A. AUGMENTATON DE VIRULENCE DES MICROBES INTESTINAUX
Chymo-infection. — L’infection du lait, qui se produit dans l’estomac, a été étudiée par Escliericli sous le nom de chymo-infection.
Chylo-infection. — Celle qui se produit dans l’intestin constitue la chylo-infection.
/» MÉCANISn/IE DE LA CHYMO-INFECTION
La chymo-infection est à tout prendre un processus normal, car le lactose est décomposé par les microbes saccharoly tiques normaux et on particulier ]>ar le bacillus laciis aerogenes.
Cette fermentation du lactose en maintenant dans l’intestin grcle une réaction acide modérée et en formant des gaz destinés à remplir et à stimuler les anses intestinales, exerce une action incontestablement utile.
Chez l’enfant nourri au sein, le lait de femme contenant 6 p. 100 de lactose, cette acidité est en plus suffisante pour empêcher absolument la putréfaction anormale et nuisible des sub-
ÉTIOLOGIE
stances albuminoïdes : caséine ou sucs intestinaux^ dans le gros intestin.
Chez les enfants normaux nourris à la bouteille avec du lait de vache contenant moins de lactose, mais trop souvent suralimentés avec des repas trop considérables ou trop riches, la réaction dans le gros intestin est facilement alcaline et l’odeur de la selle parfois putride, ce qui montre que la fermentation lactique est moins normale et que la putréfaction protéolytique est de ce fait plus intense soit aux dépens de la caséine (Biedert), soit aux dépens des sucs intestinaux sécrétés plus abondamment.
Il peut donc se produire déjà physiologiquement des fermentations gastriques, il ne faut pas s’étonner si l’on observe des exagérations pathologiques de ces processus normaux.
FERMENTATION SACCH AROLYTIQUE
Lorsque ces fermentations deviennent plus intenses il se produira, grâce à l’abondance des sucres et des graisses contenus dans l’estomac, des fermentations acides saccharolytiques ou lipolytiques avec production abondante d'^acides gras dont l’action irritante sur la muqueuse stomacale nous est maintenant connue.
510 CATARRHE GASTRO-INTESTINAL
De plus, comme Escherich(l) Ta démontré, il se produit sous cette influence une modification dans la distribution de la flore intestinale^ si bien que les fermentations acides au lieu de rester localisées dans l’intestin grêle comme elles le font normalement s ’étendent à tout l’intestin. Il en résulte que l’on trouve dans les selles non seulement les signes d’une diarrhée acide et des résidus gras ou farineux, mais aussi une flore composée en partie de Bact. lactis, ce que Booker et plus tard Nobécourt, qui ont constaté le même fait, expliquent par le passage plus rapide du contenu intestinal.
On trouve parfois dans ces cas d’autres bacilles étrangers qui ont chassé la flore normale pour en prendre la place. Ainsi Escherich a trouvé dans un cas de catarrhe intestinal avec selles à odeur butyrique, une culture presque pure du bacille hutyricus^ immobile anaérobie.
Salge a constaté dans des cas analogues une culture du bacille acidophile {Blaue Bacillose) prenant la coloration bleue par la méthode de Weigert-Escherich.
(1) Escherich. Deutsch. kl., p. 135.
ÉTIOLOGIE
PUTRÉFACTION PROTÉOLYTIQUE
On observe beaucoup plus rarement une exagération des processus de putréfaction alcaline protéolytique avec production de toxines et de produits fétides (phénol et surtout scatol et indol) aux dépens des substances albuminoïdes, caséine et sucs intestinaux.
Ces putréfactions ne se produisent que dans le côlon où les hydrocarbones résorbés dans l’intestin grêle n’arrivent plus. Cette autointoxication par protéolyse jouerait, d’après Baginsky et Monti, un rôle prépondérant.
Les recherches modernes tendraient plutôt à lui attribuer un rôle très secondaire, car les affections intestinales les plus sérieuses comme le choléra infantile s’accompagnent de fermentations nettement acides et non alcalines.