‹ Les maladies gastro-intestinales aigues des nourrissonsChapitre 190 sur 228 · I ENTÉRITE GLAIREUSE · texte numérisé non relu

I ENTÉRITE GLAIREUSE

Cette forme est caractérisée par une fièvre moins forte, des symptômes nerveux moins prédominants et des symptômes intestinaux beaucoup plus accentués. C est la forme la plus fréquente chez le nourrisson.

Hyperthermie.

Fièvre pseudo-grippale. — La fièvre peut être nulle, modérée ou élevée et monter jusqu’à 40®, mais, contrairement à celle du catarrhe, elle ne cède pas à la diète hydrique.

Cette fièvre s’accompagne très souvent de symptômes de grippe et débute par un coryza, de la dys|)hagie, une toux légère avec rougeur du pharynx et s’accompagne d’adénopathie.

Symptômes nerveux.

Les symptômes nerveux peuvent être presque nuis. D’autres fois ils sont plus accusés et

FORMES CLÎN'IQUES

montent jusqu’à \di sùmnolente et la stupeur^ mais ils sont toujours beaucoup moins ' accentués que dans la forme pseudotyphique.

Symptômes gastro-intestinaux.

Selles. — Les selles peuvent être peu nombreuses 3-4, mais elles peuvent être dans d’autres cas excessivement fréquentes et il n’est pas exceptionnel dans ces cas graves d’en observer 30 et même 40.

Ces selles de l’entérite glaireuse sont toujours petites, très fétides et formées de glaires transparentes plus ou moins colorées par la bile ou de glaires jaunes et opaques, fortement mélangées de pus, ou enfin de glaires mélangées de traînées sanguinolentes.

Les membranes mélangées aux glaires ne sont pas rares.

Les selles de l’entérite glaireuse ne s’accompagnent pas de gaz, et dans cette forme on

observe peu d’épreinte et peu de ténesme.

Formes cliniques de Tentèrite glaireuse.

D’après l’intensité de ces symptômes on distingue l’entérite glaireuse en trois formes :

ENTÉRITE

L’entérite glaireuse bénigne.

L’entérite glaireuse grave.

L’entérite glaireuse septicémique.

Entérite glaireuse bénigne.

L’entérite glaireuse bénigne est la forme la plus commune et c’est elle qui correspond au tableau clinique que nous venons de décrire.

Entérite glaireuse grave.

L’entérite glaireuse grave, qui présente les mêmes symptômes que la forme bénigne, mais sous une forme beaucoup plus accentuée, se combine très souvent avec une infection de même nature des voies respiratoires. Elle est le plus souvent due, dans ces cas, soit au pneumocoque^ soit au bacille de Pfeiffer.

Sa durée ne dépasse guère 10 à 20 jours et son pronostic est en général favorable lorsque la maladie est traitée convenablement.

Entérite glaireuse septicémique.

L’entérite glaireuse septicémique qui s’observe surtout chez les nouveau-nés est due

FORMES CLINIQUES

le plus souvent à une septicémie streptococcique d’origine ombilicale.

. Aussi trouve-t-on dans la partie supérieure de l’intestin une inflammation purulente et hémorragique de la muqueuse du duodénum et du jéjunum avec formation d’ulcérations intestinales multiples.

Cette forme septicémique, sur laquelle Finkelstein insiste avec raison, se différencie :

Par une température très irrégulière : avec alternance d’hyperthermies, d’apyrexie et d’hypothermie et avec troubles circulatoires accentués. Aussi n’est-il pas rare d’observer chez ces enfants une cyanose intense avec tendance aux pétéchies cutanées.

Par des symptômes nerveux accentués de somnolence et de stupeur, et enfin par une tendance marquée au collapsus.

Par des diarrhées glairo-sangiiinolentes contenant souvent des moules intestinaux membraneux entiers (entérite croupale de Widerhofer).

Cette forme est excessivement grave ; car très rapidement, quelquefois même en quelques jours, on voit les signes d’infection générale s’étendre et emmener rapidement le petit malade.

ENTÉRITE

Nous avons observé deux cas de cette entérite septicémique, non pas chez des nouveau-nés, mais chez des nourrissons de plus de six mois. L’un deux a même succombé en moins de quatre jours sidéré par cette entérite septicémique d’origine inconnue, car il n’avait chez lui aucune porte d’entrée apparente, capable d’expliquer l’infection septicémique parentérale.

ENTÉRITE DYSENTÊRIFORUfE

Cette forme d’entérite est caractérisée par une hyperthermie et des symptômes nerveux de courte durée ou peu prédominants, mais par contre par des symptômes intestinaux extrêmement accentués dont le siège est surtout dans la partie terminale du côlon (entérite folliculaire) et qui se manifestent par des selles mélangées de glaires^ de pus et de sang et accompagnées de coliques, de tenesmes et d‘épreintes extrêmement douloureux.

Cette entérite est très souvent causée par des streptococoques, quelquefois par des colibacilles, mais on en observe des cas bien nets sans flore spécifiée.

Il n ’y a du reste qu ’une question de degré entre

FORMES CLINIQUES

les symptômes de l’entérite dysentériforme grave et ceux de la dysenterie bacillaire causée par des bacilles spécifiques, soit par le bacille de Shiga-Kruse appelé en France le bacille de Ghantemesse, soit par le bacille de Flexner.

Nous observons l’entérite dysentériforme sous trois formes :

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