‹ Les Maladies infectieuses, causes et traitementChapitre 15 sur 32 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Lorsque la maladie a éclaté, nous avons vu par quel mécanisme, elle se Iraduil par un ensemble de symptômes qui ne peuvent laisser aucun doute. Ce sont d'abord la fièvre, puis une série d'accidents variés qui tiennent à une altération particulière des divers viscères traduisant cette inQuence morbide par desmaaifestations tes unes spéciales, les autres tenant simplement au fonctionnement anormal de ces viscères. Il s'ensuit donc que le Ihérapeate se trouve en présence de symptômes très divers et dont la cause lui échappe le plus souvent. Dans bien des cas, il est tenté de faire une thérapeutique purement symptomalique ; quelquefois il semble y être forcé, mais bien souvent celle thérapeutique purement empirique échoue, incapable qu'elle est de discerner les vraies causes ou tout au moins Tenchainement des phénomènes qu'elle veut atteindre. Ce n'est donc pas une telle méthode que nous ne pourrions ni ne voudrions exposer ici, d'ailleurs elle n'a pas besoin d'être présenlée en détail. Elle est banale et à la portée de tous. Inutile d'y insister, tout le monde peut, en cas de fièvre, donner de la quinine, en cas d'insomnie de l'opium, etc.

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Si donc on veut faire une thérapeutique digne de ce nom, il faut analyser les phénomènes morbides, ainsi que nous l'indiquions au début de la seconde partie dece volunie. Cette analyse permet de classer les symptûmes morbides en quelques grands groupes correspondant à des troubles fonctionnels dqs grands systèmes. Il est quelquefois difficile de savoir exactement à quellefonction troublée correspondent tels ou tels phénomènes morbides, d'au tant plus qu'ils ont parfois, comme nous l'avons vu, un aspect propre ne rappelant q^ue de loin les fondions physiologiques. Dans ces cas, le sympt<^me traduit un coraplexus constitué par la mise en jeu d'actes morbides divers, les uns absolument anormaux, les autres relevant du fonctionnement normal plus ou moins modifié. Ceux-là. sont des phénomènes traduisant l'infection générale, tout l'organisme contribue à les produire. Mais te plus souvent le symptôme morbide traduit le fonctionnement vicié de te! ou tel grand système, c'est-à-dire du cœur ou des vaisseaux, du système respiratoire, du foie, de l'intestin, des reins ou du système nerveux.

Classifiealion des phénomènes morbides. — On pourrait donc classer tes phénomènes morbides suivant le système qui est touché par l'infection. Mais cette méthode ne serait encore qu'une méthodesymptomatique méconnaissant et l'enchaînement et les causes de l'altération de chaque organe. D'ailleursTenchevêtrement, peut-on dire, de tous les symptômes et surtout des mécanismes qui les déterminent, est tel que faire le classement symptomatique ci-dessus indiqué serait une tâche bien diCiicile. C'est qu'un élément général domine

MAUDIES I5FECTIEDSES

toutes ces mauireslations ; cet élément, c'est l'infectioD. Or, ce mot, cûmirie nous l'avons vu précédemment, est une nntité nettement dérinie ; il comprend trois facteurs : l'agent infectieux, les produits qui l'accompagnent dans l'organisme fabriqués par lui ou résultant de la lutte engagée entre lui et le second facteur, l'organisme réagissant par ses innombrables actions cellulaires et humorales. Le troisième facteur résulte de cette lutte.

Le microbe et nés toxines. — De ces trois facteurs. le premier, le microbe, est bien déchu aujourd'hui de son antique puissance ; il ne vaut plus que par ses toxines qu'il porte autour de lui et même en lui. Celles-là constituent donc surtout le grand danger. Ce sont elles qui fout la Gëvre, la suppuration, les œdèmes, les sphacèles, elle» qui se répandent dans tout l'organisme, pénétrant partout, transportées par les voies sanguines et lymphatiques, imprégnant les éléments cellulaires, troublant aussi leurs fonctions, non seulement au moment actuel, mais modifiant même leur fonctionnement pour un temps fort long, quelquefois pour toujours. On conçoit dès lors que la conception générale de la maladie infectieuse, sa caractéristique réside en cette sorte d'empoisonnement vivant et que lousles efforts du thérapeute doivent se porter sur les moyens de lutter contre ces substances chimiques et vivantes à la fois.

Parmi ces substances toxiques, celles qui déterminent le symptôme le plus frappant comme aussi le plus grave à cause de la multiplicité des accidents morbides qui en découlent ; la fièvre, sont

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aussi celles contre lesquelles il faut Juller tout d'abord. Quant aux autres, malhf^ureusemeat antre ignorance est grande à leur sujet. Nous ne s qu'une seule chose, c'est qu'il y a tout a les éliminer te plus rapidement possible. C'est donc, après les médications antipyrétiques, les médications neutralisantes et étimioatrices que nous devrons étudier.

L'organisme. — Enfin, le second facteur entrant en jeu pour constituer l'infection : l'organisme avec ses innombrables éléments cellulaires, mérite d'être compris dans l'ensemble des indications à remplir, d'où les médications Irophiques destinées à aider l'organisme dans sa lutte contre l'infection, cet ensemble de médications Irophiques devant, bien entendu, répondre à des indications multiples suivant les cas et suivant les organes plus particulièrement touchés qui, nous l'avons vu, sont surtout le cœur, le foie, les reins et le système nerveux, le tube digestif et le poumon ensuite.

Déductions Ihérapeuiiques. Les médications. — Donc, pour nous résumer en quelques mots, nous dirons que la thérapeutique des maladies infectieuses comprend deux indications générales : lutter contre l'agent infectieux et surtout ses toxines, les détruire et les neutraliser, c'est le rûle des antiseptiques, puis les éliminer c'est celui des médicaments éliminateurs, et, en second lieu, soutenir les éléments anatomiques dans cette lutte, c'est le rôle des médicaments dits Irophiques, chaque indication étant, bien entendu, multiple et variée, suivantl'organc auquel elle doit s'appliquer.

Il est aussi une indication importante, c'est de

lutter contre Thyperthermie : on peut la remplir au moyen de la médication anti thermique.

Telle est la conception générale que Ton peut se faire de la thérapeutique des maladies infectieuses. Ce n'est, hélas ! aujourd'hui qu'un vaste cadre dont nous ne pouvons certes occuper que peu de cases d'une façon sûre et positive, laissantaux découvertes ultérieures le soin de remplir les autres. Dans bien des cas, en attendant et très provisoirement, nous pouvons néanmoins remplir toutes les indications par des méthodes ou des procédés rationnels conformes à nos connaissances actuelles, mais dont nous devons avoir le courage de reconnaître Tincertitude et le peu de valeur absolue. Quoi qu'il en soit, nous croyons que cette méthode est sage et que c'est déjà un grand progrès, fécond en résultats ultérieurs, que de savoir faire la part du connu et de l'inconnu sans nous leurrer de vains mots et de conceptions purement Imaginatives.

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