MALADIES ÉVITABLES ET DÉPOPULATION
La présence d'un médecin dans une région à une influence favorable sur le développement del’hygiène générale.
Le D: Lecerf (de Saint-Julien de Courcelles, près Nantes) établit la statistique suivante.
Pendant vingt-cinq ans, aucun médecin dans la localité, malgré un chiffre considérable de naissances, l’âge moyen oscille entre vingt-sept et vingtneuf ans.
Pendant quarante-trois ans un officier de santé exerce ; l’âge moyen monte à trente-sept ans.
Depuis trente-deux ans, le D" Lecerf est établi ; l’âge moyen a atteint quarante-six ans, et depuis ces dernières années cinquante-cinq ans (1).
VI. Maladies évitables et Dépopulation. — Dans un rapport à l’Académie de médecine le 17 novembre 1896, M. Duguet constate que partout en France, la variole, la dysenterie, la fièvre typhoïde donnent une mortalité de moins en moins accentuée. Il est donc hors de doute que l'hygiène de la prophylaxie nous rendent aujourd’hui maîtres de bien des maladies et que la qualification d’évitables, qui leur a été donnée, se trouve de plus en plus justifiée.
Les maladies évitables sont donc évitables non seulement en principe, mais encore en réalité; elles diminuent partout où l’on prend des mesures pro-
(1) Journal de médecine el de chirurgie pratiques, 25 décembre 1897 À G. Bazière, — Mal. évitables. 14
pres à empêcher leur développement, à arrêter leur transmission.
Cet heureux résultat offre d'autant plus d'intérêt que les quatre cinquièmes des décès par maladies évitables portent sur des jeunes gens ou des hommes dans la force de l’âge; et l’on voit par là le rapport étroit qui existe entre la question des maladies évitables et celle de la dépopulation.
Le mouvement ascénsionnel de la population française reste stationnaire, et on se plaint de tous côtés de la dépopulation; la prophylaxie des maladies évitables est un remède. En effet, s’il est impossible d'augmenter le nombre des mariages, s'il est ridicule de vouloir intervenir administrativement dans les questions de natalité, il est au contraire démontré que l’on peut facilement diminuer le chiffre des décès. L’hygiène préventive a déjà donné d'excellents résultats pour les rares maladies, telles que la fièvre typhoïde, où on s’est décidé à la pratiquer ; il en sera de même pour toutes les maladies microbiennes, toutes évitables, et surtout en particulier pour la tuberculose.