MÉTHODE DE TRAITEMENT
Lorsque le médecin se trouve vis-à-vis d’un bébé sous-alimenté accidentellement, il doit tendre à passer peu à peu de la sous-alimentation à la ratio optima. Mais il ne doit pas oublier que toute sous-alimentation a affaibli et abaissé la limite de tolérance. Il ne faut donc pas faire d’imprudence et vouloir revenir de suite à la dose normale; il faut au contraire augmenter la nourriture soit quantitativement soit qualitativement, mais avec lenteur et prudence en surveillant le poids et les selles.
L’augmentation progressive de nourriture, comme nous l’avons vu, stimule la sécrétion des sucs et sous cette influence, de la même manière que le manque de stimulant l’avait fait
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baisser, la limite de tolérance remonte peu à peu .
Mais il ne faut pas négliger les autres soins. Il est utile de tenir l’enfant dans une bonne chambre située au soleil et bien chauffée.
Il faut le couvrir chaudement dans son lit et l’entourer de boules chaudes et même si nécessaire le mettre en chambre-couveuse.
La sous-alimentation qualitative que l’on pourrait aussi appeler partielle est d’origine médicale et thérapeutique.
Elle est la conséquence forcée des études poursuivies depuis plus de vingt ans par les pédiatres, études qui ont démontré que les affections gastro-intestinales des nourrissons n’étaient pas toujours d’origine organique, mais le plus souvent fonctionnelles, et que, par conséquent, leur tableau symptomatique n’était qu’en apparence intestinal, mais résultait en réalité de troubles trophiques et toxiques de l’organisme tout entier.
Ces études ont en effet donné la preuve :
1® Que les troubles trophiques qui sont la
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conséquence des maladies gastro-intestinales du nourrisson sont d’origine auto-toxique et que nous devons les considérer comme résultant des auto -intoxications alimentaires dorigine microbienne qui se produisent aux dépens des différents éléments alimentaires : caséine^ hydrocarbones, graisses et sels contenus dans le lait, les soupes et les bouillies qui constituent dans les différents pays l’alimentation du nourrisson ;
2® Que ces auto-intoxications sont variables suivant l’élément alimentaire qui les produit et qu’elles dépendent de la nature de la flore intestinale : saccharolytique ou protéolytique qui décompose cet élément alimentaire.
Ces études ont tout naturellement amené les médecins d’enfants, afin d’éviter les grands dangers inhérents à l’inanition totale prolongée, à ne supprimer ou à ne diminuer dans chacune des différentes maladies gastro-intestinales que le ou les éléments alimentaires qui deviennent la proie des microbes et à créer pour chacune de ces maladies la sous- alimentation partielle correspondante dite sous -alimentation thérapeutique.
DYSTROPHIES PAR INANITION
Avantages de la sous-alimentation partielle.
l^La sous-alimentation thérapeutiquecherche à empêcher l’inanition et ses conséquences en remplaçant l’élément enlevé ou diminué par des quantités isodynames d’autres éléments alimentaires, et à conserver à la ration alimentaire sa valeur calorifique physiologique qui correspond à l’âge du nourrisson;
2^ Elle cherche à supprimer l’auto-intoxication produite par le ou par les éléments alimentaires incriminés en proportionnant les quantités permises au pouvoir digestif du nourrisson ;
3® Elle cherche, en supprimant ainsi le résidu alimentaire qui a déterminé la nature de la flore intestinale nocive, à modifier le terrain intestinal^ à couper les vivres à ces microbes et à préparer V apparition de la flore antagoniste favorable, mais qui ne deviendra prédominante que lorsqu’on aura introduit l’élément alimentaire opposé en proportions suflîsantes ;
4° Elle cherche enfin à ménager les organes et appareils qui étaient destinés à digérer, à assimiler et à. métaboliser l’élément alimentaire incriminé, à laisser reposer ces organes fatigués et par trop stimulés par un travail