ACARIENS
Plusieurs espèces de ce groupe d'Arthropodes ont été observées sur le Caféier.
Acarus Coffeœ Nietner. — C'est, d'après Nietner (i), une très petite espèce de couleur rouge pâle, à peine visible à l'œil nu, et qui à Ceylan se voit presque toute l'année sur la face supérieure des feuilles de Caféier, quoiqu'elle soit plus commune de novembre à avril. Elle serait peu éloignée de l'araignée rouge des serres d'Europe.
Les feuilles atteintes se colorent en brun, comme si elles étaient brûlées par le soleil ; mais le dommage est en général assez faible, étant donné que l'acarien n'envahit que des arbres isolés.
En cas d'attaque plus intense, les soufrages seraient indiqués.
Gœldi (2) a rencontré fréquemment au Brésil sur la face
(i) J. Nietner, Op. cit., p. 19. (2) E. Gœldi, Op. cit., p. 77.
inférieure des feuilles de Caféiers de petites galles, parfois très abondantes, qu'il attribue à un acarien. Situées au point de jonction delà nervure médiane et des nervures latérales, ces galles s'ouvrent à leur sommet par un petit orifice et on y rencontre des œufs. L'animal qui les produit est de couleur cramoisie et serait, d'après Gœldi, très voisin des Tétranyques, mais sa détermination ne semble pas avoir été nettement établie.
En tout cas, le dégât causé serait à peu près nul.
Des acariens indéterminés ont été rencontrés par le D"" Noack (i) au Brésil, le D"" Zimmermann (a) à Java, sur des racines de Caféier, tuées par des Anguillules.
Il ne semble pas probable que, dans ces deux cas, les acariens puissent jouer un rôle parasitaire quelconque; ils ont dû, de concert avec d'autres organismes, concourir simplement à la destruction définitive de racines déjà mortes.
GASTEROPODES
Limaces. — Des Gastéropodes appartenant à ce groupe commettent en Nouvelle-Calédonie des dégâts assez importants ; ils rongent les Caféiers jeunes jusqu'à l'âge de 4 o^^ 5 ans au niveau du sol, en produisant des sortes de plaies taillées à pic qui, au premier aspect, ressemblent à un chancre et qu'on pourrait être tenté d'attribuer à un champignon (3). C'est pendant la saison chaude et sur les sols ombragés que les limaces sont nuisibles. On ne les aperçoit pas pendant la saison des pluies. La limace entame l'écorce et, la dévorant de plus en plus, agrandit peu à peu la blessure qui met le bois à nu. Sur les jeunes Caféiers ainsi
(i) Noack F., Bic Pfahlwurzelfseule , eine Nematodetikrankheit, in « Zeitschrif't fur Pflanzenkrankheiten », 1898, p. iSy.
(2) ZIMMERMA^f^•, De Nematoden dev Koffie'.vorteh.
(3) Notice pratique sur la culture du Caféier en Nou\-elle-Calédonie, par Perret, Nouméa, 1895.
atteints le collet brunit progressivement, et, par suite de la nécrose qui envahit le bois, la plante périclite peu à peu et meurt.
Les arbres plus âgés restent indemnes, l'écorce résistant alors aux atteintes de la limace.
Il est assez facile d'éloigner ces limaces : on peut arroser le sol avec de l'eau ayant séjourné dans des fûts à pétrole ; ou bien on placera au pied des Caféiers une poignée de chaux vive pulvérisée, ou même simplement de la sciure de bois : c'est un obstacle que les limaçons se résolvent diflicilement à traverser.
On pourra même, pour plus de sûreté, imprégner cette sciure d'un mélange d'eau de savon forte avec i/io à 1/20 de pétrole.
M. Mairot, qui a bien étudié cette ([uestion (i), préfère récolter directement les limaces. 11 les attire en plaçant le soir dans les plantations de vieux sacs humides ou des feuilles de bananier.
Il y trouve le matin des quantités de limaces qu'il tue avec de la chaux vive et emploie comme engrais pour ses Caféiers.
(i) Al. Mairot, Les Ennemis du Caféieren ]\ouvelle-Calédonie, in « Revue des Cultures coloniales », 20 novembre 1899, p. 3i4.