TECHNIQUE DE LA MÉTHODE ANTIPUTRIDE
A. — N INTRODUIRE RENDANT LA PREMIÈRE PÉRIODE DU TRAITEMENT QUE DES ALIMENTS QUI NE PUISSENT PAS SERVIR DE NOURRITURE AUX MICROBES PROTÉOLYTIQUES.
Éviter tout aliment putridogène.
Le bouillon.
Le lait.
Le lait albumineux.
Le blanc d’œuf.
Lait albumineux. — Malgré nos préventions théoriques, encouragé par les affirmations d’un clinicien aussi remarquable que Finkelstein nous avons essayé à plusieurs reprises le lait albumineux dans l’entérite, mais les résultats obtenus ont été chaque fois si mauvais que nous avons renoncé à poursuivre nos expériences dans ce sens.
ENTÉRITE
Sans doute chez un enfant atteint de dystrophie farineuse avec selles glaireuses secondaires, qui présente V apparence^ mais Vapparence seulement, d’une entérite inflammatoire infectieuse, mais qui n’a en réalité que des selles glaireuses à' origine irritatioe acide, le lait albumineux donne de bons résultats et nous en avons obtenu.
Mais c'est précisément parce qu'il ne s'agit pas d'une entérite, mais d’une dyspepsie farineuse chronique avec symptômes entéritiformes que le lait albumineux est tout indiqué, car il agit là simplement comme antifer mentatif en changeant le milieu microbien, s acchar dytique en un milieu de caséine qui lui est défavorable.
C’est pour cette même raison que dans l’entérite chronique des enfants plus âgés nourris au lait ou aux potages au lait, on obtient des résultats si remarquables, lorsque sous l’influence de cette alimentation, les selles restent liquides, glaireuses ou glairo-sanguinolentes, en remplaçant complètement le lait soit par du fromage frais, soit par de la viande crue déjà recommandée par Trousseau (1) à la condition qu’on ne continue cette alimentation que juste (1) Trousseau. Cl. méd., III, p. 150.
TRAITEMENT
le temps nécessaire pour modilier le milieu intestinal.
Ce n’est donc pas théoriquement, mais en nous basant sur l’expérience que nous supprimons absolument dans la première période du traitement de l’entérite aiguë grave le bouillon, le blanc d'^œiif, et le lait, même le lait albumineux.
B. NlSrnODUlHE DASS LA PHEMIÈIŒ PÉniüüE nu TRAITEMEST QUE DES ALIMENIS ANTl PUrHIDES :
Première période.
Le potage de céréales, aliment antiputride, constitue l’aliment exclusif de la première période du traitement de l’entérite.
Nous nous servons dans ce but des , potages de céréales Knorr : crème d’orge, de riz et d’avoine.
Nous .préparons à la Clinique ces potages en quatre concentrations suivant l’âge du bébé et sa limite de tolérance pour les farines.
Potage Knorr, n° 1 10 gr. farine pour 1000 d’eau.
— n° II 20 gr. —
— n° III 30 gr. —
— no IV 40 gr. —
Pvéparalion du potage Knorr.
On délaye la farine de crème d’orge Knorr ou de crème de riz dans l’eau froide et on fait bouillir 20 à 30 minutes en remuant continuellement avec une cuillère en bois.
Passer au tamis avant de servir.
Combe. — Mal. gastro-intestinales.
ENTÉRITE
On peut aussi se servir avec avantage pour cuire ces potages d’un appareil bain-marie, tel que le Porridger anglais qui peut permettre une cuisson de une à deux heures sans surveillance.
Repas d’épreuve.
Technique. — Le potage de céréales renferme surtout de l’amidon, du mucilage et une petite proportion de matière albumineuse.
On y ajoute un peu de sel et du sucre S oxhletqne l’on peut augmenter jusqu’à la dose de 5 p. 100 et ainsi se trouve constitué le repas d’épreuve.
Repas d’épreuae :
Potage Knorr, n° II 150 gr.
Soxhiet 7g'', 50
Étant donné que la digestibilité de l’amidon est absolument individuelle chez le nourrisson, il faut surveiller les selles avec le Lugol.
■ Lugol positif. — Si l’on constate microscopiquement ou même macroscopiquement, la couleur bleue de l’amidon indigéré ou si l’on se trouve au microscope en présence d’une quantité anormale de Clostrydium butyricum^ il faut passer à un potage de numéro inférieur.
TRAITEMENT
Liigol négatif. — En cas de Liigol négatif on peut augmenter la proportion de farine.
Mais en ordonnant ce régime il faut tout d’abord se souvenir que ce régime est un régime de famine qui guérit l’intestin sans nourrir le bébé.
Il faut en second lieu se rappeler que la diète farineuse prolongée favorise l’idiosyncrasie pour le lait, ce qui est un fait d’observation sans qu’il soit facile d’en trouver l’explication; pour toutes ces raisons, après huit à dix jours au plus de soupes farineuses à Veau^ il faut revenir aux soupes farineuses au lait et ceci nous amène à la deuxième période.
Deuxième période des cas sérieux.
Première période des cas légers.
Repas d’épreuve.
Technique. — Farines maltées. — Nous employons dans cette deuxième période comme hydrocarbones des farines déjà maltées mais peu maltées comme la farine Milo ou la farine Kufeke.
Nous pi'éparons suivant Vdge une soupe :
Milo I, 40 pour 1000 ou Milo II, 80 pour 1 000. •
Lait centrifugé. — • Nous n’utilisons comme lait que le lait centrifugé.
ENTÉRITE
Nous incorporons donc dans le Milo le lait centrifugé en augmentant lentement les doses tout en surveillant les selles avec le Lugol pour le Milo et avec V acide acétique pour la graisse.
Sucre. — Puis nous y ajoutons le sucre sous forme de Soxhlet, en montant peu à peu jusqu’à 5 p. 100.
Exemple : Repas d'épreuve :
Milo I : 40 pour 1 000 100 gr.
Lait centrifugé 50 —
Soxhlet 5 —
Soupe de Liebig.
On peut aussi, suivant la recommandation de Widerhofer, d’Escherich, de Heubner, se servir avec avantage dans cette même période de la soupe de Liebig :
Préparation de la soupe de Liebig.
60 gr. de farine de froment délayés à froid
dans 800 gr. de lait froid N° 1
80 gr. de malt dissous dans 200 gr. d’eau,
LXII gouttes solut. 11 p. 100 carb. de potasse 2
On mélange n° 1 et n° 2 et on chaulTe en agitant continuellement jusqu’à ébullition que l’on poursuit pendant dix minutes.
Cette soupe de Liebig, difficile à bien préparer, se trouve sous forme de poudre dans le commerce, sous le nom de Liehigsiippe, chez
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Lœfflund à Stuttgart et représente 50 calories par 100 grammes de farine.
Soupe de Keller.
Beaucoup d’auteurs se servent aussi dans cette période de la soupe de Keller dont voici la formule :
Préparation de la soupe de Keller.
50 gr. de farine de froment délayés dans
350 gr. de lait froid N° 1
100 gr. de malt dans 650 gr. d’eau, plus 10 gr. solut. 11 p. 100 de carbonate de potasse.. N® 2
On mélange 1 et 2 et on chauffe en ne cessant d’agiter le mélange jusqu’à ébullition que l’on poursuit pendant dix minutes sans dépasser 98°. On verse alors la soupe dans des bouteilles stérilisées et fermées au caoutchouc, onrefroidit rapidement et on maintient à basse température.
La soupe de Keller forme un liquide grisbrun, doux et alcalin que les bébés prennent très volontiers. Mais il est bon de savoir que cette soupe donne normalement aux bébés des selles noires.
On trouve cette soupe sous forme de poudre dans le commerce sous le nom de Kellersche N eutralnahrung chez Liebe^ à Dresde.
100 grammes = 80 calories.
Nous donnons pour notre part la préférence au Milo combiné au lait centrifugé et au Soxlilet, parce que ce procédé permet plus facilement de
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varier le-s proportions des éléments alimentaires suivant les indications données par les analyses des selles.
Troisième période de convalescence.
Dès que les selles ont repris leur aspect normal, on augmente peu à peu la proportion de Soxhlet et de lait centrifugé d’abord, non centrifugé ensuite jusqu’à ce que l’enfant reçoive la portion calorifique correspondant à son âge.