CAUSES DE LA CHYMO-INFECTION
Dyspepsie alimentaire.
Les causes les plus fréquentes de la chymoinfection sont les dyspepsies et plus spécialement encore les dyspepsies de suralimentation par repas trop gros et surtout par repas trop fréquents.
512 CATARRHE GASTRO-INTESTINAL
Les recherches de Tobler sur la digestion stomacale nous en donnent l’explication. Le lait arrivé dans l’estomac se coagule immédiatement, comme nous l’avons vu, en formant un bloc solide, pendant que le petit lait est de suite éliminé dans le duodénum par les contractions pyloriques.
Alors seulement commence l’action du suc gastrique qui dissout le bloc par couches concentriques, mais n’atteint le centre du bloc qu’après cent à cent vingt minutes.
Or, pendant tout ce temps, le centre du bloc reste alcalin et les microbes qu’il contient continuent à pulluler dans ce milieu, qui leur est favorable, absolument comme si ce coagulum se trouvait dans une étuve.
Si le lait est administré en trop grande quantité ou s’il est administré trop fréquemment, ou s’il est trop riche, le bloc n’est pas complètement digéré au moment où la nouvelle portion pénètre dans l’estomac et, comme Tobler a pu le démontrer, le nouveau lait se dépose en couche concentrique autour du bloc ancien dans lequel le pullulement continue, si bien que le bloc central peut persister pendant plus de vingt-quatre heures sans être
ÉTIOLOGIE
atteint par l’action désinfectante du suc gastrique. La chymo- infection est réalisée. ■
Conséquences de la chymo-infection. — La pullulation microbienne qui continue dans lecoagulum amène une décomposition des corps gras en acides gras^ à laquelle contribue pour sa part la lipase stomacale.
U hyper acidité stomacale qui en résulte exagère encore la stagnation du contenu stomacal, grâce au spasme du pylore qu’elle entretient; elle irrite la muqueuse de l’estomac et y détermine un certain degré de catarrhe qui diminue la sécrétion du suc gastrique, si bien que les conditions favorables à la vie microbienne et aux fermentations qui en résultent se développent de plus en plus dans le chyme.
Ainsi s’explique le cercle vicieux qui ne peut qu’exagérer les méfaits de la suralimentation.
Dyspepsie organique.
La dyspepsie organique s’accompagne, comme nous l’avons vu, d’un résidu alimentaire qui engendre pour les mêmes causes les mêmes résultats.
Les hétérodystrophiques héréditaires et congénitaux ; les nourrissons dont le pouvoir digestif
a été abaissé par la chaleur estivale, parle mauT Combe. — Mal. gasLro-intestinales. 33
CATARRHE GASTRO-INTESTINAL
vais air et l’humidité chaude des chambres-cuisines ; les bébés qui sont affaiblis par l’anémie, les intoxications ou les intoxinations, tous ces dyspeptiques organiques sont donc prédisposés à une chymo-infection qui deviendra apparente pour peu que les mères ne proportionnent pas la quantité de nourriture en la diminuant au pouvoir digestif diminué de l’enfant.
Cela est d’autant plus vrai que, dans un organisme à équilibre aussi instable, il suffira d’une nourriture altérée ou d’une infection parentérale pour déclancher la crise aiguë du catarrhe intestinal.