CHAPITRE IV
HEDICATI01I3 ANTITHERMIQl
Une autre ÎDdicalion primordiale à remplir daô^ les maladies infectieuses, c'est de lutter contre la température trop élevée. Nous avons vu que les indications de cette médication sont complexes. Dans quelques cas, un certain degré de fièvre peut être utile. Il est l'indice d'une réaction Tavorahle de l'organisme. On sait aujourd'hui que ta phagocytose, avec production de macrophagesenahondance, est un des éléments de cette réaction.
Mais si, au contraire, la fièvre est trop élevée, alors elle présente pour l'organisme de réels et multiples dangers ; nous ne pouvons y insister encore une fois ici. Retenons seulement que l'hyperthermie suspend les réactions cellulaires et auto-intoxiqué le malade.
D'une façon générale, lorsque la flèvre est trop vive, elle doit être combattue par des agents appropriés. Ces agents pourraient être qualifiés d^antithermiques, mais leur rAle n'est pas seulement d'abaisser la température, la plupart n'ont cette action que parce qu'ils agissent sur l'élément pro- , due leur de la fièvre; ils sont alors avtipyrétiquei. Enfin, comme ces éléments producteurs de la fièvre sont ordinairement de nature infectieuse, le plus
MÊDKATfOSS ANTITHEBMIQUES 2U
grand nomhre desanlithermiquea sonl également des aniu'-pt'iques.
On pourrait ajouter aussi que certains d'entre eux sont de véritables spécifiques pour certaines maladies déterminées, c'est-à-dire qu'ils réalisent dans ce cas les conditions générales que nous indiquions plus haut pour l'antisepsie interne générale. C'est ainsi que l'eau froide est seulement un antitLermique, que la quinine est en plus un antipyrétique antiseptique et le spécifique de la iièyre intermittente, L'antipyrine a également une grande puissance antipyrétique et antiseptique, elle peut f tre aussi considérée comme le spécifique du rhumatisme, et enfin elle est également analgésiante, précieuse qualité dont nous n'avons pas â nous occuper, l'indication de l'analgésie n'existant que d'une façon accessoire dans la thérapeutique des maladies infectieuses.
»L.a fièvre.
L'élément contre lequel ces diverses substances doivent agir dans les maladies infectieuses est, nous venons de le voir, la fièvre. Quel est donc le mécanisme de cet état morbide î Tout d'abord, la fièvre se caractérise essentiellement par une élévation de la température normale durant un certain temps. Les physiologistes ont été depuis longtemps frappés de ce fait, que l'élévationde la température s'accompagne d'une augmentation dexcrétion de l'acide carbonique et d'élimination de l'urée, au moins à certaines périodes de la maladie (Liebermeisler, Leyden, Friinkel, Lilienfeld, Zunl/,, etc.).
MALADIES INFECTIEDSES
Mais il ne résulte pas de là que la fièvre soit duc seulement îi rexagération des combustions organiques ; en effet, si, dans certains cas, il y a exagération de la quantité d'oxygène absorbée (Zuntz, Liiienfetdj, dans d'autres cette augmentation n'est pas proportionnelle à l'élévation thermique (Finklerl, A!b. Robin a depuis longtemps déjà démontré que, dans bien des pyrexies. il y a au contraire dimî nution des oxydations et surtout oxydations anormales, avec encombrement de l'organisme par ces divers produits. On constate aussi dans la lièvre une augmentation marquée du rayonnement calorique.
On peut donc adraeltre d'une façon générale que la fièvre s'accompagne d'une altération des combustions organiques, tantflt en plus, tantfll en moins, mais se faisant généralement suivant un type anormal. En même temps, il y a augmentation de la déperdition de chaleur par le rayonnement. 11 y a en même temps diminution des fonctions d'élimination, d'où encombrement de l'organisme par les résidus des combustions organiques troublées et enfin fonctionnement, très altéré, parfois presque supprimé, des différents viscères (sauf la rate, bien entendu, dont le rtile producteur de macrophages se trouve alors considérablement exalté, ainsi que celui de la moelle des os].
Ces divers points méritent d'être pris en considération; ils interviennent, en effet, comme indications thérapeutiques secondaires dans le traitement des maladies infectieuses, indications qui peuvent être remplies après celle que fournit la flèvre.
Quelle est la cause productrice des divers phê-
MÉDICATIONS AKTITHEKMIQUES
noménes constitutifs de la fièvre que nous venons d'esquisser ? A l'état normal, la régulation de la température est constante ; quelles que soient les circonstances diverses qui interviennent, la température ne varie que de quelques dixièmes de déféré. Pendant la fièvre, cette régulation n'existe plus.
C'est au système nerveux qu'est dévolu ce rôle, au moins dans le plus grand nombre des cas; mais la vie cellulaire peut seule engendrer des manirestations thermiques en dehors de toute action du système nerveux. Tel est le cas pour les modiflcations thermiques survenant parfois après la mort: tétanos, phtisie, hémorragie cérébrale (Brener, Schottelius, Bourneville). Cependant, d'une façon générale, c'est le système nerveux qui est le grand régulateur de la thermogenèse par ses centres caloriques cérébraux ou médullaires probablement multiples (Tscheschichin, Vulpian, Pinckler, Frédéricq, Richet), par les vaso-moteurs, surtout le sympathique (Cl. Bernard), par son action sur les sécrétions, sur le fonctionnement cellulaire général, etc.
C'est donc une altération du système nerveux portant plus spécialement en certains points (surface des hémisphères, isthme de l'encéphale, centres vaso-moteurs divers, grand sympathique) qui détermine la fièvre. Cette action sur le système nerveux peut être déterminée de bien des façons. Elle peut être purement dynamique, c'est ce qu'on peut observer dans certaines affections nerveuses, comme l'hyslérie, ofi lafièvre peut être fort élevée et reconnaître parfois une origine purement psychique, comme dans la suggestion. Dans certains