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CHAPITRE IV

A . — Fréquence et gravité dans l'armée.

Les maladies du système nerveux sont peu fréquentes dans l'armée; les plus légères sont traitées à l'infirmerie, les autres à l'hôpital.

En 1890, sur 2948 cas de ces affections, relevés dans la statistique médicale, 1249 figurent comme causes d'entrée à l'infirmerie et 1699 comme causes d'entrée à l'hôpital.

La morbidité générale a été représentée par 6 pour 1000 hommes présents.

Au point de vue de la morbidité-hôpital, ces maladies sont réparties dans deux groupes, le premier constitué par la paralysie générale et raliénation mentale, le second comprenant les autres maladies du système nerveux.

Les pertes occasionnées par ces affections en 1890 ont été de 120 décès (mortalité 0,2 pour 1000 hommes présents) et de 252 éhminationspar retraites et réformes (1,4 pour 1000 hommes présents) .

Parmi les 1699 cas traités à l'hôpital, 233 doivent être rapportés klaparalysie généraient à V aliénation mentale . Les principales causes de décès ont été représentées, en 1890,

1 par :

La méningite aiguë non tuberculeuse 67 décès

V hémorragie cérébrale et méningée . ....... 11 —

V encéphalite et les abcès du cerveau 7 —

La congestion cérébrale 11 —

Lvi. paralysie générale 6 —

V aliénation mentale 7 —

Les maladies du système nerveux, qui ont constitué les plus fréquentes causes d'éliminations par réformes ou retraites, ont été représentées pendant la même année par :

L'épilepsie 270 cas.

V aliénation mentale 185 —

Vhystérie 41 —

ho, paralysie générale 15 —

La chorée 14 —

Le bégaiement 16 —

IjQS, paralysies diverses 38 —

La myélite chronique ....... 59 —

Lataxie locomotrice 10 —

\J atrophie musculaire 41 —

Vhémiplégie 6 —

L^ramolUssement cérébral 7 —

Nous étudierons seulement dans ce travail d'abord Y aliénation mentale et Id. paralysie générale progressive , puis la nostalgie ; enfin lépilepsie et l'hystérie qui offrent un certain intérêt pour le médecin militaire, puisque ces affections sont encore actuellement observées parmi les soldats, malgré toutes les mesures qui sont prises pour les faire disparaître le plus possible dans les garnisons, au moyen des exemptions et des éliminations par réformes.

B. — L'aliénation mentale et la paralysie générale.

La statistique médicale de l'armée indique que le nombre des militaires entrés dans les asiles d'aliénés a otïert les varistions suivantes, pendant la période 1873-90 :

. . lo'.)

Soit 100 en moyenne chaque année ; ce qui donne une propor tion variant de 0,3 à 0,4 pour 1000 hommes présents.

Cette proportion paraît considérable, quand on compare l'armée avec la population civile.

Parmi ces malades, un très petit nombre succombent dans les garnisons (7 en 18901, puisqu'ils sont le plus tôt possible dirigés sur un iKjpital spécial aux aliénés ou proposés pour la réforme.

La propoi'tion des aliénés est plus considérable parmi les officiers que parmi les sous-officiers et les soldats; c'est un fait parfaitement établi antéiieurement à nos recherches et la statistique ipédicale fournit à ce sujet des résultats très concluants. Voici ceux qui se rapportent à l'année 1888 :

Pour 1000 officiers 1,6 cas d'aliénation mentale

Pour 1000 sous-officiers 0,2 —

Pour 1000 soldats ayant plus d'un an de service 0,4 —

Pour 1000 soldats ayant moins d'un an de service 0,6 —

La paralysie générale représente au moins les trois quarts des cas d'aliénation mentale parmi les officiers (L. Colin), ûufour (1) l'a constatée chez plus de la moitié de ceux qui étaient traités à l'asile d'Armentières. La prédominance de cette forme de folie chez les officiers tient à l'âge de ceux-ci comparé à celui des sous-officiers et des soldats ; il est rare, en effet, que dans la population civile la paralysie générale se manifeste avant trente ans : elle oftre généralement son maximum de quarante à cinquante (Calmeil). Il faut tenir compte également des influences suivantes, qui ont été parfaitement mises en relief par L. Colin (2) :

1° Excès de travail, ce qui explique la fréquence relative de la maladie dans certaines armes spéciales, comme le génie, l'artillerie ;

2° Autorité et satisfaction, quelquefois exagérées, que donne le commandement chez des sujets habitués à obéir.

Si l'on rapproche les cbiffres fournis par la statistique de l'armée de ceux donnés par Parchappe (3), pour représenter la

(1) Dufour, De la Folie chez les mililaires, Paris, 1873.

(2) Voy. L. Colin, art. Morbidité militaire, p. 389.

(3) Voy. art. Aliénation du Dictionnaire encycl. des sciences méd.^ sériei

proportion d'aliénés qui existent clans les principales professions civiles, on voit que la fréquence de la folie dans l'armée est moindre que dans la plupart de ces professions. C'est avec raison que Doutrebente (1) a remarqué que si l'on considère la paralysie générale comme très fréquente chez les militaires, cela tient à ce que cette maladie a été observée et décrite à la maison de Giiarenlon, dont ceux-ci forment une grande partie de la population.

Les recherches faites par Aulin (2) à l'asile de Marseille tendent à démontrer que la manie et la lypémanie cliez les militaires auraient une terminaison souvent favorable.

Dans l'armée italienne, Grilli (3), a relevé la proportion des cas d'aliénation mentale traités à l'asile d'aliénés de Florence pendant la période 1870-82. Il résulte de son travail que la paralysie générale est très commune parmi les officiers (9 fois sur 13), et que parmi les hommes de troupes, les formes d'aliénation les plus fréquemment observées ont été représentées, sur 84 cas, par la nostalgie ou la lypémanie (2i cas) et par la manie (20 cas), alors que la paralysie générale ne figure que 5 fois.

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