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GERME

L'occasion qui rendra le germe dangereux est variable; tantôt elle sera fournie par l'organisme luimême, mis en état de moindre résistance : tantôt elle viendra de l'introduction de nouveaux bacilles en quantité si considérable que les cellules vivantes ne pourront résister à l’envahissement ; tantôt enfin elle sera due à la présence de bacilles peu nuisibles par eux-mêmes, mais qui, formant avec les bacilles préexistants des associations microbiennes, favoriseront, par des causes encore mal connues, leur virulence.

Les maladies microbiennes sont donc toutes des maladies évitables, puisqu'il suffit, pour les empêcher de se produire, de maintenir l'organisme dans un état de perpétuelle défense, tant en le fortifiant et en supprimant toutes les causes d’affaiblissement, qu’en éloignant de lui les germes qui peuvent y pénétrer par l’air, l’eau, le sol, les aliments.

En temps d’épidémie, le microbe est exalté, sa virulence augmente par suite de son passage successif dans de nombreux organismes ; ce n’est pas tant le nombre des microbes qui est accru que le degré de leur virulence.

L'important n’est pas de tuer le microbe, il faut l'empêcher de nuire. |

Dans un tube de culture du bacille pyocyanique, on introduit 0,500 p. 1000 de naphtol, le microorganisme continue à vivre, à pulluler, tout en cessant de sécréter son pigment; or le pigment est le poison,

G. BaiLcière. — Mal. évitables. 2

le produit dangereux. Du jour où le microorganisme ne sécrète plus, il n’est plus nuisible. Une proportion d’antiseptique, insuffisante pour nuire aux tissus, est capable néanmoins d’atténuer le germe, sans l’anéantir (Charrin).

% Terrain. — « Depuis les découvertes bactériologiques de ces dernières années, on est trop disposé à ne voir que le bacille et à laisser au second rang l'amélioration du terrain et la salubrité des milieux. On concentre presque tous les moyens d'attaque contre ce germe dont on ne connait encore que si imparfaitement la biologie et l’on ne combat pas assez les causes d’insalubrité au milieu desquelles végète l'humanité, offrant au mal un terrain trop fertile, alors que tous les efforts devraient tendre à rendre les populations plus fortes, plus résistantes, plus viriles, et à les mettre ainsi hors des atteintes du microbe ou en état d'en triompher facilement.

« Ce sont, en effet, les organismes les moins résistants, ceux quioffrent un terrain plus propice, qui sont atteints les premiers, les autres ne l’étant qu'au fur et à mesure que le surmenage, l'inquiétude, la négligence, les écarts de régime ont amené les conditions voulues de réceptivité (1). »

La pratique de la prophylaxie des maladies évitabies s'adressera donc à différents éléments :

(1) Dr Belval, Le mouvement hygiénique, 1896.

1° Aux germes qu'il ne sera pas utile de tuer, mais qu’il faudra annibhiler dans l'air, dans l’eau, dans le sol, dans les aliments.

2° Au terrain, qu'il faudra fortifier et rendre stérile à toute culture microbienne, en lui assurant les forces nécessaires pour résister aux atteintes des germes.

Après avoir étudié les conditions à remplir pour se préserver des maladies évitables, il sera intéressant d'enregistrer les progrès réalisés dans la diminution de la morbidité et de la mortalité depuis que les mesures hygiéniques commencent à se répandre, de donner des statistiques qui permettront de comparer la pathologie ancienne et la pathologie actuelle, et de montrer que la diminution des maladies suit le développement de l'hygiène.

Enfin, comme l'hygiène prophylactique ne donnera des résultats tout à fait satisfaisants que lorsqu'elle sera imposée comme une loi, j'examinerai l’état actuel de la législation sanitaire qui, lorsqu'elle sera bien établie, sera le meilleur remède contre la dépopulation.

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