PÉNÉTRATION DES MICROBES DANS L'ORGAHISHE J
La puissance du sérum antitoxique injeclé préventivenienl doit être considérable. C'estainsi que, dans un cas chez un malade dnnt la main avait été broyée par un wagonnet, Roux a injeclé h titre préventif, dans le tissu cellulaire, 30 centimètres cubes d'un sérum dont le pouvoir immunisant est de dix millions. Le malade a parraiteuient guéri.
Diphtérie.
On sait que le bacille de la diphtérie [déeril par Klebs et isolé par LoefUer) secrète une substance toxique d'une virulence extrême qui, isolée et inoculée à l'animal à très petite dose, le fait mourir avec tous les symptômes de la diphtérie, sauf la production des fausses membranes. On tue par exemple un cobaye en quatre jours en lui injectant deux centièmes de milligramme de cette toxine. Roux, Yersin et Vaillard l'ont étudiée longuement dans-lcs /1n«o/eï de l'/nsCiluC Pasleur (18«9-I893).
C'est en somme exclusivement à cette toxine que la diphtérie doit sa grande gravité, puisque, tout comme pour le tétanos, le microbe reste local et empoisonne l'organisme en y lançant constamment la toxine qu'il sécrète. 11 était donc tout indiqué de rechercher une antitoxine à opposer à cette toxine, c'est-à-dire d'appliquer la sérothérapie il la prévention et au traitement de la diphtérie, tout comme pour le tétanos.
C'est Behring qui, en 1890, fit les premières applications de la sérothérapie au traitement de la diphtérie. Dans des recherches nombreuses faites soit seul, soit en collaboration avec Wernicke, Boer,
«Si
VAUOIES INFECTIEUSES
KosseletKnorr, elpubliée5deI890âl894.ilmoag tout d'abord commeiil on peut rendre un i réfractaire par les méthodes ordinaires : injectio de petites doses de cultures ordinaires ou de culfl res iillrées ou encore de cultures additionnéesrtf IricMorure d'iode.
Si alors on inocule le sérum de l'animal e préparé, après l'avoir recueilli as ep tique ment, adj cobayes, h la dose de cinq millièmes de leur poîd en même temps qu'on leur injecte du bauillonl culture diphtérique à dose décuple de la doT minimji mortelle, dans ces conditions il s duil une escarre locale qui guérit et les cobsj^ survivent. A la dose d'un cinq centième du poidsii l'animal, le sérum supprime toute manifestatid morbide maigre l'injection, au moment mâme ( un quart d'heure après, d'une dose de culture dt^îl térilique décuple de la dose mortelle mlnima.
Aprèsavoir obtenudes résultats variables, Bebi" avait admis qu'un vingt millième de sérum î nisant équivalait à la dose mortelle minima de e ture diphtéritique. Il chercha alors l'effet proi par ta loxine, non plus sur la culture, mais e virus diphléritique isolé. Il choisit un ^ téfitique constant (culture stérilisée et filtrée}^ constata que la quantité de sérum immunia| normal, qui empêche la morld'un cobaye intoxi^ par8 cent, cubes de virus diphtéritique, doit 6 égale k un pour cent du poids de l'animal, par ci séquenl bien supérieure k celle qui suffit pour il traliser les effets d'une infection équivalente. I^^ toxication est donc bien plus t^rave que l'infectti
Pour obtenir une action curatrice, c'es
JBTHATION DES MICflOBES DAITS L'OROAHISME 195
irréler le proeessusdiphtéritique en évolution,
t une dose beaucoup plus forte de sérum : 20
3 lois la dose de sérum qui suffit à l'immunisa-
^. C'est alors que BeliriDg avec Ehrlich et leurs ^llaborateurs (Boer, Kessel, Wassermann) songèvenl t appliquer leur méthode à i'tiomme. Ils en firent l'application dans les cliniques de Bergmann et d'Uenoch. Ils publLÈrent leurs preiniers résultats en 1893. Le sérum était injecté à la dose de 10 centimètres cubes sous la peau de la paroi antérieure du thorax ; exceptionnellement ils arrivèrent à 20 centimètres cubes.
Sur 30 enfants dont la diphtérie fut reconnue bactériologiquement, 24 guérirent, soit une léthali té de 20 pour 100 bien inférieure au 50 pour 100 ordinaire. Il est vrai que le chiffre des sujets inoculés était trop minime pour que te résultat fût évident.
Dans lo cas publies par Kossel, le mi^me traitement fut employé. De ces 13 enfants, S) guérirent, 4 durent être trachée tomisés, 2 succombèrent, l'un d'infection streptococcienne surajoutée, l'autre d'envahissement bronchique très étendu.
Une remarque a été faite par Behring, ainsi d'ailleurs que par Henoch et Heubner qui appliquèrent la méthode dans tiO cas, c'est que le sérum est absolument inoffensif et qu'il n'agit que sur le virus diphtéri tique. Il est absolument inefficace contre toutes les autres infections ou intoxications (aepti- ■oémie, pyohémie, gangrènej qui accompagnent si souvent la diphtérie. En somme, les statisliques d'Ehrlich, Kossel et Wassermann portent sur 220 cas avec une mortalité de 23, 6 pour 100.
^iSardach a également réalisé l'immunisation du
HAUOIF.S INFECTIEUSES
chien contre la diphtérie en lui inoculant des doses progressives à inlervalles réguliers de cultures diplitéri tiques. Les animaux finissent ainsi par avoir un sérum antitoxique de plus en plus actif ; il est néanmoins absolument in offensif.
Hans Aranson (1893), employant la méthode de Vaillard pour Textraction de la toxine tétanique, a immunisé également ses animaux au moyen de rinjeclion à petites doses répétées de cultures diphtéritiques virulentes. 11 a constaté que leur sérum était extrêmement antitoxique. Il a pu en extraire une substance solide cent fois plus active que le sérum. Son pouvoir immunisant est de 1 à
I million. C'est-à-dire que pour rendre réf'ractaire un animal du poids de 300 grammes, gr. O00O8R de cette substance suffiraient.
Le sérum des animaux d' Aranson est donc beaucoup plus antitûxique que celui des animaux de Behring. 11 suffirait de quelques centigrammes pour immuniser un enfant du poids moyen de ZO kilogr. et dequelques décigrammes pour le guérir.
II est évident d'ailleurs que l'antitoxine agit d'autant plus vite qu'elle est injectée plus près du moment où s'est faite l'infection. La dose nécessaire pour la guérison dans une infection moyenne doit être décuplée parchaque jour passé depuis Té début de la maladie.
Depuis 1891, Roux poursuivait des recherches analogues qu'il menait de front avec ses belles expériences sur le tétanos. Mais il ne voululpublier ses résultats que lorsque l'expérimentation fut arrivée h un degré de précision tel qu'on pouvait considérer ses méthodes et ses procédés comme défini-
l-ÉSÉTRATION DES MICROUES DANS L'ORGASISME 127
ILiviiient fixés. Il vuulul, d autre part, que T^xpérimeuLation eflt porté sur un assez grand nomlire de cas pour que les résultai» fussent inattaquables, comme aussi les iodicatiuas, le modui fadendi, les doses, elc.
C'esl pour cela que Roux voulut attendre la solennelle occasion du Congrès de Budapest pour publier ses recherches. On sait le grand et légitime succès de sa communication, la vive émotion qu'elle produisit, les témoignages de reconnaissance si mérités qu'il reçut des pouvoirs publics et des particuliers et surtout la souscription nationale ouverte par le Figaro, les subventions de l'État, de la Ville de Paris, qui permirent d'organiser immédiatement un grand service de préparation du sérum antidiphtérique.
Nous résumerons très brièvement la communication de Roux au Congrès de Budapest, encore présente à l'esprit de tous et d'ailleurs publiée in e.rtunso dans les journaux de médecine (voir entre autres Médecine moderne, 8 septembre 1894; — Annales de i'fmiilut /'osftuî', 25 septembre 1894).
Pour obtenir la toxine, Roux, avec son collahoraleur Martin, cultive le bacille dans du bouillon peptonisé au contact d'un courant d'air humide ; après trois semaines, un mois au plus, les cultures sont suffisamment riches en toxine. On les filtre alors sur une bougie Cliamberland.La toxine, après avoir été chauffée àB^ou simplement additionnée d'un tiers de son volume de liqueur deGram aumomenldc l'employer, est injectée àpeti le dose; 1/2 centimètre cube, sous la peau d'un animal. Au bout de quelques jours ou recommence et on continue
,nt r^uelqiii^s semaines en augmeoUV a quantité de toxine et en diminuant 1( de riode. Oii doit aller lentement, de E que l'animal continue à bien se porter.
Si on immunise une femelle, on peut constater, comme Ehrlich l'a montré, que son lait devient antitoxique.
L'animal que Roux a choisi et qu'il a immunisé avec l'aide de M. Nocard est le cheval, qui supporte l)ienlaloxine{2à5centimètrescubes d'emblée) et qui peut fournir par incision de la jugulaire une grande quantité de sang dont le sérum, lorsque l'animal est immunisé ainsi que nous l'indiquions ci-dessus), a un pouvoir immunisant qui est actuellement ■voisin de 100. UOO et qui pourra probablement être augmenté. De plus, le sérum de cheval est absolument inoffeusif.
Il faut en moyenne une trentaine d'injections faites sous la peau en deux mois environ et comprenant au total 800 centimètres cubes de toxine
— la dernière dose étant de 250 centimètres cubes
— pour obtenir sur un cheval un sérum antitoxique très actif. Une fois cet état atteint, il est indispensable ou bien d'introduire fréquemment dans le tissu cellulaire sous-cutané des doses modérées de toxine, ou bien d'injecter de temps en temps dans les veines une forte dose de toxine (200 centimètres cubes par exemple chaque fois qu'on a fini de recueillir le sangi. Un cheval peut commencer i fournir du sérum antitoxique une vingtaine de jours après qu'il a reçu la toxine.
Le sérum est recueilli, comme d'ordinaire, après repos du sang obtenu d'une façon aseptique par
PÉ>ÉTltATIOPf DtS MKROBES IIAKS L'ORGANIBMB 129
une saignée soigneuse de !a jugulaire. Il est conservé dans des flacons bien bouchés renfermant un morceau de camphre Ipndu. On peut aussi le dessécher dans le vide ; dans ce cas, pour l'employer, il faut le dissoudre dans 8 à 10 fois son poids d'eau pure.
Sa puissance est la suivante : si les cobayes ont reçu un cinquante millième de leur poids de sérum 12 heures avant qu'on lenr injecte une dose de poison diphtérilique mortelle en ^8 heures pour les témoins, ils survivent. Si on emploie une quantité de culture récente mortelle en moins de 30 heures, le cobaye survit si, 12 heures auparavant, on lui a injecté également un cinquante millième de son poids de sérum antiloxique.
. On peut même guérir les cobayes en les traitant 12 à 18 heures après l'infection, alors que les témoins meurent en 24 ou 30 heures.
Ce qui est remarquable, c'est que le sérum antidiphtérique, quoique bienmoins actif que le sérum antitétanique, guérit infiniment mieux que celui-ci.
Après avoir minulieusomûnt étudié le mode d'action du sérum antidiphtérique dans de multiples conditions expérimentales (localisations variées de la diphtérie, associations microbiennes, trachéotomie, etc.), M. Roux, avec MM. Martin et Chaillou.en a fait l'application à 300 cas de diphtérie, en injectant à chaque enfant à 1 ou 2 reprises 10 à, âO centimètres cubes de sérum antidiphtérique sous la peau dn flanc. Pas de traitement local que 2 à 3 la> vages par jour à l'eau boriquée ou avec de l'eau bouillie contenant 30 grammes de liqueur de Labarraque par litre.
Nous ne pouvons onlrer ici dans de nombrenï^ détails à, ce sujet. On les trouvera, nous le répétons, dans les diverses publications que nous avons indiquées plus haut'. Le résultat en bloc est le suivant :
« 300 enfants atteints de diphtérie certaine et traités par le sériiin antidiphtérique ont donné une mortalité de 26 pour 100 au lieu de 50 pour 100 qui était la mortalité ordinaire. "
Ces chiffres se passent de commentaire et expliquent l'enthousiasme universel qu'a déterminé la publication de semblables résultats.
Tuberculose.
' En 1884, Grohmann avait montré que le sang a ténuait la bactéridie charbonneuse ; Bflchner | voir que le sérum avait la même propriété. Parla de ces données, Rondeau, la même année, eutl'id^ d'injecter du sang d'un animal naturellement réfii taire à un autre animal alin de transmettre ainsti| cet animal une partie de l'Immunité du premi^
Richet et Héricourt réalisèrent ces données j miéres dans de nombreuses expériences oti ils îi troduisaient du sang de chien daps le péritotrfl de lapins. Cherchant d'abord à immuniser ces a maux contre le staphylococcus pyosepticuâ, 1 auteurs furent amenés à étendre leurs rechercâl à la tuberculose. Ils constatèrent que des lapi ayant reçu au préalable l'infusion intra-péritodél
1 , Voir ëgalemeni, pour la lecbniquc de la recherche du tj cille, culture el injection de aérum, 2 levons liii docleur Mat {Médecine Moderne ; naméms dn lij l'I du STor.lobro 1894.) ^
l'ÈNÉTRATIOS DES MICROBES OAMS L'OtlGASISME t'iV
de san(5 de cliien, résistent hien mieux A l'inoculation tuberculeuse, puisque, au bout de deux mois, la mortalité par tuberculose inoculée était de â'd pour 100 pour les témoins et seulement de G pour lOO pour les transfusés. Tous moururent plus tard, mais les transfusés bien plus lentement,
MM. RicheL et Héricourt, continuant leurs recherches, constatèrent que leschienssupportentparfaitement l'inoculation de tuberculose aviaire, tandis qu'ils succombent si on leur inocule la tuberculose humaine. Mais, si un chien a été d'abord inoculé avec de la tuberculose aviaire, il est vacciné contre la tuberculose humaine qui chez lui évolue bien plus lentement et peut même ne pas le tuer. Si alors on prend du sang ou du sérum de ce chien ainsi immunisé et qu'on l'injecte à un chien normal auquel on inocule ensuite de la tuberculose humaine, cet animal a une survie beaucoup plus longue que les animaux non vaccinés.
De Dominicis, s'appuyaut sur ces données, injecta du sang de chien h deux chloro-anémiques et à quatre tuberculeux. 2 guérirent, 2 moururent. Brancaccio et Solaro, puis le professeur Semmola, employèrent aussi, sans grand succès d'ailleurs, le sérum de chien dans le traitement de la tuberculose.
Au Congrès de la tuberculose tenu à Paris eo 1893,Bahes annoni;aque, par l'inoculation de doses progressives, d'abord de vieilles cultures de bacille de Koch, puis de cultures récentes de tuberculose aviaire, injectées tous les 13 à 30 jours, il était arrivé à immuniser complètement plusieurs chiens. Leur sérum injecté ù des chiens normaux leur
«AI.ADfES INFECTIEUSES
(ioQoa uiiL> immunité complète contre la lubercn^ lose. Babes appliqua cette méthode de traitements rhonimp. Il injecta 3 à 6 grammes additionnés de 0,1 pour 1()0 d'acide phénique à plusieurs tuberculeux et k des lépreux. Les résultats ont été variables mais non concluants.
En somme, malgré l'application en grand de ce procédé à la thérapeutique humaine par Bernheim, par Picq, la sérothérapie de ta tuberculose n'existe pas encore.
Notons aussi pour mémoire les expériences d'immunisation conlre la tuberculose de Grancher at Ledoux-Lebard.
Nous indiquerons enfin, à titre de simple renseigaement, la méthode bruyamment lancée du docteur Viquerai, de Genève, qui traite les phtisiques par des injections de sérum d'âne immunisé contre la tuberculose. L'âne est très réfractaireà la tuberculose : on peut lui injecter le bacille vivant ou mort. U présente des granulations pulmonaires qui disparaissent assez rapidement. Le seul effet que détermine cette inoculation, c'est d'augmenter considérablement son appétit. M. Viquerat injecte à un âne, dans une veine, une culture de bacille de Koch. -iS jours après, il commence à recueillir son sérum. Jusqu'à présent, les médecins de Genève se tiennent sur une prudente ^é^e^^■e, au sujet de ces recherches et de leurs applications thérapeutiques.
Lupus.
Nous ra^iprocherons de ces recherches celles de Tommasoli, qui ^ul l'idée d'injeclerlocalenienldaus
PÉNÉTRATION DES MICROBES DANS L'Oltr,ANISUB iSS deux lupus de la face du sérum de chien fl. la dose d'un demi à un centimètre cube. Après plusieurs injections, il constata un ullet salutaire.
Pneumonie.
Les premières recherches sur l'immunisatioa de la pneumonie, au moyen des produits d'animaux pneumoniquea, ont été faites par Foa et Scabia (i8H2j. Us ont d'abord infecté des souris su moyen de crachats pneumoniques, puis ils ont inoculé des lapinh avec des débris de leurs viscères. Ceux-ci moururent, soit par exsudation séreuSe, soit par exsudation iibrineuse.
Le sang des animaux du premier groupe fut recueilli et conservé dans des êprouvettes. Au bout d'un mois, les auteurs en firentun extrait glycérine (5 pour 100 d'eau). Cet extrait inoculé à un lapin par la voie hypodermique lui conféra une immunité complète, maisseulementaprésavoiréLéiDjecté&la dosedeScentimètrescubes, répétée pendant 5 jours - de suite. On fut môme obligé, huit jours plus tard, de répéter les mômes inoculationsqu'il fallut encore recommencer 13 jours après ; lorsqu'on allait plus vite, on tuait l'animaL Les extraits de divers orgsoes ne donnent pas une immunilë aussi puissante que celle conférée par l'injection d'extrait de son sang.
Foa et Scabia ont étudié soigneusement le pou'voir antitoxiqne du sérum des pneumoniques et constaté qu'au moins chez le lapin ce pouvoir était nul. Ils ont démontré également ce fait intéressant que la rate ne semblait Jouer qu'un rùle effacé dans
,134 MAUniES INFECTIEUSES
le mécanisme de l'immunisation. On peut l'enlever  des animaux robustes et parvenir néanmoins 4 les immuniser contre l'inoculation du diplocoqiH lancéolé. Ils ont vu aussi que le sérum de chîed vacciné ne confère pas Vimmunité au lapin.
L'application de la sérothérapie pneumonique i l'homme (à la dose de 5 à 7 centimètres cubes répfe tée deux à trois fois) n'a donné aux mêmes auteurfl que des résultats incertains.
Issaefif constata que le sérum des lapins vaccin* contre le pneumocoque n'a qu'un pouvoir thén peutique et non antitoxique. Si on cultive le p mocoque dans le sérum de lapins vaccinés, multiplie et fabrique ses toxines. Cet auteur i cherché à pénétrer aussi le mécanisme de l'actioj thérapeutique du sérum antipneumonique. Il a i qu'inoculé dans un organisme vacciné au préab^ ble, le pneumocoque survit 48 heures. Il produT des toxines qui provoquent une chimiotasie post tive des phagocytes qui se précipitent vers le poifl attaqué par les microbes. Les phagocytes iDcitl parles humeurs vaccinantes englobent lesmicrobt €t finissent par les détruire.
Pansini (1893) démontra parune série de recho) ches que l'injection de sérum d'un animal imm nisé peut être faite à un animal sain après qu'0 lui a inoculé le pneumocoque virulent. Dans ce e même, la guérison peut survenir. Lorsque l'anim est guéri, il est immunisé. D'ailleurs, la puissand curative du sérum dans ces circonstances est iactl pendante de sa puissaoce bactéricide.
Arkharow obtint, en injectant de petites dosç répétées de cultures jeunes, une immunité soli^
JÉTIIATION DES UIGROBES DAIIS L'0RGAI4ISHE 13fi
sur le lapin. Il trouva qu'alors son sérum constitue UH mauvais milieu de culture pour le pneumocoque qui s'atténue et peut fournir des cultures propres â, la vaccination. C'est là une curieuse méthode mixte d'association de la sérothérapie à \ë. vaccinanation. D'autre part ce sérum peut immuniser des animaux auxquels on l'injecte.
A l'Académie de médecine de Turin, en i893.
Lava communiqua le résultat d'inoculations, faites par lui à 10 pneumoniques, de sérum et d'extraits de viscères de lapins immunisés. D'après lui, la crise aurait été avancée, la convalescence rapprochée et la guérison parfaite. Bozzolo dit avoir obtenu des résultats analogues et surtout un abaissement thermique remarquable. Foa fit remarquer qu'il est indispensable d'arriver à une immunisation complète et que pour l'homme, étant donnée la durée de la maladie, cela lui semblait possible à condition de commencer dès le début de la maladie.
Citonsenfin M. Audeoud,qui eutl'idée de prendre â des pneumoniques convalescents 2 à 3 centimètres cubes de sang qu'il inoculait sous la peau de la cuisse des pneumoniques en pleine évolution. Il hâta l'apparition d'une crise qui survint 13 à 15 heures après l'injeclion. L'auteur pense que, suivant la théorie de Klemperor, le pneumocoque détermine dans l'organisme la production d'une pneumotoxine. Celle-ci suscite une réaction fébrile durant laquelle se produit une antipnenmotoxine qui neutralise la pneumotoxine. Le sérum de rani7 mal immunisé contient ranlipneumotox.ine à laquelle il doit ses qualités.
MALADIES iriFECTIETSES
Fièvre t^hpïde.
Tandis qu'en 1884 Gafky prétendait que le bacille typhique ne pouvait pas être inoculé aux animaux, Prœnkel et Simonds affirmaient au contraire, en 1886, que les cobayes, les lapina et les souris pouvaient être inoculés et mourir d'infection due au bacille typhique. Cliantemesse et Widal montrèrent dans une série de mémoires que les cobayes meurent facilement d'une sorte de septicémie spéciale en 24 & 48 heures lorsqu'on leur a inoculé sous la peau une culture de bacille typhique. Ils ont pu même modifier la virulence du bacille et l'exaller considérablement par une série de passages de cobaye i cobaye.
Inversement, si on injecte à ces animaux une certaine quantité de culture de bacille typhique stérilisée à 100", on peut, par une série de tâtonnements, trouver la dose qui est incapable de les tuer mais suffisante pour leur conférer l'immunité. Il est nécessaire pour y arriver d'inoculer au cobaye une dose assez forte de culture et d'attendre quelques jours. L'animal est dès lors réfraclaire b. l'inoculation de doses élevées de cultures typhiques virulentes. Si on injecte alors k un cobaye normal du sérum de ce cobaye immunisé, à la dose de deux cent, cubes, on peut rapidement lui conférer une immunité puissante et même le guérir s'il est déjà infecté.
En employant du sérum provenant de sujets atteints de fièvre typhoïde à la dose de 3 à 10 c. cubes, Chanlemesse et Widal ont pu empêcher l'infection typhique de se produire chez des animaux