CHAPITRE V
Les maladies delà peau sont inoins fréquentes dans l'armée que dans la population civile ; cela s'explique d'ahord parce qu'un certain nombre constituent une cause d'exemption et de réforme, ensuite par les nombreuses mesures hygiéniques appliquées parmi les soldats pour assurer les soins de propreté corporelle, et pour les préserver des affections parasitaires et contagieuses qui ont leur siège dans les téguments.
En 1890, ces maladies ont nécessité dans l'armée française 7111 entrées aux infirmeries et 4358 entrées à l'hôpital ; total : 11469, soit ane morbidité générale d'environ 24 pour 1000 hommes présents.
Elles ont occasionné pendant la même année 193 éliminations, soit 0,4 pour 1000 hommes présents.
Elles n'interviennent point dans la mortalité.
Les deux tiers de ces affections sont traités dans les inflrmeries régimentaires, l'autre tiers est traité dans les hôpitaux.
Les maladies de la peau sont représentées dans l'armée par Veczéma, Vecthyma, Yimpétigo, Vacné, le prurigo, le psoriasis^ YictJiTjose, la teigne faveiise, la teigne tonsurante, le sgcosis, la teigne pelade; lorsqu'elles sont invétérées et rebelles à tout traitement, elles entraînent nécessairement la réforme.
Nous renverrons le lecteur, pour l'étude de la plupart de ces affections, aux traités spéciaux de maladies cutanées ; nous ne nous occuperons dans ce chapitre que de quelques-unes de ces maladies qui, par suite de leur fréquence dans les garnisons, offrent un certain intérêt pour le médecin militaire. Nous réserverons une place dans cet ouvrage, d'abord à différentes maladies
contagieuses qui, comme les teignes [pelade, teigne tonmrante-^ favns) et la gale, apparaissent quelquefois dans les garnisons sous forme d'épidémies ; ensuite, à deux formes d'ecthy?7ia, dont la première s'observe communément dans les armes montées et a été décrite par quelques médecins militaires sous le nom d'ecthgjjia des cavaliers, et dont la seconde sévit particulièrement dans certaines garnisons du Nord de l'Afrique {bouton de Biskra, de Gafsa).
A. — La pelade.
I. Fréquence dans l'armée. — La pelade [porrigo decolvans) est une affection caractérisée par la chute des cheveux ou de la barbe, avec décoloration de la peau, sous forme de plaques ou de disques arrondis et qui est attribuée généralement à la présence d'un parasite végétal {Mici^osporon Aiidoiiini).
Cette maladie cutanée devient de plus en plus commune dans notre armée, où, chaque année, la statistique signale actuellement de véritables épidémies limitées à quelques garnisons, à certains corps de troupes et môme à certains détachements.
Nous la voyons régner pendant ces dernières années : en 1886, dans le 122'= de ligne à Montpellier (100 atteintes) (1) et dans le 142° à Lodève (35 cas et 107 suspects) ; en 1887, dans les garnisons de Castehiaudary, delaFèreetde Vitré; enl888, dans le gouvernement militaire de Paris (58 cas, dont 20 dans le régiment des sapeurs-pompiers) (2), dans plusieurs garnisons du IP corps d'armée, (Amiens, la Fôre, Compiègne, Beauvais, Péronne) et du VP corps (Toul, Saint-Mihiel, Verdun), et suiquelques autres points du territoire (Lyon, Nîmes, Bordeaux); en 1889, dans le gouvernement militaire de Paris, dans le IP corps d'armée (la Fère, Beauvais, Abbeville, Amiens), dans le VP corps (313 cas, à Verdun et à Nancy), et dans différentes garnisons (Nîmes, Toulon, Montpellier, Castehiaudary, Narbonne, Limoges, Agen). En 1890, de nombreux cas de la même
(1) Voyez Bourguet, la Pelade dans la garnison de Montpellier pendant l'année 1886 {Gazette hebd. des sciences méd. de Montpellier, 1887, p. 14) ; — Coustan. l'Épidémie de pelade achromaleiise de la garnison de Montpellier pendant Vannée 1886 {Revue d'hygiène, 1887, t. VII, p. 533).
(2) L. Colin, la Pelade dans le gouvernement milit. de Paris (Arc/i. de méd. mil., 1888, t. XII, p. 81).
maladie ont été répartis entre quinze corps d'armée et les divisions d'Alger et d'Oran, principalement dans le gouvernement de Paris, dans le IP corps d'armée (162 cas), dans le IIP corps (à Rouen et a Bernay), dans le VP corps (610 cas) et dans quelques garnisons des autres corps (Brest, Montpellier, Libourne, etc.) ; enfin, récemment, de véritables épidémies de pelade ont été signalées dans quelques garnisons du XIV'= corps d'armée, principalement à Valence et dans le gouvernement militaire de Lyon.
La pelade constitue une cause assez fréquente d'éliminations par réforme. Pendant ces trois dernières années, le nombre des peladeux réformés dans l'armée a été de 86, ainsi répartis :
II. Etiologie. — Deux opinions régnent encore actuellement dans le corps médical, relativement à la nature et à l'étiologie de la pelade.
D'après la première, qui est adoptée par Bazin, Hardy, Toledano (1), et par la généralité des médecins militaires (Colin, Coustan), cette affection serait causée par un parasite et constituerait une maladie Iransmissible par contact.
D'après la seconde, qui a pour partisans Horand, Ollivier et Gaucber (2), cette maladie ne serait nullement contagieuse et constituerait une tropho-névrose, opinion fondée sur ce fait que chez la plupart des peladés on trouve ou des accidents nerveux antérieurs (convulsions) ou l'existence d'un tempérament nerveux et certaines émotions morales (frayeur, chagrin, surmenage intellectuel).
Enfin, d'autres auteurs (Besnier, Doyon, Laillier, Quinquaud), sont disposés à admettre deux variétés de pelade : une pelade achromateiise^ contagieuse, et une autre, dite décalvante, non contagieuse.
De nombreuses observations recueillies dans l'armée semblent établir d'une façon certaine la contagiosité de cette maladie»
(1) Toledano, Contagiosité de la pelade (Bullet. médical, 1887, p. 86).
(2) Gaucher, la Non-Contagion de la pelade [Bull, médical, 1887, t. II).
Elles démontrent: la localisation de la pelade à ane partie très limitée d'un corps de troupe, alors que les autres régiments, dans la même garnison, restent indemnes ; son développement consécutif à l'arrivée dans un casernement d'un peladeux, comme on l'a vu dans une compagnie du 82« de ligne, où, sur 118 hommes, 44 furent atteints de peladeà la suite d'une récidive survenue sur un ancien peladeux ; la transmission delà maladie par divers effets ou par divers objets (literie, coiffure, tondeuse).
L'influence de la literie a été nettement établie par L. Colin dans l'épidémie peladeuse qui sévit en 1888 dans le régiment de sapeurs-pompiers de Paris, dont les hommes sont plus exposés que dans les autres corps à faire usage de literie commune, par suite des gardes qu'ils montent à tour de rôle dans les différents postes de la capitale. On a constaté, du reste, que les plaques siégeaient à la. partie postérieure du crâne et à la nuque.
En 1886, Coustan a observé un exemple très démonstratif de transmission de pelade par le képi d'un homme réformé pour plaque de pelade, à un autre militaire qui offrit une plaque située juste sur le mèmë point du cuir chevelu que le premier.
En 1890, un cas très net de contagion a été constaté à Bhdah sur un homme désigné pour remplacer comme ordonnance un de ses camarades, entré à l'hôpital pour pelade, et qui, après avoir fait usage de la casquette de son prédécesseur, offrit, quinze jours après, des plaques caractéristiques. Sedan, qui a observé l'épidémie qui a eu lieu récemment dans la garnison de Valence, a noté plusieurs exemples qui démontrent d'une façon indiscutable la contagiosité de cette maladie.
Le rôle exercé par la tondeuse nous paraît avoir été exagéré ; bien que quelques médecins militaires expliquent par la généralisation de cet instrument dans notre armée l'augmentation des cas de pelade survenus pendant ces dernières années parmi les soldats, nous pensons que les mesures actuellement prises dans les corps de troupes pour éviter tout danger de contamination et dont la plus simple et la plus efficace consiste dans l'immersion de la tondease dans l'eau boaillante, devraient avoir
pour effet de restreindre cette maladie dans les garnisons.
Malheurensement, l'importation de la pelade dans l'armée a lieu d'autant plus facilement aujourd'hui que les appels successifs et presque continuels des réservistes et des territoriaux introduisent dans les régiments certains hommes porteurs de plaques peladiques et dont le mal a pris naisssance consécutivement à remploi des instruments (ciseaux, peignes, tondeuses) malpropres et non convenablement stérilisés des perruquiers civils.
Il en est de la pelade comme de la plupart des maladies infectieuses qui sévissent parmi les soldats ; elle provient le plus souvent de la population civile, où aucune surveillance n'est malheureusement exercée pour en prévenir la propagation, et où cette maladie du cuir chevelu est devenue très fréquente et môme endémique, principalement dans certaines régions de notre pays, comme dans la vallée de l'Isère (Sedan).
L'existence de parasites au niveau des plaques de pelade serait une preuve de la nature contagieuse de la maladie. Malheureusement, les observateurs sont loin de s'entendre relativement à l'apparition constante et à la nature des corpuscules parasitaires, auxquels on pourrait attribuer les lésions du cuir chevelu.
On a généralement rattaché la pelade à l'existence autour du bulbe pileux du Microsporon Andouini, observé par Gruby et par Malassez (1). Récemment, Vaillard et Vincent (2), ayant eu l'occasion d'examiner au Val-de-Grâce un malade qui offrait des plaques analogues à celles de la pelade et ayant découvert autour des cheveux atteints et à l'intérieur des follicules pileux des microcoques apparaissant sous la forme de grains petits et réguliers, tantôt isolés, tantôt géminés ou groupés sans ordre, pouvant être cultivés facilement dans un liquide approprié (gélose) et susceptibles de communiquer la maladie par inoculation ù certains animaux (cobayes, lapins), ont conclu de leurs obseï'vations qu'il existait une maladie particulière offrant beaucoup de ressemblance avec la pelade, mais qui s'en différencierait par
(1) Malassez, Note .sur le champignon de la pelade (Ardi. de phys., 1874).
(2) Vaillard et Vincent, Sur une Pseudo-Pelade de nature microbienne (Arch. de méd. mil., 1891, t. XVIII, p. 359).
la présence de ce parasite. C'était à leurs yeux une pseudopelade. Les reclierclies ultérieures poursuivies par ces observateurs sur quatre cas de pelade type les amenèrent à reconnaître qu'ils avaient eu tort de considérer comme une forme clinique spéciale, sous le nom de pseudo-pelade, le premier cas qui s'était offert à eux, puisque le parasite qu'ils avaient découvert existait dans tous les cas de pelade et que la preuve décisive de son action pathogène était fournie par l'alopécie caractéristique qu'il provoque sur la peau des animaux chez lesquels on le transportait.
Le lecteur trouvera dans l'intéressant mémoire de Vaillard et Vincent la descrip tion détaillée du parasite découvert par ces observateurs (1), mais qui, si Ton s'en rapporte aux recherches faites récemment par Sedan pendant l'épidémie de pelade qui a sévi en 1893 dans la garnison de Valence, serait loin d'être constant et ne serait reconnu que dans certaines formes de la maladie.
Toutes ces raisons d'ordre épidémiologique et microbiologique nous paraissent suffisantes pour faire considérer la pelade comme une maladie essentiellement contagieuse.
in. Etude clinique. — On admet généralement que l'apparition de la plaque de pelade est précédée par une période {préalopéciqiie) caractérisée par des troubles de la sensibilité (prurit, démangeaisons) et par des altérations du système pileux (aspect rougeàtre, sale, terne et poudreux, duvet grisâtre autour des cheveux, œdème et empâtement de la région) (Besnier). Celte période passe généralement inaperçue ; ce n'est que lorsque les cheveux commencent à tomber sur un point limité du cuir chevelu, que le sujet en est averti par le perruquier ou par ses camarades.
Quelquefois, l'alopécie se limite k un seul point; d'autres fois^ elle intéresse plusieurs régions du cuir chevelu et détermine la formation de deux ou trois plaques, ou môme plus, qui apparaissent simultanément ou à court intervalle. Ces plaques sont généralement arrondies, quelquefois ovalaires.
(1) Loc. cit., p. 371,
Au début, la peau est rose; elle offre à son niveau un piqueté noir, qui correspond à la saillie et à la petite tache de l'orifice des follicules pileux; mais, aubout de peude temps, elleapparaît blanche et lisse, satinée et un peu déprimée.
Chaque plaque tend à s'accroître, puis demeure stationnaire pendant un temps plus ou moins long; alors le prurit a cessé, et môme il existe quelquefois une diminution de la sensibilité.
La maladie se termine par guérison ; dans ce cas, les poils reparaissent dans l'ordre inverse de leur disparition, c'est-à" dire du centre à la périphérie. Mais il arrive également que les régions atteintes restent complètement dépourvues de cheveux.
Les plaques siègent habituellement sur les régions pai'iétales du crâne et à la nuque, quelquefois au-dessus du front et à la région temporale. Une fois une plaque développée, on en voit survenir rapidement une autre, puis d'autres encore. Ces plaques peuvent se réunir et déterminer une calvitie plus ou moins étendue.
Il est très rare que la pelade s'étende à la barbe.
La durée de la maladie varie de plusieurs semaines à plusieurs mois. Quelquefois elle est incurable et entraîne une calvitie telle qu'elle nécessite la réforme.
Le traitement de la pelade comprend les moyens suivants : épilation autour des plaques ; frictions avec la teinture de can tharides, pure ou associée à un alcoolat aromatique, avec des hniments ammoniacaux ou camphrés; savonnage delà partie malade à l'eau de savon chaude ; frictions, une fois la tête séchée, avec une liqueur un peu irritante et ainsi composée :
Alcoolat de Fioraventi, 100 gr. ;
Teinture de cantharides et de noix vomique, dâ 10 à 30 gr., et le soir, avec une pommade au soufre et au turbith minéral (1 à 4 grammes pour 90 grammes de vaseline).
La démonstration de la nature parasitaire de la pelade confirme l'utilité de l'emploi des antiseptiques contre cette aflfection. Vaillard et Vincent préconisent surtout dans ces cas l'acide phénique et l'essence de térébenthine, dont ils ont constaté l'action sur les cultures du microcoque découvert par eux. Ils recom-
mandent le moyen suivant : On frotte la plaque alopéciée avec un linge imbibé d'alcool et d'éther, pour dissoudre la matière sébacée qui obture l'orifice des follicules et pour favoriser la pénétration de l'antiseptique. Puis, on frictionne un peu rudement la partie malade, jusqu'à rubéfaction légère de la peau, avec un linge imprégné soit de solution phéniquée (o pour 100), soit d'essence de térébenthine. Ce même linge est appliqué sur la plaque et maintenu par un bandage occlusif, destiné à empêcher l'évaporation du médicament.
IV. Prophylaxie. — Les mesures prophylactiques ont pour but d'empêcher toute importation de la maladie de la population civile à l'armée.
Les médecins des corps de troupes doivent visiter minutieusement la tête de tous les hommes nouvellement incorporés (conscrits, réservistes, territoriaux) ou rentrants de congé ou de permission, et traiter immédiatement dans un local d'isolement tout homme atteint de pelade ou même suspect.
Il faut défendre aux sous-officiers etaux soldats d'avoir recours aux perruquiers civils, dont les instruments peuvent être, comme nous l'avons vu, une cause de contamination.
Il faut prescrire aux militaii^es de ne jamais changer de coiffure avec leurs camarades, de porter les cheveux coupés ras et de se lotionner la tète avec du savon, au moins tous les deux jours.
Chaque homme doit avoir sa serviette, sa brosse et son peigne ; le perruquier du régiment est tenu de se laver les mains, de plonger dans l'eau bouillante ou deflamber au gaz ou à la lampe à alcool les tondeuses et les ciseaux.
Les effets personnels de chaque peladeux seront soumis à la désinfection sulfureuse ou passés à l'étuve.
Il est bon de recommander aux hommes, pendant les marches, les changements de garnison et les manœuvres, d'avoir soin de recouvrir le traversin de leur lit de leur serviette.
Les coiffures, principalement les képis, ayant servi aux militaires libérés et qui sont délivrées aux soldats et aux réservistes et territoriaux, doivent être soigneusement nettoyées et désinfectées.
Sur la proposition du Comité technique de santé, le Ministre
de la Guerre (1) a prescrit récemment l'emploi des moyens suivants pour la désinfection des effets appartenant aux hommes atteints de pelade :
Immersion des vêtements dans l'eau bouillante ; immersion des képis sans carcasse dans une solution pliéniquée à i ou 3 pour 100. pendant une heure si la solution est froide, et pendant un quart d'heure si la solution est maintenue à -40° ; lavage prolongé à la main des shakos et képis à carcasse, avec une brosse douce ou une éponge trempée dans une solution phéniquée, à 2 ou 3 pour 100, aussi chaude que possible ;
Immersion des draps et des couvertures dans l'eau bouillante ; désinfection des matelas et des traversins, versés à la Compagnie des lits militaires, qui en assurera la désinfection par l'immersion des enveloppes dans l'eau bouillante et par l'exposition de la laine et du crin à l'acide sulfureux.
B. — Le favus.
I. Fréquence dans l'armée. — Bien ([ue les jeunes gens atteints de teigne favease soient éliminés de l'armée avant l'incorporation, on observe, cependant, dans les corps de troupes, un certain nombre de cas de cette maladie, dont la plupai t paraissent suffisants pour nécessiter la réforme.
Les chiffres suivants, empruntés à la statistique médicale de l'armée, indiquent le nombre de réformes prononcées pour teigne faveuse pendant ces trois dernières années : 1888... 35
1889... 35 (dont 23 avant et 32 après l'incorporation). 1890... 42
Sur ces 132 cas, 80, soit plus de la moitié, ont été relevés en Algérie et en Tunisie parmi les régiments de tirailleurs algériens. Cette maladie est, en effet, très commune parmi les Arabes.
II. Étiologie. — Le favus est essentiellement contagieux; sa transmission peut être immédiate et avoir lieu par contact ou
(I) Note ministérielle du 17 août 1891 (Bulletin officiel, P. R., S" semestre, 1891, p. 87).
par inoculation acciflentelle,ou bien médiate, par l'intermédiaire des vêtements, surtout des coiffures (képis, shakos), et des objets (peignes, brosses, literie) ayant servi à des teigneux; ou, à distance, les poussières provenant des croûtes faviques pouvant se déposer sur quelque point du cuir chevelu.
ni. Étude clinique. — Le favus est caractérisé par des croûtes alFectant dans leurorighie une couleur jaune, une disposition en godets et amenant une modification profonde et même la chute des cheveux et des poils.
La maladie débute ordinairement par des démangeaisons et du prurit, qui précèdent l'apparition de plaques rouges, sur lesquelles on voit survenir en plusieurs endroits de petits points jaunâtres, saillants, traversés par un cheveu, et qui grossissent rapidement, au point de former des croûtes d'un jaune soufré, arrondies et formant des godets.
Ces croûtes se confondent et prennent l'apparence de plaques plus ou moins larges, jaune clair, puis grises, à surface inégale, répandant une poussière blanche comme du plâtre. La surface malade exhale une odeur spéciale, désagréable, comparée à l'odeur de souris (1).
IV. Traitement. — Le traitement du favus consiste dans l'épilation des cheveux malades, puis dans la destruction des parasites, des cryptogames qui infectent le système pileux, au moyen d'une solution de sublimé au 800° (0,23 dans 12S d'eau) (Hardy), suivie d'application d'une pommade au turbith minéral (1 à 2 grammes pour 30 gr. d'axonge).