CHAPITRE X
Par quelles voies pénètrent les germes morbides?
Les germes morbides, microbes ou spores, qui nous entourent de toutes parts, pénètrent dans l’organisme par des voies accidentelles ou par les voies naturelles dont les fonctions sont altérées, par la peau, les muqueuses du nez, de la gorge, des bronches, de la bouche, de l’estomac, de l’intestin, des paupières, des yeux, de l'appareil génito-urinaire.
Un certain nombre venus du dehors habitent en nous et restent inolïensifs tant que nous sommes en bonne condition de résistance, c’est-à-dire en bonne santé, mais nous envahissent et nous terrassent dès que nous sommes les moins forts ; d’autres venant aussi du dehors nous envahissent brusquement.
La contagion par la peau et la contagion par le tube digestif sont les plus fréquentes et les plus importantes.
La contagion par la peau se produit le plus généralement par une érosion, une piqûre ou une plaie, parfois aussi par macération, frottement prolongé ou toute autre cause altérant l’imperméabilité de l’épiderme. Les panaris, les phlegmons, les anthrax, les lymphangites, les érysipèles ont toujours
GERMES MORBIDES
pour point de départ une inoculation microbienne par une plaie, parfois à peine visible. — Ces maladies peuvent toutes être évitées par des lavages antiseptiques faits à temps lorsque l’érosion, la piqûre ou la plaie est faite, et mieux encore par des lavages antiseptiques réguliers et systématiquement pratiqués comme soins de toilette, et, occasionnellement, par un lavage antiseptique de la plaie pratiqué aussitôt que celle-ci est constatée.
C’est par inoculation dans la peau que les mouches, les punaises, les puces, les moustiques agissent souvent comme agents de transmission de maladies, infectieuses spécialement.
Contagion 'par le tube digestif et l'appareil respiratoire. — La muqueuse digestive est le réceptacle des microbes apportés par les aliments, par l’eau tout spécialement, tels ceux de la fièvre typhoïde, du choléra, de la dysenterie et parfois de la tuberculose.
Quelques microbes vivant dans le sol et dans l’eau, mis en activité par les travaux exécutés sur le sol, se mêlent à l’air et sont transportés par lui dans l’organisme qu’ils envahissent par [ appareil respiratoire, tel le microbe de la fièvre palustre (fièvre intermittente ou fièvre des marais). Le nez et la muqueuse de l’appareil respiratoire sont du reste les portes d’entrée des microbes transportés par l’air, cbmme l’appareil digestif, depuis la bouche jusqu’au gros
GERMES MORBIDES
intestin, est la porte d’entrée des germes transportés par les aliments, comme la peau est la porte d’entrée de ceux qui sont transportés par les corps qui ont pu la blesser et par l’air ambiant.
Les fosses nasales, les gencives, la bouche en général, et l’arrière-gorge en particulier, retiennent en quantité des microbes, qui à la première occasion, blessure, trouble fonctionnel par refroidissement, par surmenage ou autrement, traversent la muqueuse et pénètrent dans l’organisme où ils provoquent la maladie ; tels les microbes de la pneumonie, de l’influenza, de la tuberculose et bien d’autres.
Une fois entrés dans l’organisme par une des portes que nous venons de mentionner, ces microbes, bien que répandus partout, se manifestent tantôt sur un organe ou sur un appareil, tantôt sur l’ensemble de l’organisme : la scarlatine, la rougeole, la variole sur la peau ; la coqueluche, la grippe sur les poumons ; les oreillons sur les glandes parotides ; la fièvre typhoïde, la dysenterie, le choléra sur l’intestin; la syphilis sur l’organisme tout entier en même temps que sur certains points spécialement.
MESURES SANITAIRES