C. — Étiologie
On sait que le typhus règne à l'état endémique dans certaines régions de l'Europe, principalement en Irlande et en Ecosse, où il intervient pour un dizième dans la mortalité générale de la population. Il en est de même en Silésie, en Pologne et dans
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les provinces russes voisines delà Baltique, cVoù il peut rayonner vers Berlin, Saint-Pétersbourg, Moscou et Wilna.
On a môme signalé, pendant ces dernières années, sa présence en France, à l'état sporadique et endémique, dans quelques parties de la basse Bretagne, dans le Morbihan, le Finistère (Gestin), où il aurait été souvent confondu à tort avec la fièvre typhoïde (Nielly).
Partout où le typhus est endémique, on remarque que les populations sont habituellement soumises à une extrême misère, qui détermine parmi elles un état cachectique très prononcé, avec anémie profonde et appauvrissement organique, qui constitue la principale cause prédisposante et qui se fait surtout sentir dans les pays froids et pendant l'hiver. C'est dire que le confinement et l'encombrement jouent, comme la famine, un certain rôle dans le développement de cette maladie.
Quant aux épidémies de typhus qui surviennent accidentellement dans les pays où il n'est pas endémique, elles ne peuvent être rapportées, comme l'a soutenu Chauffard, à l'importation du mal, mais bien plutôt, comme l'a parfaitement démontré Guillemin (1), à son développement sur place, sous l'influence accidentelle et temporaire des mêmes conditions qui président à son évolution continue et permanente dans les régions où il règne endémiquement.
Ces conditions sont alors représentées par l'entassement.dans un milieu déterminé, d'individus affaiblis, surmenés, cachectiques, faméliques et surtout atteints de ces affections qui, comme le scorbut, le purpura, la dysenterie, etc., apparaissent trop souvent sous l'influence des fatigues et des privations auxquelles est exposé le soldat dans les expéditions militaires malheureuses, pénibles et prolongées.
Le typhus conslitue alors une véritable complication de ces différents états morbides ; comme nous l'avons vu, il forme sonvent avec eux de véritables associations pathologiques, toujours très graves et très meurtrières et dans lesquelles il est souvent
(1) Guillemin, De rOrigine el de la propagation du typhus, p. 135.