‹ Les maladies du soldatChapitre 5 sur 224 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

vité qu'elles présentent, les variations qu'offre enfin la mortalité, sous l'influence de cet ensemble de conditions si intimement liées à la profession militaire, dans un grand pays comme la France,

Au point de vue de l'épidémiologie, l'étude des maladies du soldat en temps de paix offre également un grand intérêt.

On peut dire qu'aucune agglomération humaine ne se trouve à ce sujet dans des conditions plus favorables que l'armée ; aucune maladie épidémique ne peut se développer dans une caserne sans que les mesures, actuellement prises par le Commandement, ne permettent de la constater dès son début, et cela d'autant plus facilement que le médecin militaire possède de nombreux moyens pour en déterminer la nature et l'origine.

Il n'est pas éloigné de nous le temps où les principaux gouvernements de l'Europe ne se préoccupaient que d'une façon assez restreinte et parfois un peu tardive des affections morbides qui sévissaient parmi les soldats en temps do paix, et ne recouraient à des mesures d'hygiène que lorsque certains lléaux de provenance exotique, tels que le choléra, ou certaines épidémies meurtrières s'abattaient sur les troupes en même temps que sur la population civile.

Quant à la mortalité chronique du soldat en temps de paix, « ce déchet silencieux et journalier de l'armée » (Michcl-Lévy), elle n'attirait malheureusement pas suffisamment l'attention.

Aujourd'hui, dès qu'un cas de maladie contagieuse survient dans une garnison, ou qu'une aggravation de l'état sanitaire est signalée dans un coi-ps de troupe, le Commandement, prévenu en temps opportun, prescrit l'exécution de mesures préventives appropriées, et cette exécution est d'autant plus sûre et plus efficace qu'elle est plus prompte et plus énergique.

L'armée constitue donc un milieu très favorable à la mise en pratique de toutes les mesures hygiéniques et prophylactiques, grâce à la facilité et à la rapidité avec lesquelles ces mesures y sont appliquées, puisque les règlements fournissent aux chefs militaires et aux médecins les pouvoirs les plus étendus et les mieux définis pour en assurer l'exécution.

Il n'existe certainement aucun groupe humain où on puisse observer aussi rapidement que clans l'armée la disparition de la plupart des maladies épidémiques.

Enfin, on sait le profit que, depuis plusieurs années, la géographie médicale a retiré de l'étude des maladies qui atteignent le soldat aussi bien dans les villes de garnison que dans les postes éloignés de la métropole où nos troupes ont été appelées à faire flotter le drapeau national.

Longtemps avant qu'une statistique des principales maladies et épidémies des grandes villes de France ait permis de se rendre compte de la nature de la morbidité et de la mortalité civiles, les recherches si intéressantes de plusieurs médecins mihtaires avaient indiqué ce fait, parfaitement mis en lumière par L. Colin, que la pathologie du soldat reflétait fidèlement celle de la population civile des localités où il était caserné et représentait, pour ainsi dire, la mesure de la salubrité de chacune d'elles.

L'histoire médicale de chaque régiment avait démontré presque toujours que les maladies et les épidémies, auxquelles chacun était habituellement soumis, dépendaient principalement des conditions nosologiques et météorologiques du pays dans lequel il tenait garnison.

L'ouvrage, que je publie aujourd'hui sous le titre « les Maladies du soldat », a pour but de mettre à la disposition de mes jeunes collègues de l'armée active, ainsi que de mes confrères civils appelés à servir dans la réserve et dans l'armée territoriale, un exposé essentiellement pratique, destiné à les familiariser avec l'étude des diverses questions qui se rattachent à la médecine militaire, et qui concernent particuièrement la pathogénie, les principaux caractères cliniques et la prophylaxie des maladies habituellement observées dans les garnisons.

Cet ouvrage comprend cinq livres partagés en un certain nombre de chapitres.

Le livre 1" est consacré à une étude générale sur la morbidité et la mortalité du soldat envisagé dans les différentes conditions de la vie militaire : dans les garnisons, dans les

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