C. — La TRICOPllYTIE
I. Fréquence dans l'armée. — Le terme de tricophytic s'applique à une maladie parasitaire, qui peut se développer soit sur la peau (Aer;3(?A" c«rcmc'), soit et principalement sur le cuir chevelu {teigne tomurante) et dans la barbe {sycosis).
Cette affection est assez rare parmi les soldats ; elle a été cause de 9 réformes en 1888, et de 7 en 1890.
(1) Voyez Hardy, art. Favus du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, 1871, t. XIV, p. S31.
II. Étiologie. — Cette maladie est causée par la germination d'un champignon particulier, découvert en 1844 par Gruby, le tricophyton , qui existe chez le bœuf et le cheval et est transmissible de ces animaux à Thomme et de l liomme à l'homme.
La transmission de la tricophytie du cheval à l'homme a été observée maintes fois dans l'armée : en 1853, par Feulard, et, dans ces dernières années, par quelques médecins de régiments de cavalerie, par Dieu (1), par Larger (2), par Longuet (3).
La contagion a lieu directement, soit par contact imruédiat de l'homme et du cheval, soit par l'usage de pièces et d'objets contaminés, tels que les couvertures des chevaux (Mégnin) (4).
III. Étude clinique. — La tricophytie s'observe sur le cuir chevelu, la barbe et la peau.
1° Tricophytie du cuir chevelu [teigne tonsurante). — La maladie offre les caractères suivants :
Plaques rondes, sur lesquelles les cheveux offrent un aspect sale, noirâtre, crasseux, terne, se cassent facilement, paraissent plus courts et plus gros, puis tombent spontanément, en laissant à leur place une sorte de tonsure, qui envahit plus ou moins rapidement la totalité du cuir chevelu. Les cheveux, qui restent en petit nombre, sont entourés à leur base d'une gaine blanchâtre comme du givre.
Cette maladie, qui ne s'observe guère que chez les enfants, et pour laquelle, passé vingt ans, l'homme présenterait une immunité absolue (Juhel-Renoy) (o) est très rare dans l'armée. ; 2° Tricophytie de la barbe [sycosis ou mentagre). Elle est caractérisée par les symptômes suivants : violente irritation cutanée ; grands cercles dans la barbe, principalement à la région du maxillaire inférieur, offrant des plaques rouges qui s'accompagnent d'une desquamation farineuse blanchâtre [pityriasis alba), de cassure et de chute des poils.
(1) Dieu, Epidémie dans un régiment de cavalerie {Gaz. des hôp-, 1876, p. 307).
(2) Larger, Epidémie dans an ré<jii)ient d'artillerie (Recueil de méd. mil., 1881).
(3) Longuet, De la Tricopfiytie par contagion animale et en particulier chez les cavaliers [Recueil de méd. mil., 1882, t.' XXXVIU, p. 48).
(4) Mégiiin, Comm. à la Société de médecine pub. {Revue d'hygiène, 1881, p. 54. (o) Voyez Juhcl-Renoy, art. Tiucopjivtie du Die. eucy, de mém. de méd., 1883,
3» série, t. XVIII, p. 192.
3° Tricophytie de la peau [herpès circiné). — Ses caractères sont les suivants :
Petite taclie rouge, accompagnée de cuisson légère et de desquamation, augmentant d'étendue, au point de mesurer, au bout de quinze ou vingt jours, vingt centimètres et même plus, pâlissant à sa partie centrale et limitée par un cercle rouge bordé de fines squames blanclies ; à la surface de cette tache, on voit se développer des vésicules et des vésico-pustules qui souvent donnent naissance à des squames ; quelquefois, d'autres anneaux se forment successivement autour d'elle [herpès iris).
Il y a ordinairement plusieurs taches plus ou moins éloignées les unes des autres. Elles siègent de préférence dans les parties découvertes (cou, nuque, face, poignets).
La tricophytie est une affection très rebelle, principalement quand elle siège à la barbe et au cuir chevelu. Sa ténacité et sa contagion la font classer parmi les affections cutanées susceptibles d'entraîner l'exemption et la réforme.
IV. Traitement. — Les mesures préconisées par quelques médecins pour combattre cette maladie et qui ont pour principal but d'empêcher le développement du parasite qui lui donne naissance, comme les applications de sublimé à 1/5000'= d'acide phénique, de borax, à 1 /2000e, ne sont applicables que dans les cas de tricophytie de la peau. Car, lorsqu'il s'agit de teigne tonsuranle et de sycosis, ces agents détruisent, malheureusement en même temps que le parasite, les cheveux et les poils dans la gaine desquels celui-ci est enfermé.
D. — La gale.
On sait que la gale est une affection cutanée, causée par un animal parasite appelé acare [acarus-scabie'i] et caractérisée par des démangeaisons et par différentes lésions de la peau.
Ce n'est qu'à partir de 1834, alors que Renucci (1) eut démontj-é l'existence de l'acare, que cette maladie fut définitivement reconnue comme parasitaire.