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CHAPITRE m

DE LA CONTAOION

de trnnsport. Atmosphère, PousslËres. Solides. Insectei. Sol. Nappe souterraine. Substances al [menl aires. a* HiBiTATi hts MinnoBïs dajie l'oiibakissce kokm»!.. Microljes dflïL voies respiratoires supérieures, fiouctie. Tube dlsestlf. Tég»] meata exleroea. Mains. Urètre. Urine. Organes inlernes. Sang.^ Hlcrobisme latent. Auto-inreclion.

loHabîtats des microbes hors dororganisme. I

Nous venons d'axaminer rapidement co que sontj les microbes ; nous avons signalé à grands Iraite les particularités importantes de leur biologie. llX a lieu de décrire en quelques mots leur habita puis d'indiquer par quels procédés ils sont irof portés et peuvent pénétrer dans l'organisme pod y déterminer l'éclosion de la maladie.

Atmosphère. — De tout temps les impuretés d l'atmosphère ont été considérées comme jouai râle dans le développemenl des maladies. Ce n nisme fut particulièrement incriminé lors de 1 grande épidémie cholérique de 1847-1848. La pn mière observation positi ve l'ut faite en J833-1854 p Dundas, Thompson et Godolphin Osborne. Ces oI)4 servateurs remarquèrent que de l'eau distiIlée,Con-^ tenue dans un flacon maintenu débouché dans unn

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ialle pleine de cholériques, se peuplait rapidement 'b vibrioniena.

De 1835 à 1870 les discussions passionnées de

ÎPasteur contre Joly, Pouchet et Musset firent avan-

f cer la question et amenèrent Pasleur à faire la

démonslratiou irréfutable de l'existence des germes

Tivants dans l'atmosphère.

Miquel enfin est un des auteurs qui ont le mieux élucidé la question ; c'est p robablement celui qui la connaît le mieux. Nous ne pouvons insister ici sur la technique employée par les divers auteurs pour recueillir et compter les germes de l'air, soit au moyen de la division, en milieux de culture liquides contenus dans de nombreux récipients, des poussières de l'air recueillies dans un volume d'air déterminé (Miquel) ; soit en comptant les colonies fournies par les germes de l'air recueillis isolément sur de la gélatine (Hesse, Paulowsky) ou encore dans la gélatine (Straus et Wurtï) ; ou bien enfin en filtrant l'air sur de l'amiante par exemple et en déduisant de la numération des cultures obtenues par l'ensemencement de l'amiante le nombre ^es germes qu'elle a retenus (Miquel, Freud enreich), etc.

Les micrococcus sont les organismes de beaucoup les plus nombreux que renferme l'atmosphère. On y trouve d'ailleurs aussi des bactériens, des bacilles, des claduthrix, des spirilles, de nombreuses moisissures et de très nombreux corps inorganiques. Comme bien on pense, le nombre des germes de l'air varie constamment, suivant que l'almosphèra est libre ou confinée, suivant la densité des habitants. le lieu où onobserve l'altitude, l'étatde sécheresse ou d'humidilé, etc.

Lr nombre peut varier de i germe par mètre cube sur un glacier aune altitude de 4,000 mètres (Prendenreich), pour arriver à 200 par mètre cube au sommet du Panthéon ; 180 à Montsouris ; 3.480 ru« de Rivoli ; 6.(100 dans Tégoul de la même rue (Miquell. Ce qui en somme fait pourtant un assez jofi total, puisque Hiquel a calculé qu'une masse d'air, parcourant Paria à raison de 4 mètres par minute, entraînerait 40.000 milliards de bactéries par joar:

Poussières. — Tout naturellement les poussières^. ' quelles qu"ellessoient, sont Tort riches en microbes. Miquel a compté 750. OOO germes dans 1 gramme de poussière recueillie dans son laboratoire et 2.100.000 dans la poussière d'un appartement.

Mais ces germes de l'air sont-ils bien nocifs ? Te! est le point qui nous importe surtout dans cette étude de palhogénie. On a bien trouvé parfois les staphylococcusaureus et citreus, le streptococcns pyogenesdansVairde salles d'hApital, le bacille de la septicémie gangreneuse, celui de la septicémlS , du lapin de Davaine. Miquel a très rarement obtenu avec les microbes de Tair des cultures dont l'inocalation fût mortelle pour le lapin. Au contraire, dans l'air et la poussière des chambres de phtisiques. Cornet a souvent trouvé le bacille tuberculeux. Nous même l'avons décelé dans les poussières dos salles de l'HTilel-Dieu de Paris.

De ces résultats discordants faudrait-il déduire que la contagion atmosphériqueu'existe qu'exceptionnellement ? Non certes, l'exemple des fièvre» éruptives est très net. D'ailleurs Miquel a montré que l'augmentation des microbes atmosphériques coïncide toujours avec l'élévalion de la courbe de la

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mortalilô k Paris. Klebs a observé qu'Éi Zurich on voyait dans le cours d'une épidémie de diphtérie de nouveaux cas éclater à la suite du balayage général et se distribuer le long du chemin parcouru parles tombereaux. Les inoculations de Gibboux, Tappeiner, etc.,dubacil]e tuberculeux par insufflation dans le pounion d'air chargé de poussières tuberculeuses montrent égalemenl que l'air peut servir de véhicule pour ces germes pathogènes. Enfin, on pourrait aussi entre autres citer le fait pourtant très exceptionnel de la garnison de ce fort isolé sur une colline de l'Inde et qui, jusque-là indemne, fut brusquement atteinte du choléra à la suite d'un grand coup de vent qui aurait apporté dans ce fort un nuagede poussières. Mais c'est surtout parce qu'il enlève et emporte les microbes fixés sur divers solides que l'air peut être dangereux.

C'est ainsi que l'air d'une chambre de phtisique pourra, à lasuite d'un balayage et d'un époussetage (toujours (lé fastes), contenir les poussières enlevées au sol ou aux tentures ou mâme aux enduits des murs. Or,ces poussières, provenant de chambres de phtisiques, renferment souvent des bacilles tuberculeux. Cornet l'a vu souvent, nous l'avons constaté sur des enduits de murs d'une salle d'hôpital. Décor a pu, avec des débris du papier de la chambre d'un phtisique, reproduire la tuberculose sur le cobaye. Enfin, ces poussières phtisiogènes peuvent se déposer sur des aliments, ainsi que Schneider l'a vu pour des grappes de raisin.

Solidet. — On le voit donc, il est un facteur certainement plus important que l'air, bien que pouvant, ainsi que nous venons de le voir, s'adjoindre

MALADIES ISFECTIECSES

à lui : c'est le transport des germes pathogènes l'homme le plus souvent (vêtement et maii tout), parfois par des animaux, fréquemment des objets (mobilier, literie, ustensiles dive les vecteurs pestant d'ailleurs indemnes de toi atteinte par suite de conditions très diverses.

C'est, en somme, la notion courante en chipu antiseptique et c'est presque toujours à elle qaS peut arriver à. réduire le plus grand nombre déa faits de contamination jadis imputés au transport aérien.

D'ailleurs les preuves expérimentales ne manquent pas. On sait les recherches multiples faites, surtout en Allemagne, pour démontrer la septicité toute particulière des mains et les conditions compliquées à remplir pour les rendre aseptiques. Les pièces depansement non stérilisées sont toujours remplies de germes fort souvent septiques ou tout au moins dangereux (microbes de la suppuration surtout) ; la preuve a été faite maintes et maintes fois. Les vêtements sont constamment remplis de microbes. Tous les bactériologistes savent qu'il suffit bien souvent de faire passer la manche de son vêtement au-dessus d'un tube â culture ouvert pour l'ensemencer.

Les exemples de transport de germes pathogènes parles solides sont tellement fréquents qu'il serait oiseux d'y insister. Les banquettes, coussins et tapis, le plancher des voitures publiques, des wagons, retiennent et conservent souvent les microbes de diverses maladies qui y ont été accidentellement déposés ; il existe des exemples très nets de variole, de scarlatine, transmises ainsi.

HK lA CONTAOIOK ilt

jP'tBpis, la literie, les meubles, les rideaux, les fetures, conservent les germes pathogènes et peuvent ainsi produire des conta mi nations absolument imprévues. Nous en avons cité plus haut des faits typiques. Les ustensiles de table, verres, fourchettes, cuillers, Iransmeltent certaines infections, suppurations, la syphilis. Là encore les exemples abondent. Nous ne pouvons guère insister sur ces divers points. Tous ces faits sont connus.

On voit, en somme, que Tinfection par l'atmosphère reconnaît la plupart du temps des intermédiaires qui transportent les produits infectieux. Si parfois l'air intervient, c'est pour faciliter la pénétration dans les voies respiratoires, dans la bouche, mais, en somme, son riJle exclusif est réellement bien moins important qu'un ne le pensait jadis.

Insectes. — Signalons aussi unbien curieux mode de transport, de dissémination et peut-être même d'inoculation de virus. Dans ces cas, ce sont des insectes qui se chargent de nnicrobes inlus et extra en se nourrissant de matières septiques provenant d'animaux ou d'hommes morts ou vivants, parl'ois même en se trainant sur ces produits qui s'attachent aux poils et aux pattes.

Ils peuvent ainsi aller au loin infecter des sujets indemnes, soit en déposant des microbes dont ils sont couverts ou que renferment leurs excréments à la surface des tissus exulcérés, soit même en piquant et en introduisant ainsi l'agent infectieux par une vraie inoculation sous-cutanée. Ce singulier mécanisme est connu depuis fort longtemps pour le charbon que les mouches ou autres insectes peuvent transmettre ainsi.

ii MALADIES INFECTIEUSES

On a pu conslaLer aussi l'existence denombM spirilles de la fièvre récurrente dans d) ques qui, par leur piqûre, l'auraient ainsi transiB Ces moustiques auraient ausïii expêrimentaleia transmis la fièvre jaune d'un sujet û l'autre. pu également déceler très facilement l'existeacsS nombreux bacilles tuberculeux dans les viscère' mouchas recueillies dans une salle autour des « rhoirs de phtisiques (Spillmann et HaushalterkI

Récemment, M. Dewèvre a pu nou seuIemT trouver le bacille tuberculeux dans le corps dsf nuises recueillies dans un lit longtemps occupéia un phtisique, mais, môme au moyen de ces pw' ses, pratiquer des inoculations et des cultures qoiJJ parfaitement réussi. L'auteur considère i le frère du premier phtisique a dû être contara par ce moyen. Enfin, dernièrement, divers ob« teurs (Simmonds de Hambourg entre autres) ont'i nettement constater le transport du bacille (' rlque par des mouches ayaiit été en contafit a des intestins de cholériques.

Eau. — Le rOle de l'eau dans le trans| de beaucoup de maladies infectieuses est \ lement évident, tellement démontré par nombre de faits immense, que nous n'y insiste^ pas. Les maladies ainsi irréfutablement trai ses, et surtout par ce moyen, sont la typhofde, la dysenterie, diverses entérites et le d léra.

L'eau que l'homme boit est toujours habités f de très nombreux germes. Il est fort possib comme le soutient entre autres Dudaux, que « cela l'eau ne serait pas buvable, qu'elle sçri

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même nuisiljlo. M. Miquel a en effet diimonlré que les microbes, Iiùles habituels des eaux, sécrètent des diastaSes qui doivent jouiîr un rûie dans la digestion, mais qui, en tout cas, sont très nettement les unes empêchantes pour tel ou tel microbe, d'autres au contraire favorisantes.

La recherche des microbes contenus dans l'eau se fait au moyen de divers procédés basés sur le ïoéme principe que l'analyse de l'air et qui consistent dans la dilution extrême de l'eau dans des milieux de culture, de façon à isoler chaque germe et pouvoir compter les colonies que chacun produit.

Le nombre des microbes que renferment les eaux est immense, surtout si on les compare à la faible proportion qu'en renferme l'air. Il varie d'ailleurs beaucoup et fréquemment. La vapeur condensée de l'atmosphère renferme, à Montsouris, 900 erermes et l'eau de pluie 4.000 par litre. L'eau de la Vanne à quelquedislance des sources, contientOO.OOÛ germes par litre. A son arrivée A Montsouris, les germes sont lellL'ment accrus qu'on en compte là environ 200.000 parlitre et c'est une eau considérée comme fort salubre, ordinairement consommée telle quelle sans être lîltrée et sans déterminer ordinairement d'accidents. Du reste, on considère comme pure une eau qui renferme 100.000 à 1.000,000 de microbes par litre, ce qui en fait une eau très pnre au sens absolu du mot. L'eau de la Seine iL son entrée dans Paris renferme .'I2.4O0.O0O germes par litre et à Asnières, en aval de Paris, après la chute de l'égouL collecteur, eu trouve plus de i.OOO.UOO.OOOde germes par litre.

Que soni ces innombrables microbes ? Des mi-

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