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C. — Étude clinique

Nous n'avons pas à présenter ici une étude symptomatique et clinique des nombreuses formes de rhumatisme observées dans l'armée et qui sont les mômes que celles que l'on constate journellement dans les hôpitaux civils.

Parmi ces formes, la plus commune et la plus meurtrière parmi les soldats est sans contredit le rhumatisme articulaire aigu, qui a été presque la seule cause de décès pendant ces trois dernières années (1888-89-90), comme l'indique le tableau suivant :

Rhumatisme articulaire

chronique

I. Rhumatisme articulaire aigu. — Le rhumatisme articulaire aigu est la forme qui, comme nous l'avons vu, est de

(1) Robin, Du Pseudo-Rhumatisme de surmenage (Gaz. méd. de Paris, 188S).

beaucoup la plus fréquente parmi les soldats; c'est elle qui est traitée journellement dans les hôpitaux militaires.

Nous n'avons pas à énumérer les caractères cliniques offerts par les malades atteints de cette affection, et nous renverrons pour cette étude le lecteur aux traités classiques de pathologie, la maladie n'offrant aucun caractère propre aux soldats. Nous rappellerons seulement combien est variable son début, pendant lequel on voit ordinairement tantôt les symptômes généraux et principalement l'état fébrile marcher parallèlement avec les lésions articulaires et refléter leur intensité, tantôt les lésions locales apparaître avant eux, tantôt, enfin, les symptômes généraux survenir prématurément.

Ce qui caractérise surtout la gravité du rhumatisme dans l'armée, ce sont les complications cardiaques qui y représentent, comme on sait, une cause si commune d'éliminations par réforme. Parmi ces complications, la plus habituelle est représentée par Y endocardite ; ensuite viennent la péricardite et V endopéricardite .

Les auteurs ne s'accordent pas pour déterminer la fréquence de ces complications, et les statistiques recueillies dans différents pays ont fourni des résultats qui sont loin d'être concordants (1).

Ces complications sont certainement assez communes ; il résulte des recherches que nous avons faites que, sur 100 cas de rhumatisme articulaire aigu, 20 amènent des lésions cardiaques suffisamment graves pour entraîner la réforme.

II. Rhumatisme cérébral. — Les accidents cérébraux chez les rhumatisants sont assez rares dans l'armée, si l'on en juge parla faible part qui leur revient dans la mortalité occasionnée par le rhumatisme (1 décès sur 25).

Ils paraissent du reste, n'être pas plus communs dans la population civile (3 à i pour 100 cas de rhumatisme articulaire aigu, d'après Besnierj. Ces accidents consistent dans de la céphalalgie, du délire, quelquefois dans une véritable

(1) Endocardites, 50 poui' 100 (Bouillaud), 20 à 28 pour 100 (Bamberger, Jaccoiid), 9 à 10 pour 100 (ViiUeix). — Péricardites, 75 pour 100 (Williams), 54 pour 100 (Taylor), 20 pour 100 (Wuuderlicli, Leudet).

manie, avec liallucinations de la vue et de l'ouïe et tendance à la mélancolie (1).

III. Rhumatisme musculaire. — Le rhumatisme musculaire est plus rare dans l'armée que le rhumatisme articulaire, puisque, d'après L. Colin, il ne figurerait que dans la proportion de 1 sur 3 cas de maladies rhumatismales. Il se localise principalement à la région lombaire (lumbago).

IV. Rhumatisme chronique. — Quant au rhumatisme chronique, il semble encore moins commun parmi les soldats ; en 1890, cette affection n'a nécessité que 127 éhminations par réforme (pour 10000 hommes présents).

Il est justiciable de la médication hydro-minérale (eaux de Bourbonne, de Bourbon-l'Archambault, de Barèges, de Plombières (2).

D. — Prophylaxie.

L'Instruction du 17 mars 1890 sur l'aptitude physique au service militaire mentionne, parmi les causes qui peuvent nécessiter l'exemption, les douleurs rhumatismales ; mais seulement quand celles-ci sont accompagnées d'atrophie ou de rétraction susceptible d'amener un trouble fonctionnel appréciable.

Ces douleurs ne pourraient entraîner la réforme qu'autant que toutes les ressources de la thérapeutique auraient échoué (art. 233).

Il est bien rare qu'un jeune homme qui, pendant son enfance, ou pendant les années qui ont précédé le tirage au sort, a présenté des atteintes de rhumatisme, ne soit pas exposé à en offrir de nouvelles pendant son séjour sous les drapeaux. Voilà pourquoi le médecin militaire, appelé à donner son avis au conseil de revision, après avoir examiné avec beaucoup d'attention les jeunes conscrits qui se plaignent de douleurs articulaires ou musculaires, ne doit pas hésiter à prononcer l'exemption pour tous ceux qui offrent des signes non douteux

. (1) Vaillard, Aliénation mentale consécutive au rhumatisme articulaire aigu {Gaz. hebd., 1876). — Laveran, MaJiie rhumatismale [Bull, de la Soc. des hôp., 1876).

(2) Voy. notice n» 18 du Règlement sur le service de saoté à l'iDtérieur, sur l'usage des eaux minérales et des hains de mer.

d'une ancienne atteinte rluimatismale (engorgement articulaire, signes d'endocardite, etc.).

La profession militaire offre par elle-même trop de conditions favorables au développement des affections rhumatismales, sous toutes leurs formes, pou)' qu'on puisse attendre un bon service d'un jeune homme qui , avant son incorporation, aurait offert quelque atteinte de ce genre.

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