THÉORIE DE L'ACIDOSE DE CZERNY
Auto-intoxication entérogène par les ACIDES GRAS. — Les phénomènes d’intoxication si nets qui caractérisent le catarrhe intestinal font présumer que seule une auto-intoxication analogue à celle qui se produit dans le coma diabétique et qui a avec celle du catarrhe des analogies indéniables est capable d’expliquer l’intoxication entérogène du catarrhe.
C’est à Gzerny et à ses élèves et aux belles recherches de Langstein que nous devons la connaissance des anomalies du métabolisme des différents éléments alimentaires. Ces recherches ont conduit Czerny à la théorie de V acidose,
Alcalinopénie. — Nous avons déjà vu que dans la dyspepsie et surtout dans l’athrepsie, il se produit, aux dépens des hydrocarbones et
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des graisses indigérés, et cela grâce à rinsuffisance de digestion, des quantités anormales d’acides gras dans l’intestin qui enlèvent une quantité considérable d’alcali à l’organisme, soit en exagérant les excrétions intestinales alcalines, soit en formant des sels alcalins insolubles qui tous deux sont éliminés et perdus pour l’organisme.
Acidose. — Cette alcalinopénie peut amener ^ peu à peu et progressivement des troubles dans le métabolisme, autrement dit dans la combustion intime des hydrocarbones dont le premier signe clinique est la glycosurie alimentaire.
Plus la quantité d’hydrocarbones ingérés sera grande, plus grand sera le trouble du métabolisme en général, car à ce trouble du métabolisme des hydrocarbones va s’ajouter le trouble du métabolisme des graisses.
En effet, dit Salge (1), le principal défenseur de cette théorie, on sait que le métabolisme des graisses est une fonction du métabolisme des hydrocarbones, les graisses ne brûlant que dans le feu des hydrocarbones. Aussi dès que celui-ci est anormal, le métabolisme des graisses en souffre comme le démontre le diabète où le métabolisme des hydrocarbones est
(1) Salge. Ilcuidbuch^ p. 53.
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anormal et où celui des graisses est en souffrance.
C’est pour cette raison qu’il se produit dans le diabète, comme dans l’intoxication du catarrhe, de Vacétone, de Vacide diacétique, de Vacide oxybutyriqiie qui proviennent d’un métabolisme défectueux des graisses.
Cette production d’acides d’origine métabolique nous amène donc à admettre dans le catarrhe comme dans le diabète une intoxication acide, c’est-à-dire une acidose vraie.
Cette acidose a été démontrée colorimétriquement dans les divers tissus et organes du corps, entre autres dans le foie et les muscles par Tugendreich (1) et par Rott (2). Elle explique l’augmentation considérable de l’ammoniaque dont l’organisme se sert pour lutter contre les acides en les neutralisant et qui est ensuite éliminé par l’urine. L’acidose explique encore les oxydations défectueuses et incomplètes constatées dans le foie par Pfaundler (3).
Insuffisance hépatique. — Ce trouble du métabolisme hépatique qui est encore une des
(1) Tuüendueich. BerL kl. Woch., V, 1908, 18,
(2) Rott. Monalsh. f. KmcL, VII, p. 5.
(3) Pfaundler. Jhrb. f. Kind., LIV.
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causes de Vammoniurie a été démontré par l’oxydation incomplète dans le foie des acides aminés et spécialement du glycocolle^ étudiée par Meyer et Ritschel (1), par l’oxydation incomplète du benzol étudiée par Freund et par celle du chloral démontrée par Finkelstein, oxydations incomplètes qui toutes montrent l’atteinte grave du métabolisme du foie.
Cette acidose vraie du catarrhe toxique doit donc être distinguée, d’après Finkelstein, de V alcalinopénie de l’athrepsique par ce fait que dans Vathrepsie les acides sont uniquement d'origine intestinale et non d'origine métabolique^ enfin parce que Vammoniurie dans l’athrepsie n’est causée que par la neutralisation des acides gras dans l’intestin alors que dans l’acidose du catarrhe elle tient d’une part à la neutralisation des acides métaboliques d’autre part à V insuffisance du foie.