‹ Les maladies du soldatChapitre 193 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les maladies causées par une nourritare insuffisante ou défectueuse sont devenues actuellement rares dans notre armée, grâce aux améliorations qui ont été introduites dans la composition du régime alimentaire du soldat.

Elles ontiSurtout été observées dans les armées en campagne ; la plupart ont disparu aujourd'hui; nous nous contenterons de mentionner parmi elles :

La lè-pre, qui, après avoir été propagée en Europe par les croisés et avoir fait de grands ravages, aussi bien parmi les soldats que parmi les populations des villes et des campagnes, principalement aux xn'= et xm^ siècles, a disparu depuis longtemps de notre pays et ne s'observe plus guère aujourd'hui que dans certaines contrées éloignées du territoire français (Egypte, Grèce, Norwège, Mexique (1) ;

\Jergotisme gangréneux, qui a régné au moyen âge dans quelques provinces françaises (Flandre, Aquitaine, Lorraine, Dauphiné) et Vergoiisme convulsif, qui a donné lieu pendant les xvi% xvii^ etxvm'= siècles, dans quelques contrées européennes (Silésie, Russie, Bohême, Saxe, Suède, Hanovre, Lombardie), à des épidémies meurtrières, dont plusieurs s'étendirent à certaines armées, telles que l'armée russe (2) ;

La pellagre^ qui, à la fln du xvin^ siècle, envahit le midi de l'Europe, d'abord l'Espagne et l'Italie, puis la France, où elle sévit particulièrement dans les Landes, la Gironde et la Champagne) ;

(1"! Voy. Poncet, De la Lèpre au Mexique (Rec. de mém. de médecine mil., t. XII, P.30G).

(2) Voy. L. Colin, art. Raphanie, du Dictionnai7'e encycl. des sciences méd.

\lacrodynie, affection d'origine inconnue, mais qui a été considérée comme une maladie alimentaire, à cause des analogies que sa symptomatologie a paru offrir avec celles de Tergotisme et de la pellagre ;

Le scorbut, autrefois très commun dans les armées, et qui, bien qu'il tende à disparaître actuellement de notre pays, peut encore s'observer exceptionnellement parmi les soldats ;

Enfin la fièvre de famine (ou typhus faniélique), qui a sévi à plusieursreprises dans l'armée comme dans la population, pendant les périodes de disette et de guerre du moyen âge, et qui figure dans la pathologie militaire comme une des principales maladies obsidionales (Naples, 1528; Mayence, 1793; Torgau, 1813; Metz et Paris, 1870). L'étude de cette maladie a été faite par nous (voy. Typhus) ; nous n'avons pas à y revenir ici.

Il nous paraît inutile, dans ce travail essentiellement pratique, de nous occuper de ces maladies alimentaires, aujourd'hui complètement éteintes, et que, comme la lèpre et \ii pellagre, le médecin militaire n'aplus l'occasion d'observer pendant le cours de sa carrière.

Nous consacrerons seulement, dans cette partie de notre ouvrage, quelques pages à Vacrodynie, cette affection si étrange qui, après avoir été signalée à l'état épidémique dans l'armée au commencement du xix'' siècle, a semblé faire de nouvelles apparitions dans diverses garnisons et sous l'influence de conditions encore bien obscures et indéterminées.

Nous réserverons une place plus vaste au scorbut, qui, comme nous le verrons bientôt, s'observe encore aujourd'hui dans certaines troupes, où il occasionne chaque année quelques entrées aux hôpitaux. Il en sera de même de \ alcoolisme . Nous donnerons également un certain développement à l'étude des intoxications alimentaires, observées accidentellement parmi les soldats, et dont un certain nombre d'exemples ont été constatés encore récemment dans quelques corps de troupes et ont été l'objet de recherches très intéressantes de la part de quelquesuns de nos confrères de la médecine militaire.

A. — Considérations sur le régime alimentaire du soldat

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