‹ Les maladies épidémiques de l'esprit; sorcellerie, magnétisme, morphinisme, délire des grandeursChapitre 57 sur 58 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Je ne crois pas que le délire épidémique du vingtième siècle doive être religieux.

Voilà des éléments étiologiques d'où pourrait sortir la future maladie sociale. A notre avis, ils n'y concourront qu'indirectement.

Les symptômes pathologiques graves sont ailleurs. C'est qu'en effet, l'aspect des inégalités sociales^ souvent disproportionnées, injustes bien souvent, a petit à petit amené certains hommes à rechercher les moyens de remédier à la misère des uns et à la pléthore des autres. Oubliant que l'rgalilé, qui ne se trouve ni dans notre force jhysique ou morale, ni dans notre sanlé, ne peut pas se retrouver dans notre situation, des théoriciens ont vainement cherché le procédé de la réaliser dans les conditions économiques de notre existence.

Et comme les difficultés se hérissaient devant eux, ils ont

trouvé plus court de les supprimer et de remplacer l'idée de

réforme par celle d'une destruction tolale et subite de la société

actuelle, quitte à rebâtir autre chose sur le sol débarrassé de ses

ruines.

Une pareille œuvre ne peut être faite que par le feu, le fer et le massacre.

La préparation des classes peu fortunées à recevoir ces doctrines n'a été que trop bien réalisée par un nouvel élément morbide. L'abus des liqueurs alcooliques a pris des proportions formidables. Ces poisons de l'intelligence ont accaparé l'argent qui aurait dû nourrir la famille.

Avant le moment même où l'alcool annihile complètement les fonctions cérébrales , il se passe une longue période dans laquelle •elles sont excitées à l'excès.

Quand, à la suite des libations qui terminent sa journée, l'homme tombe dans cet état d'éréthisme que provoque l'alcool, n'est-il pas bien disposé pour entendre ceux qui, dans un langage outré,

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