JENNÉRIEN ET VACCIN ANIMAL
Les vaccinations sont pratiquées depuis longtemps dans notre armée. D'après l'article 120 du Règlement du l"' avril 1831, les médecins militaires étaient chargés de vacciner lesliommes présents au corps qui, faute de traces matérielles de variole ou de vaccination, paraissaient susceptibles de cette dernière opération ; ils devaient avoir toujours du vaccin à leur disposition, pour pouvoir vacciner immédiatement et en tou te saison les jeunes soldats, à leur arrivée au corps; il leur était môme recommandé de s'adresser àl'Académie de médecine pour se procurer la provision nécessaire.
Les Notes ministérielles du 13 avril 1838 et du 6 mars 1841 leur rappelaient qu'au besoin ils pouvaient recourir à des croûtes vaccinales ou à du virus vaccin pris sous ces croûtes et conservé entre deux plaques de verre.
De nouvelles prescriptions relatives à la vaccination ont été faites ultérieurement (Notes du 30 juin 1848, du 26 février 1849 et circulaire du 6 novembre 1849) ; elles recommandaient de vacciner les militaires avant le commencement de la période d'instruction et avant qu'ils aient quitté le dépôt du corps.
Grâce à l'exécution de ces prescriptions, on constata dans notre armée une diminution notable du chiffre des varioleux, mais on remarqua que, lorsqu'une épidémie variolique éclatait, cette première vaccination n'avait pas toujours été un préservatif suffisant ; de nouvelles vaccinations, des revaccinations semblaient indispensables pour rendre les mihtaires réfractaires aux atteintes de la maladie. Du reste, ces revaccinations étaient
pratiquées avec avantage depuis 1831 dans l'armée du Wurtemberg et depuis 1833 dans l'armée bavaroise.
Une nouvelle note ministérielle (31 décembre 1837) prescrivit les revaccinations dans notre armée ; elle était ainsi conçue :
« Tous les jeunes soldats arrivant au corps, soit en contingent, soit isolément, à quelque titre que ce soit, devront, avant d'être soumis aux exercices ou assujettis à aucune espèce de service, être mis à la disposition du médecin pour être vaccinés, qu'il existe ou non cliez eux des traces de vaccine ».
En même temps, il était recommandé aux médecins de procéder autant que possible par voie de vaccination de bras à bras (1). Le vaccin était recueilli généralement sur des enfants vigoureux, en bonne santé, âgés de plus de trois mois (époque au delà de laquelle la sypbilis héréditaire est excessivement rare), ou bien exceptionnellement sur des militaires adultes (2).
Cependant les résultats qu'avaient fournis les vaccinations et les revaccinations chez les jeunes soldats au moyen du vaccin jennérien n'avaient pas été très satisfaisants, comme l'indiquent es chiffres suivants, correspondant à la période 1872-74 :
ANNÉES