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IL. Ace. — Les enfants nés de souche infectée ne

(1) Charrin, Leçons de pathogénie appliquée, 1891.

sont pas seuls exposés à devenir un mauvais terrain ; les enfants ayant, de par l’hérédité, un casier sanitaire absolument vierge, n’en sont pas moins des organismes malléables, par cela même que ce sont des organismes naissants, épuisant tous leurs efforts à se construire, à s’accroître, et n'ayant par conséquent que peu de force pour résister aux atteintes des bacilles; « la naissance jette brusquement l’enfant dans le monde extérieur, transformant les conditions de son existence, modifiant le jeu de ses organes et faisant éclore de nouvelles fonctions (1) ». Tous ces changements à vue créent autant de prédispositions morbides. |

Si on ne leur applique pas une prophylaxie rigoureuse, si on ne les protège pas contre toutes causes d'infection venant du dehors, ils deviendront rapidement de mauvais terrains.

Le vieillard est également un organisme facilement modifiable; les réactions fonctionnelles sont moins prononcées, les tissus sont fatigués, l’assimilation et la désassimilation sont souvent troublées, en un mot l’activité cellulaire diminue.

IT. Sexe. — Le sexe ne semble pas jouer un grand rôle dans la qualité du terrain ; toutefois, la menstruation, la grossesse, les suites de couches, l'allaitement sont pour la femme autant de causes de

(1) Parrot, Leçons sur l'athrepsie. Paris, 1877. :

dénutrition, d'affaiblissement, et par suite de Pré: dispositions à la culture des microbes.

IV. Posirion socraze. — Le pauvre aura plus de difficultés que le riche pour conserver un bon terrain, parce qu'il aura à lutter contre les privations, l'insuffisance de l'alimentation, l'encombrement, toutes causes nuisibles au bon fonctionnement de l'organisme. | |

V. Proressions. — Certaines professions, enfin, peuvent favoriser la formation de mauvais terrains, soit par les fatigues physiques qu’elles nécessitent, soit par les intoxications lentes qu'elles peuvent produire, soit par les contagions auxquelles elles exposent.

Je ne prétends pas, dans ce court aperçu, avoir examiné tous les modificateurs nuisibles BaNEnl transformer un bon terrain en un mauvais; j'ai simplement voulu donner quelques exemples, contribuant tous à prouver que l’on peut ramener tous les modificateurs nuisibles à un seul : « l’affaiblissement de l’activité cellulaire et le ralentissement de la nutrition ». La clinique prouve, d’ailleurs, que tout ce qui affaiblit Lorsnisne, le prédispose à la contagion.

4° Mesures prophylactiques destinées à maintenir le terrain en bon état et à prévenir l’envahissement de l’organisme par les germes infectieux. — Les

moyens permettant à l'individu qui a un bon terrain de le maintenir et à celui qui en a un mauvais de l'améliorer, sont indiqués par l'étude même des Causes pouvant affaiblir l'organisme : il faut conserver à toutes les fonctions vilales une activité normale ; il faut élever le taux de la vitalité par une hygiène bien entendue.

TI. Soins éénéraux aux ENFANTS, — Dès la naissance, l'enfant est exposé, par manque de soins, à contracter l'ophtalmie purulente, ce qui a permis de dire que le tiers des âveugles l'étaient par malpropreté ; il suffira de laver les YEUX avec une solution d’eau boriquée, de les toucher avec quelques gouttes de nitrate d'argent pour leur éviter une infection si facile et si grave. Avant l'application de l’antisepsie, de 1874 à 1879 Par exemple, on observait 10 cas d'ophtalmie sur 100. En 1882, on en observait 1 p. 500 ct depuis cette époque, l'ophtalmie des nouveaunés est devenue une maladie rare.

L'enfant bien portant, comme l'enfant maladit, sera dès la naissance soumis à une hygiène sévère. à

De même qu'il est utile de pratiquer un isolement rigoureux pour tous les malades atteints de maladies microbiennes, il] serait aussi utile d'isoler les jeunes enfants, pour leur éviter toute chance de contagion, à un âge où, comme on l’a vu, ils présentent de si faibles moyens de résistance aux ger-

mes infectieux. Toutefois, si l'isolement absolu est une utopie difficile à réaliser en pratique, il serait assez facile, semble-t-il, d'appliquer un isolement relatif, en éloignant des enfants toutes les personnes qui ne leur sont pas indispensables. On éloignera certainement de leur voisinage les varioleux, les rougeoleux, les scarlatineux, tous ceux qui ont des maladies microbiennes apparentes; mais on ne songera pas à leur éviter le contact de ceux qui promènent leurs microbes; on ne réfléchit pas assez qu'un syphilitique, porteur de plaques, peut les contagionner ; qu’un tuberculeux, expectorant près d'eux, peut, par l’intermédiaire de ses crachats, les infecter de bacilles de Koch.

Il est donc nécessaire de protéger les enfants contre les attouchements répétés du premier venu; il ne faut pas trop aimer à les produire dans les salons ; ils n'y trouveront aucun profit; ils peuvent en retirer de nombreux inconvénients. La déplorable habitude de leur prodiguer de multiples caresses est malheureusement une pratique courante.

Il faut surtout veiller avec grand soin santé des domestiques qui doivent approcher les enfants ; on fait généralement examiner une nourrice par le médecin, avant de lui confier un nourrisson,

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mais on ne songe jamais à recourir à la même pratique quand on prend une bonne d’enfant. Pourtant, si la bonne est tuberculeuse ou syphilitique, bien

qu’elle n'’allaite pas l'enfant, elle aura néanmoins maintes occasions de l'infecter.

IT. Afrarion. — L'isolement relatif dont je viens de parler est quelquefois insuffisant, et il est des cas où il est absolument nécessaire d'élever l'enfant loin de ses parents.

Supposons un enfant non tuberculeux, né de parents tuberculeux, il est un tuberculisable, un candidat à la tuberculose.

S'il est élevé près de ses parents, dans un foyer infecté de bacilles de Koch, comme il est un terrain très favorable à la contagion, il deviendra rapidement tuberculeux, si rapidement même qu’on pourra croire à de l’hérédo-contagion.

Mais si on isole cet enfant, si on l'élève loin de ses parents, dans un milieu sain, où, tout en le mettant à l'abri des germes infectieux, on fortifiera son organisme, cet enfant pourra résister à la prédisposition, améliorer son terrain et ne Jamais être tuberculeux.

On prétextera peut-être qu'il est terrible pour des parents de se séparer de leurs enfants et de les savoir loin d'eux; mais il me semble qu’il serait encore plus terrible pour eux et plus coupable de se faire leur meurtrier, de vouer à la mort des enfants qu’il est relativement possible de préserver.

D'ailleurs, le fait n’est Pas rare; tous les petits tuberculisables et même tous les petits tuberculeux

que l’on envoie des grandes villes à Berck, à Cannes, à la campagne, en sont des exemples frappants. Au départ, il suffit de les regarder pour faire le diagnostic et le pronostic; au retour, ces enfants sont méconnaissables ; ils jouissent d'une excellente santé.

Le D' Buttura a rapporté {1) qu’à l'Orphelinat de filles de Cannes, les maladies sont rares ; non seulement l'influenza, qui a sévi pendant deux années dans la maison et qui a atteint trente-huit orphelines, n'a pas amené un seul décès, mais encore la maladie n'a eu chez aucune des complications ou des suites plus ou moins graves. C’est là, eu égard à l’aptitude particulière de ces enfants aux affections pulmonaires, un fait important à signaler.

Or, ces heureux résultats, que l’on obtient avec de pauvres petites filles qui arrivent à l’orphelinat dans les plus mauvaises conditions, ne sont-ils pas faits pour convaincre bien des parents qu'ils peuvent, en élevant leurs enfants à la campagne l'été, dans le Midi l'hiver, les transformer et les rendre aptes à supporter les fatigues de la vie?

Les bons résultats donnés par les hospices et les orphelinats situés au bord de la mer ou à la campagne sont dus non seulement à ce que les enfants sont éloignés du foyer infectieux, mais encore à ce

(1) Dr Buttura, L'Orphelinat des filles de Cannes (Ann. d’hyg., 1892, t. XX VIII, p. 322).

qu'ils fortifient leur organisme, en respirant un air pur et en se soumettant au régime tonique qu’on leur impose.

Ce qui se passe dans les établissements balnéaires Où ruraux, destinés aux enfants maladifs, a lieu également dans les lycées situés hors des villes, à la campagne. À

Non seulement ces lycées sont spécialement utiles Pour les enfants délicats qui ont besoin de se fortifier, mais ils présentent encore de grands avantages sur les lycées à l’intérieur des villes, pour les enfants bien portants.

Entre les quatre murs d’un lycée urbain, le pensionnaire est comme une plante privée d’air et de lumière, il s'étiole ; à la campagne, au contraire, il se développera mieux et formera de son organisme un bon terrain.

€Si, il y a cinquante ans, a dit M. le Professeur Brouardel dans son discours de distribution de prix au lycée Michelet, un médecin s'était levé et avait demandé qu'un collège fût installé à la campagne, au milieu de la verdure, on lui aurait demandé Pourquoi il avait quitté le beau royaume d'Utopie. Ce qui paraissait une utopie il y à cinquante ans est aujourd'hui une réalité (1) »; les Jycées à la Campagne sont le rêve de tous les hygiénistes,

(1) Brouardel, Discours de distribution de prix au lycée Michelet, juillet 1887.

reve d’ailleurs déjà réalisé au lycée Michelet, à Vanves, et au lycée Lakanal, à Bourg-la-Reine.

Il est tout indiqué de placer dans ces lycées les jeunes enfants délicats, maladifs, aptes à contracter toutes les maladies qui règnent autour d'eux; la scarlatine, la fièvre muqueuse, la coqueluche, les oreillons, la rougeole, sans compter bon nombre d'indispositions passagères, peuvent ainsi être évités.

La vie régulière de l'internat, l'air vif de la campagne dans laquelle est construit le lycée, l'hygiène rigoureuse appliquée dans cet établissement, contribuent à transformer les organismes, à améliorer les terrains et à les rendre tout à faitimpropres aux cultures microbiennes.

Les enfants, élevés dans les grandes villes, doivent être sortis tous les jours par tous les temps; la promenade sera plus ou moins longue, suivant les variations de la température, mais elle devra toujours avoir lieu; l’air est aussi indispensable aux enfants que les aliments. Il est des enfants que l’on sort rarement en hiver, parce qu’un jour il fait un peu froid, un autre il pleut ; non seulement ces enfants ne se portent pas mieux pour cela, mais au contraire ils s’affaiblissent, ils perdent l'appétit, ils se nourrissent moins; ils deviennent délicats, plus susceptibles aux variations atmosphériques.

L'aération, la vie au grand air, sera donc indispensable à l’enfant délicat, dont l'organisme est peu

4k LE TERRAIN.

résistant; ce sera un moyen d'améliorer son terrain et d'éloigner de lui les chances d'infection auxquelles il est plus exposé qu'aucun autre ; ce régime ne pourra être que salutaire à l’enfant bien portant, qui, quoique plus robuste, est, par le fait même que son organisme se crée, s’édifie, un terrain plus facilement contaminé qu'un terrain adulte.

IL. Exercices Paysiques. — Les exercices physiques, remis en honneur depuis quelques années, ont pour effet d'augmenter les combustions et les oxydations qui se font normalement dans les cellules de l’organisme; ils rendent par cela même la nutrition plus active et élèvent ainsi le taux de la vitalité; ils favorisent les sécrétions par lesquelles sont rejetés les éléments nuisibles; c’est en cela qu'ils ont une grande influence prophylactique; ils n’ont aucun pouvoir d'éloigner les germes, ils ne sont que des moditicateurs utiles du terrain.

Certes, en cela comme en tout, l'excès est mauvais ; il ne faut pas, sous prétexte d'exercices physiques, se livrer à des records de vitesse sur une bicyclette, s’adonner à des courses excessives ; le but est alors dépassé; le seul bénéfice que l’on en puisse retirer est une fatigue générale, qui, répétée souvent, déprime l'organisme.

IV. Prorreré. — Dans son fonctionnement normal, la peau élimine, par ses glandes sudoripares, une énorme quantité d’eau, chargée de sels, à l’état de

vapeur ou à l’état de liquide, par les glandes sébacées, une épaisse matière grasse; en outre, l’épiderme est le siège d’une desquamation continuelle.

Mais cette fonction, destinée à débarrasser l’économie d'une masse considérable de produits nuisibles dont la rétention entraïnerait des troubles graves, ne s’accomplit pas sans former dans certaines régions une sorte d'enduit ou de magma qui obstrue les pores de la peau et qui en entrave le bon fonctionnement.

Or si la malpropreté a enlevé à la peau une partie de sa vitalité normale, elle se défend mal, réagit peu ou point contre les causes morbides, contre les parasites végétaux ou animaux.

En outre, la peau est en contact continuel avec le milieu ambiant, avec les objets plus ou moins septiques que l’on touche journellement.

Il importe donc de ne pas négliger l'entretien de la peau. Les ablutions matinales savonneuses doivent être accompagnées de bains généraux fréquents ; il ne suffit pas en effet de se laver seulement pour paraître propre, il faut se laver par hygiène, pour assurer le bon fonctionnement de la peau, et par suite de l’organisme.

Les soins de propreté sont nécessaires à tous les points de vue, surtout vis-à-vis des maladies transmissibles.

D'ailleurs le bain ne procure pas seulement la

propreté du corps, mais il a un effet général qui se répercute dans tout l'organisme; il est suivi d'un certain bien-aise que l’on ne peut mieux définir, qu'en employant l'expression vulgaire : « on se sent plus dispos ». |

En effet, à la suite du bain, les fonctions physiologiques se font plus activement, la vitalité des cellules est augmentée; or, comme l’a ditle Professeur Pouchet : « L'activité de nutrition des cellules est le meilleur des antiseptiques. Toutes les fois que la vie est diminuée ou suspendue dans un organisme, les agents infeclieux qui s’y trouvent y pullulent et triomphent des cellules (1). »

De là aussi la nécessité de se laver les mains avant les repas, de même que les chirurgiens se lavent les mains avant une opération.

Sans toutefois exiger un lavage aussi méticuleux, il est indispensable de débarrasser les mains de toutes les impuretés qui ont pu les souiller; car ces impuretés pourraient être transmises aux aliments et par eux à l'organisme; c’est une contamination facile à éviter.

Gette pratique a d’ailleurs déjà pénétré dansles milieux aisés; elle est encore trop négligée dans le milieu ouvrier, celui où elle serait le plus indispensable.

(1) Pouchet, L'antisepsie et les antiseptiques. Lecons professées à la Faculté de médecine (Annales d'hygiène publique et.de médecine légale, 1896, t. XXXV, p. 242).

Le D: Du Mesnil (1) et le D' Navarre ont beaucoup fait pour la propagation des bains-douches populaires, gratuits ou à peu près.

Les soins de propreté ne sont d’ailleurs pas seulement un facteur d'amélioration du terrain.

Négligés, ils peuvent être les agents de contagion du typhus; les dernières épidémies en font foi. Cette affection, très contagieuse, exerce ses ravages plus particulièrement sur les chemineaux, les saltimbanques, les hôtes des asiles de nuits, et en général les individus malpropres.

Comme mesures prophylactiques du typhus, ül sera donc nécessaire d'assurer la propreté de ces malheureux et de les mettre à même de prendre une douche ou un bain, pendant qu’on désinfectera leurs effets.

Le manque de propreté peut aussi quelquefois être incriminé dans le développement du choléra. Les Hindous malpropres sont plus éprouvés par le choléra que les Mahométans propres. Ce qui a permis à Simpson de dire, au Congrès de Londres, en août 1891 : « La transmission du choléra se réduit à une affaire de propreté individuelle. »

V. ALIMENTATION. — L'alimentation devra être saine, tonique, suffisamment abondante ; l’insuffisance de certains aliments, l’abus de certains

(1) Du Mesnil, Des baïins-douches dans les écoles de la ville de Paris (Ann. d'hygq:, 1893, t. XXIX, p. 546).

autres (alcool) sont autant d’entraves au fonctionnement normal de l'organisme.

J'étudierai J’alimentation plus loin, en parlant de la contagion par les aliments; je ne veux ici qu’attirer l'attention sur la nécessité de certains aliments, de certaines matières minérales pour donner à l’organisme le moyen de résister aux invasions des germes. |

Le D' Gaube (du Gers) mit, à peu de jours de distance, deux hases de la même portée, âgées de six mois, en contact avec le même mâle. ù

L'une des hases mangeait de l’avoine, du pain, du son, en un mot des aliments riches en matières minérales ; l’autre se nourrissait d’herbages.

La première a donné des lapins vigoureux, gros ; la deuxième a donné des lapins malingres, petits, presque sans poils, dont trois étaient mort-nés.

Le D' Gaube réalisa une autre expérience, à peu près analogue et tout aussi probante; il plaça dans deux poulaillers, séparés et spacieux, deux groupes de poules avec un coq de la race dite crèvecœur.

Un des groupes était nourri avec des épluchures de ménage, du sarrazin et du petit blé; l’autre groupe était nourri de la même manière, mais la nourriture était arrosée d’une solution minérale contenant de la soude, de la chaux, de la magnésie, de la potasse, du fer.

Les œufs des deux groupes de poules donnent des poussins.

Les poussins du premier groupe sont comme tous les poussins ordinaires : leur duvet est jaune terne, noir grisâtre, cendré; ils sont éveillés, mais ils ont la faiblesse propre à leur âge.

Les poussins du deuxième groupe ont un duvet jaune doré, noir brillant; ils paraissent plus avancés que ceux du premier groupe ; ils sont plus forts, plus résistants ; quand ils vont picorant autour de leur mère, s’il se présente un léger obstacle, au lieu de le contourner comme ceux du premier groupe, ils le franchissent, ils couchent aussi bien sur la poule que sous ses ailes; ils sont plus gros, plus robustes que les autres, nés de poules de la même race, mais non minéralisées. |

Il faut donc faire entrer dans nos aliments des minéraux, c’est un moyen certain d'améliorer les espèces, d'augmenter la résistance des individus.

Il est possible d'éviter les attaques des virus ou de les modérer, en combattant les inconvénients qui découlent de la croissance, en donnant des sels de soude, de chaux, de potasse (Charrin) (4).

VI. Proressroxs. — Il est des professions, telles que l'industrie du plomb, qui débilitent l'organisme, en

l’intoxicant à petites doses.

(1) Charrin, Leçons de pathogénie appliquée, 1891. G. BAILLIÈRE. — Mal. évitables. 4

Il en est d’autres qui condamnent à une vie trop sédentaire ; il faut atténuer ces nuisances, autant que faire se pourra, en les réglementant, en évitant un trop long labeur dans ces milieux nuisibles.

Déjà un progrès en ce sens à été réalisé. On a prescrit des mesures d'hygiène dans les industries insalubres, on a réglementé le travail des femmes et des enfants; il n’y a qu’à suivre ces traces et à appliquer les mesures déjà prescrites.

5° Conclusions. — La première mesure prophylactique contre les maladies est donc de constituer et de maintenir l'organisme à l'état de bon terrain, car « tout ce qui affaiblit prédispose ». (Hanot.)

L'aération, les exercices physiques, les soins de propreté, l'alimentation, l'hygiène des professions en sont les moyens; ce sont en somme des méthodes antiseptiques, plus certaines et plus efficaces que l'emploi d'un antiseptique, car le rôle d’un antiseptique est passager.

L'’antiseptique ne peut être amené au contact des agents infectieux que par la voie sanguine, et cette condition impose une extrême réserve, en raison de l’action toxique de cette substance antiseptique sur les cellules de l'organisme. Bien que l’on soit encore heureux de pouvoir utiliser l’antiseptique lorsque le bacille a triomphé de l'organisme, mieux vaut éviter d’en avoir besoin, en commençant par rendre le ter-

rain stérile et réfractaire à la culture des germes infectieux.

IL suffit donc de se placer sous la protection de l'hygiène pour empècher l'organisme de s’affaiblir, d'offrir un faible degré de résistance aux germes et de devenir un milieu de culture.

Mais, en même temps que l'hygiène augmente la résistance de l'organisme, elle rend plus difficile l’accès des microbes jusqu’à l'organisme, elle les écarte, les pourchasse; elle s'adresse donc en même temps au terrain et au germe, à l’assiégé et à l’assiégeant.

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