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LE TYPHUS

Le LypliLis est une maladie infectieuse, qui se développe dans les milieux encombrés, souillés, sous l'influence de la misère, et qui revêt les caractères d'une lièvre grave et caractérisée, le cinquième jour, par une éruption particulière {taches rubéoliqiies et pétéchiales), par une rémission franche à la lin du pi emier septénaire, oubienpar des symptômes ataxo-adynamiques, souvent mortels. Cette maladie, contrairement à la fièvre typhoïde, qui, comme on sait, sévit presque continuellement dans l'armée française, n'a été observée dans cette armée qu'à certaines époques et dans des circonstances exceptionnelles, surtout quand nos troupes ont été appelées à faire campagne et ont été soumises aux fatigues et aux privations qui accompagnent nécessairement les expéditions prolongées et surtout les guerres de siège. Jadis, le typhus s'attacha si particulièrement aux armées en campagne, qu'il reçut les noms de maladie des camps (Melchior),//èure des camps (Boerhaave), fièvre militaire (Harsenfels), fièvre maligne des armées (Sauvagej, peste (/e ,yMer/'e (Hufeland).

A. — Historique.

La première épidémie authentique de typhus des armées remonte à l'année 1489 et survint parmi les troupes qui assiégeaient Grenade. Elle occasionna 17000 décès. Tl est probable que la maladie fut importée en Espagne par les Arabes.

Le typhus apparut également en Italie en 1501. Il fit un grand nombre de victimes parmi les troupes commandées par Laiitrec devant Naples, ainsi qu'en Hongrie {1S33).

LK TYPHUS o9J)

En 1552, une grave épidémie séviL sur i ui'iiiée de Charles- Quint, devant Metz (1).

La maladie qui, à plusieurs reprises, pendant le xv<= siècle, décima les armées allemandes en Hongrie, l'ut probablement le typhus plus ou moins modifié par un climat humide et un sol marécageux (Hœser).

Pendant la guerre de Trente ans, le typhus sévit parmi les troupes françaises, principalement à Nimègue. En 1733, il régna en Pologne et fi'appa les armées russes en 1736-37, puis l'armée française, qui le transporta en Lorraine.

Les années suivantes (1743-40-47), Pringle l'observa en Hollande et en Angleterre et le décrivit sous les noms de fièvre dliôpitalQi de fièvre de prison. De 1775 à 1779, cette maladie régna à l'état endémique en Silésie (2).

Le typhus fit de nombreuses victimes parmi les troupes qui prirent part aux guerres du premier Empire.

Des épidémies typhiques régnèrent en 1829-30 dans les bagnes de Brest (3) et de Toulon (4). D'autres furent signalées à Zurich en 1844-45, et à Bruxelles en 1846-47.

Pendant la première moitié du xix'' siècle, le typhus fut confondu par certains auteurs avec la hè\a'e typhoïde (5) et fut considéré par les autres comme distinct de cette dernière affection (6).

Pendant la période qui s'écoula depuis la fin des guerres du premier Empire jusqu'au moment de la campagne de Crimée en 1854, on avait rarement observé le typhus dans les armées, et on pouvait croire à la disparition de cette affection si meurtrière, quand elle fut signalée au mois de décembre 1854 parmi les troupes russes. Elle atteignit successivement les Anglais et les

(1) On trouve un liistoriquc complet des l'iiidi-mies de typhus dans les ai'uiées dans A. Laveran {Traite dex maladea et des épidémies des armées, p. 251).

(2) Voy. Nielly, art. Tvphiis du Dirt. eiici/clop. des sciences méd., 3' séi'ie, t. XVIlI,"p. o71.

(3) Bounel, 'lliese de J'nris. IH'Al.

(4) Gassier T/tèse de Montpellier, IHi'i. — Maria, T/iese de Montpellier, 1834. (Oi Gauthier de Chaubry, De l'Identité du typhus et de la fà-vre lypho'ide,

Paris, 1844.

1,6; Moutaut, Mém. relatif au 'parallèle du typhus et de la fièvre lypho'ide {Mém. de l'Académie de médec'ine, 1844, t.VIl, p 184). — Faure Typhus différent de la fièvre typho'ide. otjservé au bagne de Toulon, Toulon, 1S46.

Français. Elle continua à sévir pendant le premier semestre de l'année suivante, prit une nouvelle extension en décembre et fit de nombreuses victimes parmi les troupes de Grimée, tant que durèrent les hostilités fl).

L'évacuation de ces troupes fut môme suivie de nouvelles poussées épidémiques dans les hôpitaux militaires de Constantinople (mars 1833 à avril 1836) et de Gallipoli,et même enFrance, dans les hôpitaux de Marseille, de Toulon, d'Avignon (2) et de Lyon, ainsi que dans les lazarets de PorqueroUes et du Frioul (3). En 1836, la maladie fut signalée à Paris, à l'hôpital du Val-de- Grâce. où Godéher (4) traita un certain nombre de typhiques. En 1861-63, le typhus se manifesta sous forme de petites épidémies en Algérie, principalement dans la province d'Alger, dans le massif de Bougie et dans la province de Constantine (5).

Pendant l'expédition du Mexique, alors que la lièvre jaune régnait à la Vera-Gruz, il fut observé parmi les troupes françaises à Mexico (6j et sur les hauts plateaux (7). La plupart des hommes atteints étaient convalescents de dysenterie ou de fièvre intermittente ; les autres furent pris en pleine santé.

Quelques années après, en 1867-68, cette maladie fit une nouvelle apparition dans la province d'Alger (8j et dans la province

(1\ V'oy. : Sci'ive, Esquisse des maladies qui ouf régné sur l'armée d'OrienL [Rec. de mém. de méd. milit., 1856); — Tliolozan, Recherches sur les mal. de l'armée d'Orient [Gaz. méd. de Paris, 1836) ; — Buudens, Lettres sur le typhus de Crimée [Rec. de mém. dé méd. mil., 1836) ; — Haspel, Rapport surles maladies qui ont sévi dans l'arméed'Orienl(Gaz.méd. deParis, 18S6); — ^ittii^v. Mémoires sur le typhus observé à l'armée d'Oiieat, 1837; — Carreau, Maladies typhoïdes des hôpitaux d'Orient, en 1833 {Gaz. méd.. 18361; — Blainvillaiii, Typhus en Crimée {Rec. de mém. de méd. mil., 1857, t. XIX, p. 131); — Jacquot, Du Typhus de Vannée d'Orient, Paris, 1838; — Marmy, DuTyphus et du scorbut de l'armée d'Orient {Rec. de mém. de méd. mil., 1839, t. I, p. 48) ; — Cazalas, Des -Affections typhiques de l'armée d'Orient {Union we'cZ., 1839-60).

(2) Chauffard, Relation du typhus d'Avignon (Gaz. hebd., 1856).

(3) .Jubiot, le Typhus à l'hôpital du Frioul, {Union méd., 1838, u» 5).

(4) fîodélier, Mémoire sur le typhus, observé au Val-de-Grdce de janvier à mai 1836 {Bulletin de l'Acad. de méd., 1836, t. XXI).

(5) Léonard et Marit, Rapport sur une épidémie de typhus dans la tribu des Benï-Aïdel et de l'Arrach {Rec. de mém. de méd. mil., 1863).

(6) Braull, Du Typhus de Mexico {Rec. de mém. de méd. mil., t. XI, p. 109).

(7) Coiudet, Du Typhus des hauts plateaux du Mexique (même recueil, t. XI, p. 381).

(8) Voy. Périer, Effets de la misère et du typhus dans la province d'Alger, en 1867-68 (Rec. de mém. de méd. mil., 1869 et 1870); — Maurin, le Typhus exanthématique et pétéchial. Epidémie d'Algérie de 1868, Paris, 1872.

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