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CHAPITRE XII

l'érysipèle

On sait qu'on distingue habituellement deux sortes d érysipèle : Vérysipèle médical^ qui siège presque toujours à la face et est bénin, et Vérysipèle chirurgical^ nosocomial ou malin, qui s'observe principalement dans les hôpitaux, surtout dans les services de chirurgie, qui a son point de départ dans un traumatisme ou une plaie, s'étend aux différentes régions des téguments et offre généralement une certaine gravité.

On a considéré, jusque dans ces dernières années, ces formes à'érysipèle comme deux maladies différentes, au point de vue de leur nature et de leur origine. On attribuait la première à des influences saisonnières {érysipèle saisonnier, înédical, bénin), et la seconde à une influence spécifique, résultant habituellement d'une infection ou d'un traumatisme (1).

Comme on l'avait soupçonné depuis longtemps (2), il résulte des recherches bactériologiques que ces deux formes pathologiques constituent une seule et môme maladie ; mais, la seconde forme étant devenue aujourd'hui excessivement rare dans l'armée, grâce aux mesures prises dans les hôpitaux militaires pour assurer une application complète et rigoureuse de l'antisepsie, son étude appartenant, du reste, au domaine de la chirurgie, nous ne nous occuperons dans ce travail que de l'érysipèle médical, auquel la statistique médicale réserve une place distincte comme cause assez commune de morbidité et de mortalité parmi les soldats.

(1) Voy. L. Colin, Traité des maladies épidémiques, pp. 4ai2 et 6S t.

(2) Gosselin et Raymond, art. Erysipèle du Dictionnaire de méd. et de chir. pratiques, 1871, t. XIV, p. 1.

l'érysipèle

A. — Fréquence et gravité de l'érysipèle dans l'armée.

L'érysipèle de la face n'est pas rare dans les hôpitaux militaires. Pendant ces trois dernières années, il a déterminé parmi nos troupes une morbidité :

De 2,03 pour tOOO hommes en 1888, De 2,58 — en 1889,

De 3,33 — en 1890.

La proportion des cas d'érysipèle diffère suivant le grade et la durée du service, comme l'indiquent les chiffres suivants, correspondant aux deux années 1889 et 1890 (pour 1000 hommes):

Officiers

Sous-oftîciers

Soldats ayant plus d'un an de service. . Soldats ayant moins d'un an de service Soldats des deux catégories

Le nombre des décès causés par cette affection varie chaque année, comme cela résulte de l'examen des chiffres suivants, empruntés à la statistique médicale de l'armée :

16 décès.

26 décès.

8 décès.

La mortalité par érysipèle est comprise entre 0,04 et 0,0o par 1000 hommes ; elle a été de 1 pour 100 par rapport aux atteintes, pendant la période que nous avons considérée. C'est en 1888 que cette mortalité a été le plus faible et en 188i qu'elle a été le plus élevée.

La proportion des érisypèles, suivant les différents corps d'armée, a été comprise, en 1889, entre 0,3 (l" corps) et 6,6 pour 1000 hommes (XlIP corps) et en 1890 entre 0,9 (I" corps) et 17,4 pour 1000 (XIIP corps).

La répartition topographique de la maladie se rapproche de

celle de la rougeole, beaucoup plus que de celle de la scarlatine.

En 1890, cette répartition de l'érysipèle, tout en se rapprochant également plus de celle de la rougeole que de celle de la scarlatine, a atTecté plus d'indépendance que l'année précédente.

La fréquence de cette maladie dans les différentes armes a varié, en 1889, de 0 (secrétaires d'état-major et de recrutement) à 3,8 (chasseurs à pied), et en 1890 de 0,3 (secrétaires d'étatmajor) à 7,4 (sections d'infirmiers) pour 1000 hommes.

La statistique médicale de l'armée indique une prédominance marquée de la maladie pendant l'hiver et le printemps, avec minimum en été et en automne. Cette évolution se rapproche beaucoup de celle de la rougeole. Le tracé suivant représente la morbidité mensuelle par érysipèle en 1890 (voy. tracé X'VI).

Tracé XVL

Morbidité mensuelle par érysipèle médical EN 1890

l'hôpital.

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet 1

'il o

'^Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

Pendant ces quatre dernières années (1889-1892), les cas d'érysipèle de la face, qui sont entrés dans nos salles à l'hôpital Villemanzy, ont offert, pendant chaque mois, la répartition suivante :

l'érysipèle

ANNÉES

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