‹ Les maladies gastro-intestinales aigues des nourrissonsChapitre 178 sur 228 · III II · texte numérisé non relu

III II

iZ

Fig. 51. — Catarrhe toxique traité au début par diète hydrique et potages maltés.

Désintoxication sans aurjinentation de poids.

Amélioration rapide avec lait albumineux et hydrocai bones.

CATARRHE GASTRO-INTESTINAL

Cette méthode des bouillons d’orge caséinifiés et progressivement enrichis donne de bons résultats et peut encore être choisie lorsqu’il est impossible de se procurer du lait albumineux.

Technique. — L’important est de commencer comme pour le lait de femme avec des doses minuscules.

Première semaine.

Pour le premier jour : 10 fois 5 grammes de bouillon d’orge.

Dans le second jour, 10 fois 10 grammes de bouillon d’orge.

Dans le 'troisième jour, 10 fois 15 grammes de bouillon d’orge.

Dans le quatrième jour, 10 fois 20 grammes de bouillon d’orge.

Dès le cinquième jour, on passe à 10 fois 30 grammes.

Au sixième jour, 10 fois 40 grammes.

Au septième jour, 10 fois 50 grammes.

Compléter le liquide indispensable avec du thé léger.

3° Soupes maltées au lait. — Après huit jours de bouillons d'large caséinifiés et sucrés ^ceiie diète doit être modifiée en une diète aux soupes maltées caséinifiées le plus souvent sucrées au Soxhlet et coupées avec du lait complètement centrifugéy dont on augmente pas à pas les doses.

Technique. — On ajoutera à la soupe Milo ou Kiifeke :

Le premier jour 10 grammes de lait centrifugé.

Le second jour 20 grammes, etc.

Ajouter à chaque soupe, 5 p. 100 de sucre Soxhlet ;

On augmente en même temps la gros-

seur du repas et on en diminue le nombre. Nous avons obtenu avec cette méthode des

Fig. 52. — Catarrhe fébrile toxique compliqué de pyélite.

Désintoxication par diète hydrique.

Augmentation de poids malgré la fièvre, en augmentant le Soxhlet et le Milo,

résultats excellents, mais qui ne sont pas à comparer avec les résultats infiniment plus

CATARRHE GASTRO-INTESTINAL

rapides et plus brillants que l’on obtient avec le lait albumineux.

Lait albumineux.

Le lait albumineux est Valiment spécifique du catarrhe comme le potage farineux est l’aliment spécifique de l’entérite.

Le lait albumineux dont nous avons indiqué la préparation et la composition contient relativement beaucoup de caséine, peu de graisse, peu de lactose et de sels.

Le lait albumineux que nous employons est

préparé par la fabrique Vilbel et contient déjà 3 p. 100 de sucre Sohlet.

Il a donc tous les caractères de l’aliment antitoxique.

On procédera de la même manière et avec la même lenteur qu’avec les autres aliments, mais on peut augmenter les doses avec moins de prudence.

Technique. — Après avoir obtenu la désintoxication avec une journée ou 36 heures de diète hydrique au thé de Chine sacchariné on commence directement la deuxième période d’alimentation antitoxique avec :

Le lait albumineux en nature tout en complétant ta dose de liquide indispensable avec le thé sacchariné.

JmU albumineux.

Dose

journalière.

10 repas à 5 grammes pour le premier jour = 50 gr. 10 — 10 — deuxième jour = 100 gr.

10 — 15 — troisième jour = 150gr.

Dès que les selles se solidifient et que les selles de savon gras caractéristiques de l’amélioration se montrent, on augmente rapidement la dose journalière de lait albumineux de 100 grammes par jour jusqu’à ce que la dose journalière de 200 grammes par kilogramme- âge soit atteinte.

Lait albumineux.

Dose

totale.

9 repas à 25 grammes pour le quatrième jour = 250 gr.

8 repas à 45 — — cinquième jour = 350 gr.

7 repas à 65 — — sixième jour = 450 gr.

Trépas à 85 — — septième jour = 580 gr.

7 repas à 100 — — huitième jour = 700 gr.

Deuxième semaine. Troisième semaine.

7 repas à 140 gr. = 980 7 repas à 150 = 1 050 gr.

Dès la fin de la première semaine, on peut déjà, si tout va bien, ajouter comme dans la figure 50 du Soxhlet à doses lentement progressives en arrivant jusqu’à 5 p. 100.

Enfin on ajoute du Milo en surveillant les selles avec le Lugol.

5° PÉRIODE DE RÉPARATION Dès que l’alimentation a atteint les doses calorifiques, la période de réparation commence.

620 CATARRHE GASTRO-INTESTINAL

Il faut alors et progressivement, revenir par essais successifs, à la nourriture normale du bébé en ajoutant aux repas du lait ordinaire.

Dans la plupart des cas, la guérison complète survient en quatre à huit semaines.

Rechute d’intoxication. — Dans quelques cas, au contraire, les essais indiqués amènent une rechute avec réapparition de la fièvre et des symptômes d’intoxication qui obligent le clinicien à revenir au lait albumineux pour quelques semaines avant de pouvoir recommencer les essais de nourriture ordinaire.

Désintoxication sans augmentation de

DoiDS. — Dans d’autres cas la désintoxication »

-se maintient mais la réparation ne se manifeste pas,' le poids n’augmente pas malgré une dose calorifique largement mesurée, ce qui est presque toujours dû à une insuffisance des hydrocarbones.

Il faut alors augmenter et la farine dextrinée et maltée et le sucre Soxhlet ou la Nahrmaltose jusqu’à 6 p. 100, 7 p. 100 et même plus.

Ce n’est qu’alors, comme le montre la fig. 49, ce n’est qu’à partir de l’augmentation des hydrocarbones que l’ori voit le poids du bébé progresser.

Telle est la marche normale du traitement du catarrhe intestinal.

Traitement du catarrhe combiné.

Finkelstein (1) a rendu dernièrement les cliniciens attentifs à certaines difficultés qui peuvent survenir dans le traitement des catarrhes combinés., c’est-à-dire des catarrhes greffés sur d’autres maladies et nous avons eu maintes fois l’occasion de confirmer sa manière de voir et de pouvoir rendre hommage à son admirable sens clinique.

Catarrhe greffé sur une dyspepsie.

Dans un premier groupe de cas, dit Finkelstein ; la première période de désintoxication se passe bien, la désintoxication se produit et la diète hydrique amène une disparition absolue des symptômes toxiques.

La deuxième période d'‘ alimentation antitoxique commence bien et, tant qu’on s’en tient aux doses croissantes minimes, tout marche admirablement. Mais dès que l’on sort des doses de famine, tous les symptômes toxiques réap-

(1) Finkelstein. Seing lingskrank/ieiten, 359.

622 CATARRHE GASTRO-INTESTINAL

paraissent si bien que le clinicien se trouve dans le dilemme inquiétant ou de s’occuper de l’intoxication et de laisser mourir l’enfant de faim, ou de le nourrir quand même, quitte à le faire mourir d’intoxication.

Il s’agit ici non d’un catarrhe pur, mais à^un catarrhe survenu chez un enfant dysthrepsique ou athrepsique.

Traitement. — Cette explication pathogénique nous dicte la conduite à tenir, car, nous l’avons vu, il ne faut jamais laisser un athrepsique au régime de famine.

Il faut donc nourrir quand même et emprunter les calories à la caséine sous forme de nutrose ou mieux encore sous forme de lait albumineux ajouté aux bouillons d’orge. La caséine empêchante nous permettant en effet d’élever ensuite, sans danger, la dose des hydrocarbones et plus tard la proportion des graisses.

Catarrhe greffé sur une infection parentérale.

Dans un second groupe de cas, comme dans la figure 50 c’est déjà dans la période de désintoxication que nous voyons la diète hydrique ne pas amener le succès rapide auquel nous sommes habitué.

Chez ces nourrissons, la diète hydrique en effet ne produit qu’une disparition des symptômes toxiques sans exercer aucune influence sur la fièvre, ou bien dans d’autres cas encore elle n’exerce aucune influence ni sur la fièvre, ni sur les symptômes toxiques.

Il ne s’agit pas non plus, dans ces deux cas, d’un catarrhe pur, mais, comme le démontre la réaction à la diète hydrique^ d’une combinaison du catarrhe avec une infection parentérale qu’il s’agit de découvrir en pensant aux plus fréquentes : grippe^ otite^ furonculose^ pyémie^ et si l’on ne trouve rien, en recherchant systématiquement la pyélo-néphrite ou la tuberculose larvée qui demandent un examen plus approfondi.

Or ce catarrhe combiné à une infection parentérale peut évoluer chez un enfant sain ou chez un enfant déjà atteint de dystrophie intestinale. Ne savons-nous pas en effet que l’infection diminue même chez le nourrisson normal la tolérance pour les hydrocarbones et les graisses et qu’elle peut ainsi amener chez lui tous les symptômes de la dyspepsie toxique (dyspepsie organique acquise postinfectieuse).

Il n’y a donc rien d’étonnant de voir la même

infection évoluant chez un bébé auparavant dyspeptique le transformer en dysthrepsique, tout en déclanchant chez lui un catarrhe toxique.

Il est donc naturel que chez ces deux enfants l’épreuve à la diète hydrique évolue d’une manière différente.

A. Catarrhe et infection parentérale

Page 1