CHAPITRE III
HËDICATIONS ANTISEPTIQUES
' Nous venons de yoir qu'il faut lenter de détruire î'agent infectieux ainsi que ses toxines : c'est le rflle de l'antisepsie et des antiseptiques. Noua examinerons d'abord les données générales acquises sur l'antisepsie.
Antisepsie en général.
Nous dirons tout d'abord que l'antisepsie est le terme le plus compréhensif ; il signifie l'ensemble des méthodes et des procédés capables de lutter contre l'infection, quel que soit d'ailleurs le mécanisme mis en œuvre dans ce but. Nous n'entrerons pas noQ plus dans le détail des indications que doit iremplir l'antisepsie et des phénomènes morbides contre lesquels elle est dirigée. Nous y avons assez insisté. Nous savons quel'antisepsiedoltavoir pour but essentiel d'agir sur les microbes ou sur leurs produits solubles, mais il est nécessaire eu même temps que l'organisme ne soit pas trop fortement impressionné de ce l'ait. Comme on l'a dit, il ne ■faut pas que l'antisepsie, en voulant tuer le microbe, ■détruise la cellule vivante. L'antisepsie comporte de plus les procédés divers de prophylaxie qui comprennent l'asepsie dont nous avOns déjà, parlé
UALADIES INVECTIGUSES
plus haut. Elle doit aussi utiliser les réactiouB i Terses résuitant de l'action de l'antiseptique s tissus, comme aussi celles qui, inversement, résiâ tentdela réaction des tissus sous rinDuencede l'ai tiseptique.
Antisepsie externe, chirurgicale. — On voitdoi que l'antisepsie est une méthode fort délicate, c les phénomènes qu'elle suscite sont exlrémemei difficiles k bien interpréter. C'est ainsi que l'aotl sepsie externe, l'antisepsie chirurgicale, la pli| facile à. beaucoup près puisqu'elle agit sur destisa extérieurs ou tout au moins sur un terrain dont â peut de visu observer les réactions, présente néî moins une certaine complexité. C'est qu'en e l'antisepsie doit supprimer l'action microbien] sans léser l'élément anatomique, problème pal culièrement délicat.
Deux considérations doivent d'ailleurs régifl les prescriptions de l'antisepsie externe : 1° le s crobe n'a. pas infecté la plaie. Il sul'lit alors de fufl l'asepsie qui se résume en ceci.: instrument pièces de pansements absolument dépourvus 4 germes par une stérilisation rigoureuse au moyi de la vapeur sous pression, de l'ébullition, i~ antiseptiques forts (solution phéniquée é. S 0^ sublimé au millième, etc.], mains soigneusement À anliseptiquement nettoyées. Nous ne pouvons f insister sur ces faits, aujourd'hui de connaissant^ vulgaire. Les résultats en sont merveilleux. \ chirurgien est absolument coupable aujourd'bai a! ne fait pas la plus sérieuse asepsie qui lui évite ai de recourir k l'antisepsie, pour le plus grand bi(^ du malade et la plus grande gloire de la chirurgin
2' Maissi la plaie eslinfectèe, s'il s'agit d'un abcès, (l'une suppuralion quelconque, les difficultés de- TÎennent extrêmes, il Taul s'effurcer de dimicuer petit à petit la puUulation de l'agent infectieux, lui rendre le terrain défavorable, éliminer les produits septiques qu'il sécrète et ceux qui résultent de la réaction organique qu'il suscite (cet ensemble constituantle pus] etenOn empêcher l'envahisse me ni des partiesvoisines, l'inoculation aux surfaces adjacentes ou encore le transport d'éléments infectieux à distance. Ces indications sont si complexes, malgré leur simplicité apparente, que le plus souvent elles sont imparfaitement on mal remplies et, sontelles exactement réalisées, les résultats sont médiocres : l'organisme dans ce cas fait plus pour sa curation que tous les antiseptiques. La méthode consiste le plus souvent en une propreté extrême : lavages fréquents, applications de poudres qui par leur décomposition lente rendent l'antiseptique toujours présent : tel est le rôle par exemple de l'iodoforme, de l'aristol producteurs d'iode, du salol donnant lentement naissance, au contact des tissus, aux acides salicylique et phénique, etc.
Enfin, il est utile de faire de l'antisepsie interne, qui se résume d'ailleurs ù peu prés exclusivement dans l'administration du sulfate de quinine. Si pourtant le chirurgien veut faire tout son devoir, il doit s'occuper des divers viscères du sujet et traiter suivant les cas chacun d'eux s'il est malade. Le professeur Verneuil a très justement attiré vivement l'attention sur ces diverspoints et montré l'importance dans bien des cas des propalhies sur les lésions chirurgicales, comme aussi, d'ailleurs,
iSO MALADIES INPEGTIECSES
de celles-ci agissant sur les diverses propathies. Ce sont là des vérités trop évidentes pour y insister.
Antisepsie médicale. — Si l'antisepsie chirurgicale, la plus simple de beaucoup, est encore aussi complexe, que sera-ce donc pour l'antisepsie médicale ? Là, en effet, le problème est infiniment plus dtflicile. Dans certains cas, le médecin fait de l'antisepsie locale, par exemple sur la peau, dans la bouche ; il y arrive assez facilement, nous l'avons vu précédemment. Si, au contraire, il fait, ou pIulAl s'il essaye de faire de l'antisepsie des surfaces internes du lube digestif, les difficultés surgissent, et telles que l'efficacité même de la méthode a pu récemment être très vivement disculée. Bien plus dilUcile encore sera l'antisepsie decertalns viscères, poumon par exemple, foie et même vessie, toujours par cette même raison que l'antiseptique doit agir sur l'agent infectieuic sans altérer les cellules vivantes et qu'il doit augmenter le pouvoir de résistance des tissus tout en neutralisant la puissance pathogène des agents infectieux qui les ont envahis.
D'autre part, il est une notion bien mise en lumière par le professeur Bouchard, c'est qu'il n'y a pas d'antiseptiques d'une façon générale, agissant sur l'ensemble des microbes, mais que telle substance est antiseptique pour tel microbe à une dose déterminée. C'est là ce qu'il a appelé l'équivalent aniiseplique de la substance essayée. Cet équivalent indique la quantité de l'antiseplique <]ui, dans unkilogr.de matière nutritive, empêche le développement de tel microbe déterminé. La dose toxique de ce même antiseptique doit être également déterminée.
MÉDICATIONS ANTISEPTIQUES i8l
Mais que d'aléas encore dans ces deux déterminaLionsI Pour la recherche de l'équivalent thérapeutique, la i'orme, le taux de dilution suivant leqnel l'anliseptique est employé, la nature du milieu de culture, l'âge, l'état dans lequel se trouve le microbe, la température, etc., peuvent faire varier notablement les résultats. Pour la recherche de l'équivalent toxique, autant de causes d'incertitude : l'état dans lequel se trouve l'animal, la facilité avec laquelle il élimine, etc. D'autre part, la gênéralisalioa à l'homme des résultats obtenus sur le lapin au moyen d'une simple multiplication n'est pas exemple h tout le moins d'une grande incertitude. D'autre part, la seconde généralisation, celle de l'homme sain à l'homme malade, n'est pas â, l'abri de tout reproche. Si bien qu'entre le lapin normal et l'homme malade, l'écart est considérable et qu'on ne peut conclure d'une façon absolue de l'un à l'autre.
C'est en effet la clinique seule qui permet de fixer l'équivalent thérapeutique dont, d'ailleurs, la variabilité est grande et précisément liée & une foule de conditions que seul le clinicien peut déterminer.
Nous avons maintenant à examiner les diverses méthodes d'antisepsie médicale.
Nous avons vu plus haut l'importance de l'asepsie des téguments comme moyen prophylactique et la nécessité de pratiquer cette asepsie aux sujets atteints de maladies infectieuses. Nous n'y reviendrons pas ici.
Antisepsie individuelle. Antisepsie du médecin. — Il est aussi fort important que le médecin donne
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l'exemple des précautions antiseptiques sur lutmême. Il doit aussi réaliser autour de s les précautions d'antisepsie aussi rigoureuses qiMtJ les circonstances le permettent. En effet, ces pré'l cautions sont indispensables pour réduire au mini-mum les chances de contagion du malade à ceux qui le soignent, ainsi que le transport par ceux-ci des germes morbides qu'ils peuvent porter à d'autrcp sujets qu'ils visitent. Ce transport, auquel ne veulent pas croire certains médecins, n'est malheureusement que trop réel, de tristes exemples l'ont montré pour la diphtérie, la scarlatine, la yariole, la pneumonie même, etc. D'ailleurs, nous avons insisté dans notre première partie sur ces divers points du transport des microbes par les êtres vivants, leurs mains, leurs vêtements, etc. Il est donc du devoir du médecin de prendre les précautions nécessaires, bien entendu toutes les fois que cela lui sera possible et au moins lorsqu'il s'agit d'une maladie très virulente comme celles que nous venons d'indiquer. Qu'on n'objecte pas qu'on terrifie ainsi la famille ; avec quelques explications on leur fait parfaitement accepter les précautions principales, qui peuvent se résumer ainsi.
Le médecin doit avoir dans une pièce voisine de la chambre du malade une longue blouse de toile qu'il revêt au moment où il entre ; il a soin, lorsqu'il ausculte le malade, d'interposer un linge propre entre l'oreille et le malade. Puis, une fois l'examen terminé, il se lave les mains avec soin en frottantles ongles soigneusement. Il peut employer avec le savon une solution antiseptique forte, par exemple sublimé à 2 pour 1000. Cette même soin-
lion de^Ta êlre pulvérisée sur les cheveux et ia barbe, sur la face niénie, particulièrement autour de la bouche, et enfin sur le bas du pantalon s'il n'est pas couvert par la blouse. Elle devra être également appliquée au moyen d'un linge sur tous tes points qui ont pu élre touchés par les excréta du malade: vomissements, crachais, matières fécales. De celte façon le médecin peut être à peu près sûr de ne transporter aucun agent infectieux et de réduire au minimum pour lui-même les chances de contagion.
Antisepsie des ijardes-malades.— Les mêmes précautions doivent être prises par les personnes qui soignent le malade. Elles doivent fréquemment se laver les mains avec une solution antiseptique qui peut être en permanence dans une cuvette au milieu de la chambre. 11 est également sape de désinfecter immédiatement, par l'application d'une solution antiseptique forte [parexemple encore le sublimé à i ou même 2 pour 1(X)0, coloré en bleu pour éviter les causes d'erreur), tout objet, vêtement ou linge qui aura été souillé par un des excréta quelconques du malade. Il n'est pas jusqu'au mouchoir qui, pour les crachats, doit être remplacé absolument par le crachoir. Pour moucher ou essuyer la bouche du malade, on devra se servir de petits linges ou de tampons d'ouate hydrophile qu'on ne laissera pas sécher et qui seront presqueimmédiatement détruits ou plongés dans une solution antiseptique.
Antisepsie du malade. — Il va do soi que cela n'empêche pas de changer le malade de linge dès qije ce linge est souillé, et de désinfecter par l'eau bouillante ou cette même solution de sublimé ou
MALADIES INFECTIEDSBS
UDe solutioa de sulfate de cuivre à 10 pour 100, les vases ayant contenu les matières Tomies ou les matières fécales, l'urine môme du malade et même les usKinsilcs qui ont servi à l'alimenter. En plus de tout cela, la chambre peu meublée autant que possible, dégarnie de rideaux, doit être essuyée avec des linges trempés dans les solutions antiseptiques et jamais balayée à sec. Les soîus de propreté du malade lui-même, sa désinfection externe, doivent être pratiqués minutieusement, ainsi que nous l'avons indiqué précédemment. Ils consistent surtout en surveillance des téguments pour éviter les érosions, les escarres, en lavage» fréquents surtout des voies génito-urinaire et rectale, etc., etc.
Tels sont les procédés d'antisepsie externe applicables à toutes les maladies infectieuses plus ou moins rigoureusement, suivant leur nature, suivant les circonstances. Nous insistons particulièrement sur l'antisepsie du médecin et de ses aides et sur le nettoyage antiseptique de tout objet au moment même où il vient d'être souillé par un excretum quelconque.
Ces recommandations, qui ne sont pourtantque l'application de l'antisepsie médicale externe, feront probablement sourire nombre de praticiens. S'ils ne croient pas à l'infection telle qu'on la connaît aujourd'hui, il n'y a aucune objection à leur faire. 11 est parfaitement inutile qu'ils lisent ce petit livre. Si, au contraire, iU comprennent l'importance de l'infection, qu'ils veuillent bien observer ce qui se passe en chirurgie et en obstétrique, et ils verront que nous sommes bien fondé à conseiller
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HËDICATIONS ANTISEPTIQUES
pour nos malades mëdicauic des précautions qui après tout ne sont pas autres que celles mises en œuvre chaque jour par les chirurgiens avec un succès si éclatant. Qu'ils se rapportent à tout ce que nous avons déjà dit et ils verront que l'antisepsie externe du malade réalise la meilleure des prophylaxies, tout en rendant grand service au malade dont elle diminue les souffrances; elle contribue aussi h rendre la maladie moins grave.
Antisepsie du convalescent. — Lorsque la maladie est terminée, le malade doil 6tre minutieusement lavé dans un bain savonneux additionné de substances antiseptiques. Il est prudent aussi de faire désinfecter la literie, les divers meubles, tapis, tentures, etc., qui ont pu ûtre en contact avec le malade, et parfois même de faire lessiver la chambre, gratter le parquet ou le laver au sublimé, désinfecter au soufre ou avec les pulvérisations de sublimé.
Ces précautions sont indispensables lorsqu'il s'agit de diphtérie, de scarlatine, de variole, de choléra, toutes infections dont les germes peuvent se conserver sur des solides pendant fort longtemps et déterminer une nouvelle écloslon de la maladie même de longs mois plus tard.
Thérapeutique antiseptique spéciale des divers organes.
Nous indiquerons brièvement et d'une façon très générale lesapplicationsde ce tlemélh ode auxdivers organes. Il est, en effet, une série de procédés qui ne s'emploient que dans des cas déterminés et seu-
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lement dans certaines maladies. Actuellement, nous ne pouvons qu'indiquer les procédés d'une application générale pouvant être utilisés dans n'importe quel cas, pourvu qu'il s'agisse d'une maladie infectieuse comprise dans le sens le plus compréhensif du terme : c'esf-à-dire maladie générale fébrile. Sien effet, nous nous en tenions au litre même de ce chapitre, nous devrions nous occuper de toutes les maladies dues aux microbes quelles qu'elles soient, nous devrions, par exemple, étudier ici toute la thérapeutique de la dermatologie. Ce qui serait sortir absolument de notre cadre : la thérapeutique générale des maladies infectieuses.
Peau. — L'antisepsie générale de la peau dans les cas pathologique peut être réalisée, ainsi que nous l'avons vu, de la même façon qu'à l'état normal. Nous n'avons pas à, y revenir. Dans les cas spéciaux, on peut avoir k faire l'antisepsie de la peau d'une façon plus ou moins complùte. Cette antisepsie peut être, suivant les circonstances, ou bien un simple lavage avec un savon antiseptique, ou bien une action topique énergique pouvant aller jusqu'à la cautérisation. Sur la peau, en effet, ou peut, «ans hésiter, intervenir énergiquement ; il suffit de rappeler -les cautérisations profondes au fer rouge dans les cas de morsures, les incisions profondes au bistouri ou au thermo-cautère dans l'anthrax, les injections fortement caustiques et antiseptiques dans la pustule maligne. Dans des formes moins graves, «Q peut appliquer sur la peau des topiques variés, depuis les véritables caustiques chimiques sous forme de pâle ou de sparadrap jusqu'aux pommades antiseptiques ou aux applications aromatiques.
MÉDICATIONS ARTISEPTIQUES
Tout cela c'estde ranlisepsiedestegumeats.il est pourtant une remarque & l'aire: c'est que les médicamenlK ne pénètrent pas ordinairement à travers la peau absolument saine, quel que soit le véhicule employé. Si le véhicule est un peu irritant, si l'application est énergique, l'épiderme peut être excorié en quelques points et alors la pénétration du médicament a lieu. Cependant les récentes recherches de Linossier ont prouvé que la peau, même saine, peu! absorber certains médicaments sous forme de vapeurs ; tel est le cas pour l'acide salicylique et le gaiacol. Si le topique est appliqué sur une surface malade plus ou moins irritée ou exuleérée, le médicament peut facilement pénétrer.
Dans cet exposé général, nous ne pouvons insister davantage. Il faudrait ou liicn traiter des antiseptiques applicables dans ce cas, et ce n'est pas notre rûie, ou exposer lesraéthodes thérapeutiques appropriées à divers lypes cliniques d'affections cutanées, ce qui sort de notre cadre.
Bouche. Phari/nx. — Nous ne pouvons nous appesantir sur l'antisepsie de la bouche et du pharynx, dont nous avons déjà parlé à maintes reprises aussi bien k l'étal normal que chez les malades. Nous avons montré quelle flore nombreuse occupait la bouche, le r<Me qu'elle jouait sur le développementde nombreuses maladies de la bouche. D'où la conclusion que l'antisepsie de la bouche devait , être réalisée d'une façon prophylactique chez tout le inonde. Chez les enfants et les jeunes gens, elle s'impose et, chez les malades, c'est une nécessité absolue pour éviter bien des accidents ou des complications. ^'Dus ferons d'ailleurs les marnes
MAUDIES ISFECTIEUSES
remarques que pour la peau. Dans la bouche on peut encore intervenir au moyen de topiques très actifs, fer rouge, caustiques, etc. Même observa lion d'ailleurs que pour la peau ; en dehors de l'antisepsie générale, lavages boriques, phéniqués, ou avec le sublimé très faible 1 pour 4000 et même pour 5000,naphtol-^ 0,40 pour 1000, etc., les trait« menls antiseptiques proprement dits varient avec les diverses maladies.
Pour le pharynx, outre les gargarismes ou 1< irrigations qui peuvent être employés Ih. comin dans la bouche, on peut utiliser aussi lespulvt' salions, ordinairement chaudes.
Voies aériennes. Nez. — Le nez, avons-noua i est un grand réceptacle de microbes, il retient e grande partie ceux qu'apporte l'air inspiré el î peuvent s'y cultiver en milieu humide, bien o gêné, à l'abri de la lumière et an milieu de sécrë lions riches en matières albuminoïdes. Ces inii( tipies microbes ne sont d'ailleurs pas toujoul inoffensifs. On peut très souvent trouver dans I mucus nasal le pneumocoque, le streptocoque e ' staphylococcus aureus que nous y ayons renconl. maintes fois. Qu^ine action extérieure quelcooqi intervienne : froid, chaleur trop vive, trouble e veux modifiant la circulation et par là la pha( cytosG normale, alors l'épithélium peut tom' tandis que le microbe pullule, n'étant plus s par les réactions cellulaires [phagocytose sur La porte est ouverte, le microbe pénëlre et lecoryi est constiluê ; il peut gagner de proche e el alors créer une angine, descendre mômet c'a alors un rhume, voire même, surtout si pt
canisme analogue il s'est adjoint quelque microbe de la bouche, une broncho-pneumonie ou une pneumonie.
D'où la conclusion qu'il faut se laver le ner. souvent et le laver très fréquemment au\ malades- L'eau boriquée en aspiration suffit, nous l'avons vu; pour la prophylaxie, on peut y ajouter un peu d'atcoo! ou du bicarbonate de soude (une cuillerée à café de l'un ou de l'autre pour un demi-litre d'eau boriquée). Ce procédé de l'aspiration ne suffit pas en général pour les malades. Il faut faire une véritable irrigation au moyen d'un irrigateur ou mieux d'un bock en t<Me émailtée (comme ceux qu'on emploie pour les injections vaginales) et une canule ovoïde spéciale. Le liquide pénètre par une narine et sort, partie par l'autre, partie par le pharynx ; il faut que le malade ait soin d'incliner la tôle asse?. fortement en avant. Ces lavages sont nécessaires dans toutes les maladies infectieuses et absolument indispensahles dans celles où le poumon est atteint facilement de bronc ho -pneumonie (rougeole, fièvre typhoïde, etc.).
Dans la diphtérie, c'est un moyen non seulement prophylactique mais aussi curatif, suivant que la fausse membrane a envahi le nez, ou est encore locaiiséeà lagorge etau pharynx. Dans tous les cas, il est indispensat)le.
Lorsqu'il ne s'agit plus de faire de l'asepsie du nez ou au moins de l'antisepsie courante, la méthode antiseptique intensive, si on pentainsi parler, trouve son emploi dans nombre d'affections. Là encore, suivant les circonstances, on peut se conlenter d'applications antiseptiques énergiques ;
ISO HAUDieS IHPEGTIECSBS
parfois on est forcé de recourir aux caustiques dî^ vers, Ce sont là des indications spéciales qui ressort 1 lissent au traitement des diverses maladies des fosses nasales.
Larynx. — Avec le larynx, les difficultés de la pratique des méthodes antiseptiques commencent. Ici on ne peut plus employer les lavages, les applications directes de topiques ne peuvent être faites qu'avec les plus grandes précautions et à l'aide du laryngoscope, d'un maniement toujours délicat. Cependant on peut pratiquer sans laryngoscope les injections intra-laryngées, par exemple au moyeu de solutions huileuses antiseptiques (telles que la suivante: huiles d'amandes douces 100 gr., menthol 15 gr.). En employant une longue canule courbe il est facile de faire pénétrer la solution antiseptique dans le larynx.
On peut également employer les pulvérisations, mais il faut que l'instrument soit bien fait, à jet lin et bien manié, sous peine de recevoir tout le jet s«r le pharynx sans qu'il en arrive une goutte sur le larynx. D'ailleurs, comme pour les voies aériennes, la pulvérisation doit être assez fine pour que le jat n'existe même plus et que la substance médicamenteuse soit réduite i l'état d'un véritable nuage. C'est ce que l'on obtient dans les salles d'inhalations de certains établissements thermaux, ainsi qu'au moyen du pulvérisateur sous pression de MM. Miquel et Rueff. Enfin, on peut aussi employer, pour réaliser l'antisepsie du larynx, des vaporisations qui d'ailleurs n'enlrainent guère que de la vapeur d'eau, à moins qu'elles ne renferment des corps très volatils comme l'iode, ou des essences.
MÉDltATIOMS ANTISEPTIQUES
LaméLhocIe des inhalalions de sulistances volatiles peut rendre des services. Elle est surtout employée dans le traitement des affections Irachéobronchiques et pulmonaires. On peut la réaliser de façon très efficace au moyen de vaporisateurs sous pression, tels par exemple que celui de Morin.
Trachée et bronches. — L'antisepsie de ces conduits ne peut être réalisée que par les pulvérisations i l'état de nuages ou par les vaporisations, parles inhalations diverses gazeuses ou aromatiques ou enfin par le lavage trachéal et bronchique, pratiqué suivant la méthode de Pignol, par Tinjection lente d'une solution antiseptique (eau naphtolée par exemple) dans la trachée où elle pénètre à travers l'aiguille d'une seringue de Pravaz implantée enlreles premiers anneaux delà trachée au-dessous du larynx. On peut ainsi injecter en une seule séance 2 ou 300 grammes de liquide sans aucune espèce d'inconvénient ou même d'incident, à la condition d'aller lentement.
Ces divers procédés ont une efficacité bien démontrée, mais la difilculté est néanmoins grande. En effet, le médicament agit bien en surface, mais souvent il ne pénètre pas. Gest alors qu'il faut avoir recours à la méthode qui fait agir le médicament du dedans au dehors, méthode de choix à employer pour le poumon et que nous indiquons ci-après.
Poumon. — Les difficultés sont encore plus grandes. On peut encore faire agir directement sur le poumon l'antiseptique choisi, mais ceci ne peut être réalisé que parles vaporisations, surtout de substances balsamiques ou aromatiques, et les
HALADIES mPEGTIGUSES
gaz (acide sulfureux, fiuorhydrique, etc.) danscescas, le malade doit vivre pendant plusieôi heures, chaque jour, dans une atmosphère ainsi saturée et parfois sous pression.
On peut aussi employer les pulvérisations nuageuses ne renfermant que des gouttelettes absolument microscopiques (pulvérisations Miquel et Rueff). Ce n'est qu'avec des appareils extrêmement perfeclionnés qu'on peut faire pénétrer le médicament ainsi divisé en globules ne mesurant que quelques millièmes de millimètre. Les auteurs précités employant le biiodure de mercure ont pu s'assurer que la pénétration et l'absorption par les alvéoles pulmonaires sont possibles en réalisant les conditions que nous venons d'indiquer. Mais, en général, les pulvérisations sont illusoires, le liquide est en gouttelettes grossières qui s'arrêtent sur le pharynx, arrivent tout au plus au larynx et ne pénètrent même pas dans la trachée.
Mais il est une méthode très active qui consiste à opérer inversement et faire agir le médicament de dedans en dehors. 11 faut attaquer le microbe en le prenant à revers, ainsi qu'on l'a dit. C'est la méthode qui fait pénétrer par une voie quelconque la substance médicamenteuse qui s'élimine par le poumon et les bronches et agit ainsi. Le médicament peut être introduit par la bouche (essences diverses, balsamiques, sulfureux, etc., absorbés en pilules, en capsules), par le rectum (lavements gazeux) et surtout par la voie hypodermique. tiC» substances médicamenteuses introduites par ce moyen réalisent, d'ailleurs, une double indication ; elles agissent sur le poumon au moment où, étant
MÉDICATIOSS ASTISEPTIQUES 193
éliminées, elles s'échappent par cette voie ; elles juuent aussi un nMe important dans l'antisepsie du milieu interne dont nous nous occuperons un peu plus loin.
Tube digestif. — L'antisepsie gastro-inlestinale est une des acquisitions récentes de la thérapeutique. Sans contredit la méthode est due au professeur Bouchard. Le problème est d'ailleurs extrêmement complexe- Pour l'eslomac, peut-on y réaliser une antisepsie réelle et sérieuse? La chose est plus que douteuse. D'abord, ainsi que nous l'avons vu, il ne renferme jamais beaucoup de microbes tant qu'il est acide. Quand il est anachlorhydrique il peuten renfermer davanlag'O probablement. Nous ne l'avons jamais vu, môme dans ces cas, en renfermer beaucoup plus que dans les autres circonstances. Abelous en a trouvé davantage, mais en somme il n'y a pas encore de données très exactes sur ce point. Donc, compter faire de l'antisepsie gastrique est bien hypothétique. Les médications réellement actives et efficaces sont celles qui agissent mécaniquement sur les parois gastriques, talc par exemple à fortes doses, ou bien encore celles qui neutralisent l'aclion du suc gastrique : bicarbonate de soude en grande quantité, jusqu'à 30 ou 40 grammes par jour (méthode du professeur Debove) ou le mélange de magnésie, 0, 60, phosphate, carbonate de chaux ijà 0,25, et sous-nitrate de bismuth, 0,30 (Alb. Robin), ou encore la médication stimulante des parois stomacales : sulfate et azotate de potasse ûd 0.03; ipéca, 0,02, bicarbonate de soude 0,30 (A. Robin), etc.
Intestin. — Nous avons vu, en étudiant la flore
HAIAUIES INFECTIEUSES
microbienne de l'organisme à l'ijtat normal, que tout le tube digestif depuis la bouche jusqu'au rectum renferme une quantilé immense de microbes. Parmi les nombreuses variétés que nombre d'auleurs et plus spécialement Vignal ont étudiées et isolées, il en est très certainement qui, suivant la conception déjà ancienne de Duclaux, jouent un rAle très actif dans les phénomènes divers de la digestion. Mais ils doivent opérer suivant une proportionnalité définie, pouprail-on dire; chaque microbe doit produire un certain travail déterminé comme qualité et comme quantité. S'il dépasse les limites qui lui sont assignées, il produit immédiatement un trouble plus ou moins marqué dans le fonctionnement des autres microbes ou des cellules de l'organisme et crée alors, en rompant l'équilibre physiologique, un étal anormal du fonctionnement digestif. Nous ne pouvons développer cette idée, nos lecteurs en tireront eux-mêmes les déductions.
Indépendamment de son fonctionnement vicié, soit en plus, soit en moins, et qui par là peut déj& constituer un état pathologique, chaque microbe, hôte normal de l'intestin, peut, par suite d'influences biologiques et chimiques de voisinage qui agissent sur lui à un moment donné, prendre des qualités nouvelles ou récupérer des propriétés perdues depuis longtemps. Ce n'est là qu'une application de données évidentes que fournil l'élude expérimentale de la biologie microbienne. On conçoit ainsi très facilement l'exaltation de virulence ou même l'acquisition de virulence que peuvenl prendre ou bien récupérer tout à coup certains
MËDlunONS ANTISEPTIQUES
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microbes normaux de rinle?tin. L'exemple le plus net est fourni par le bacterium coli, dont nous avons assez parié précédemment pour ne pas y revenir ici.
Mais ce n'est pas tout, il existe, avons-nous dit, dans le tulie digestif, comme d'ailleurs dans toutes les autres cavités ouvertes de l'organisme, des microbes jadis pathogènes qui, après avoir donné naissance k une maladie, sont restés, une fois le malade guéri, comme hôtes de ses cavités. Ils peuvent dans ce cas rester à l'état de spores, attendant le moment propice pour se multiplier ou au contraire s'atténuer, perdre leur virulence, quitte à la récupérer plus lard, lorsque les circonstances favorables se présenteront. Enfin il faut compter aussi, au milieu de conditions fort complexes et mal connues, sur la symbiose. Tel microbe en se multipliant, en sécrétant telle ou telle toxine, favorisera le développement de tel ou tel autre microbe ou au contraire ce sera l'inverse. Nous pouvons renvoyer au chapitre I" pour plus de détails.
Antisepsie intestinale. — Sans insister sur bien d'autres circonstances agissant sur la vitalité et le processus biologique des microbes dans l'intestin. on peut voir que le problème de l'antisepsie intestinale est d'une extrême complexité. Les indications > que la bactériologie fournit aujourd'hui sont tellement nombreuses que la thérapeutique reste hésitante, manquant et du critérium et de l'oulillage nécessaire pour agir en toute connaissance de cause. Il faut pourtant, de cet ensemble complexe et confus de données scientifiques, déduire quelques applications pratiques. On constate, en somme, un
fait grossier, iodiscuLable, c'est que les matières fécales sont toxiques e l qu'el les le sont d'autant plus queréliminatioti urinaire elle fonctiounement hépatique sont plus ralentis ou altérés. D'ob Tindicatioa un peu grossière aussi qu'il faut favoriser le fonclionnemenl du foie et du rein, introduire dans l'intestin le moins de substances ferme ntescî blés, s'efforcer, par des médicaments appropriés, de détruire les produits sécrétés et de suspendre ou au moins de ralentir considérablement la vitalité des microbes de l'intestin, causes de tout le mal.
Il ne faut pas se dissimuler que cette notion pathogénique n'est pas exempte de nombreuses critiques, que le rôle des éléments organiques de rintesliu'u'est guère pris en considération, que la notion des microbes utiles est méconnue, etc. Tout cela est vrai, mais, sans établir en dogme celle donnée, ou peut considérer qu'elle a la sanction de la clinique el qu'en basant sur celte pathogénie une méthode thérapeutique: l'antisepsie intestinale, on rend souvent grand service au malade. D'ailleurs, la vieille médecine l'avait bien compris. La purgation n'est pas aulre chose qu'une manière d'antiseptiser l'intestin en le nettoyant au moyen des sécrétions organiques el en le vidant de son contenu plus ou moins dangereux. La notion nouvelle de l'action an ti microbien ne sur les parasites de l'intestin a perfectionné la mélhode ancienne, lui a donné une base réelle; eu somme, elle n'a rien changé. I>onc la méthode de l'antisepsie intestinale est utile, elle est conforme à la tradition. Reste à l'appliquer et ici surgissent de nouvelles diflicuités.
MÉDICATIOSS ANTISEPTIQUES
Quelles sont, en effet, les conditions que doit réaliser l'antiseptique intestinal 7 La première est tout nalurellement d'être réellement un antiseptique. et un antiseptiqueagissant sur les variétés microbiennes de l'inlitstin. Il doit ensuite ne pas irriter l'épithélium intestinal, sous peine de faire plus de mal que de bien. 11 est important aussi qu'il soit très peu assimilable ou, s'il l'est, il faut qu'il agisse favorablement sur les tissus qu'il traverse ou tout au moins qu'il ne les irrite pas. 11 faut aussi qu'il soit bien toléré par le malade. Telles sont les principales conditions que doit réaliser un bon antiseptique intestinal. Il en est encore une, c'est celle de l'action pendant une durée aussi longue que possible. Cette indication importante est remplie par l'administration de l'antiseptique à doses fractionnées de manière qu'il y en ait constamment un nouvel apport pour remplacer la quantité qui est éliminée au fur et à mesure. Ce dernier desideratum est indispensable, on le réalise par des purgations légères au cas où l'antiseptique ne s'élimine pas seul et facilement ou par l'administration de petites doses répétées de l'antiseptique toutes les deux heures ou même toutes les heures et demie.
On comprend facilement que les substances destinées à remplir ces multiples indications ne sont pas nombreuses. Elles doivent, bien entendu, être au préalable expérimentées sur les animaux de façon à déterminer leur dose toxique et leur dose .physiologique. Ces renseignements préalables sont nécessaires au thérapeute, dont ils doivent guider les premiers essais au moins d'une façon appro-
ximative. Mais c'est l'obsiirvation clinique faîle avec méthode et scientifiquement qui seule permet de régler les conditions de l'adminislration à l'homme (doses, moments et modes d'administration, etc.j, conditions variant d'ailleurs suivant bien des circonstances et qui ne peuvent en aucun cas être absolues et générales.
Bien des médicaments ont un certain pouvoir antiseptique, mais faible, tels sont la magnésie, le charbon, le soufre, etc., qu'on emploie empiriquement depuis fort longtemps, la poudre de talc qui a donné au professeur Debove de si remarquables résultats dans le traitement de 55 ulcères de l'estomac. Ce sont des médicaments utiles, mais qui doivent être employés à doses considérables et qui ont des indications spéciales. Ce sont d'ailleurs des désinfectants beaucoup plus que des antiseptiques, des absorbants ou même des agents mécaniques.
Puis viennent des substances faiblement antiseptiques au point de vue intestinal, mais en général peu dangereuses, qui sont parfois absorbées et peuvent alors agir encore sur lesdifférents viscères qu'elles traversent avant leur sortie du corps. Tels sont les sulfites, les benzoates, les essences uu certaines substances aromatiques, l'acide borique, le salicylate de bismuth. On pourrait ajouter la créosote, mais elle est fort irritante, les sels de mercure : sulfure noir, et surtout le calomel par petites doses de quelques centigrammes souvent 1 répétées, en surveillant les phénomènes qui Ira- , duisent l'absorption : bouche, intestin, etc.
Il est entîn des substances actives en général el
MÉDICATIONS ANTISEPTr<JDKS 199
qui la plupart du temps ne sont pas ou peu absorbées; par conséquent on peut les administrer à doses assez élevées. Ce sont les médicaments types pour l'antisepsie intestinale : lanaphtalineàladose de 5 grammes par jour, surtout le naphtol-p à la dose quotidienne de 2gr. 30 par prises fractionnées: 18 environ en 34 heures (Bouchard), ou mieux encore le naphtol-a dont la dose peut être augmentée sans inconvénient, car il est trois fois moins toxique que le naphlo!-^ et possède une puissance antiseptique plus grande (Maximowitch). Les combinaisons récemment publiées du naphtol avec l'acide salicyiique (bétol), avec l'acide benzoïque (benzonaphto!t, avec le bismuth sont le plus souvent préférables aux naphtols purs, qui souvent sont irritants.
Le sulfure de carbone, le chloroforme sous forme d'eau sulfocarbonée ou chloroformée, sont aussi des antiseptiques intestinaux utiles. Il en est de même du nitrate d'argent, de l'iodoforme, mais ils peuvent être dangereux et ne sont guère à recommander dans le traitement des maladies infectieuses. Les sels de mercure, le calomel surtout, peuvent être utiles, ils doivent être maniés avec prudence.
Nous pourrions encore allonger cette liste. Nous répéterons ce que nous avons dit. Nous ne voulons et ne pouvons que donner des indications générales d'ensemble. (Voir aussi, pour les plus récents de ces médicaments, la liste p. 314.)
Le rûle des antiseptiques, avons-nous vu, est d'abord de désinfecter l'intestin, de détruire et de fixer les gaz et les produits toxiques qui le remplissent, de détruire ou de diminuer la vitalité et la pullulation des germes qu'il contient, puis enfin
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d'éliminer par les selles ces diverses substaacGS toxiques. De ce fait l'absorption de ces substances est empfichée et elles ne peuvent porter leur action nocive sur l'organisme entier : système nerveux, surtout foie, cteur, reins, etc., et peau.
Nous n'avons pas à entrer dans ces détails présents à l'esprit de tous. Rappelons seulement les effets très remarquables de cette médication dans nombre d'affections cutanées, surtout la furonculose. U semble dans ce cas (ju'il se sécrète dans l'intestin une toxine favorisante pour les staphylocoques et dont la suppression par l'antisepsie intestinalefaitdu coup cesaer ta prolifération abondante du parasite qui donne naissance à la furonculose.
Quanta l'utilité de la désinfection intestinaledans la fiè>Te typhoïde, elle est démontrée d'une façon évidente, mais combien difficile et délicate à réaliser et variable suivant les cas, les sujets, etc. ! Dans les embarras gastrique s, danstouteslesmaladies intestinales (entérites, diarrhées, ulcérations), dans les affections hépatiques et même rénales, l'antisepsie intestinale s'impose, variable encore une fois et comme médicaments, et comme doses, etc., les indications différant, naturellement, suivant une foule de circonstances.
Séreuses. — L'antisepsie des séreuses ne peut être réalisée sansopération chirurgicale, nécessaire pour ouvrir une voie à l'antiseptique (lavages des ca>'iLés avec des solutions antiseptiques introduites et retirées au moyen de l'aspirateur), procédé qui suffit parfois. D'autres fois, il sera nécessaire de faire un vrai drainage. Un trocart un peu large, des drains, suffisent. Inutile d'insister sur le mode
opéraloii-e, qui nécessite seulement une antisepsie rigoureuse, un peu d'adresse et quelques notions &natomiques. Les pansements ultérieurs doivent être soigneusement faits, toutes les précautions antiseptiques prises avec soin. Tout médecin est capable de drainer ainsi une articulation ou la plèvre ou même le péritoine.
Mais le plus souvent l'intervention opératoire doit être large, de façon, ainsi que le disent les chirurgiens, à transformer les surfaces malades internes en plaies extérieures et à les traiter de même. Une seule observation est à faire, c'est que l'antiseptique à employer doit être soigneusement choisi. Si, en effet, la séreuse suppure depuis un certain temps, elle est modifiée dans sa structure, n'absorbe plus guère et on peut sans grand danger employer des antiseptiques un peu forts et même faire de vrais pansements intra-pleuraux ou intrapéritonéaux avec des gazes antiseptiques. Mais, d'autres fois, la séreuse a conservé au moins partiellement sa structure délicate. Il serait alors dangereux de mettre àson contact un anliseptique fort dont la première action serait d'altérer profondément les cellules épithéliales. Dans ces cas, on peut se contenter de lavages avec de l'eau bouillie chaude additionnée de 4 à 3 pour lOUO de sulfate de soude et de 6 à 7 pour 1000 de chlorure de sodium.
Nous ne pouvons pas entrer dans le détail de la technique opératoire à employer dans chaque cas. Mais il faut bien que les médecins sachent que la plupart de ces opérations ressortissent à la médecine, au mÉme titre que la Irachéotomie. Le mé-
MilAOIES INFECTIEUSES
decin doit saTOir les pratiquer. C'est ainsi que l'upiiratioD de rempyème est simple. Nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer au volume de la collection Charcol-Debove, sur la Pleurésie purulente, ou encore k l'article qu'a publié notre ami Isch-Wall dans la Médecine vwderrie, n° 17, 1891. On trouvera là l'exposé complet et pratique du morfws /"aciendi.
Péritoine. — L'antisepsie du péritoine est plus , délicate etnécessile des connaissances chirurgicales plus étendues, mais c'est, en somme, une simple laparotomie avec lavage du péritoine. Toute la difficulté réside dans ce lavage, souvent délicat k cause des adhérences, 11 doit, bien entendu, être pratiqué avec l'antisepsie la plus rigoureuse et en se servant d'un liquide tiède et peu toxique. Inutile de revenir sur les observations faites cidessus. Nous ne parlerons pas, bien entendu, de la thérapeutique de l'appendicite, qui sort de notre sujet; d'ailleurs nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer au remarquable volume de Talamon sur P Appendicite. (Bibliothèque Charcot-Debove.)
La connaissance anatomique exacte de la région s'impose, cela va de soi.
Nous n'avons pas à parler ici des méthodes thé- ■ rapeutiques qui agissent sur les articula fions, par exemple injections médicamenteuses de tous genres, méthode sclérogène de Lannelongue. Il s'agit de maladies spéciales.
Antisepsie g^énêrale ou du milieu intérieur.
C'est [h une grave question dont la solution complète est une utopie. Si on arrivait en elfet à pou-
MÉDICATIONS ANTISErTIQUES
>oir antiseptiser à volonté le milieu intérieur et à ranliseptiser contre tel ou tel microbe, c'est-à-dire à tuer le microbe introduit dans Torganisme, à détruire ou à éliminer ses produits toxiques, on arriverait du même coup à, pouvoir presque supprimer toutes les maladies. Noiis disons presque, car il est un facteur qu'il faudrait également faire entrer en ligne de compte, c'est la réaction organique. On sait, en effet, qu'il suffit d'une action même courte d'un microbe et surtout de ses toxines pour modifier le fonctionnement organique pour un temps souvent fort long. C'est, d'ailleurs, le principe de la vaccination. Si bien que, lroi\vât'On la gamme générale d'antiseptiques applicables à l'antisepsie interne réelle de toutes les maladies infectieuses, on ne les aurait pas guéries pour cela. C'est donc là une utopie. Mais ta solution approchée du problème est d'une importance extrême. C'est la voie d'avenir de la thérapeutique. Actuellement, sur ce chapitre, le bilan des ressources de ia thérapeutique scientifique est bien minime. Les médications réellement efficaces que nous avons, vraies médications scientifiques, nous ont été transmises par la médecine ancienne ; elles sont le fruit de l'empirisme. C'est surtout la quinine, le mercure ; c'est aussi le salicylate de soude, celui-là tout moderne, mais d'origine pas plus scientifique que les deux autres. C'est enfin la créosote en injections sous-cutanées nu ses succédanés, qui constituent une vraie médication réalisant l'antisepsie générale.
D'ailleurs les difficultés sont considérables. 11 faut avant tout que l'antiseptique interne et général
MALADIES 1HFECTIETISE8
remplisse ces condilions primordiales : agir s microbe et ses produits, tuer l'un ou tout au n empêcherson développement, neutraliser lesautres, mais en même temps ne pas nuire ou même agir favorablement sur les cellules organiques de façon qu'elles puissent se débarrasser des agents infectieux. Cette double condition était jadis considérée comme impossible à réaliser. Les recherches du professeur Bouchard ont montré que la chose était possible. De toutes ses démonstrations, la plus nette a été la réalisation de V imprégnation créosolée du malade, méthode qui lui a donné les plus remarquables résultats. Cette méthode, d'ailleurs aujourd'hui systématisée et perfectionnée par l'emploi des injections sous-cutanées, donne des succès inespérés et sans contredit constitue la méthode de choix dans le traitement de toutes les tuberculoses.
Les procédés nouveaux si curieux de l'héaiothérapie, au moyen desquels on obtient l'immunisation . momentanée et parfois la guérison de certaines maladies, sont aussi une méthode de grand avenir qui réalise par des mécanismes très particuliers et encore très obscurs l'imprégnation générale antiseptique, pourrait-on dire, par rapport au microbe qu'on veut combattre- Nous avons exposé plus haut tes résultats obtenus dans cette direction ; nous n'avons plus à y revenir.
En somme, le desideratum à remplir par l'antisepsie générale interne est aujourd'hui connu, mais la façon de le réaliser est encore absolument empirique, it ne faut malheureusement pas se le dissimuler.
MBDICATIOilS ANTISEPTIQUES
Procédés d'administration. — Il est un premier puint, c'est celui du procédé d'administration du' médicament, La voie gaslrinue, la plus simple, est fort délicate. Il est bien peu d'estomacs, d'intestins ou de foies qui puissent supporter longtemps une médication énergique. Cependant, comme les maladies infectieuses ne sont généralement pas de longue durée, on peut se servir de cette voie pour administrer les médicaments. C'est ainsi qu'on pourra faire prendre la quinine, les sultites, les combinaisons iodées, salicylées, thymiques, les sels mercuriels, les balsamiques, surloutla créosote, etc., qui ont été préconisés pour réaliser l'antisepsie interne. Quelquefois même on pourra utiliser la propriété du foie, qui arrête la plupart des substances médicamenteuses et qui parfois les emmagasine pour tes rendre peu à peu h l'organisme. Tel est le cas pour les sels mercuriels, par exemple. Voie rectale. — Elle est parfois employée pour introduire des médicameuts. On a utilisé dernièrement ce procédé pour la créosote. On a aussi essaye d'introduire dans l'organisme par la voie pulmonaire, soit des corps eu suspension dans un nuage obtenu au moyen d'un pulvérisateur spécial comme celui de Miquel et Rueff, ou celui plus récent de Morin (voir plus haut, page 190). On a tenté aussi d'utiliser la propriété qu'ont certains corps de se sublimer très facilement ; tel est le cas de l'iode et du mercure. C'est ainsi qu'on a fait pratiquer des inhalations d'iode en paillettes à travers des tampons d'ouate (Miqueli, ou encore qu'on place sur l'oreiller du malade, à côté de ta léte ou à son cou, quelques doubles de flanelle chargés de mercure
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métallique exlri^mement divisé {Caries, de Bordeaux). Mais l'avenir est inconlestablement à la méthode hypodermique. Depuis bien longtemps on emploie les frictions mercurielles, qui font pénétrer à travers la peau le mercure très divisé, à coudition toutefois qu'une friction énergique irrite la peau. la peau normale intacte n'absorbant pas. D'après M. Guinard (de Lyon), qui a asscK récemment insisLé sur ce point, les frictions mercurielles agiraient, comme dans les cas précédents, par sublima^ tion du mêlai et absorption pulmonaire. ■
Voie sous-cutanée. — La vraie méthode pout^ réaliser l'absorption cutanée, c'est la méthode des injections sous-cutanées. On peut ainsi faire pénétrer la plupart des médicaments, suit en solutions aqueuses, Boit sous une forme extrêmement divisée. dans des véhicules peu douloureux, tels que les huiles, la vaseline. On peut ainsi, ou bien réaliser l'absorption immédiate et assez rapide, ce qui se produit le plus souvent, ou encore, comme avec l'huile grise (mercure en suspension dans l'huile), établir sous la peau une sorte de réserve, d'où le médicament se répand peu â peu et très lentement dans tout l'organisme. Il est enlln une méthode. celle des injections intraveineuses, méthode extrêmement rapide, d'une efficacité très grande, mais fort délicate et qui d'ailleurs, à de rares exceptions près, n'est pas en core entrée dans la pratique courante. Cependant, récemment divers auteurs ont employé avec succès les injections intra-veineuses de sublimé, suivant la méthode de Baccelli. Nous pouvons aussi noter les injections întra-veineuses de sérum artificiel employées par le pro-
HËDIGÂ,TI0>9 AHTISEPTIQOES
fesseur Hayom daos le choléra. Mais il ne s'agit pas là à proprement parler de thérapeutique antiseptique.
Médicaments employés. — Les médicaments qui ontété employés pour réaliseï' Tantisepsie générale sont fort nombreux. Tous les antiseptiques ont été administrés, de la façon la plus empirique d'ailleurs : l'iode, le chlore, le soufre, sous toutes leurs formes : sulfureux, sulfites et hyposulfltes, Tiodoforme, le brome, les acides phénique, tbymique, benzoïque, salicylique, borique, la créosote et ses dérivés, tous les nouveaux médicaments de la série aromatique, larésorcine, la kairine, l'antipypine, etc., etc., et enfin la quinine ('}, Le mercure mérite une mention spéciale, c'est uu antiseptique puissant qui, dans le cas spécial de la sj'philis, joue d'une façon évidente mais tout empirique le rùle d'un puissant et général antiseptique interne.
Nous n'examinerons pas chacun de ces corps, ce n'est, encore une fois, pas notre rdle. Mais pour des raisons diverses, soit non-absorption en quantité suffisante, puissance non assez grande, toxicité trop forte, etc., la plupart de ces corps ne peuvent réaliser en aucune circonstance l'antisepsie générale complète ; ils sont néanmoins utiles dans certains cas déterminés. A peine pourrait-on faire exception pour la quinine, l'acide salicylique, l'antipyrine, dont d'ailleurs le mécanisme intime complet est inconnu, et pour la créosote dont l'action intime parait être fort complexe. D'après des recherches récentes faites sur le gaïacol, il n'agirait pas sur le bacille de Koch, mais sur les toxines i \i) Voir, pour les nouveaux antïseptiqucâ, la liale p. 314.
diverses que lui-mCme et les nombreux bacilles qui l'accompagnent sécrètent en grande quantilé. Le gaïacol neutraliserait ces produits, causes de la lièvre, de l'anorexie, des divers symptômes nerveux, etc., qui accompagnent la tuberculose. Par conséquent, la créosote neréaliserait encore qu'une partie du desideratum, elle n'agirait pasdirectement sur les bacilles. A cela la clinique oppose, non sans raison,lesguérisonsindnbitablesdues à la méthode. Il est vrai qn'il est possible que dans ce cas, en neutralisant les toxines, le médicament rende aux cellules leur vitalité fortement atteinte ainsi, les désintoxique et qu'alors elles deviennent capables de se débarrasser des microbes par phagocytose probablement, ou bien encore en réalisant rapidement un état de nutrition tel qu'elles créent dans les humeurs un état bactéricide intense. D'ailleurs la question est absolument à l'étude, elle est nettement formulée ; c'est déjà beaucoup que de savoir ce qu'il faut faire, les conditions qu'il y a à remplir.
Une méthode due aussi au professeur Bouchard, celle de l'association de diverses substances, pourra donner de remarquables résultats. En eiFet, par ce moyen on peut non seulement additionner, mais augmenter les antisepticités de diverses substances, de façon que la puissance totale soit plus grande que la somme des antisepticités de chaque substance. D'autre part, des recherches de laboratoire ont démontré que la toxicité pouvait suivre une marche inverse, la toxicité totale n'égalant pas la somme des toxicités de chaque corps, M. Bouchard avait employé expérimentalement un
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mélangedans de l'eau alcooliséedediversesessences (origan, cannelle, angélique, vespétro et géranium). M. Lépioe a proposé une solution complexe, RoUer el récemment de Christmas, et Lucas-Championniëre de même; mais il s'agit là ou de solutions expérimentales ou de mélanges pour l'antisepsie externe. Nous ne pouvons donc que les rappeler, comme application du principe d'association que nous \enons d'énoncer.
On le voit donc, l'antisepsie du milieu intérieur, comprise comme nous venons de Texposer, est une méthode d'aveuir. Jusqu'à présent les résultats sont encore peu considérables ; les méthodes thérapeutiques qui actuellement permettent de réaliser l'antisepsie générale sont le fruil de l'empirisme. Hais on peut être convaincu que, dans un avenir prochain, la méthode scientifique mènera à la découverte de médications antiseptiques générales auxquelles la clinique donnera son adhésion, justifiée par les résultats dûment constatés sur le malade.