‹ Les maladies épidémiques de l'esprit; sorcellerie, magnétisme, morphinisme, délire des grandeursChapitre 56 sur 58 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

l'union libre des basses classes : il est généralement silencieux, ignoré ou tacitement toléré. Il est si fréquent, qu'il constitue la question à la mode. Trouvez un roman, une pièce de théâtre où il n'y ait pas d'aJultère, ils ne vous paraîtront pas intéressants. Mais, rassur5z-vou3, on en a mis partout.

Dans ce qu'on pourrait encore appeler la noblesse , les choses ne sont guère mieux. Les unions ont peut-être moins fréquemment pour règle de réunir deux fortunes; mais alors la question de nom et de naissance intervient, et fausse encore le but. Et puis, que de fois ne faut-il pas redorer un blason que l'oisiveté absolue de son tilulaire a laissé un peu se détériorer! et vous savez quel méj)ris le noble seigneur éprouve pour ses nouveaux alliés ! Et c'est ainsi que va disparaîtra dans l'inaction et l'hébétude une race puissant3 que des siècles de sélection avaient constituée, et que l'on voyait encore parfois se réveiller quand, dans les grandes calamités, il fallait donner ces preuves de dévouement et de sacrifice dont l'esprit bourgeois, produit de la boutique, sera toujours bien incapable.

Nous venons de voir trop souvent l'élément religieux entrer dans les grandes manifestations morales épidémiques, pour ne pas nous demander quelle sera son intervention dans le siècle prochain. C'est un des facteurs sociaux les plus importants, et comment en serait-il autrement? Son rôle est de promettre Li récompense éternelle du bien accompli, la répression de fautes qu'on ne saurait atténuer ou cacher. Ainsi comprise , la religion pèse à chaque instant sur la conscience , la dirige ou l'arrête. Mais alors elle doit suivre l'humanité dans sa roule; elle ne doit jamais s'immobiliser, encore moins revenir en arrière. Il ne faut pas qu'au moment où les sciences nous découvrent subitement tant de mystères de la nature, elle nous ramène à la thaumaturgie de Saint-Médard, aux béquilles de la Couronneau et aux trémoussements de Sœur Nizetle.

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