II. Athrepsie : ni accoutumance, ni amélioration
Athrepsie.
Épreuve sous- alimentaire. — Dans cette
l’athrepsie
forme la limite de tolérance pour les graisses et les hydrocarbones est égale à zéro ; les endozymases sont atteintes ; aussi ne parvient-on pas même avec une sous-alimentation poussée jusqu’à ses dernières limites à enrayer la diminution continuelle du poids et à modifier favorablement les selles.
Par contre si l’on essaye d’augmenter la ration alimentaire, la diminution de poids devient extrêmement rapide.
Finkelstein admet encore une forme intermédiaire dans laquelle la sous-alimentation améliore, mais V alimentation croissante amène de suite une rechute.
TABLEAU CLINIQUE
État général. — Le faciès est très différent suivant qu’il s’agit d’une dysthrepsie qui ne montre que les signes de début, ou d^athrepsie où ces signes sont tout à fait développés.
Dans la dysthrepsie, l’amaigrissement est manifeste, mais le fades Voltaire n’est qu’ébauché.
Faciès Voltaire. — Dans l’athrepsie, par contre, le faciès est caractéristique, c’est le faciès Voltaire, c’est la figure d’un petit vieux à peau ridée, plissée, parcheminée comme celle
d’un vieillard, au teint pâle et jaune et dans les cas avancés grisâtre.
L’amaigrissement de la face est considérable
Fig. 19. — Dysthrepsie avant le traitement.
si bien que son ossature est visible à travers la peau par le fait de la disparition presque complète de la graisse et même du muscle.
l’athrepsie
Dans le fond des orbites se voient les yeux énormes, graves, continuellement en mouve-
tig. 20. — Dystlirepsie.
Même cniant après le traitement.
ment. Le nez est allongée et son extrémité est rouge et bleuâtre. La bouche encadrée par des
DYSPEPSIES
lèvres rouges et cyanosées est énorme et élargie par la disparition de la graisse des joues. Cette bouche largement ouverte paraît occuper toute la face et est constamment occupée par les deux mains de l’enfant qui les suce gloutonnement pour tromper sa faim qui paraît effrayante.
Au dessous du thorax maigre et chétif ressemblant à une carcasse de poulet on voit le ventre ballonné recouvert d’une peau mince, tendue, à travers laquelle on aperçoit les mouvements des anses intestinales. Cette peau soulevée en plis reste plissée.
A côté de ce corps squelettique, on aperçoit les membres inertes sous forme d’appendices chétifs et maigres n’ayant que la peau et les os. La plante des pieds présente une rougeur caractérisée qui disparaît, comme du reste la rougeur des lèvres, dès que l’amélioration se manifeste.
La croissance pondérale. — La diminution constante du poids est le caractère le plus important de l’athrepsie,
Dysthrepsie. — Seule une sous-alimentation proportionnée pourra encore arrêter cette chute progressive du poids, mais seulement dans la dysthrepsie.
l’athrepsie
Athrepsie. — Dans l’athrGpsiG, par contrG, ramaigrissGniGnt progrGSsif, d’abord modéré, puis dG plus GU plus accGutué, GxpliquG Igs pGrtGS journalièrGS du poids do 50 grammos à 100 grammes qui ne sont nullement exceptionnelles.
Cet amaigrissement progressif ressemble absolument à celui produit par V inanition^ mais ici c’est une inanition avec alimentation suffisante et trop souvent exagérée.
La respiration. — Au début de l’athrepsie, on ne constate que le prolongement de l’expiration.
Respiration irrégulière. — Mais plus tard et à mesure que le cas s’aggrave la respiration devient franchement irrégulière : les intervalles entre les respirations sont inégales et l’amplitude respiratoire est tantôt forte et bruyante, tantôt faible et presque silencieuse.
Cheyne-Stokes. — ■ Dans les cas très graves enfin, on constate de l’apnée momentanée et même la respiration de Cheyne-Stokes typique.
La circulation. — La température est toujours suhnormale dans l’athrepsie et au-dessous de 370.
DYSPEPSIES
Dans les cas graves de collapsus elle peut descendre à 36 et même au-dessous de 35°.
Fig. 21. — Température dans trois cas d’athrepsie (d’après Finkelstein).