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crobes, des bactéries, des bacilles, des spirillei Certains ont une puissance de végétalion telle qw même dans l'eau pure, ils se multiplient avec U excessive rapidité. En quelques jours on peut c stalerqu'une eau abandonnée à elle-même renfer^ jusqu'à 100.000 fois plus de microbes qu'aval (Leone). La température eugénésique pour cet multiplication est 22".

Le plus grand nombre des bactéries de l'eau sont" inoffensives. M. Hiquel n'a jamais pu tuer un animal en lui inoculant ses cultures des eaux. Cependant bien des eaux, même malgré de belles qualités optiques, quelquefois même malgré une bonne analyse chimique, sont dangereuses. C'est qu'elles recèleut des microbes pathogènes entraînés accidentellement dans l'eau et y vivant d'ailleurs parfaitement, souvent pendant assez longtemps. Straus et Dubary ont en effet montré expérimentalement i]ue divers microbes pathogènes pouvaieni conserver leur virulence dans l'eau, celui du choléra pendant 30 à 39 jours, celui de la lièvre typhoïde i3 à 80 jours, le streptocoque pyogène 15 jours environ, etc.

En somme, l'eau n'est dangereuse que quand elle a été contaminée directement par l'introduction d'un agent infectieux qui s'y multiplie et qu'elle transporte. Nombre de faits prouvent à révidence qu'une eau, saine jusqu'alors, ayant reçu par exemple des déjections de lyphiques, a transmis la fièvre typhoïde A ceux qui en ont bu. Koch a démontré ce fait pour le choléra. Lortet et Despeignes ont trouvé, dans les sédiments dos eaux du RMne distribuées à Lyon, des miiTobe?îpyogénes et sep-

DE lA COHTAGIOtT

tiques et G. Roux y a trouva le vibrion septique et le bacille du tétanos. Par conséquent, l'eau peut recevoir et transporter des germes pathogènes qu'elle met ainsi facilement au contact des muqueuses, de la peau, des plaies et qu'elle introduit dans le tube digestif de sujets bien portants qui peuvent être ainsi contaminés.

Quant aux microbes non pathogènes, hôtes habituels de l'eau, il est impossible de savoir si leur virulence ne peut pas, dans certaines conditions de milieux qui nous échappent encore, s'exalter subitement et devenir pathogènes. Nous reviendrons sur ces faits en parlant de la virulence.

Ces considérations montrent que la teneur en microbes d'une eau n'a qu'une signification secondaire. Le pointimportantest de connaitre la qualité de ces microbes. Tout récemment, MM. Blacfastein et Sanarelli ont minutieusement étudié les eaux de Seine et la plupart des eaux d'alimentation de Paris àcepoinlde vue. Ils ont constaté qu'en général une eau était mauvaise toules les fois que ses cultures donnaient un aspect coliforme, c'est-à-dire renfermaient des colonies se comportant sur la gélatine comme le hact. coll. Les cultures de ces eaux sont d'ailleurs souvent toxiques et peuvent parfaitement déterminer une péritonite mortelle chez le cobaye par injection intra-péritonéale. De plus, ces auteurs ont découvert dans l'eau de Seine surtout et dans diverses eaux des vibrions au nombre de 32, présentant des réactions de culture, de formes, parfois même une virulence, très analogues à celles du bacille virgule cholérique de Koch. Pour 3 ou 4 même, l'identité est absolue. On pourrait dès lors

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admettre que ce sont là d'anciens bacilles choî riques entraînés dans ces eaux avec des déjectlo cholériques lors d'épidémies antérieures et ( acclimatés dans ces eaux, modifient leur évolutioq leur vitalité jusqu'au jour oii ils reprennent i nouvelle virulence et deviennent alors capables ^ déterminer une nouvelle épidémie. C'est là rhy| thèse fort intéressante que proposent ces aute pour expliquer les résultats de leurs observatîo)

Sol. — Le sol est le grand réservoir des micro' ' c'est de là qu'ils partent ; c'est là où ils retoui en dernière analyse. Rien d'étonnant k ce quf soi renferme une quantité considérable de microb) 800.000a 1.000.000 par grammede terre de sséchU d'après les analyses de Miquel. Ce n'.est d'aillé que dans les couches les plus superficielles qti les rencontre, plus abondants là où la ■ " est active et autour des habitations. Les uns * aérobies, les autre anaérobies. Les bacilles s dent (90 0,0) surtout i l'état de spores. A 1 mjli de profondeur il n'y aurait plus de bactér^ d'après Koch ; à 3 mètres on ne trouver plus d'anaérobies (Frankel).

Ces microbes ne sont en général pas da cependant la plupart des microbes pathogj peuvent survivra de longs mois dans la terre A j conserver leur virulence pendant fort longlei (5 mois d'après Grancher et Deschamps qui expérimenté avec le bacille typhique). D'ailleurs .8 microbes versés à la surface du sol ne pénètr guère qu'à -40 ou 50 centimètres de profondeur. ] pathogènes ne sont guère dangereux que lorsqu^ sont enlrainés par les eaux servant uUérieurem

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à l'alimentation, à moins qu'ils n'agissent par contact direct (bacille du tétanos, de la septicémie) sur les plaies faites dans une chute sur la terre.

De la profondeur, en effet, les microbes ne peuvent revenir àla surface que si les interstices du sol sont moyennement étroits. lis remontent alors avec Teau par capillarité. Si les espace» interstitiels sont plus larges, ils suivent les oscil!ationa de la nappe souterraine, et enfin, si ces espaces sont extrêmement fins, ils sont retenus dans le sol qui se comporte alors comme un filtre. (Soyka, Pfeifi"er, Duclaux.j

Il faut aussi noter que, transportés de la profondeur vers la surface, certains microbes peuvent ainsi être ramenés mécaniquement à l'extérieur. C'est là 11! très curieux mécanisme découvert par Pasteur pour le transport de la bactéridie charbonneuse des profondeurs où avaient été ensevelis des animaux, à la surface des champs maudits. Lurtel a constaté expérimentalement le même mécanisme pour le bacille tuberculeux.

Les divers microbes pathogènes, ainsi déposés dans le sol et qu'il conserve avec toute leur virulence, sont surtout le vibrion septique, le bacille du tétanos, la bactéridie charbonneuse, le microbe du charbon symptomatique (celui-ci atténué) et, dans certains cas, le bacille typhique, la virgule du choléra. Enfm, comme pour l'eau, on peut admettre que certains microbes du sol, inofiensifs ordinairement, peuvent prendre sous certaines influences une virulence spéciale et devenir palhogèues.

Nappe soutert-aine. — Nous devons aussi signaler la théorie de PettenkofTer qui admet que les germes de toutes les maladies doivent passer par le sol

pour (levenirpaLhogènes. Ces germes, peFoulésd! les couches supérieures du sol par les osciilatioi^" de la nappe d'eau souterraine, y sont abaDdonnés quand elle baisse, et les épidémies se dêclarenl alors, pour cesser quand le niveau de la nappe souterraine s'élève. Des recherches faites sur ce point & Lyon par Vinay, Hollet, Teissier, ont démontré que fort souvent c'était précisément l'inverse qu'un observait. D'ailleurs, l'élévation de la nappe souterraine fait que les eaun pénètrent plus facilemenl les couches supérieures, les lavent, se chargentdes microbes qu'elles peuvent facilement déposer dans les puits.

Pour ce qui est des sources, la pureté traditionnelle de leurs eaux tient à ce qu'elles proviennent de nappes souterraines très profondes où manquent les microbes, ou bien à ce qu'elles in.versent des terrains où il y a peu d'êtres vivants. D'ailleurs elles en contiennent relativement peu, mais en renferment encore néanmoins. Elles penvent quelquefois être souillées par des inhltralions diverses. I! ne faut donc pas croire sans examen â la pureté de toutes les sources.

Substances alimenCaires, — Tout nalurellement, lessubstancesalimentaires renferment toujours des microbes en abondance. Il est probable même qne ces microbes sont nécessaires à la digestion. Pasteur a jadis proposé cette expérience de nourrir des animaux avec des subtances stérilisées; il ne pense pas que l'animal puisse longtemps survivre dans ces conditions.

Mais, si les aliments sont riches en microbes, îlne faut pas qu'il ces microbes banaux ou utiles il se

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surajoute des microbes pathogènes. Ceu.v-cî peuvent avoir diverses origines. Ils peuvent provenir du milieu d'où on tire la substance alimentaire, tel serait le cas pour les végétaux qui poussent dans le sol. MM. Pasteur, Laurent, Duclaux et, plus récemment, .Fernbach et Buchner ont affirmé, après expérimentation, que les microbes du sol nepénètrent pas dans les végétaux tant qu'ils ne présentent pas de solution de continuité à leur surface, M. Galippe a soutenu le contraire. En somme, on peut admettre qu'un végétal dont la paroi a été altérée peut renfermer des microbes venus du sol. Ceux-ci, même dans ce cas, ne pourraient être dangereux que dans les légumes consommés crus. Les végétaux peuvent aussi être altérés, fermentes comme cela arrive parfois pour les conserves. Ce sont lu de vraies intoxications. Ils peuvent aussi transporter des germes accidentellement déposés ii leur surface. Gailier et Violet ont trouvé des fourrages et des graines capables de produire la pneumoentérite du chevaL On a récemment aussi signalé la présence de l'actinomycose dans des fourrages. Bien autrement importante est la contagion par les produits provenant des animaux. Sans entrer dans l'exposé de cette question qui a suscité de très nombreux travaux, nous retiendrons les quelques données qui résument toutes ces recherches. Dès 1869, Chauveau avait démontré que la pommeUère peut se transmettre chez les bovidés par le tube digestif. D'où cette conclusion qui est restée tout entière : les organes renfermant les produits tuberculeux doivent être rigoureusement proscrits de la consommation. Mais, dans ce cas, la totalité de

la viande de ces animaux est-elle daogerE Bien des expérimeotaleurs ont éludié ce poinj Toussaint, Galtier, Peuch, Chauveau, ArloijM Nocard, pour ne citer que nos compatriotes, tg résultats furent contradictoires; cependant on p admettre que, dans ces conditions, 1; virulente une fois sur six, fût-elle môme { de très belle apparence.

Le danger résultant de l'ingestion de cette v pourrait être évité si elle était salée à fond ouport à 100° pendant plusieurs minutes. Mais on n guère le bœuf en France; quant à la cuisson, on s bien aujourd'hui que, dans un fort morceau { viande de plusieurs kilogrammes, la lempéraltl centrale ne dépasse jamais 70 à 80° au plusi| souvent ne l'atteint pas. Or, il est démontré ^ 70' pendant une demi-heure détruisent h peint virulence du bacille de Koch et, d'ailleurs, Johng montré que la viande tuberculeuse cuite est vij lente 35 fois pour 100.

Il serait donc préférable de détruire toute ^ viande provenant d'un animal tuberculeux. Ce à d'ailleurs ne se fait pas. Dans les abattoirs ' mieux organisés, on se contente d'enlever Ira \ cères tuberculeux et l'on permet la vente da* viande, si elle a un bel aspect et, bien entei " si elle ne renferme pas de produits tuberculH Il ne reste donc plus qu'd bien surveiller la cuiri de la viande que l'on consomme.

Quant au lait, il parait bien établi que, pour q soit infecté, il faut que la vache ail de la mamn) tuberculeuse, affection fréquente chez, les vac| tuberculeuses (Bang) ; dans ce cas, le laU renferR

i)E LA noswGiœi

beaucoup de bacilles très virulents. Or cette mammjte n'est pas très rare et elle est par faite ment compatible avec toutes les apparences de la santé, au moins pendant quelque temps. SpiJlmann a pu constater le fait récemment dans le Tyrol. Bien plus, la mamelle peut être absolument saine et le lait virulent. Nonard en a cité des cas récents, llippolyte Martin a pu déterminer la tuberculose che7 quelques-uns des lapins auxquels il avait inoculé du lait vendu pour la consommation à Paris. Galtier a pu retrouver des bacilles dans les fromages failsavecdulait infecté expérimentalement.

D'ailleurs, d'autres maladies peuvent être transmises par le lait. En Angleterre, bien des auteurs, Power, Cameron, Klein, Edington, Smith, etc., ont accusé le lait de transmettre la scarlatine, qui ou bien serait une maladie bovine transmise à l'homme, ou la scarlatine transportée par le lait. Des mesures sévères ont été prises pour que les laiteries fussent tenues avec la plus extr(''me et scientllique propreté et que tout sujet malade, homme ou vache, en fût immédiatement éliminé.

Arloing a retrouvé le microbe pathogène dans le lait des vaches atteintes de péripneumonie. Dans la peste bovine le lait est très virulent. Enfin, asseï récemment, on aurait constaté quelques cas de transmission de la fièvre aphteuse des bovidés aux enfanta par l'intermédiaire du lait.

De tous ces faits il faut dune conclure, comme moyen prophylactique, que le lait, surtout celui destiné aux petits enfants, devra toujours être bouilli au moins pendant 8 à 10 minutes et autant que possible sous pression en vase hermétiquement

fermé ou bien encore en bouteilles ouvertes, maintenues 1/2 heure à l'ébuHition, fermées herméliquemenL alors d'une façon automatique, et ouvertes seulement au moment de l'emploi.

Enfin les substances alimentaires peuvent servir comme tout corps solide de véhicules aux microbes pathogènes. Le danger est minime pour les substances cuites et consommées encore chaudes, U est beaucoup plus grand pour les substances consommées froides, c'est-à-dire ayant été exposées à l'air, aux poussières, aux contacts divers depuis un temps plus ou moins long et surtout ayant pu être contaminéesparlesdéjections d'insectes divers, surtout les mouches, qui sont d'actifs agents de transport et de dissémination des germes palliogënes, ainsi que nous l'avons déjà vu.

Parmi ces aliments, il n'en est pas qui soit plus exposé â. une foule de causes de contamination que le pain. Il est cuit à une température qui ne tue pas tous les microbes que renferment la farine, l'eau ou la levure; en effet, M. Ballanda récemment montré que ce n'est qu'après S à 6 heures que le centre d'un pain de 1 kgr. atteint la température de 97° à 100'. Le pain est ensuite manié par une foule de mains dont les ongles recèlent le plus souvent des débris organiques souvent pathogènes, depuis celles du boulanger, du client de la boutique, de la porteuse de pain, des domestiques divers, etc., qui tous à l'envi couvrent sa surface de germes les plus variés. 11 est aussi fréquemment posé h terre, près des portes, souvent sur les paillassons remplis de terre ; il est exposé h toutes les poussières et enfio consommé tel quel. On ne saurait trop signaler

DE Li COMTAGIOM 8S

cette réelle cause de transport des microbes pathogènes et recommander, ce que font certaines personnes, de brosser soigneusement le pain avec une brosse rude avant de le placer sur la table.

Pour terminer ce qui a trait à l'alimentation, signalons l'infection possible «les ustensiles de cuisine ou de table et eniia l'infection par les mains mêmes, que l'on devrait toujolirs soigneusement laver avant de se mettre à Uble, imitant en cela la coutume universellement répandue dans (oui rOrienl.

2° Habitats des microbes dans l'organisme normal.

Ce ne sont pas seulement les microbes qui pulr lulent autour de l'bomme, qui le menacent constamment. Il porte eu luicL la surface desépilhéliums (peau et toutes les cavités naturelles ouvertes à l'extérieur) une quantité considérable d'agents parasitaires jouant probablement un rôle dans les fonctions organiques, surtout digestives. Sous des influences diverses, dont le mécanisme n'est pas encore déterminé nettement, mais qui semblent être des troubles circulalulres ou bien sêcrétoires amenant des modifications chimiques et fonctionnelles du milieu où vivent à Tordinaire les microbes hôtes, ceux-ci deviennent subitement virulents, pénètrent dans les tissus, acquérant peut-être leur virulence de ce fait. Dés lors ils deviennent le ferment qui pourra donner naissance à une maladie, ou bien ouvrir la porte à une autre infection extérieure, ou encore se surajouter à l'infecLiou

MALâDlES ISFECtlECSES

déjà constituée et donner sa note infectante i maladie. C'est ce qu'on a appelé l'aulo-intoxicati^ microbienne.

Bien plus, le professeur Verneuil et ses élèves ont démontré que maints organismes pathogènes, ayant pénétré dans l'organisme h la suite d'une première atteinte, peuvent s'y canlonner en un point, y rester à l'état latent pendant longtemps, des années même, puis brusquement reprendre leur virulence et créer une nouvelle infection reproduisant le type de l'infection primordiale : c'est là le microbisme latent.

Microbes des voies respiratoires supérieures. — Examinons rapidemejût ce que l'on sait des divers microbes que l'on constate toujours à la surface des voies respiratoires. L'air que nous respirons est rempli de germes (nous l'avons vu) et, d'autre part, de nombreuses expériences ont montré que l'air expiré était dépourvu de microbes iTyndall, Slraus et Wurtz, Grancher, Charrin). Donc ces microbes ont forcément dû être retenus dans leur passage à travers les voies respiratoires.

Le plus grand nombre s'arrête dans la bouche ou dans les fosses nasales ; ceux qui peuvent pénétrer plus loin sont saisis par les cils vibraliles des bronches et refoulés vers la trachée où la sécrétion normale les englobe et les élimine. Ils sont égale* ment détruits par la phagocytose normale en tous ces points. Eniin ceux qui pourraient arriver aux extrémités bronchiques ytrouvent un milieu nettement acide. Les sécrétions normales des surfaces épithélialessurtoutce trajet englobent les microbes, agissent probablement aussi sur eux et les élimi-

DE LA COSTAGION

n les entrainant ainsi lorsqu'elles sont expul- EnfiQ, ceux qui ont pu fraochir la barrière épithéliaie rencontrent des cellules lymphatiques quilesenglobentet généralement les digèrent rapidement. Il y aU un mécanisme très actif el complexe; sans cela les voies respiratoires seraient rapidement obstruées, non seulement par les microbes, mais aussi par les nombreuses poussières de tous genres que renferme Taip el qui sont éliminées ou entraînées par le même mécanisme.

Mais il existe de nombreuses an frac tuu site s dans les fosses nasales surtout, oCi se canlonnent et se multiplient les microbes pathogènes qui ont pu à un moment infecter l'organisme. C'est ainsi que les sécrétions nasales renferment très souvent le staphylococcus aureus, le pneumocoque, le streptocoque, etc., bien que le sujet vecteur soit en parfaite santé. La pénétration de ces divers microbes peut réaliser isoliimenl ou par le mécanisme de l'infection mixte des pneumonies, broncho-pneumonies, des érysipéles, des abcès, etc., avec toutes les localisations possibles.

Bouche. — L'air inspiré passe parfois par la bouche â l'étal normal, constamment chez certains sujets. Mais par la bouche passent normalement les aliments ; de plus, la bouche est une cavité anfractueusé, humide, à température eugénésique pour les microbes. C'est-t-dire qu'elle réalise les meilleures conditions possibles pour constituer un milieu de culture excellent. Il est donc naturel que la bouche soit absolument remplie de microbes en nombre considérable. Vignal apu en compter 19espêces différentes et, dans ce nombre, on rencontre

Maladies isfectieuses souvent le gtaphylococcus aureus, des streptocid ques, le piieumocoqu<!t tous microbes qui, coma ceux do nez, peuvent déterminer les plus gravi, infections, snit seuls, soit associés à une infecUqi venue du dehors. Le rôle de ces multiples microbd est surtout imporlanl dans la pathogénie des diver-" ^es angines dont ils peuvent créer un bou nombre, ou qu'ils peuvent aggraver eu préparant le terrain à un organisme importé, tel que celui de la diphtérie ou de la scarlatine, ou en ajoutant leur virulence h\a sienne. Dans la bouche aussi se trouvent souvent des microbes pathogènes qui peuvent y séjourner indéfiniment, vivant d'une vie latente, une fois la maladie terminée; tel est le cas pour ceux de la pneumonie.

Tube digestif. — Le tube digestif n'est pas moins riche en microbes que la bouche ; certaines espèces sont communes et semblent être parties de la bouche et avoir pénétré avec les aliments dans l'estomac, puis dans Tinlestin. Dans Testomac, les microbes ne semJilent pas très nombreux, quoi qu'on ait dit. Nous avons examiné, au point de vue bactériologique, un nombre considérable de sucs gastriques extraits après le repas d'épreuve, pour . examiner ses qualités chimiques. Or, sauf rares exceptions, nous n'avons guiire trouvé que trois micro-organismes : un petit bacille donnant une culture jaune citron et deux levures, l'une donnant une culture d'un beau rose et l'autre une culture blanche. Nous n'avons presque jamais trouvé la classique sarcine. Nous ne pouvons insister ici sur ce fait que nous nous coutenterons d'indiquer; ces micro-organismes ne paraissenl pas pathogènes.

DB LA cosTAeion

^^HtAbelous a, au contraire, indiqué l'existence dans

^^■Testomac de microbes variés.

Les iQÎcrobes nalurellement foisonnent dans l'intestin: on Irouve des saprophytes nombreux, des bactéries fluorescentes, des coccus, des spirilles, etc., constamment apportés par l'alimentation. Se multipliant à leur aise, sécrétant leurs produits solubles, réagissant sur les matières alimentaires. ainsi que les uns sur les autres, ces microbes jouent dans l'intestin les rôles les plus complexes. Très certainement, certains ont un rôle utile. En effet, ainsi que Duclaux l'a fait remarquer depuis longtemps, les aliments riches en microbes contiennent surtout ceux dont la nature est appropriée à celle de ces aliments. 11 est donc naturel de supposer qu'ils continuent dans l'intestin le rôle de désintégration organique qu'ils avaient commencé àl'extérieur. Il y a donc, superposée à fa digestion naturelle, une digestion microbienne qui est seule à prendre à son compte la digestion de certaines substances, par exemple: cellulosesdes légumes, salades, asperges, fruits, pour lesquelles on ne connaJt pas de sucs normaux digestifs dans l'organisme. Ce sont les réactions vitales de ces microbes qui donnent naissance aux gaz de l'intestin. D'ailleurs, il n'y a pas que des microbes, l'alimentation apporte aussi des levures.

Indépendamment de ces espèces extrinsèques, constamment amenées avec les aliments, il en est qui, hôtes normaux de la bouche, arrivent constamment dans l'intestin. Vignal, étudiant la biologie des J!) espèces qu'il avait pu récolter dans sa

^^■bouche, a bien constaté que presque toutes ont une

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aclion digestive marquée sor diverses subBtano^ alimentaires. 11 en est eoTm qui vivent fODsiai ment dans l'intestin, et sont capables de tous les méfaits ;'tel est ce terrible bacterium coli dont nous nous occuperons tout à l'heure.

Tous ces micro-organismes ne peuvent indéfiniment pulluler, il y a certainement des lois de balancement qui font que, lorsque leur nombre est trop grand, ils sont éliminés on détruits. Les causes qui peuvent produire cet effet sont multiples. Cesontd'ahord les sucs organiques, lesréactions cellulaires, la phagocytose, puis l'abondance même des sécrétions microbiennes qui finissent par arrêter le développement du microbe et souvent par le tuer, d'autant plus que chaque espèce sécrète des produits qui peuvent nuire aux espèces voisines. Ces actions sont d'une excessive complexité, variables suiTanI les sujets, suivant ralimcnlation, suivant le moment de la digestion.

On conçoit donc que, d'aprésces processus divers, lorsque les matières alimentaires sont élaborées, la digestion, qui n'est en somme qu'une fermentation, devient facilement une fermentation déviée OU mieux prolongée et l'on sait que, dans ces cas, la matière est encore plus complètement attaquée et qu'il se produit des substances d'une toxicité généralement grande. C'est ce qui peut se passer dans l'inleslin. 'A l'état normal, la pultulation microbienne est modérée elles substances toxiques éliminées au lur et à mesure de leur production par les matières 'fécales, puis par le sang, qui en est débarrassé aussitôt par le foie et le rein. Il y a donc là un cycle complexe.. Le moindre trouble apporté

DE L4 COSTAGIOS ,

dans le foncUonnemenl d'un des éléments dont il se compose, se tradqiL immédiatement par des accidents plus ou moins graves.

Maiï^ il y a plus : non seulement dans l'intestin il existe des bacilles digérant, des bacilles indiiférents, voire même des bacilles pathogènes, restes actuellement inertesde maladies antérieures (bacille pyocjanique, streptocoque, staphylocoque, ctiî.l, mais il existe aussi des espèces habituelles qui, ordinairement non dangereuses, peuvent tout à coup, sous l'inlluence de circonstances variées, prendre une virulence d'emprunt et duvenir capables de produire les accidents les plus variés. ,Tel est le cas pour le plus célèbre, le mieux connu, le plus à la mode actuellement ; le baclerium coli.

A l'état ordinaire peu virulent en général, le bacterium coli semble acquérir, du Tait de la diarrhée, une virulence souvent extrême et une facilité de pénétration à travers les tissus. Lorsqu'il a ainsi pénétré dans l'intimité de l'organisme, il peut se localiser en n'importe quel point et y déterminer les accidents les plus variés: fermentations diverses, suppurations, septicémie. Il parait devoir être identilîé avec une série d'organismes, trouvés dans certains cas de dysenterie, de cystite, de pyélite, d'endocardite, d'enlérile et décrits comme des microbes spéciaux. Enfin, Roux et Rodet considèrent le bacille d'Eberth comme une de ses formes modiUées. Non seulement il peut acquérir dans l'organisme une virulence, on pourrait même dire des virulences spéciales et variables, mais, après la mort, surtout si Vinlestin n'est pas en très bon état, il le traverse el envahit les autres viscères. En

62 SULADIES INFECTIEUSES

dehors de l'organisme, il continue à vivre et peut môme, dans ces conditions et de ce fait, acquérir une virulence marquée.

En somme, le bacterium coli peut déterminer dans l'intestin toutes les formes d'entérites aiguës (choléra nostras, choléra infantile, enlérile cachectisante des enfants, dysenterie], le choléra herniaire, bien des formes de péritonite, des infections biliaires variées (ictère grave ou pseudo-grave, angiocholile suppurée), des infarctus dans l'estomac et l'intestin, des suppurations diverses, des endocardites, Ihyroïdites, méningites, des infections urinairea les plus variées (cystites, pyélites, pyélonéphrites), des infections pulmonaires (bronchopneumonies fréquentes chez les enfants), des suppurations des diverses séreuses (plèvre, articulations), despériostites, voire même des ostéites, etc. Toutes ces déterminations peuvent être réalisées par le bacterium coli seul, mais il peut, dans toutes les infections, se surajouter au microbe principal et constituer une série de formes d'associations microbiennes.

Téguments externes. — Les léguments externes sont remplis de microbes d'autant plus abondants que le sujet est moins propre. Certains ont des caractères, des proprié lés spéciales (aisselle, pieds). L'aureus se rencontre fréquemment à la surface de la peau, tout prêt à faire de ta furonculose ou des abcès; il en est de même pour le streptocoque, tout prêt à faire de l'érysipèle. Ils abondent particulièrement dans les cavités, comme l'oreille, le nez,

La surface de l'œil lui-môme est couverte de microbes; détachés parla sécrétion lacrymale, ils

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sont eolrainês dans le sac lacrymal où ils abondent ; l'aureus est Fréquent. On sait d'ailleurs les difficultés qu'ont les ophtalmologistes à réaliser l'asepsie de l'œil. Les mains sont très souvent des agents puissants de transport et de dissémination de microbes. Les plis, les sttlous unguéaux, les ongles surtout récèlent des microbes les plus variés qu'ils inoculent avec la plus extrême facilité. Nous n'insisterons pas, tellement la chose est de connaissance vulgaire. Ou sait avec quel soin les chirurgiens désinfectent leurs mains. Les cheveux et la barbe sont souvent aussi chargés de microbes.

Les organes génitaux externes sont peuplés de nombreux microbes. Le smegma préputial renferme divers microbes, un entre autres, décrit par Alvarez et Tavel, ayant absolument l'aspect et les réactions colorantes du bacille dit de la syphilis de LOtsgarlen. Dans le vagin ou a signalé toute une série de microbes variés, quelques-uns ont tous les caractères des streptocoques ou staphylocoques que l'on trouve dans les diverses formes d'infections puerpérales, dans les salpingites.

Dans rurètre, on peut rencontrer des microbes variés chez des sujets en parfaite santé. Ou bien il s'agit de reliquats d'infections urêtrales pouvant remonter à nombre d'années, ou bien, même, de microbes ayantpénétré dans l'urètre de sujets jeunes, très bien portants, indemnes de toute infection blennorragique antérieure et continuant k y vivre sans se manifester par des (roubles quelconques. Reliquet avait signalé le fait depuis longtemps. Des recherches récentes do Fraud, Straus, puis de plusieurs auteurs allemands, Lûtsgarten en-

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Ire autres et Mannaberg, ont démontré l'existence fréquente des uiicrobes dans Turètre normal. Bien plus, on a voulu {Eraudj assimiler ces micro-organismes à ceux de la blennorragie qui ne seraient autres que ces microbes normaux dont la virulence se serait subitement exaltée au point de leur imprimer une puissance palbogène toute nouvelle. Eraud lui-mâme a pu reproduire, au moyen des cultures de ces microbes normaux, des lésions semblables à celles que produit le vrai gonocoque. Dans Vurme, on peut rencontrer des microbes même chez des sujets ne présentant aucun trouble appréciable de la santé. Et cette constatation pourrait se faire assez souvent. Les microbes seraient éliminés en effet par les urines dans bien des circonstances en dehors de tout état pathologique caractérisé. Parfois même on les trouverait dans les reins. Ce serait là, rédnit & sa simple expression, le mécanisme de la néphrite bactérienne (par élimination) de Kanoenberg, sur laquelle le professeur Bouchard a beaucoup insisté, surtout dans la fièvre typhoïde. Il peut se résumer en ceci lorsqu'il s'agit de la formeimaxima complète :, élimination par les reins des microbes pathogènes amenés dans les vaisseaux sanguins; non-fixation de ces organismes dans le rein (contrairement à ce qui se rencontre dans d'autres maladies) ; élimination à travers la paroi glomémlaire ouplutût par les tubuli contorti, non. sans produire certaines altérations qui se traduisent par de l'albumlimrie, des cylindres accompagnant les microbes dans l'urine (Kannenberg, Klebs, Bouchard, Capitan, Berlioï, etc.l. H. Enri- .que"z,'dans des expériences récentes, a pu rupro-

DE U COSTAGIOH

duirc la forme physiologique de cette élimination bactérienne qui se fait dans ce cas avec de très minimes altérations rénales et ne se traduit par aucun sympti*ime grave.

Si nous voulions quitter le terrain deTexpérience pure, nous pourrions concevoir que, chez un sujet dans un état paraissant absolument normal, il peut se faire de ces petites déchargée microbiennes par les reÎDS, d'oCi quelques petits points de néphrite congestive légère avec albuminurie non moins légère et transitoire ; c'est peut-être l'explication, au moins dans quelques cas, de l'albuminurie dite physiologique. Hais nous n'insisterons pas, car nous sommes dans l'hypothèse.

Organes internes. — ^ Les organes internes renferment-ils des microbes 7 Les tissus à l'état normal contiennent-ils des micro-organismes ? Jadis les bactériologistes étaient très aflirmatifs. Pasteur et ses élèves admettaient que pas plus que l'urine et le sang les tissus ne contenaient jamais de microbes. Béchamp dans ses recherches sur les microzymas, au milieu d'erreurs sans nombre, semblait avoir nettement prouvé dans certains cas. et ce bien malgré lui, que tissus ou liquides Organiques pouvaient renfermer des microbes, même en provenant d'animaux normaux. Les recherches récentes ont démontré que les viscères pouvaient parfois en contenir à l'étatnormal. Nous citerons la communication de Galippe sur ce sujet à la Société de biologie.

Pour le poumon nous avons vti que le fait est indiscutable, ce viscère est constamment en rapport avec l'air qui renferme de nombreux micru-orga-

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nismes. Le foie, qui est en communication diret avec l'intestin, en contient fréquemment qui son? remontés par les voies biliaires. Fort souvent c'est le baclerium coli, cet hôte terrible de l'intestin dont nous avons vu précédemment les méfaits possibles. Le rein, nous venons de le voir plus haut, peut en contenir, au moins en passage. La rate, ce grand centre de destruction des microbes, en contient souvent. Les ganglions, la moelle des os, peuvent en receler.

Le sang est un mauvais habitat pour les microbes. Cependant ils peuvent y exister, ne fût-ce qu'en passage. Malheureusement, il est extrêmement difficile dedéceler optiquement et d'une façon nette la présence des microbes dans le sang au milieu des petits éléments normaux : globulins, hémaloblastes, amas fibrineux, débris de globules de toutes formes immobiles ou mobiles. De ce fait, un grand nombre d'affirmations dans ce sens peuvent être considérées comme non valables. Même les afTirmations de Canon et de Kitasato pour la grippe et la rougeoledoivent être enregistrées avec grande réserve, et il s'agit de cas pathologiques avérés 1 D'ailleurs, même lorsque le sang cultive, comme nous l'avons démontré avec Charria dans les oreillons, les préparations de sang sont toujours douteuses au point de vue de la présence des microbes.

Reste la culture ; à, l'état physiologique elle est le plus souvenl, pour ne pas dire toujours, négative, d'où celte conclusion que le sang, chez les sujets ordinaires, est le plus souvent privé de microbes. Il est néanmoins fort probable qu'il doit bien à certains moments renfermer au moins transi-

* DE LA CONTACIOS

toiremenlijuelqiiss microbes, mais ils siml tuiij<itirs rares el il est nécessaire alors de conserver un culture de grandes quantités de sang. Diiiis ces circonstances, on peut voir par exemple cultiver un sérum recueilli avec la plus rigoureuse asopoie, grâce aux microbes que le sang contenait, ainsi que Nocard en a cité tout récemment quelques failn. Microbisme (aient. — Nous venons, dans cif rapide exposé, de voir l'abondance des microl>ett vivant à l'étal ordinaire dans l'organisme d'un sujet à. l'état physiologique. Mais si, A un momi^nt quelconque de son existence, ce sujet u élé altcinl une ou plusieurs Tois d'une maladie infecliuuMe Kravn, ou même légère, — et c'est le cas de loul le nionili* sans exception, ^ — cette infection aura laiitm^ ujii'Aft elle les viciations de nutrition da» celluleit orgu- □iques, les toxines diverses qui la cnriicl<<riM<ti>t, elle aura aussi bieo souvent abandontii) danii lu profondeur des tissus, englobés dan» qu'dquii t'Ji\' Iule à rijle pliagocytaire au fond d<-k ipniKlIfti», dans la moelle des os, eU:., quclqu<rik-u»«d<iM'<i liitcrobes pathogène». Ceox-ci. uaaiinUr» pfir \m i tioD cellulaire, restent lateaU, ioert/m. «nxit %'i»vi'ut ils ne sont pas morU. Il «unit il'»a 4Hj-rtt$iut»niM particulier, qui toMibeumuttia^ut mm* ii«iiMi/yM encore et qui doit d'ailleurs ^tr« tort rjftu^Utm, ffuttr que sobilemealkfuicr'^**: ri^vvtiUi^ttM Ufttumtm' meilqnipest fori'Aniif'Àr tiitfi 4*» imum^ U r*' prend alor*lirMqwciM«it«t«««inrt«Av;* Ml «VfnM»^ g»oee de réjpajtfiwi «tkiwict «y i iM » 4* rt^f»4mff laiubdie4e>iM,4lM«MMaMlWfW<*^W>4 <'iv MW autre farse dÎMfM 4«rf«^ 4* te «f MWMy^«X'«»l «w qwcl^»eswrtel»lh»wfe4iit>fa w 4i»tW»M«w*«Mi*#

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eonsliluéeet vulgarisée par le professeur Verneuil et dont l'exactitude ne peut plus être conteslêeaujourd'hui, bien que l'interp relation en soit hérissée de difRcultés.

II faut aussi mentionner la persistance souvent extrêmement longue dans l'organisme, après la fin, ia guérison de l'infection aiguë, des toxines ou tout au moins des modifications de biologie cellulaire déterminées par elles, dont l'action lente, soit directe, soit par les troubles de fonctionnement cellulaire qu'elles produisent, amène des altérations organiques ne se révélant qu'à. la longue (néphrites, endocardites, scléroses variées, etc.). Ces diverses lésions peuvent favoriser des infections ultérieures.

Ainsi donc, comme on vient de le voir, l'organisme humain recèle un grand nombre de microbes qui sont ses hôtes habituels. Beaucoup n'ont aucune action nocive, parfois même jouent un rûle utile, quelques-uns sont des espèces pathogènes, reliquat de maladies antérieures. Tous ces microorganismes peuvent, k un moment donné, prendre une virulence subite, pénétrer les tissus et réaliser une maladie infectieuse. Souvent aussi, ils ouvrent seulement la porte par où pourront dès lors pénétrer de vrais germes infectieux venus, du dehors. Dans d'autres circonstances enfin, ils se surajouteront aux microbes pathogènes extrinsèques après que ceux-ci auront envahi l'organisme. Dans tous les cas, ils peuvent donc réaliser soit une a«(oinfceli'in microbienne, soit contribuer k créer des infections mixtes.

11 est curieux de voir les recherches modernes,

DE LA CONTAGION C9

par l'élude minutieuse de cesauto-inloxicalions microbiennes, par la démonstration indubitable du microbisme latent, considéré comme reliquat intraorganique des infections antérieures, par l'analyse du mécanisme des lésions à longue échéance se produisant à la suite de l'infection et par un processus chimique et fonctionnel, — il est bien curieux de voir ainsi la science ramenée vers la vieille idée de la spontanéité morbide si en honneur jadis. Mais combien la conception actuelle, basée sur des faits positifs, est différente des hypothèses métaphysiques d'antan! L'observation ancienne avait relevé des faits réels, sur lesquels elle avait jeté le plus absolu discrédit par une interprétation purement Imaginative. Aujourd'hui la critique scientifique recueille les faits et les classe définitivement en établissant leur déterminisme exact.

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