I. Fréquence dans l'armée. — La gale, autrefois très
(1) Renucci, Découverte de linsecle qui produit la contagion delà gale (Thèse de Paris, 1834, 11° 83).
répandue dans l'armée comme dans la population civile, est une maladie qui a beaucoup occupé les médecins militaires (1).
Cette affection a pris dans diverses circonstances une extension telle, qu elle a pu compromettre certaines opérations militaires, et même nécessiter la création dans l'armée d'établissements spéciaux, pour les hommes qui en étaient atteints.
Bien que la gale ait beaucoup diminué parmi les soldats, cependant on l'observe encore dans les corps de troupes, comme l'indiquent les chiffres suivants, qui représentent le nombre d'entrées à l'infirmerie occasionnées par cette maladie pendant la période triennale 1888-1890 :
Il y a donc encore actuellement dans notre notre armée environ 2000 cas de gale par an (soit3 ou 4pour lOOO'hommes).
II. Étiologie. — La contagion est la cause unique de la gale. Elle a lieu directement par l'individu malade, ou indirectement par un objet (lit, meuble, vêtement) ayant appartenu àun galeux.
Il est nécessaire, pour que la maladie se transmette d'une personne à une autre, que le contact soit prolongé (cohabitation dans le môme lit). C'est ce qui a lieu 80 fois sur 100 (Bourguignon (2) et 19 fois sur 20 (Hardy).
La gale peut être transmise des animaux à l'homme (Bazin) (3).
La gale d'origine chevaline n'est pas rare parmi les cavaliers, où elle ne persiste guère au delà de trois à huit semaines ; quoique dans un cas, cependant, l'éruption ait duré deux mois (Bazin).
On trouve quelques exemples de cette transmission de cette maladie du cheval à l'homme dans le Recueil de 7némoires de médecine militaire (4).