La prescriplion d'ensemble est la suivante
Cl Bain de 13 minutes, k20°,loutes les trois heures, jour et nuit, tant que la température rectale, mesurée trois heures après le bain, atteindra ou dépassera 39° ; pendant le bain, arroser la tête et la nuque, chaque fois avec deux à, trois litres d'eau à 10° ; petit repas après chaque bain, c'est-à-dire toutes les trois heures. Aliments recommandés: lait additionné de café, de thé ou de cacao (1/1 de litre chaque fois), potages de gruau, tapioca, vermicelle, très cuits, bouillon de veau, mouton, poulet, dégraissé à froid, puis réchauH'é au moment du repas.
«Comme boisson, de l'eau très fraîche et pure ; l'indication du vin ou des spiritueux n'est urgente que dans les fièvres traitées tardivement.
« L'âge et le sexe ne doivent eu rien modifier le traitement... «
A cûlé de la méthode de Brand absolue, il y aurait lieu de ranger les autres procédés divers de balnéation et d'hydrothérapie qui sont aussi employés dans la fièvre typhoïde et dans diverses maladies infectieuses. Le troisième procédé ci-dessus énoncé du bain graduellement refroidi est une excellente méthode très préconisée par le professeur Bouchard, dont les indications sont à peu près les mêmes que celles des bains froids et qui donne de très bons résultats lorsqu'il y a hyperthermie, une certaine dépression, diminution delà diurèse,
nomcnt il est souvent imposais nous nt ïoulmis piia rcprooille pour étro inléiesaHiito.
Î41 MàtAniES INFECTIEUSES
à condition qu'on Tad ministre Èi un malade déjà soumis à une médicalLon rationnelle qui est continuée, bien entendu.
Les allusions froides de 17" à 24" continuées jusqu'à l'apparition du grand frisson, l'enveloppemenl froid dans le drap mouillé, qu'on peut renouveler environ cinq à six fois dans une séance, maïs seulement jusqu'au moment où apparaît le grand frisson, les lotions vinaigrées, constituent des procédés déjà anciens, mais de valeur minime.
Les procédés hydrothérapiques et surtout les bains froids ou tièdes sont employés particulièrement dans la tiévre typhoïde, mais ils sont aussi usités dans la plupart des maladies infectieuses. Leur indication se tire de i'hyperthermie, d'une dépfession nerveuse marquée, d'une diminution delà diurèse et d'un ëlat gastrique et réaclionnel général qui l'aitque les médicaments ne sont plus absorbés, les cellules organiques empoisonnées et absolument incapables de réagir. C'est dire que, même sans attendre que la situation soit aussi compromise, OQ n'emploie guère les bains froids dans les maladies infectieuses que quand l'état est sérieux, qu'il s'agit même d'une forme assez grave de la maladie, bans les lièvres éruptives extrêmement graves, avec température très élevée, les résultats sont parfois excellents. Dans la rougeole, le bain doit être généralement à 25'' au début et sa température abaissée progressivement jusqu'à 20*. La durée du bain est naturellement variable, elle est de 10 minutes environ. Il en est de mi?me du nombre <les bains. Tout cela dépend de Télévation detti lempéralure et de l'étal du malade. ^m
MÉDICATIONS ANTITHERMIQUES
Dana la scarlatine on peul employer la même métlKiile ; on peut aussi mettre le malade nu dans la baignoire et lui faire une affusion d'une demiminute environ de durée avec trois ou quatre seaux d'eau à 20" ou 23° (Dieularoy). On peut également l'étendre sur un lit de sangle, puis le Icitionner rapidement et fortement en se servant de grosses éponges et d'eau vinaigrée ou aromatisée employée en assez grande quantité. On l'enveloppe dans une couverture de laine, on le couche et on lui administre des boissons chaudes.
Dans la variole avec accidents généraux graves, Trousseau avait déjà employé all'usions et bains froids. Les fanatiques du bain froid baignent encore dans d'autres maladies infectieuses, voire même la pneumonie. Mais dans ces circonstances JUrgensen a observé des cas de mort dans le bain.
Cependant, dans quelques cas de pneumonie considérés comme désespérés, M. Alb. Robin a pu sauver des malades par celte méthode.
Telles sont les indications générales de la médication antithermique qui se relie si intimement a la médication antiseptique. On a pu voir quelques-uns des procédés par lesquels on peut réaliser en même temps l'une et l'autre.
On voit combien la question est complexe et les nombreux points qu'il faut avoir sans cesse présents a l'esprit quand on institue une mëdicalion antitbermique qui le plus souvent est en même temps antiseptique.
Parmi les indications qu'il esL nécessaire t remplir dans les maladies infectieuses, nous avons vu *jue IVlimination des substances toxiques d'origines diverses (microbienae ou cellulaire), qui oDCombrcnt l'organistiie, doit être favorisée dans la ibesure du possible.
Ces substances toxiques sont, nous Tavous vu dans la première partie de ce volume, extrêmement variées, de compositions chimiques très diverses. Elles sont plus ou moins ialîmement Tuées aux tissus où elles coexistent à côté ou combinées aux produits ordinaires de désassîmilation cellulaire qui, du fait de la maladie infectieuse, n'ont pu être élimiaés.
Il est indiqué d'abord d'enlever aux cellules ces produits dangereux, et !e meilleur moyen est de les rendre solubles et. par suite, éliminables ; il faut ûgalemenl favoriser les éliminations par toutes les voies possibles, et l'on sait que la voie intestinale et surtout la voie rénale sont celles que suivent principalement les substances toxiques pour sortir de l'organisme.
Ce sont là en somme deux ordres de moyens qu'on peut mettre en œuvre, moyens un peu grossiers
HÉDIUTIonS ËLIMINATRICES
et qui ne répondent guère aux retentissantes hypothèses des thérapeules U'antan qui, lorsqu'ils avaient prononcé le mot d'augmentation de combuslioDS organiques, slimulatlun de la nutrition cellulaire, croyaient avoir tout dit. Or, on ne sait absolument pas ce qui se passe dans la nutrition intime des tissus, ou plutiït on sait qu'il y a là des réactions complexes. Actuellement on ne peut mesurer le résultat atteint par la Ihérapeutiqne intime qu'en constatant que les matières excrémentilielles et toxiques éliminées par les urines augmentent, que le taux de l'urée s'élève, la démioéraltsation diminue, la diurèse est plus abondante.
Si, en même temps, la température baisse, si le système nerveux réagit bien, le thérapeute peut être assuré qu'il a fait de bonne besogne. 11 ne peut tirer de l'analyse détaillée de l'urine que des déductions générales portant sur la résultante totale du travail organique intime. C'est là une source d'indications assez précises; nous l'avons vu précédemment, en notant l'action de chaque médicament antithermique sur la nutrition; il est bien évident d'ailleurs que peu à peu elles se préciseroot et se compléteront.
Nonaavons donc à réaliser ces deux indications : rendre les toxines et les produits organiques Tacilement dcsasisimilables, puis faciliter leur élimination. La seconde peut être remplie par les diurétiques et les purgatifs; c'est une indication presque banale, malheureusement trop souvent méconnue. La première est autrement complexe. Nous ne connaissons que fort peu de substances pouvant avoir une action en l'espèce.
IULUHES IKPECTIBDSES
1" Mèrlicaments soUibif Liants.
En eflel, parmi lesdivers médicaments que nous avODS examinés, bien peu, sauf l'acide salîcylique. sont capables de remplir ces indicatioDS. Nous yajouterons l'acide benzofque, dont nous avons parlé. D'ailleurs, il ne faut pas se dissimuler que ce n'est que par analogies Rt d'après ce qu'on sait en bloc de l'action de ces sels sur la nutrition géDérale, qu'on peut instituer l'Intervention médicamenteuse destinée à répondre à cette indication d'ailleurs fort complexe : la désassimilation. Il faudrait spécifier qu'il s'agit de désassimllation des produit.-' toxiques sans qu'eu môme temps il se fasse une éliminatiou exagérée des éléments des tissus. Tous ces points sont encore absolument obscurs. Examinons brièvement l'action étiminatrice des médicaments les plus actifs en l'espèce.
Quinine. — D'une façon générale, la quinine, i faible dose tout au moins, augmente le nomkru des pulsations el élève la pression artérielle. d'après Jerusallmsky, contrairement aux opinions anciennes qui prétendaient juste l'inverse ; la force du cœur augmente, d'après G. Sée et Bocbefootaine. Donc ce sont là des conditions favorables pour activer la circulation et produire, par suite, une accélération de la respiration et augmenter l'oxygénation. Mais, d'autre part, voici ce qu'apprend l'analyse chimique physiologique. A doses moyennes, comme à doses un peu élevées, la quinine fait baisser la capacité respiratoire du sang et réduit le dégagement de l'acide carbonique (von
HÉDICàTIOKS ÉLIHIH&'nUCES 210
Bock- et Baiier), diminue le nombre des globules blancs (Bitu;), leur fait perdre leurs mouvements amiboïdes et par là aurait pour effet de s'opposer â la diapédèse (Binz et Schaprenbroich). Il est vrai qu'Hayem conteste ces afftrmations. Mais il y a plus ; chez les lyphiques, d'après Alb. Robin, avec une dose de gr. 50 de sulfate de quinine, les matériaux solides de l'urine, l'urée, les chlorures, l'acide phosphorique, sont plus ou moins diminués, mais les rapports de l'urée aux matériaux solides et de l'acide phosphorique Ëi l'azote de l'urée augmentent notablement. Enfin, la même dosediminue les soufres de l'urine dans une proportion de 2a k 30 pour 100, tandis que l'urée diminue seulement de 10 à 20 pour 100. La quinine produit donc k toutes dosusun notable ralentissement descombuslions organiques. Cependant, au-dessous de Ogr.aO et par doses fractionnées, elle aurait plutôt une action stimulante de la nutrition et éliminatrice réelle.
On voit donc que si la quinine est un merveilleux médicament à d'autres points de vue, à celui dont nous nous occupons actuellement elle est le plus souvent inutile, dangereuse même, s! on l'emploie inconsidérément à doses excessives, continuées pendant trop longtemps; elle ne peut rendre service qu'à très petites doses répétées plusieurs fois.
Antipyrine. — L'anlipyrlne n'est pas un médicament solubilisant et éliminateur, bien au contraire; elle diminue la diurèse, ce qui, dans toute maladie' infectieuse, est une mauvaise chose. D'autre part, ■ d'après Lépine, elle fait baisser le nombre des globules rouges. Au point de vue urologiqiie, d'après
HALAIHES IXVECnEHSBS
M. Alb. Robin : IMaiitipyrioe diminue tes matériaux solides de ruriue [de 10 pour 100 environ!, l'urée (de 21 à 33 pour 100), Tazote lotal, les chlorures, l'acide phosphorique, l'acide sulfuiique des sulfates, l'acide sulfurique conjugué ; 2° elle augmente l'acide urique, le rapport de l'acide phosphoriqueàl'azote de l'urée, le phosphore incomplètement oxydé et la potasse. M, Alb. Robin conclut de ces résultats que l'antipyrine diminue la désintégration organique et abaisse plus encore les oxydaLioQS organiques, d'où la production d'un excès relatif d'acide urique et de matériaux extractifs azotés. C'est encore là une série d'actions qui ne peuvent qu'entraver la désassimilation. Donc, en nous plaçant au point de vue spécial de l'élimination dont nous nous occupons actuellement, l'antipyrine ne doit pas être employée. Nous pouvons aussi déduire de là celte indication que Tantipyrine doit être maniée également avec prudence et sans excès dans les maladies inTectieuses. C'est, comme la quinine, une arme merveilleuse contre l'hyperthermie, contre l'infection, mais c'est une arme à double tranchant. Administrée avec excès, elle peut diminuer et même supprimer presque l'élimination et, par là, faire encore plus de mal que de bien. Donc, comme la quinine, il faut l'employer avec prudence en ne perdant jias de vue ce point spécial.
Quant aux aw(reï antîlkermiques que nous avons Étudiés plus haut, ils sont, au point de vue qui nous occupeacluellemenl,absolument détestables. L'actetanilide augmenterait, il est vrai, d'après les expériences de Lépine et Bayrac, l'excrétion de l'urée «f
MÉDttATIOSS ÉLIMINATWCES 251-
de l'aïolc total: mais, d'autre part, elle diminue la quantité des urines et surtout, comme nous l'avons vu, détermine la production de méthémoglobine, c'est-à-dire un vrai empoisonnement du sang.
Aussi mauvaises seraient la pbënacétine, ce dépresseur puissant du système nerveux, la Ihalline, qui, comme la kairine, diminue aussi la capacité respiratoire et l'ait baisser le taux de ladésassimilatton azotée.
Donc, tous ces médicaments semblent avoir une action nuisible sur l'élimination des toxines diverses qui encombrent l'organisme dans les maladies infectieuses. Peut-filre pourrait-on au contraire trouver dans les médicaments suivants des substances capables d'aider cette désassimilation.
Acide salicylique. — Nous l'avons étudié déjii plus haut comme antithermique et antiseptique. Il a été indiqué par A. Robin comme ayant une action solubilisante. Its'élimine facilement, il produit plutôt un peu de diurèse. L'élimination se ferait sous quatre formes, d'après G. Sée : à l'état libre (Pleiscberl ; à l'état de salicylate de potasse; en combinaison insoluble dans l'éther et enfin à l'état d'acide saliejlurique isolé ou combiné. Cet acide est foriné par addition de glycocoUe, transformation analogue à celle qui produit l'acide hippurique h la suite de l'ingestion de l'acide benzoïque (Bertagnini).
Sous rinlluencede l'acide salicylique, i! y a augmentation de l'excrétion de l'urée (Byasson) etde l'acide urique (Byasson, Blanchier). . A la dose de i grammes,- il augmente notablement la propor-
lion des matériaux snlides, Purine et l'urée en particulier. Les recherches d'Alb. Robin sur son emploi dans la flèvre typhoïde ont montré que l'acide salicylique agit comme solubilisant des résidus organiques. Il se combine dans l'organisme avec des éléments azotés en formant des acides azotés, beaucoup plus solubles que l'extractif qui entre dans leur composition (acide salicylurique). Cette condition est extrêmement favorable, puisque l'un des éléments principaux de lu gravité de la lièvre typhoïde consiste dans Pintensilé delà destruction des tissus et dans la rétention des produits de cette destruction, tandis qu'au contraire leur départ est suivi d'une diminution dans les accidents qu'ils ont causés (A.. Robin).
Il y a donc là des indications intéressantes el nettes déduites de l'étude chimico-physiologique de cet agent dans ia fièvre typlioïde. Les déductions à en tirer sont aljsolument applicables à toutes les maladies infectieuses et permettent de considérer l'acide salicylique, soit tel quel, soit sous forme de salicylate, comme un bon solubilisant et éliminateur des toxines dans les maladies infectieuses.
Acide fientolijue ou benzoates. — Au point de vue antiseptique, on considère en général ces corps comme doués d'une action réelle et assez puissante. L'acide benzoïque forme, avec le glycocolle, de l'acide hippurique par une réaction analogue A celle qui produit l'acide salicylurique. Cette réaction ne se produirait que dans le rein (Bunge et Schmiedeberg, etc.]. Alb. Robin a aussi étudié l'acide benzoïque chez les typhiques ; il augmente
MÉDICATIONS ÉLISKNATRICES *53
les matériaux solides de l'uriaG, l'urée et le rapport de l'urée aux tnaLériaus solides s'élève. Puisque l'acide benzoïque n'augmente pas la désintégration, dit A. Robin, les matériaux solides en excès proviennent en partie d'une meilleure utilisation des produits de la dêsassimilation des typhiques et, pour une autre part, des produits azotés entraînés par l'aeide benzoïque, sous forme d'acide hippurique.
Chez les typhiques, il y a presque toujours augmentation de ta quantité di!s urines ut cette augmentation est parfois considérable. En somme, l'acide benzoïque accroît l'élimination des matériaux incomplètement oxydés. La dose que Robin croit être la plus convenable pour réaliser celle indication est de 2 grammes d'acide benzoïque ou de A grammes de benzoate de soude. Une dose plus élevée est inutile.
Voici donc deux médicaments auxquels l'analyse urologique accorde les propriétés de solubilisa- Uon et d'élimination que nous recherchons ici actuellement. Comme, d'autre part, ils ne sont pas toxiques s'ils sont bien maniés et ont même une action antiseptique et anlithermique, il semble légitime de leur accorder une place importante dans la thérapeutique des maladies infectieuses, lorsqu'il faudra remplir les indications que nous venons de signaler.
lodures. — Les indurés pourraient- il s être employés do façon analogue? Au point de vue de •l'action intime des iodures sur les tissus, nous n'avons que peu de données. On a prétendu que les iodures ae se modirienl pas dans l'organisme,