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ACCIDENTS PRODUITS PAR L'ACTION DE LA CHALEUR ET DU FROID

les malades [Obernier (1), Zuber ('2)], oa bien suivant la localisation des accidents (Lacassagne) dans l'appareil cérébro-spinal ou dans l'appareil circulatoire (Morehead, A. Laveran).

A l'exemple d'Héricourt, nous décrirons les trois formes suivantes, qui ont été plus spécialement observées dans notre armée :

Première forme. — On voit quelquefois, pendant les marches ou les exercices militaires, par une température peu élevée et qui ne dépasse pas 1o° G., mais alors que le ciel est couvert de nuages et que le temps est orageux, des hommes qui, le visage congestionné, et baigné de sueur, sont pris d'une douleur conslrictive à l'épigastre, avec des vertiges, des éblouissements, de la céphalalgie. S'ils continuent à marcher ou à faire l'exercice, ils tombent tout à coup, privés plus ou moins de connaissance, offrant un simple éblouissement fugace ou un coma complet, la face violacée et turgescente, avec un peu d'écume à la bouche, la peau humide et visqueuse, le pouls faible et irrégulier, les pupilles dilatées; ils semblent menacés d'asphyxie.

Au bout de peu de temps, sous l'influence de quelques soins appropriés, les soldats ainsi frappés reprennent connaissance. Il est rare qu'ils succombent, ce qui a lieu pourtant quand le coma persiste.

Deuxième forme. — Cette forme se produit particulièrement sous l'influence d'une température plus élevée et qui atteint 30° à 36° G. et alors que l'atmosphère est ensoleillée. Les hommes, dont le corps était couvert de sueur,' pâlissent et éprouvent une vive anxiété précordiale, accompagnée de fréquentes envies d'uriner ; leur face est livide, leur peau brûlante; ils offrent de la contraction des pupilles, des troubles de la vue; tout à coup, quelques-uns tombent lourdement et succombent même au bout de quelques minutes, après quelques secousses convulsives, comme s'ils étaient atteints de syncope.

Dans les cas moins graves^ le retour à la connaissance est généralement précédé de vomissements bilieux.

(1) Oberuier, Der HiLzscklag. Bonn, 1867.

(2) Zuber, Etude sur le coup de chaleur (Société méd. des hùpitiiux, 22 octobre 1880).

Ces accidents, dans lesquels la chaleur joue, comme nous le verrons, un rôle beaucoup plus considérable que dans la forme précédente, sont souvent mortels. La température axillaire s'élève quelquefois jusqu'à 42" et 44° C. avant la mort.

Troisième forme. — Tandis que dans les deux formes précédentes les accidentss ontgénéi'alisés àTensenible des grands appareils organiques, dans la troisième forme, ceux-ci offrent une localisation bien marquée et consistent principalement dans du délire et des hallucinations. Cette forme d'insolation a été surtout observée dans la zone torride, au large de l'Océan comme sur les hauts plateaux, et elle a été décrite par quelques observateurs sous les noms de ragle, de calenture, à! hallucinalions du désert. Cependant elle n'est pas rare dans les climats tempérés et môme en France pendant les fortes chaleui's de l'été ; elle a été observée en 1878, à la revue de Longcliamp, par Lacassagne. Ces accidents sont précédés souvent d'une allure bizarre du caractère, qui devient inégal et fantasque, de sensation de chaleur et de lourdeur à la tôte ; la face est vultueuse, avec battements des tempes, bourdonnements d'oreilles, troubles de la vue, symptômes suivis d'une attaque convulsive épileptiforme et de délire violent.

Cette période apoplectique peut faire défaut, et le délire éclate subitement; dans certains cas, il s'accompagne de tendance au suicide. Quelquefois le malade tombe dans un état comateux et même tétanique toujours plus ou moins grave; sa respiration s'accélère, de la mousse sanguinolente humecte ses lèvres, le pouls est rapide, dépressible, irréguher, jamais plein. Enfin la maladie peut même passer à l'état chronique et aboutir à l'aliénation mentale (paralysie générale et démence).

III. Etiologie. — Les conditions dans lesquelles se produisent ces formes de coup de chaleur sont différentes et doivent être envisagées séparément.

Dans la première forme, la chaleur atmosphérique ne paraît jouer qu'un rôle sécondaire, puisque, comme nous l'avons vu, la température extérieure est généralement peu élevée. L'influence prédominante est certainement représentée alors par la fatigue, par le surmenage aigu., qui amène une véritable

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