dans certains cas, la mort a lieu d'une manière foudroyante et survient de la dixième à la vingt-quatrième beure : le plus souvent, les malades succombent pendant les cinq ou six premiei s jours. En général, la maladie dure vingt-cinq jours.

La convalescence est toujours très longue ; le malade reste faible et amaigri et conserve longtemps de l'inappétence et des troubles très marqués de la nutrition ; quelquefois la mort se produit dans le marasme et la démence.

L. Laveran (1) distingue dans cette affection les quatre formes suivantes :

1° Une forme nboriive (lourdes), dans laquelle les accidents disparaissent au bout de un ou deux jours;

2° Une forme foudroyante, caractérisée par une invasion subite, avec perte de connaissance, stupeur, dilatation des pupilles, une respiration suspirieuse, un pouls déprimé et irrégulier, de la contracture des mâchoires, de l'asphyxie et une mort rapide ;

3° Une forme convuhive ou spinale, dans laquelle, alors que l'intelbgence est conservée, surviennent de la rachialgie, des convulsions, une insomnie opiniâtre, une agonie prolongée ;

4° Une forme phrêné tique, dans laquelle, à la période d'excitation succède une période d'affaissement, accompagnée d'un refroidissement progressif qui précède la mort.

(1) Laveran, art. Méningite cérébro-spinale du Dictionnaire encyclop. des sciences médicales {2<^ série, t. VI, p. 668),

Les complications (1) de la méningite cérébro-spinale son nombreuses et fréquentes ; elles résultent de l'extension de l'inflammation aux nerfs périphériques. Elles ont lieu du côté de l'appareil de la vision : conjonctivite avec sécrétion de mucus ou de pus (Tourdes), iritis, irido-clioroïdite, kératite (Vallin), clioroïdite exsudative, opacité du cristallin ; ou du côté de l'appareil de l'ouïe: bourdonnements, douleur, surdité persistante, otite purulente, inflammation suppura tive de l'oreille moyenne et de l'oreille interne.

Elles peuvent résulter également du retentissement de l'inflammation de la séreuse de l'encéphale et de la moelle sur d'autres membranes séreuses, sur la plèvre (Tourdes, Forget, Faure, Lévy, L. Laveran), sur le péricarde (Vital), enfin sur les séreuses articulaires (Tourdes, Daga).

Les accidents consécutifs sont les suivants : perte de la mémoire, asphyxie, démence, amaurose, surdité, anestbésie partielle, paralysie de la troisième ou de la quatrième paire, tremblement des membres, quelquefois hémiplégie plus ou moins complète (2).

Le diagnostic de la maladie est facile, quand celle-ci règne épidémiquement dans une garnison; mais, comme le dit Richard (3) avec raison, lorsqu'il survient deux ou trois cas isolés, comme ceux qu'on signale de distance en distance dans l'armée et la population civile, il est le plus souvent impossible d'affirmer que l'on a affaire à une petite épidémie de méningite cérébrospinale; mais si la locahté où l'on observe a été anciennement un des théâtres de la maladie, il y aura de fortes présomptions en faveur de sa nature infectieuse.

F. — Prophylaxie.

La prophylaxie de la méningite cérébro-spinale est celle de toutes les maladies infectieuses. Quand, dans une caserne, se développent quelques cas de cette afl'ection, il est utile de coni-

(1) Voy. Daga, Des Complications et des accidents consécutifs de la méningite cérébro-spinale épidémique, Paris, 1831.

(2) A. Laveran, toc. cit., p. fi70.

(3) Richard, toc cit., p. 38.

baltre leur extension par l'aération, la désinfection et même l'évacuation des locaux contaminés (1). Malheureusement, il arrive quelquefois que les résultats de ces opérations ne sont pas aussi encourageants qu'on pourrait l'espérer, et la maladie peut réapparaître après leur emploi, comme l'a constaté Leinoine (2), en 188G, dans la garnison d'Orléans.

Une mesure excellente pour empêcher l'extension de l'épidémie, c'est d'éloigner le plus rapidement possible les jeunes soldats de la localité atteinte par la maladie et de bien se garder d'y laisser pénétrer les recrues, qui, comme nous l'avons yu et comme cela a été observé maintes fois, ont constitué le principal aliment de l'épidémie. Il sera bon d'éviter aux troupes tout refroidissement et de diminuer les exercices et les factions en plein air pendant les hivers rigoureux.

Les moyens thérapeutiques préconisés contre la méningite cérébro-spinale sont malheureusement peu efficaces ; nous mentionnerons les saignées, abandonnées aujourd'hui, parce qu'on en a reconnu les fâcheux effets et les dangers ; les applications de sangsues aux apophyses masto'ides et de ventouses le long du rachis; les affusions froides sur la tête, les mercuriaux, les révulsifs (vésicatoires), les vomitifs, les purgatifs, les antispasmodiques ; enfin, l'opium, vanté beaucoup par Chauffard et Boudin, qui l'ont administré à liantes doses (3, -4, 5 décigrammes et même 1 gramme d'extrait aqueux), mais qui ne paraît indiqué à L. Laveran, et encore à doses modérées, que contre l'insomnie et l'agitation nocturne.

(1) Voy. Legonest, Rapport sur une épidémie de méningile cérébro-spinale dans les casernes de Dresde et de Mockern [Comité consult. d'hyg. publ. de France, 1883, t. VI, p. 329).

(2) Loc. cit., p. 32.

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