PËHËTRATION DES MICROBES DANS L'ORGANISME
qui avaient reçu peu auparavant une cullure très viruleule. L'immunilé ainsi acquise par la séroLbérapie est d'ailleurs de courte durée. Si elle s'acquiert beaucoup plus vite que par les cultures stérilisées, elle est aussi bien plus fugate.
t^ofiD, dans deux cas, les auteurs ont essayé d'injecter à des typhiques du sérum de cobayes immunisés. Les résultats ont été à peu prés nuls et néaumoiss leur sérum avait acquis un pouvoir thérapeutique et prophylactique contre le bacille d'Eberth.
Ce pouvoir se retrouve aussi dans le sérum des convalescents de fièvre typboïde, ainsi que Stern l'a démoutré également. D'où l'idée de se servir de leur sang ou de leur sérum pour traiter les typbiques en évolution. C'est ce que lit Uamraerscblag à la clinique de Nollinagel sur cinq typhiques auxquels il inocula soit du sang, soit du sérum de typhiques convalescents. Ainsi que l'avaient constaté CbanteT messe et Widal, il eut parfois un abaissement de température marqué, mais de courte durée. Eu somme, la sérothérapie de la flèvre typhoïde appliquée à l'homme u'existe pas encore.
Choléra.
On sait que des expériences nombreuses ont montré que le bacille virgule, tout comme d'ailleurs le bacille typbique, est infectieux pour l'homme et intoxicant pour les animaux. Donc, pour immuniser les animaux contre le choléra, il faut les rendre réfractaires à l'intoxication. Le procédé est donc assezdiffêrentdece qu'il pourraitétre chez l'homme
MAUDIES ISTECTIBÛSKS
qui devrait ôlre rendu réfractaire à l'infectioD d'abord et àrintoxicalionensuile.llest vrai que, dans nombre de circonstances, la vaccination peul immuniser à la fois contre l'infection et TintoxicatioD.
Les premiers, BciegeretWassermann inoculèrenl aux animaux une culture chauffée de koma bacille et réussirent à les immuniser. Kleraperer parvint au même résultat en chaufTant ces cultures à 10 degrés pendant 2 heures, puis en injectant dans la veine marginale de l'oreille du lapin 3 cent, cubes pendant quatre jours de ces cultures chauffées. Le septième jour, l'animal peut résistera une dose de plus de i cent, cube de culture très virulente fraîche. Il est donc vacciné contre l'infection ; il l'est aussi contre l'intoxicalion et résiste à l'inoculation d'une dose ordinairement mortelle de toxines cholériques.
De plus, le sérum sanguin de ce lapin injecté dans le péritoine d'un cobaye l'immunise contre la dose mortelle de culture cholérique. Parmi les lapins que Kleraperer immunisa ainsi, l'un, jadis vacciné contre le pneumocoque, avait un sérum capable d'immuniser à la fois la souris contre la pneumonie et le cobaye contre le choléra.
Deux centimètres cubes de sérum provenant des lapins immunisés contre le choléra suflisent pour réaliser chez le cobaye une immunisation complète, une véritable vaccination antimicrobienne et antitoxique.
MM. Pawlowski et Buchstaf, considérant que les symptômes graves du choléra sont déterminés par l'absorption des peplotoxines sécrétées par le bacille virgule, pensèrent que le sérum des animaux immu-
rfiSÉTIlàTIOW DBS MICROBES DANS L'OnClKISME 13!)
nisés pourrait neutraliser ces toxines. Ils immunisèrent d'abord 20 lapins et 20 cobayes par l'inoculatioD progressive de cultures cholériques de plus en plus virulentes ou bien encore par l'absorption gastrique de ces mêmes cultures. Les animaux ainsi préparés jouirent d'une immunité complète contre le choléra toxique et le choléra infectieux.
Des chiens Turent immunisés de môme; leur sérum jouissait d'une grande activité. Le bacille virgute ne put cultiver dans ce sérum. Lorsqu'on eut inoculé ce sérum â une série d'animaux, ils supportèrent sans accidents des doses ordinairement mortelles de cultures virulentes. Le pouvoir vaccinant du sérum de ces chiens était tel que les auteurs calculèrent que, pour un homme, gr. 53 suffiraient.
Ce sérum put même avoir une action thérapeutique. En eflet, des lapins reçurent une dose de 3 centimètres cubes de culture cholérique ti-ès virulente, puis de là S heures plus lard 5, puis 2 centimètres cubes desérumantitoxique. Us survécurent presque tous. Touslestémoinsmoururent. D'après MM. Pawlowski et Buchslaf, le sérum antitoxique et antivirulent agirait non seulementen stimulant l'organisme à se défendre contre le microbe, mais aussi en coagulant les toxines spécifiques circulantes.
Triwousse recommanda de recueillir le sérum aoticholèrique dans le sang d'un sujet récemment guéri du choléra. Ce sang renferme encore les bactériotoxines qui peuvent détruire les toxines de la maladie.
Durant la récente épidémie de choléra d'Hambourg, les médecins inoculèrent sous la peau de
MALAWRS IHFECTIBCSES
plusieurs malades du sérum anticholértque d'animaux vaccinés ou celui provenant du sang des coovalescents. Ils obtinrent quelques résultats favorables (Michael, Lazarus).
Klemperer précisa ces données. Il montra que un centigramme de sérum lire du sang d'un convalescent de rholéra suffit pour immuniser un cabaye. Un étudiant consentit à recevoir par doses l'ractionnées.en injections Bous-cutanées,30cent.cubeB de cultures cholériques atténuées et 3 cent, cubes de cultures très virulentes. Le pouvoir antitoxique de son sérum devint lel que S milligrammes surBrent pour immuniser un cobaye. Klemperer constata des résultats analogues sur lui-même, après avoir ingéréen 47 jours undemi-Htre de culture cholérique chauffée & 70°.
Enlin, Klemperer signala ce fait très curieux, c'est que, si l'on Immunise des chèvres, leur lait constitue un véritable vaccin aiili-cholérique pour les cobayes. (Nous avons vu des faits analogues pour d'autres maladies.) Pour l'homme, ce lait vaccinal injecté à la dose de 3 cenlimètres cubes ne détermine aucun phénomène sérieux et suflil néanmoins pour donner à son sérum une grande puissance immunisante.
Kelscber, travaillant avec Gamaleia, immunisa fortement des chèvres par injections variées de cultures cholériques très virulentes. Il constata alors que 5 cenlimètres cubes de leur lait, injectés dans le péritoine des «ohayes, pouvait agira litre préventif el les rendre rél'raclaire.s ou même les guérir après inoculation virulente, pourvu que la lualadie ne filt pas trop avancée.
PËNËTRATIO!f DES HCIKUtBS DAIfS L'fIRGAMSHE 14t
Nous citerons pour mémoire seulement les vaccinations anti-cholé?iques dUaffkine. Cet auteur, en effet, se sert exclusivement de cultures de kotna bacillii il des degrés d'atténuation variés et non de sérum antitoxique. Il en est de même pourPerran.
Syphilis.
L'idée directrice ,qui a guidé les expérimentateurs dans l'appUcation de la sérothérapie au traitement de la syphilis, a été ta suivante : la plupart des ani- Biaux sont réfractaires à la syphilis, donc leur sépum doit être antisyphilitiqne. C'est une idée que BOUS avons vue émise dans d'autrescas. C'est enpartantde ce principe queKoHmann injecta à 3 syphilitiques du sérum d'agneau, puis de chien, à petites doses il est vrai. Ses résultats furent nuls.
Tnmmasoli, lui aussi, appliqua la même idée au traitement de !u syphilis en injectant à des filles syphilitiques du sérum de sang de mouton ou de veau. La quantité injectée à chaque fois dans les muscles de la fesse était de :2 à 8 centimètrescuhes. La dose totale a été de 32 ù. 49 centimètres cubes en l'espace de 2 à 3 semaines.
Dans les 13 cas traités ainsi, les lésions syphilitiques ont guéri plus rapidement que par les procédés ordinaires. Chez presque toutes les malades, il n'y avait pas de récidive sis cl même dix mois après le traitement.
Tnmmasoli a observé souvent, à la suite de ces injections, un malaise général, de la céphalée, delà courbature, parfois de la fièvre et quelquefois un érythéme, parfois enfin de l'hypothermie avec pâleur et tendance syncopale.
MAlSTires WFECTIEOSES
Récemment, novembre 1894, Istamanoffa applt^ que le procédé de Tommasoli à lli syphilitiques ' Bur lesquels 13 furent améliorés. Chaque malade reçut au maximum Lï doses de ûk& centimètres cubes de sérum d'agneau.
Il est aussi une idée autre qui peut servir de point de départ à, une application thérapeutique de î'iDJection de sérum au traitement de la syphilis; c'est la suivante : uo sujet arrivé à la période tertiaire est profondément immunisé contre l'infection syphilitique; il est donc salure de toxines syphilitiques qui ont déterminé chez lui un étal particulier de ses humeurs qui les rendent bactéricides et antitoxiquea pour l'agent infectieux et l'intoxication syphilitique.
D'ailleurs, cette idée, qui a été le point de départ de la méthode de Pellizzari dont nous aUons parler, repose aussi sur l'existence d'une immunisation plus ou moins complète de la mère par le fœtus infecté dans le cas de syphilis conceptionnelle. Il semble que, dans ces cas, la mère reçoit du fœtus des produits solubles par une sorte de sérothérapie inter-fœto-placentairet pourrait-on dire, qui, progressivement, l'immunisent contre l'intoxication et la vaccinent contre l'infection que jamais elle ne contracte plus de son enfant.
Appliquant ces données au traitement de la syphilis, Pellizzariinocula sous la peau de ses malades, h la dose d'un demi à un cent, cube, du sérum provenant du sang de syphilitiques arrivée à la période tertiaire. Les résultats lui parurent bons.
lîinspppi' Moiza lit également à des .syphilitiques
lËTIUTION DES UICDOBES MSS L'onGAMSBIE iJS
des injections de sérum d'agneau et de chien. Les résultats' furent nuls ou peu nets.
Il essaya aussi d'injecter au préalable au mouton, dont il recueillait ultérieurement le sang, du sérum de syphilitiques. Puis il recueillit asepliquement du sérum provenant de cet animal et Tinjecla à 3 syphilitiques, sans grands effets d'ailleurs. En tout cas, grâce probablement aux précautions minutieuses qu'il prit pour recueillir le sérum, il n'eut aucun accident.
Tout récemment enfin (Soc. de biologie, janvier et avril 1895), M. Ch. Richet communiqua les bons résultats obtenus chez 3 sujets atteints de syphilis graves et auxquels on injecta de 20 k dO cent, cubes, par doses de 2 cent, cubes, de sérum provenant d'nn^àne saigné 6 jours dans deux cas, et 54 jours dans l'autre après avoir reçu 20 cent, cubes de sang d'un sujet en pleine syphilis secondaire.
Grippe.
Bruschettini,élèvede Tiïioni, a fait,enl892-1893, une série de recherches sur la sérothérapie de la grippe. Il recueillit dans le sang des grippés le bacille décrit par nombre d'auteurs sous divers noms. Ayant cultivé ce bacille dans le bouillon ou dans le sang, il injecta ces cultures filtrées & des lapins. Dans ces conditions, le sérum de ces animaux diminue le pouvoir toxique des cultures, mais ne semble pas avoir d'action sur te bacille ; il est donc antitoxique, mais non bactéricide;
Si l'on injecte ce sérum ci d'autres animaux, on peut au contraire leur donner une immunité contre
Ui
■ALÎDieS UtFECTIECSES
l'infection et rintoxication grippales. D'autre part, le sérum des animaux immunisés a un pouvoir thérapeutique marqué. \ la dose de 6 cent, cubes seulement, il peut, après infection d'un lapin au moyen d'une culture vinilenle, faire baisser la température et l'empêcher de succomber dans les 48 heures, ainsi qu'il arrive aux animaux témoins. Ce sérum est donc également curatiT.
Rage,
Poppi publia en juin 1892 le résultat de ses recherches sur la sérothérapie de la rage. D'après lui, le sérum d'un animal rahique détruit le virus de la rage in vitro. Lorsque les animaux sont préparés à l'aide de la vaccine de Pasteur, leur sérum . est antiloxique. Le sémm des animaux morts de la rage est curateur pour les animaux déjà iaocnléa avec le virus rabique. De plus, 10 cent, cubes inoculés préventivement à un lapin lui permettent de résister k l'innculalion du virus sous la dure-mère.
Enflh, combinant la méthode de Pasteur et la sérothérapie, Poppi mêla au sérum d'un animal, venant de mourir de la rage, un peu de sa substance nerveuse. 10 cent, cubes de ee mélange rendirent un lapin réfractaire à rinocnlatinn du virus rabique sous la durc-mêrn.
Infections streptococciennes.
La sérothérapie a été également essayée dans plusieurs autres maladies, mais seulement expérimentalement, par exemple l'immunisation contre
péméthation des michobes dams l'orcasisme 143
le slreptijL'oque réalisée sur le iapin par Miroiioff ot qui lui a permis de recueillir sur ces animaux uu sérum jouissant de propriétés vaccinantes et curalives contre l'infection streptococcique seplique. Récemment, Charrin el Rt^er, puis Marmorek (Soc. de biologie, novembre 1891, mars 1H95) réussirent, — par une série d'inoculations progressives faites au cheval ou k Tône au moyen de cultures de streptocoques rendus très virulents, — à. obtenir de ces animaux un sérum anlistreptococcique très actif. Charrin et Roger l'employèrent avec succès à la dose de 20 k JO cent, cubes par jour dans 3 cas d'infection puerpérale graves et dans un cas d'érysipèle du cordon. Marmorek l'injecta à 62 érysipèles, le plus souvent avec succès très réels. Celle méthode semble appelée à un brillant avenir.
Varia.
Chenot et Picq ont constaté que le sérum des bovidés jouit de propriétés bactéricides contre le virua morveux. Ils purent, grâce à l'injectioD de ce sérum, guérir 7 sur 10 des animaux inoculés avec de la morve virulente. Si on étudie comment se lait la guérison dans ces cas. on voit que !a plupart des lésions sont devenues scléreuses ou se sont calcifiées. D'ailleurs, la guérison d'une première atteinte ne confère pas une immunité absolue.
On peut citer aussi les essais de sérothérapie pratiqués contre le vibrion de MetchnikofF et contre le bacille pyocyanique. Ils n'ont qu'un intérêt expérimental.