ABCÈS DU FOIE
CIRRHOSE HÉPATIQUE
TOTAL
Philippeville (1867-78). . .
La Galle (1863-74)
Bougie (1867-78) ......
Nous n'avons point à présenter ici l'étude étiologique, clinique et prophylactique de ces affections ; le lecteur trouvera dans l'ouvrage récent de Kelsch et Kiener toutes les indications relatives à cette étude. Nous croyons devoir insister seulement sur les rapports étroits qui lient les hépatites et les abcès du foie à la dysenterie, et qui ont été nettement établis par L. Colin (1) sur deux ordres de faits d'une grande valeur : 1° analogie de répartition géographique entre les abcès du foie et la dysenterie des pays chauds, analogie telle, que, d'après toutes les recherches faites par cet auteur, on ne petit découvrir aucune localité où ces abcès soient endémiques, sans que la dysenterie y règne sous ses formes graves ; 2" affinité dans le processus morbide des deux affections, démontrée par cette circonstance importante que l'immense majorité des individus atteints d'abcès du foie sont des dysentériques.
Cette démonstration a encore été faite plus complètement par Kelsch et Kiener, qui, après avoir présenté dans leur important ouvrage (2) une étude complète des abcès du foie aux points de vue historique, anatomo-pathologique, clinique et étiologique, ont formulé les conclusions suivantes :
1° La dysenterie est la cause spécifique des abcès du foie.
2° Certaines causes d'ordre inférieur favorisent le développement de l'hépatite chez les dysentériques ; elles peuvent être divisées en causes secondaires, capables de modifier la qualité du poison dysentérique (température élevée, conditions climatériques ou épidémiques plus ou moins connues) ; causes prédisposantes, susceptibles de modifier la réceptivité de l'individu dans les pays chauds (race, ancienneté de la résidence, passage brusque d'un climat froid à un climat chaud et inversement) ;
(1) L. ColÏD, Traité des maladies épidémiques, p. 782.
(2) Voy. Maladies des pays chauds, p. 293.
causes occasionnelles, pouvant modifier le cours de la dysenterie et appeler sur le foie la détermination morbide, soit en apportant une perturbation dans l'équilibre général des fonctions, soit en exerçant une irritation passagère ou prolongée sur les organes digestifs et en particulier sur le foie (refroidissement du corps, suppression brusque du flux dysentérique par une médication astringente intempestive ; usage de boissons alcooliques et d'aliments épicés; fatigues excessives, traumatisme de la région hépatique).