‹ Les maladies du soldatChapitre 199 sur 224 · ATTEINTS DE COUP DE CHALEUR ET TRAITÉS · texte numérisé non relu

ATTEINTS DE COUP DE CHALEUR ET TRAITÉS

TOTAL

2° A l'hôpital

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Nombre de décès occasionnés par l'insolation.

Sur ces 19 décès par insolation relevés pendant trois ans parmi nos soldats, 10 reviennent aux troupes de l'intérieur et 9 aux troupes de l'Algérie.

Le coup de chaleur peut donc être mortel pour le soldat français, môme dans nos climats tempérés ; il en est de môme dans la plupart des armées européennes et particulièrement dans l'armée allemande, si l'on s'en rapporte aux recherches de Hiller (3), qui, pour la période 1878-80, a relevé les chiffres suivants :

1878. . . 82 cas d'insolation, dont 19 mortels ;

Conformément àl'usage général, nous réserverons l'expression de coup de soleil pour désigner la légère brûlure, l'érythème

^1) Laeassagiie, De l'Insolallon et des coups de soleil [Union médicale^ février et mars 1878).

(2) Héricoart, Des Acc'ulenis causés par la chaleur {Archives de méd. mil., 1885, t. VI, p. 7).

(3) Hiller, Du Coup de clialeur pendant les marches, ses causes, sa prophylaxie (Militar-Wochenblatl, Berlin, 1887).

cutané fugace qui résulte de Faction des rayons solaires sur la peau, érytlième qui peut ne s'accompagner d'aucun trouble général ; et nous étudierons, sous le nom de coup de chaleur ou à.' insolation^ les différentes formes morbides qui doivent être considérées comme provenant de l'action générale de l'excès do la clialeur extérieure sur l'organisme humain.

II. Étude clinique. — L'insolation est généralement précédée d'une période prémonitoire, caractérisée par des vertiges, de la céphalalgie, de la courbature, de la fatigue générale, quelquefois des nausées, des vomissements, avec sensation de pesanteur à l'estomac, symptômes qui peuvent disparaître sous l'influence d'un traitement appropiié, ou bien qui peuvent s'aggraver subitement, devenir plus violents et aboutir rapidement à des convulsions plus ou moins marquées ou bien à un état comateux plus ou moins profond. L'insolation revêt alors la forme convulsive ou délirante ou bien la forme comateuse.

Dans le premier cas, aux symptômes précéden ts s'ajoutent des troubles de la vision, de la photophobie avec yeux larmoyants, fixes, brillants ; de l'accélération du pouls, de la dyspnée, de l'oppression, des selles involontaires qui accompagnent les vomissements, des urines rares et foncées, un délire plus ou moins bruyant avec tendance au suicide [calenture), soubresaut de tendons et accès épileptiformes qui souvent précèdent la mort.

Dans le second cas, on obsei've, au bout de trente à soixante heures, de la paralysie générale, avec insensibilité marquée, membres inertes, face pâle, pouls irrégulier et fiUforme, écoulement d'écume sanguinolente à la commissure des lèvres, selles involontaires. Cet état se prolonge plus que dans la forme précédente (quatre à douze heures), mais il peut aboutir également à la mort, qui a lieu par asphyxie lente.

La période prémonitoire manque quelquefois ; alors l'insolation survient subitement, le malade tombe sur la route comme une masse inerte et comme foudroyé.

Les auteurs qui ont écrit sur le coup de chaleur ont distingué sous ce nom un certain nombre de formes, suivant la prédominance des symptômes sthéniques ou asthéniques présentés par

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