II. Étiologie. — L'évolution annuelle offerte par les hron
(1) L. Colin. Trailé des maladies épidémlqiies, p. 438.
chites dans nos garnisons indique nettement la part qui, dans l'étiologie de ces affections, revient à l'action du froid. C'est pendant l'hiver et le printemps que les rhumes sont fréquents dans les casernes; pendant la saison estivo-automnale, ils deviennent beaucoup plus rares, comme l'indique le tracé suivant, représentant la morbidité-hôpital pendant l'année 1888 (voy. tracé XXVIII).
Tracé XXVIII. — MoRBiDrrÉ par laryngite et bronchite AiGuiis
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Entrées
l'Hôpital.
ioo
« L'évolution mensuelle du catarrhe bronchique, ditKelsch(l), dans un groupe compact et homogène, comme celui d'une armée, fournit sur la marche saisonnière de cette affection les renseignements les plus précis. Si, réunissant en bloc les bronchites notées dans une série d'années, on les examine dans leurs rapports avec les différentes saisons, on découvre une corrélation aussi étroite que constante entre les unes et les autres. Réduit à son minimum en août et septembre, leur chiffre s'élève à partir de novembre, suit une progression lente jusqu'en janvier et février, reste ensuite stationnaire jusqu'en avril, puis décline
(1) Kelsch, loc. cit., p. m.
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lentement jusqu'en septembre, avec une légère recrudescence en juillet.
« Cette évolution met hors de doute l'étroite dépendance de la bronchite vis-à-vis des météores.
« Mais la subordination cesse d'être aussi étroite, si nous suivons la marche de cette maladie dans un corps quelconque, pendant une série d'années successives. Son mode de répartition saisonnière n'a plus la constance, la fixité des appréciations d'ensemble ; il présente souvent plusieurs maxima annuels distribués indistinctement entre l'hiver et l'été. »
Il ne faut donc pas considérer la bronchite comme constituant une individualité clinique et d'essence invariable, mais bien dans beaucoup de cas comme une manifestation de certaines maladies infectieuses, telles que la grippe, la rougeole, les typhus et principalement la fièvre typhoïde.
A l'appui de cette proposition, notre savant collègue invoque les raisons suivantes :
1° Indépendance de la bronchite vis-à-vis des influences climatiques, des variations brusques et profondes de la température, et de l'élévation du degré hydrotimé trique ; rareté de cette affection sur certains points de la zone froide et parmi les équipages des régions polaires, ainsi que dans certaines localités exposées à des vicissitudes atmosphériques considérables et à une grande humidité.
2° Indépendance de la maladie vis-à-vis des saisons et des vicissitudes atmosphéi'iques, observées par les médecins de l'armée dans maintes circonstances.
A l'exemple de Kelsch, nous considérerons la bronchite, indépendamment de la bronchite simple a frigore, comme pouvant constituer un syndi'ome banal où viennent se confondre, à leur degré le plus léger et avec une forme en quelque sorte abortive, quelques-unes des maladies régnantes, parmi lesquelles figurent : en première ligne, la grippe, qui doit revendiquer les cas les plus nombreux de cette espèce; en deuxième ligne, la ro/<^eo/e, la fièvre typhoïde, les typhus ; en troisième ligne, certaines maladies constitutionnelles iarthritisme, maladie de Bright) ou d'auto-infection (rfy.s/je/jsies gastro-intestinales, dilatations de l estomac).
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C'est pourquoi, il faut admettre que, dans le groupe de la statistique qui est désigné sous le nom de bronchites aiguës, il y a, indépendamment des bronchites primitives et catarrhales, liées à l'influence du refroidissement et qui sont de beaucoup les plus nombreuses, des bronchites secondaires, survenant comme complications ou môme comme simples manifestations des formes atténuées et frustes de certaines maladies infectieuses.
Ce sont ces dernières qui déterminent les rares décès qui figurent dans ce groupe sous la dénomination de bronchites aiguës.
Mais, comme ces bronchites secondaires se manifestent presque toujours sous forme de bronchites capillaires ou de bronchopneumonies, nous confondrons leur étude clinique avec celle de ces dernières affections.
Les bronchites aiguës 'primitives constituent généralement des affections légères, qui sont habituellement traitées dans les infirmeries et pour la guérison desquelles quelques jours de repos et de traitement sont généralement suffisants.
L'influence météorique et saisonnière sur ces affections parait évidente; et parmi les causes les plus fréquemment invoquées, pour expliquer leur apparition parmi les soldats figurent l'abaissement subit de la température, le passage brusque d'un air chaud (corps de garde) d'ans un air froid, l'impression du froid humide sur les extrémités, le refroidissement de la peau baignée de sueur, conditions auxquelles sont soumis fréquemment les hommes pendant les marches et les exercices.
Au nombre des maladies de l'appareil respiratoire qui figurent comme principales causes de décès et de réformes dans la statistique médicale de l'armée, il faut mentionner la bronchite chronique, qui, en 1888, est notée comme ayant occasionné 23 décès parmi les troupes de l'intérieur, soit 0,0o pour 1000 hommes, et 338 réformes, soit 0,80 pour 1000 hommes présents. 11 est évident que sous cette dénomination trompeuse se dissimulent beaucoup de cas de tuberculose pulmonaire, comme le montre le grand nombre de déchets par décès et par réformes (près de 1 pour 1000 hommes) rapportés à cette affection.
III. Étude clinique. — Les bronchites et les laryngites simples ou catarrhales n'offrant parmi les soldats aucun carac-
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tère spécial ait point de vue symptomatique, il nous paraît inutile de nous occuper ici de l'étude clinique de ces affections ; le lecteur pourra se reporter, pour cette étude, aux différents traités de pathologie médicale. Quant à ces états morbides, si fréquents dans l'armée et qui ne sont pas autre chose que des complications des différentes maladies infectieuses, nous nous en sommes occupé suffisamment dans la partie de notre ouvrage consaci ée à ces dernières, sans que nous ayons besoin de traiter ici cet important sujet.
IV. Prophylaxie. — Les moyens prophylactiques à employer contre l'apparition et le développement des maladies de l'appareil respiratoire parmi les soldats, indépendamment des mesures hygiéniques destinées à préserver ceux-ci des refroidissements et surtout d'une transition brusque du cha ud au Iroid, sont les mômes que ceux que nous avons énumérés plus haut et qui sont applicables aux maladies infectieuses, puisque la plupart de ces états morbides, bronchitiques et pulmonaires ne constituent souvent, comme nous l'avons montré, que des complications ou des formes plus ou moins larvées de ces maladies infectieuses.
B. — BRONCUrfES CAPILLAIRES^ BRONCIIO-PNEUMONIES E'I^PNEUMONIES.